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Psychanalyse d’un candidat indépendant cinquante jours après sa défaite

Cet article n’est pas tant fait pour être lu que pour moi, me soulager par l’écriture (3000 mots).

1. L’état d’esprit de la défaite

2. Une élection à vous dégoûter de la politique

3. Comprendre à 23 ans que vous ne percerez jamais

4. De l’hypocrisie et du mensonge aux électeurs

5. De ma désespérance à convaincre les abstentionnistes

6. Des jeunes en politique

7. Chrétien en politique

8. De la lassitude de me sentir isolé

9. Du besoin d’un(e) alter ego pour me compléter

10. De la nécessité de faire une pause pour mieux comprendre les gens

11. Du vote blanc pour continuer d’exister


Avicenne affirmait que « Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s’il n’eût jamais existé. » Cinquante jours après ma défaite aux élections départementales 2015, je commence enfin à digérer mon score et à sortir de mon spleen. Le résultat fut très dur à encaisser pour moi.

Sûrement est-ce que je prends trop les choses à cœur. Mais je ne peux m’empêcher de vivre mes défaites électorales comme des remises en causes personnelles puisque je défends mes idées et qu’elles ne sont pas choisies par la majorité. La grande difficulté du candidat indépendant est qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même lorsqu’il est défait.


L’état d’esprit de la défaite

Pensant réellement la supériorité de mes idées, la première réaction de la défaite, naturellement violente, est d’affirmer que les électeurs sont des cons et qu’ils n’ont qu’à rester dans leur merde s’ils ne veulent pas de moi. Mais une fois que l’on a dit cela, que je pense partiellement mais qui n’est pas super constructif, le débat n’avance plus et on finit dans une amertume qui se transforme en aigreur et vous intoxique tel un cancer.

La défaite se dessine assez vite dès la première enveloppe dépouillée. Sur 100 bulletins, seuls 5 vous sont favorables. Alors, vous comprenez que vous ne serez déjà pas au deuxième tour… La question devient alors de savoir si vous serez remboursés parce que vous serez au dessus du seuil fatidique des 5 %. C’est réellement la fin de la campagne qui se dessine et déjà la nostalgie de la campagne, valorisante car si égotique.

Les événements d’avril 2015 relatif au budget primitif de Savigny sont de nature à remuer le couteau dans la plaie. Lorsque des gens viennent vous dire qu’ils ont voté MEHLHORN et qu’ils regrettent, et qu’ils auraient su, ils auraient voté pour vous. Alors vous faites semblant de croire que peut-être s’ils avaient été nombreux à raisonner ainsi, vous auriez pu aller plus loin voire gagner. Et vous regrettez de plus en plus votre score.


Une élection à vous dégoûter de la politique

Au soir du premier tour, le vainqueur s’annonçait triomphalement : la médiocrité. D’un côté, Éric MEHLHORN brillamment reconduit sans aucun bilan en neuf ans de mandat. Acclamé avec un binôme, Brigitte VERMILLET, qui en 2012 soutenait le Parti radical aux législatives contre l’UMP. De l’autre, le FN qui n’avait émis aucune idée pour le canton, simplement passé sa campagne à distribuer des tracts avec Marine LE PEN. Peu importait les candidats et les programmes, pourvu qu’il y ait les logos de l’UMP et du FN…

Les deux grands perdants de cette élection demeurent la Gauche rassemblée et mon binôme des Essonniens indépendants. Je me rends compte, plus le temps passe, que mon électorat n’est pas si à droite que cela. Les électeurs traditionnels de la droite sont en effet soumis et lâches. Ils préféreront toujours l’UMP même si le candidat investi ne partage rien des vraies valeurs de la droite. J’ai donc une part de responsabilité dans la défaite de la gauche, que je ne vais pas regretter. Car j’ai neutralisé une part de l’électorat centre-gauche en ma faveur.

Mais ce qui fait réellement mal est que vous aviez un programme, et que vous vous rendez compte que le corps électoral n’est pas sensible à cet argument. La gauche rassemblée avait un programme (mauvais, idéologique et dépensier) mais si elle a perdu, c’est à cause des électeurs de gauche qui se sont abstenus à cause de HOLLANDE. Moi-même, j’ai perdu parce que les Français ne croient plus en l’action publique, alors que sur les marchés, plus que 8 % des gens rencontrés abhorraient les partis et auraient peut être pu voter pour moi.


