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Élections européennes 2019 : et si on parlait du scandale de la circonscription unique ?

Le citoyen lambda, qui ne suit pas la politique de très près, s’est réveillé un beau matin au cours duquel on lui a dit que les élections européennes s’organiseraient désormais avec une circonscription électorale unique. Et il s’est rendormi aussitôt, sans se poser de questions… Sans s’interroger sur cette réforme. Sans vouloir voir que l’on essayait à nouveau de court-circuiter le RN, au moyen d’un nouveau jeu qui favoriserait LaREM.

Il est assez fou de voir comment le Rassemblement national (RN) est au cœur de la plupart des réformes organisationnelles du territoire. Le mode de scrutin proportionnel (intégral) aux législatives a été abandonné en 1988 à cause du FN. Le redécoupage des régions en 2015 a été formulé à cause du FN (qui sans cela aurait gagné la région Languedoc-Roussillon). Et maintenant, les circonscriptions électorales européennes sont fusionnées, là aussi, à cause du RN…

En cause, MACRON, qui manque d’un parti structuré et organisé en régions, qui pour autant qu’il ferait de très bons scores dans des régions comme l’Île-de-France ou les Territoires d’Outre-Mer, se ramasserait dans le Nord, l’Est et le Sud-Est. Et ne serait pas garanti de l’emporter en nombre d’euro-députés, ou alors de justesse, tant au total que dans de nombreuses autres régions de France. Ainsi, il fallait donc tout faire pour ne pas pouvoir démocratiquement je compter les régions dans lesquelles LaREM n’arriverait pas en tête…

Le débat a donc commencé à l’automne 2017. Un seul parti s’est alors opposé : LR, qui en plus de voir combien cette géographie le desservirait dans la période, a surtout bien compris ce que MACRON préparait. La procédure accélérée s’est engagée : la loi n°2018-509, relative à l’élection des représentants au Parlement européen, a été votée le 25 juin 2018, dans une indifférence quasi-générale. Et les justifications d’une telle loi ont très peu été évoquées dans le débat.

Il faut donc en retenir que le scrutin par euro-circonscription ne respectait plus la nouvelle découpe régionale de 2015, que ces circonscriptions étaient peu lisibles, du fait que les députés européens ne sont pas proches géographiquement de leurs électeurs, et enfin, parce que la majorité des autres pays ne procèdent pas ainsi, alors nous serions des attardés de continuer à faire de même. Et donc il fallait changer, et repasser à une grande circonscription nationale.

Et tant pis que l’Outre-Mer ne soit donc quasiment plus représentée. Et tant pis que l’Île-de-France truste les meilleurs places sur les listes desdits grands partis. Et tant pis que la campagne soit alors nationale, et soit le troisième tour de la présidentielle. Et tant pis que MACRON ne fasse plus son boulot de président, mais qu’il soit en campagne. Et tant pis que MACRON soit le Libérateur de 1944 et que Marine LE PEN soit le clone d’Adolf HITLER…

Remarquons au passage que toutes les listes régionalistes sont ainsi étouffées, et qu’il n’y en a ainsi pas une qui se présente. Et tout cela, mis bout-à-bout, fait que la participation devrait encore diminuer ; et que le vote utile aujourd’hui de tous ceux qui veulent faire chuter MACRON, qui s’abîme à rentrer dans la campagne, va se reporter sur le RN. Et donc on va faire monter les extrêmes. Jusqu’au prochain charcutage électoral qui repoussera la prochaine percée devenue nécessaire du fait de l’actuel redécoupage…



Ces Saviniens et Nord-Essonniens candidats aux élections européennes 2019

Rapidement vu dans les listes de candidats aux élections européennes 2019 qui en France se tiendra le dimanche 26 mai, sous réserve que je n’ai oublié personne, possiblement non remarqué, notamment dans lesdites « petites listes ».

