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Sur la première saison de Why women kill (Marc CHERRY), que j’ai beaucoup appréciée

Le pitch : Aux États-Unis, en 1963, 1984 et 2019, les histoires de trois femmes bourgeoises, liées par le fait qu’elles habitent successivement le même pavillon, qui sont trahies par leur mari et qui envisagent de se venger.

Je ne suis pas un grand fan de Marc CHERRY. Je suis déjà tombé en zappant sur quelques épisodes de Desesperate Housewives, mais j’avais trouvé cela con et je n’avais pas accroché.

Et même si j’ai trouvé la série un peu longuette (disons qu’on aurait pu raccourcir en huit épisodes au lieu de dix), elle est finalement plutôt bien écrite, avec des scènes fortes (même si le final qui réunit tout le monde ne m’a pas convaincu) et des dialogues ciselés qui font mouche, comme par exemple « Dieu pourrait ne pas comprendre ; lui peut-être mais sa femme nous comprendra ».

Et puis surtout, les personnages sont rapidement attachants, et les acteurs plutôt bons. Il y a de belles images et de beaux décors. Le passage d’une décennie à une autre impose un bon rythme, qui ne désoriente pas trop le spectateur. Et puis surtout, et c’est ce que j’ai le plus apprécié, le réalisateur parvient à nous conditionner pour mieux nous surprendre.

Dès lors, je peux difficilement en écrire plus sans divulgâcher la suite.


En effet, tout nous porte à croire que ses femmes tueuses vont assassiner leur mari.

Et c’est même plus subtil que cela, par exemple quand Simone tue effectivement son mari, par amour qui plus est, parce qu’elle l’assiste dans son suicide.

Je ne cache pas que je n’ai pas trop accroché avec le premier couple Beth-Ann et Rob.

Le mari est détestable, volage, autoritaire, réactionnaire, et puis surtout lâche.

Et sa femme en devient insupportable tellement elle est à la fois naïve, et qu’elle se complique la vie en s’enfermant dans ses mensonges.

Et puis sa réaction maternelle et amicale avec la maîtresse de son mari est aussi très gênante.

Des trois couples, c’est certainement celui qu’on aime le moins.

D’autant que Beth-Ann ne tue personne mais qu’elle fait tuer son mari par un voisin.

Et puis en fait, on reste là dessus et on écarte le reste.


Ensuite, on est ému par le couple de Simone et Karl, parce qu’on devine de suite au vu des lésions cutanées et de l’année que Karl est séropositif et par conséquent condamné. Et la série nous rappelle aussi, de manière salutaire, ce qu’a été le SIDA au début.

On en oublie de suite que lui a été un mari volage, enchaînant les aventures homosexuelles, et qu’elle s’est vengée en couchant avec le voisin de 17 ans.

Et puis finalement, on apprécie ces deux pestes revendiquées, qui avouent ne rester ensemble que par convenance sociale, et qui s’aiment même s’ils n’ont plus de relations sexuelles et vont voir ailleurs tous les deux.

Ce qui est donc très étrange est qu’on en retient que l’émotion de la fin, alors que les scènes de l’adultère, et donc de la trahison, sont à la fois, trop et pas assez présentes.

Il y a aussi la mère de Tommy qui essaie de tuer la couguar de son fils.


Enfin, le couple mixte, moderne et libéré de Taylor et Éli. Elle, noire et bisexuelle, est une brillante avocate. Lui, juif peu pratiquant, est un scénariste raté et cocaïnomane. Et ils vivent en mariage libre.

Et tout dégénère lorsqu’ils essaient de former une famille avec Jade/Irène, la maîtresse de madame, qui se révèle être une perverse narcissique, laquelle assassinera son ex-mari.

Et c’est finalement Taylor qui tuera Jade pour retrouver son mari, et ne plus reformer qu’un couple, pour lequel l’histoire finit bien.

D’où qu’on oublie le reste et qu’on les aime aussi.


Il y a un bon équilibre entre les personnages, tous caractéristiques d’une époque. Il y a une bonne retranscription de l’évolution des relations femmes/hommes. Il y a des profils de femmes vraiment différentes et on peut y lire le combat de l’émancipation.

Une saison 2 est en préparation avec d’autres personnages. En soi, le concept est inépuisable, mais l’attention doit en fait surtout être portée sur l’équilibre entre les personnages. Ici, cela fonctionnait mais je ne suis pas sûr qu’on arrive à ce qu’il en soit toujours de même.