Comprendre à 23 ans que vous ne percerez jamais

Atteindre son seuil électoral si jeune est franchement désespérant. Je peux espérer un score autour de 15 % dans quelques années à des élections locales, mais j’ai compris ce 22 mars 2015 que je ne monterai jamais plus haut et que je ne remporterai aucune élection. À partir de là se pose la question de savoir si vous voulez vraiment continuer et sacrifier encore de votre temps, pour un résultat quasi-nul. Je me pose sincèrement la question.

Toutes les conditions pour optimiser mon score étaient pourtant réunies : un programme correct, de mauvais candidats en face de moi, un contexte global de plus en plus favorable aux indépendants… Et vlan, je ne fais même pas 100 voix de plus sur Savigny qu’aux élections municipales. C’est donc par exemple, que parmi tous les spichériens qui crachaient sur MEHLHORN, ils sont les premiers à avoir voté pour lui. Ils sont rentrés à la maison UMP…

Je pense donc que pour l’honneur et la fidélité aux électeurs, il convient de se présenter tant aux législatives de 2017, pour essayer, qu’aux municipales de 2020 pour poursuivre le combat que nous menons depuis deux ans. Mais les convictions sont parties et je pense qu’il est alors temps d’essayer de réussir ma vie professionnelle plutôt que de m’acharner à espérer une fonction élective à Savigny, qui deviendra de pure forme en 2020.


De l’hypocrisie et du mensonge aux électeurs

Aux départementales, nous avons fait campagne sans connaître les compétences des Conseillers départementaux qui vont évoluer en juillet par rapport à ce qu’elles sont. Les citoyens nous l’ont-ils demandé sinon signalé ? Non, parce qu’ils sont ignorants et que j’ai eu la faiblesse de les laisser dans leur ignorance. Nous avons raté de leur faire prendre conscience, pour la dernière fois, de l’importance du département. Trop tard, il sera bientôt mort.

Un samedi matin de la campagne où j’étais encore tout seul à me « prostituer » sur les marchés de Savigny, je me faisais cette réflexion de savoir si ce n’était pas trop opportuniste de ne tracter sur les marchés qu’en période de campagne électorale. Serrer les mains des gens en les regardant dans les yeux alors que je ne vois en eux qu’un possible scrutin en ma faveur. Pourtant, les citoyens détestent les tracts politiques, alors pourquoi abuser ?

Le pire restant de faire semblant de m’entendre avec des gens que je déteste profondément. Ce sont, bien entendu, la plupart de mes opposants têtes de listes aux municipales, mais aussi tous ceux qui ont enfreint la respectabilité républicaine. Et pourtant, je continue de les saluer, par politesse, voire de discuter avec eux, alors que tandis que je leur parle, tout ce que je pense en mal d’eux, me circule dans la tête… Suis-je cohérent avec moi-même ?


De ma désespérance à convaincre les abstentionnistes

Ils auront été plus d’un sur deux à ne pas se déplacer et ils ne se déplaceront plus à de rares exceptions. Je ne sais pas comment aller les chercher et cela m’attriste. On leur propose des réunions publiques et ils n’y viennent pas. On tente le porte-à-porte et on se fait traiter de témoins de Jéhovah (bizarrement, pas les grands partis qui sont respectés…). Il y a l’audiovisuel pour rentrer chez les personnes, mais sans effraction, je n’y arrive pas…

Après tout, qu’est-ce que cela devrait me faire que les autres se désintéressent de la politique ? Tant que moi, je m’y intéresse. Sauf que les dernières personnes à aller voter sont déjà convaincues de leur choix et qu’il n’est pas possible de les en détourner. Je me rappelle de couples dans laquelle la dame ne peut pas prendre le tract si elle n’a pas l’accord de son mari, l’homme qui jette mon tract quand il voit que ce n’est pas l’UMP…