À noter la présence de deux Wissoussiens (7700 habitants) et d’une paraysienne (7400 habitants)

Toutefois, a priori aucune de ces personnes n’est située en position éligible au vu des derniers sondages…


Audrey GUIBERT, (ex-)Savinienne, secrétaire départemental du RN, 32e de la liste du Rassemblement national,

Éva SAS, ex-Savinienne, ancienne députée élue sur la 7e circonscription, 76e de la liste Europe écologie les Verts,

Aurélie TROUBAT, Viry-Chatillon, maire-adjointe de Viry, collaboratrice du groupe LR/Les Centristes/UDI au GOSB, 40e de la liste LR,

Gabriel AMARD, ex-Castelvirois, ancien maire de Viry, gendre de Jean-Luc MÉLENCHON, 8e de la liste Insoumise

Stéphanie JANKIEWICZ, Paray-Vieille-Poste, fille de l’ancien maire et première colistière de Pascal PICARD, 58e de la liste LR,

Françoise BERNALÈS, Athis-Mons, présidente départementale de l’association du Comité du Souvenir du général DE GAULLE, 30e de la liste Debout-la-France (Nicolas DUPONT-AIGNAN),

Jean-Luc TOULY, Wissous, ancien conseiller régional EELV, 19e de la liste Les Patriotes de Florian PHILIPPOT,

Richard TRINQUIER, Wissous, maire, suppléant d’Éric MEHLHORN au Conseil départemental de l’Essonne, 77e de la liste Debout-la-France (Nicolas DUPONT-AIGNAN).



Élections européennes : le coup d’arrêt définitif des gilets jaunes ?

Ainsi donc, il y aura deux listes de gilets jaunes aux élections européennes.

Deux listes divisées, et de toute façon, absolument pas représentatives du mouvement, tellement il s’est diversifié au fil des mois.

Deux listes qui obtiendront un maximum cumulé de 2 % des voix, au vu des différentes enquêtes opinions, et donc aucun élu et la perte de tous leurs frais de campagne.

Deux listes qui permettront à MACRON de dire que les Français ne soutiennent pas ce mouvement, et qui finiront, en attendant l’été, d’épuiser les soutiens à ce collectif de plus en plus violent, et de moins en moins nombreux.


Mais qu’est-ce que les gilets jaunes sont allés faire dans cette galère ?

Ils ont des revendications nationales, que l’Europe ne peut pas réellement imposer à la France, et que les autres pays n’ont globalement pas envie d’appliquer ?

Au mieux, ils pouvaient espérer une poignée d’élus, qui dans une assemblée de 751 personnes, ne pouvaient rien obtenir seul, sans rejoindre un groupe.

Est-ce qu’ils se rendent compte qu’ils font le jeu de MACRON, qui même s’il n’arrivait pas en tête ; et les gilets jaunes ont aussi été encouragés pour empêcher le Rassemblement national d’arriver en tête, serait toujours plus légitime qu’eux, car plus populaire en voix ?


Il n’y a pas un commentateur pour ne pas souligner la longévité du mouvement.

Or, celui-ci entre désormais dans sa dernière phase, parce que les derniers modérés ont fini par quitter le navire, soit parce qu’ils sont épuisés, soit parce qu’ils ont partiellement obtenu satisfaction avec les milliards claqués par MACRON, soit parce qu’ils en ont assez de cette violence.

Et la majorité des Français est elle-aussi légaliste et attachée à l’ordre. Les gens se sont résignés à ce qu’il existe des inégalités, et pour peu qu’il y ait quelques miettes lâchées, alors ils sont apaisés jusqu’à la prochaine grosse injustice qui les remettra dans la rue…


Il est intéressant d’observer la radicalisation des 30 000 qui restent.

Ils disent qu’ils n’ont plus rien à perdre, que cela ne pourra pas être pire. Ils acceptent la violence, qu’ils érigent comme seule réponse d’un pouvoir qui ne les écoute pas.

C’est également la première fois qu’une telle opposition prend cette forme, même si les mouvements révolutionnaires obtenaient encore des scores électoraux de 10 % en 2002.

S’ils finissent par rentrer chez eux, aucun doute qu’ils ne vont rien oublier ni rien pardonner, et qu’ils redescendront au premier soubresaut.


Ainsi, les gilets jaunes font une erreur de vouloir porter le combat sur un terrain qui leur est défavorable, tant au niveau médiatique (mais ils ont tellement craché sur les médias), qu’au niveau économique. Mais ont-ils été aidés à commettre cette erreur ?

Il aurait certainement été plus malin d’appeler à s’abstenir ou à voter blanc, et à récolter les fruits d’un phénomène progressif, qui n’est pas de leur fait. Car nul doute qu’il y aura encore plus d’abstentions en 2019, vu que la campagne ne porte même pas sur l’Europe.

