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Hommage et adieu à Suzanne DELON

Mon amie Nicole RIEDEL m’a appris le décès récent de la Savinienne Suzanne DELON, à l’âge de 87 ans, à laquelle je voudrais rendre hommage par ces quelques lignes.

Je découvre d’ailleurs, par la liste électorale, qu’elle s’appelait en fait Simonne.


Suzanne, également le prénom d’une de mes grands-mères décédée il y a 13 ans ce 10 janvier, c’est d’abord une rencontre de banc d’église en 2007, par le plus grand des hasards.

Elle était toujours accompagnée par son grand ami et voisin, Roger SAUVANET, dont je découvre en fait qu’il était né en 1914, donc qu’il a conduit très tard, et nos places respectives ont fait que nous avons rapidement sympathisé.

Lui m’avait d’ailleurs fait cadeau de plusieurs beaux livres d’art, qui sont derrière moi dans ma bibliothèque, et sur lesquels je pose les yeux quasi-quotidiennement, en particulier quand je tourne sur ma chaise parce que je cherche l’inspiration.

Son placement brutal, en maison de retraite, par sa famille, avait fait beaucoup de peine à Suzanne.

Je reconnais aussi que ce n’était plus tenable, notamment les derniers mois où il tombait chez lui, et Suzanne appelait le docteur OBERRIEDER pour qu’il vienne le relever.

Du coup, elle faisait des heures de transports pour aller le voir dans le Val-d’Oise.

Suzanne était né à Enghien-les-Bains, et connaissait bien Montmorency, où j’ai de la famille, et c’était l’occasion de longues discussions.

D’autant que Suzanne était très bavarde, et que la moindre de nos discussions, dès lors qu’elle m’avait attrapée, durait une bonne heure minimum.

Ce qui me rappelle, que malgré ses problèmes de vue, et chaque fois que j’étais pressé, et que je pouvais faire semblant de ne pas la voir, elle, m’avait très bien vue et me le faisait remarquer.

C’était une femme d’une grande foi, qui vivait réellement la présence du Christ dans la communion, au point qu’elle pleurait au moment de l’eucharistie. Elle était tout le temps branchée sur Radio Notre Dame.

Elle pratiquait aussi beaucoup à Paris, notamment à la Médaille miraculeuse ; de moins en moins ces derniers temps à cause de la complexité des transports.

Je ne peux donc imaginer qu’elle soit autre part que dans ce paradis qu’elle imaginait si souvent, qui plus est avec Roger SAUVANET, pour lequel elle éprouvait ce que je pourrais qualifier d’amour sincèrement platonique.

Depuis des années, elle me parlait de la valeur du travail et de la chance qu’on avait, et qu’il ne fallait pas se plaindre.

Elle faisait aussi beaucoup la comparaison avec l’Arménie, d’où était originaire une partie de sa famille qui avait fui le génocide (son nom de jeune femme était BEDROSSIAN).

Elle était également très fier de la réussite de ses enfants, par le mérite.

Elle me demandait également, quasiment à chaque fois, quand est-ce que j’allais me marier, de manière très insistante et très gênante.

Cette dernière année, il lui arrivait très régulièrement de débrancher son téléphone et sa box, peut-être parfois volontairement, et elle me demandait de venir, et j’y allais.

Et je voyais bien qu’elle avait poussé le chauffage juste pour moi, et elle insistait à chaque fois pour m’offrir un livre religieux ; souvent un livre de Benoît XVI ou de François Ier. Je n’acceptais pas chaque fois, mais c’est vrai que ces livres sont maintenant des souvenirs d’elle.

Je me rappelle enfin que la dernière fois où je me suis rendu chez elle, elle venait de recevoir un des tracts de IZARD, et qu’elle l’a déchiré devant moi pour me signifier que c’est pour moi qu’elle voterait. Et j’étais à la fois gêné, mais heureux de son soutien et de son amitié.

Alors Suzanne, je vous embrasse, je prie pour vous et pour votre repos et j’espère que vous êtes heureuse où vous êtes. Merci et à Dieu.