Ma dernière arme est alors d’essayer d’éduquer l’électeur en espérant qu’il ouvre les yeux sur ce que je propose et sur la faillite annoncée de mes opposants. Mais en faisant cela, je ne peux pas convaincre et faire passer mes idées, là encore, je n’y arrive pas. Car une fois que le scrutin est « nationalisé » et que les gens votent par rapport au deuxième tour (qui veut-on pouvoir éliminer), il n’est plus possible de leur faire entendre raison…


Des jeunes en politique

Sur les dix candidats du canton, trois avaient moins de 30 ans : Audrey GUIBERT (28 ans), Chirinne ARDAKANI (23 ans) et votre serviteur (23 ans aussi – je suis un peu plus jeune qu’elle). Si GUIBERT a définitivement fait oubliée sa jeunesse, c’est un défaut que l’on me reproche encore trop (mais dont je guérirais assez vite). Car le jeune en politique est un arriviste dont les dents rayent les parquets et qui est prêt à tout pour arriver au pouvoir.

Une autre idée reçue est que les jeunes se connaissent tous, sûrement se réunissent-ils discrètement pour établir des plans qui éjecteraient les précédentes générations afin de se partageraient le gâteau politique. Aussi me parle-t-on souvent de Chirinne ARDAKANI, notamment à Morangis en me demandant de ses nouvelles… Or, je ne la connais pas et je ne partage rien avec elle, je l’ai juste croisé trois fois dans cette campagne.

Enfin, comme il est facile d’énerver Éric MEHLHORN en lui parlant de François DUROVRAY, je ne supporte pas qu’on essaie de me comparer à Robin RÉDA avec qui je ne suis pas comparable. Car mon père n’a jamais donné le moindre centime à l’UMP, que je n’avais pas l’investiture de l’UMP, de l’UDI, du MODEM et de DLF, qu’il y avait sept listes en face de moi donc quatre autres dites de droite… Mais tous ces arguments en ma faveur ne diminuent pas mes complexes…


Chrétien en politique

Dans l’esprit de beaucoup, le chrétien est le ravi qui tend la joue droite quand on le baffe sur la gauche. C’est un non-violent qui accepte ce qui vient des autres, ne leur rend pas et qui pardonne tout. Durant cette campagne, j’ai dû me montrer violent pour m’imposer sinon pour me faire entendre, et beaucoup me l’ont reproché car cela ne correspond pas à leur image du chrétien surtout pratiquant. Pourtant, mon monde est violent et j’ai du mal à aimer les autres.

J’ai beaucoup de rancœur envers les spichériens et je me rends bien compte que les Saviniens oublient les tordus qu’ils ont pu être sous le mandat précédent. Comme ils auront oublié l’attitude de MEHLHORN en cette année 2015 et le rééliront triomphalement en 2020. Maintenant, fait-on le choix de rester fâché avec tous ? Dois-je en excuser certains ? Les blessures sont trop vives et nous en souffrons encore, le risque d’oubli est trop important…

Car en vérité, dès que j’en croise un, j’y vois comme dans un militant du Front national un ennemi de la République que j’estime infréquentable et à qui je ne voudrais jamais plus avoir affaire. Un corrompu soumis qui a soutenu la politique de Laurence SPICHER-BERNIER entre 2008 et 2014 et/ou a figuré sur ses listes de mars 2014. Un complice de ses pratiques anti-démocratiques, liberticides et confiscatoires. Que puis-je faire maintenant ?


De la lassitude de me sentir isolé

J’ai une équipe formidable mais nous ne sommes que sept. Nous étions trois fois plus aux municipales pour une seule ville au lieu des trois de cette campagne, et malgré cela, nous avons tracté partout nous-même. Nous avons aussi été bons sur l’affichage, meilleurs que l’UMP en certaines occasions. Mais je n’ai pas su renouveler ma base et j’ai épuisé mes fidèles… Je n’ai pas non plus réussi à m’ouvrir sur les autres villes….

Je souffre aussi de ce sentiment narcissique qui me laisse croire que j’ai tout fait tout seul et que cette campagne des départementales n’a reposé que sur mes seules épaules. Donc que je suis le seul responsable de la défaite. Et à côté, je ne parviens pas à voir toutes les réussites qu’il y a pu y avoir, mais qui elles sont collectives. Quelle place ai-je laissé à Maïa, mon binôme ? Quelle place aurait-elle pu prendre en plus ?