Je pense que le double-coup : large défaite aux européennes puis vacances d’été devrait être fatal pour les gilets jaunes, sous leur forme actuelle. La question est désormais de savoir comment va se traduire la colère de tous ceux qui restent, et qui ne seront jamais satisfaits.



Des européennes comme enjeu des partis politiques pour jauger leurs forces avant les municipales

Vous êtes nombreux à vous demander pourquoi des partis qui pensent la même chose et proposent le même programme y vont séparément aux élections européennes ?

Pourquoi l’UDI ne va pas avec La République En Marche (LaREM) ?

Pourquoi Generation-s (Benoît HAMON) ne va pas avec Europe Écologie les Verts (EELV) ?

Pourquoi le Parti communiste (PC) ne va pas avec la France Insoumise (LFI) ?

Pourquoi Lutte ouvrière (LO) refuse le soutien du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ?

Pourquoi Debout la France (DLF) ne va pas avec le Rassemblement national (RN) ?

Pourquoi Les Patriotes (Florian PHILIPPOT) ne va pas avec l’Union populaire républicaine (UPR de François ASSELINEAU) ?

La réponse est simple : tous se testent avant les municipales, et en vue de celles-ci !

Comme un sondage géant et presque gratuit, qui donnera un résultat national global, et surtout des résultats dans chaque ville de France !

D’où des programmes hors-sujets, sur des compétences qui ne sont pas celles de l’Union européenne, et un désintérêt toujours croissant des populations pour l’Europe.


Ainsi,

Si certains partis voient qu’ils peuvent faire 5 % aux municipales dans certaines villes, donc être intégralement remboursés, et pourquoi pas devenir faiseurs de roi, et obtenir un siège par le jeu d’une alliance, ils iront !

S’il y a cinq listes de gauche, c’est juste dans l’espoir que celle arrivée en tête puisse proposer de réaliser l’union autour d’elle aux municipales, et ça se fera.

Si le PC se distingue de la FI, c’est pour voir s’il peut y aller seul et sans MÉLENCHON qui les embarrasse, dans les anciennes banlieues rouges.

Même chose pour Génération-s, qui veut voir comment ils s’en sortent sans EELV dans certaines banlieues.

De son côté, DLF aussi cherche à se dissocier du RN, ou au contraire à voir si en additionnant leurs voix, une union n’est pas plus intéressante voire nécessaire.

Même chose pour l’UDI avec LR cette fois voire avec LaREM, qui se servira de ces résultats pour peser dans des accords nationaux.


Et nous en arrivons au sempiternel débat : faut-il faire des compromis au risque de se compromettre, ou rester intègre et ne jamais être élu ?

Avec l’hypocrisie que les partis en question qui se présentent aux européennes, y vont donc seul, non pas parce qu’ils seraient les seuls à défendre un même programme, ce qui n’est pas vrai puisqu’ils veulent ensuite tous rejoindre un groupe au Parlement européen et donc qu’ils vont être forcés de faire des compromis à un moment donné, car c’est la seule manière de peser, mais parce qu’ils ont en vue le prochain scrutin local ou national

Et surtout qu’ils se disent qu’un mec ou une nana qui fait l’effort de se déplacer aux européennes où l’abstention est très forte, se déplacera forcément pour les municipales, qui sont un scrutin davantage populaire !


Sauf que cette dernière affirmation est fausse, parce que l’enjeu local et national est bien différent.

Même si je serai le premier à regarder les résultats sur ma commune.

Oui, les européennes vont indiquer un résultat théorique mobilisable, à la condition que le parti ne fasse pas une grosse connerie entre temps, et que son leader charismatique ne disparaisse pas subitement.

Or, la perception du temps en politique continue de se réduire, et l’immédiateté s’impose de plus en plus, de telle manière que tout peut très rapidement basculer.

Au national, les gens votent pour une personne qu’ils ont vu à la télé, et pour le coup, puisqu’il n’y a qu’un seul tour proportionnel, vont réellement choisir leur candidat, pour une élection qui en plus les engage moins que localement.

Au local, ils votent aussi en fonction de la tête de liste ; tous les partis ne sont pas représentés, et les enjeux sont bien différents ; là aussi parce qu’ils s’expriment, comme aux européennes, contre le parti au pouvoir…


Ainsi, la somme des facteurs à prendre en compte nuancent toute analyse sérieuse qu’il pourrait sincèrement être appliquée des résultats d’une élections nationale à une élection locale la suivant ne serait-ce que de six mois.