Un samedi matin de la campagne des départementales à Carrefour Market alors que la gauche tracte juste devant moi, José DE SOUSA (PRG) s’étonne de voir mes affiches et demande qui les a posées. Pierre GUYARD (PS) lui répond que c’est sûrement moi tout seul parce que je suis « toujours tout seul« . Il n’avait pas tort sur ce coup, sauf que mes scores, je les réalise aussi tout seul. Car qu’est-ce que donnerait Pierre GUYARD indépendant et/ou face à une liste du PS ?


Du besoin d’un(e) alter ego pour me compléter

J’ai beau penser ne pouvoir réellement compter sur personne, je réalise que je n’arrive à rien si tout repose sur mes seules épaules. Et ce fut particulièrement le cas dans cette dernière élection où j’ai y compris gérée toute la communication, la supervision des distributions de tracts, les tournées d’affichage… Au détriment de la communication et du travail du programme, je ne peux pas continuer seul, il me faut un ou une équivalent(e)…

À ce jour, j’envisage d’arrêter finalement assez prochainement l’activité politique qui n’apporte aucune reconnaissance et se révèle coûteuse en énergie et en argent… Mais si je n’arrive pas à me sevrer de cette drogue, qui est d’abord un prétexte pour ne pas faire ce qui me déplaît comme au hasard du sport, alors il faudra que j’organise ma vie autour de cela, tant professionnelle que personnelle (comprendre familiale)…

Le point commun des grandes réussites politiques est d’advenir en couple (deux personnes sans forcément de lien sexuel). Je pense qu’il arrive le moment si je veux évoluer où je vais devoir travailler avec quelqu’un pour que toujours l’intelligence collective triomphe sur l’autosuffisance de mon narcissisme, que je ne pense pas encore pervers. Dans l’idéal, le futur ou la future directeur-trice) de campagne pour les législatives de 2017.


De la nécessité de faire une pause pour mieux comprendre les gens

Lorsque je relis ma vie de ces dernières années, je me rends bien compte que je ne peux pas rester inactif ni ne pas être dans la confrontation permanente, comme un besoin de m’affirmer afin de masquer un manque de confiance, sûrement en moi, et ensuite dans les autres. Un de mes problèmes est que je ne comprends pas les électeurs, et encore moins ma génération. Pourquoi préfèrent-ils les sentiers battus aux « sans filet » que je représente ?

Je ne comprends pas qu’on ne puisse pas s’intéresser à la chose publique, qu’on puisse s’abstenir, qu’on puisse méconnaître les candidats, qu’on sache systématiquement ce qu’on va voter parce qu’on a abdiqué sa capacité de décision à un parti… Je ne comprends pas non plus l’hypocrisie des Hommes alors que la vérité est si libératrice… Je suis finalement loin de ce peuple que je souhaiterais convaincre… Trop élitiste ? Trop illusionné ?

J’ai peur, en arrêtant la politique même pour une pause, que ce que j’ai pu créer, meurt avec moi parce que les autres personnes de mon équipe ne seraient pas en capacité de le reprendre sinon de le continuer. Donc en fait, j’ai peur de ma propre mort. Puisque je suis malade de rester dans l’Histoire et qu’au soir de ma vie, je puisse dire avoir fait telle chose, alors je veux faire perdurer une création dont je suis fier : des mouvements politiques indépendants.


Du vote blanc pour continuer d’exister

De suite après la défaite, je n’ai pas eu envie de me faire avoir comme l’année dernière où MEHLHORN avait annoncé à la presse que j’appelais à voter pour lui (ce qui était faux car je ne soutiens pas les tocards). Donc je me suis lancé dans une campagne pour le vote blanc, car principalement j’en avais marre de voir sa gueule sur les panneaux d’expression libre de la Ville alors qu’il a déjà ses panneaux officiels.

Tous les soirs, j’ai donc recouvert les siens que je prenais aussi plaisir à lacérer de coups de spatule. Exprimer ainsi ma violence est très défoulant. Je regrette toutefois d’avoir commencé seul même si j’ai fini par être rejoint par mon fidèle Jean-Marie CORBIN qui a été le seul fou à avoir accepter de m’accompagner dans ma démarche.Et qui m’a sauvé la mise le vendredi soir où nous avons été arrêté par les colleurs de l’UMP Antonio FERNANDES et Mohamed KNISS.

Car si j’ai été éliminé au premier tour, je n’ai pas pour autant fait le tapin pour MEHLHORN et mes voix n’étaient pas pour lui. Le soir du deuxième tour, j’étais aussi vainqueur car heureux de voir que plus de 6 % des électeurs ont choisi le vote blanc. J’ai été plus malin que GUYARD, je ne me suis pas compromis dans le vote du système UMPS. Dorénavant, je ferai campagne pour le vote blanc lorsque je ne serai plus dans le jeu et je ferai un roi blanc donc neutre et inoffensif.


Je pense que les citoyens ont peur de l’indépendance. C’est pourtant la voie que j’ai choisi et à laquelle je me tiendrais. Je serai encore longtemps une grande gueule insoumise et je continuerais de me faire des ennemis et de m’attirer les foudres de nombreuses personnes. Mais sûrement pas au rythme aussi soutenu qu’est le mien actuellement.

Je déplore la misère intellectuelle qui existe à Savigny notamment chez les électeurs de droite qui doivent encore s’imaginer que l’UMP est un parti gaulliste… Ils revoteront pour MEHLHORN qui est parti pour demeurer un baron local, ce qui ne changera pas tant que GUYARD conduira la liste PS et sera rejeté par le Peuple.

SPICHER-BERNIER n’étant plus en odeur de sainteté à l’UDI et GUIBERT ne pouvant percer avec le FN, Savigny est condamné à l’UMPS. Quant à moi, je serai le faiseur de rois et même si je voterai blanc et que j’appellerai à voter blanc, mes électeurs savent où vont mes sympathies et que voter PS ne fait pas partie de mes pires cauchemars.

Comprendre la défaite de Pierre GUYARD et du PS de Savigny-sur-Orge aux municipales

Quatre mois après le second tour des élections municipales, le Savinien libéré revient sur sept raisons qui expliquent la défaite de l’union de la gauche à Savigny, écrasée au second tour par l’UMP d’Éric MEHLHORN et le bloc des trois droites qui ont réalisé 68 % des voix avec trois listes contre 32 % pour la gauche unie, et rejointe par les électeurs de FABRE.

Au premier tour, la coalition PS-PC-PRG-EELV avait réalisé 21,77 % et s’était placée en tête. Le candidat marxiste Jean ESTIVILL avait quant à lui réalisé 2,84 % tandis que le candidat divers-gauche David FABRE en avait obtenu 13,41. Le cumul de ces voix aurait dû s’assurer la victoire contre une droite divisée, d’autant que la gauche réalisait 49 % des voix aux municipales de 2008 et 52 % en 2012. Et pourtant, il n’en fut rien…

 

I. La politique présidentielle et gouvernementale jouait contre eux

Les coalisés n’ont pas été aidés par le contexte politique nationale qui a vu la gauche fortement contestée. Mars 2014 fut, dans toute la France, un juste retour de boomerang pour le PS et son allié EELV à cause de leur incapacité économique, de leur oubli de l’électorat populaire et de leur réformes acharnées pour modifier la société française (mariage pour tous, rythmes scolaires). De fait, ils se sont coupés d’une partie de leurs bases (ouvriers, parents d’élèves, croyants…) Le charisme de Jean-Marc AYRAULT n’arrangeait alors pas les choses, même si Manuel VALLS n’aurait pas fait mieux.

II. Ils ont manqué d’une émulation à gauche sur la commune

Ils ont voulu faire l’union tout de suite et ont manqué d’un débat d’idées avec l’extrême-gauche communiste qui aurait pu les faire connaître, le centre étant absent du débat politique. Le camarade Jean ESTIVILL ne compte pas puisqu’il ne sert que les intérêts des fidèles de Savigny-égalité à savoir sa famille et les fidèles de 1989 comme Pascal CHANOUX. Le Parti de gauche de Dominic LEBRUN ne les a pas suivis et n’a pas pu constituer sa liste.

III. Leur alliance, mal ficelée, ne ressemblait à rien

Ils ont cru qu’ils l’emporteraient au nombre de partis présents sur le bulletin. Le PRG uniquement représentée par Chirinne ARDAKANI n’a servi à rien sinon à montrer l’opportunisme de la jeune syndicaliste. EELV comptait 4 personnes dont la député SAS opposé au cumul des mandats mais pas opposé au fait de devenir conseillère municipale et conseillère communautaire de la CALPE. Le PC a brillé par ses sorties, notamment celles de Michèle PLOTTU-GROSSAIN qui ne cessait de réclamer des dépenses pour financer des services publics (lesquels, on ne sait pas)…

IV. Une liste de responsables politiques parachutés 

Il n’est un secret pour personne que Pierre GUYARD (« la fierté d’être Savinien« ) nous arrive de Verrières-le-Buisson, abandonnant lâchement le PS local. On appréciera que le Parti socialiste considère Savigny comme une poubelle. Éva SAS (EELV) n’habite la ville qu’une journée par semaine sinon Paris, à ce qui se dit. Chrinne ARDAKANI (PRG) a fui Massy ayant compris qu’elle avait une chance à Savigny. Enfin, Michèle PLOTTU-GROSSAIN (PC) était la seule implantée sur la ville mais elle avait disparu politiquement depuis sa participation aux législatives de 2007.

V. Communication et impressions de campagne

Il y a tout d’abord cette affiche sur laquelle le produit (Pierre GUYARD) est coupé. Cette communication révèle un amateurisme flagrant qui est indigne de l’expérience du PS. Il y a ensuite cette manie de ne se retrouver qu’entre copains, ce qui est oppressant pour les petits nouveaux. C’était super les réunions publiques et les vœux. Sauf que c’était systématiquement le même public dont une partie venait des villes voisines, de la CALPE notamment. Les marchés de la campagne n’ont pas fait recette et les candidats s’y disputaient. Seul le porte-à-porte fut efficace. Ce fut la campagne du PS pour le PS…

VI. Un projet qui n’a pas convaincu

Essayons de l’expliquer simplement :

un service public exemplaire et efficace –> Les électeurs ont préféré la droite qui favorise le privé. Seuls les fonctionnaires apprécient vraiment le service public.

accompagner tous les âges de la vie -> On pense aux jeunes et aux vieux. Mais que fait-on pour les actifs ? Or, ce sont eux qui votent le plus. Cet aspect a manqué.

réussir le vivre ensemble –> C’est une utopie. Commençons par vivre sur Savigny. Le FN ne s’embarrasse plus avec cette question très délicate et ici mal traitée.

rendre Savigny attractive –> Ce sont les Saviniens qui veulent profiter de leur ville et en sortir pour s’amuser. Ils n’ont rien à faire que les autres viennent.

VII. Un candidat-Maire qui n’a pas séduit

Il faut voir que 1/3 des électeurs de gauche a préféré FABRE. Pierre GUYARD, arrivé récemment quoiqu’il en dise, semble avoir du mal à parler d’autre chose que d’efficacité énergétique et de rénovation thermique. Ses positions en faveur des partenariats public/privé n’ont pas été comprises. Il n’a pas accroché dans les quartiers populaires à Grand-Vaux ou aux Prés-saint-Martin, semblant trop distant et trop lointain. Enfin, il ne connaissait pas suffisamment bien les dossiers saviniens, même entraîné par son équipe ou l’ancien maire-adjoint Bernard MÉRIGOT.

 

Cette défaite est d’abord la conséquence du climat politique national. Mais elle s’explique aussi par le refus des Saviniens d’un candidat et d’une équipe extérieure, qui n’a pas fait une super campagne et qui n’avait pas un programme suffisamment convaincant pour l’emporter.

À titre personnel, je déplore la soumission des militants du PS qui ont préféré le candidat parachuté par Solférino (Pierre GUYARD) à Jean-Marc DEFRÉMONT, militant classique du PS, parent d’élève FCPE, doté d’un ancrage local. On peut aussi regretter la division du PS savinien en deux courants : social-démocrate (très idéologique) et social-libéral (avec compromis) et la victoire du premier sur le second. Enfin, on peut déplorer la perte de personnes compétentes telles que Chadia SEMDANI-ZIZTERMAN et de Jean-Claude LÉOST.