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Pourquoi TRUMP pourrait réussir !

Sans nous avancer sur la possible réussite de la rencontre non-diplomatique des États-Unis d’Amérique (EUA) avec la Corée-du-Nord, force est de reconnaître que TRUMP fait bouger les choses. Et même si ce qu’il fait, et la manière dont il le fait est critiquable, il obtient des résultats là où les EUA n’obtenaient plus rien depuis la fin de la Guerre Froide. De là à écrire qu’il n’est pas aussi stupide que ceux que certains le représentent…

À bien y regarder, TRUMP n’est toujours critiqué que par les mêmes. Des personnes qui pensaient qu’ils ne pourraient pas gagner l’élection, et qui n’ont pas supporté qu’il la gagne. Mais il ne déçoit pas au sein de son camp, en tant qu’il fait ou qu’il prépare globalement ce qu’il a promis. Il est aussi, à sa manière, le « maître des horloges », et il pourrait arriver avec quelques victoires aux élections de mi-mandat, autour desquelles il organise le temps de sa politique.


Parce qu’il mène une politique de court terme

Je n’ai aucun doute sur le désastre que représente une politique économique ultra-libérale. Seulement TRUMP ne sera plus en poste le jour où les ennuis commenceront. Il peut détaxer les produits américains et surtaxer les produits européens. Les produits asiatiques vont avoir besoin de quelques années pour envahir le marché. Pour le reste, il est dans la communication, et on voit surtout ses coups d’éclat, dont ses successeurs auront à payer les pots cassés.


Parce qu’il enfonce des portes ouvertes

Quelle autre politique contre l’Iran et la Corée-du-Nord que les sanctions économiques pour les forcer à négocier, voire pour faire tomber le régime de l’intérieur (ce qui est possible en Iran) ? Quelle autre ville que Jérusalem pour situer la capitale israélienne ? TRUMP n’invente rien ; il ne fait que mettre en œuvre des options, qui ont été proposées et validées dans les années 1990, puis qui ont été abandonnées pour des raisons tenant plus à l’émotion qu’au but recherché.


Parce que les États-Unis restent la première superpuissance mondiale

Ils enfreignent les règles de l’OMC. Ils n’attendent pas l’aval de l’ONU. Ils abandonnent les accords internationaux. TRUMP part du G7 en le cassant. Or si, en face, il n’y a que des mots, c’est parce que personne n’ose essayer de s’opposer à la superpuissance américaine. Et TRUMP joue de cette faiblesse, sachant que la Russie est isolée, que l’Union européenne, vue comme la pire menace, est incapable de parler d’une seule voix et que la Chine ne veut pas croître trop vite.


Parce que tous ses opposants sont divisés

C’est valable aussi bien en politique intérieure, où les démocrates ne se sont pas remis de la défaite de CLINTON, qu’en politique extérieure où chacun cherche à porter sa voix individuellement. TRUMP reste minoritaire, sauf qu’en face de lui, ses différents opposants n’arrivent pas à s’allier pour peser plus que lui. Et les Républicains sont trop contents d’avoir la place pour la saborder, d’autant que ceux qui lui résistaient s’effacent progressivement (maladie de Mc CAIN…).


TRUMP va réussir, mais sûrement pas là où on l’attend. Il n’aura pas forcément les résultats escomptés, mais il réussit à faire bouger les choses, et donc à rendre aux Américains la fierté d’une Amérique moteur, comme sous REAGAN, là où ça ronronnait… Tous les DE NIRO qui lui disent « fuck president » sont déjà ses opposants ; ils ne convainquent que des convaincus, et peut-être même continuent-ils à renforcer ceux qui ont voté TRUMP par rejet de CLINTON ?



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Pourquoi autant d’emballement en vue d’une rencontre TRUMP/KIM ?

Quel pied (salut Georges !) de voir que les analystes et commentateurs de la politique américaine, anti-TRUMP au possible, reconnaître qu’il a réussi un coup avec la Corée-du-Nord. Et étrangement, quelle absence de retenue envers une rencontre qui ne donnera absolument rien, comme les nombreuses autres fois. KIM va ralentir son programme nucléaire pour que TRUMP lève certaines sanctions. Et ça recommencera un peu plus tard…

Effectivement, une telle rencontre, si elle se confirme serait bien la première rencontre d’un président américain en exercice, avec le dirigeant suprême de la Corée-du-Nord.

Mais ce ne serait pas non plus la première rencontre d’un président américain avec un KIM puisqu’en juin 1994, Jimmy CARTER, qui n’était certes plus aux affaires depuis janvier 1981, avait bien rencontré KIM-Il-Sung quelques mois avant son décès, et probablement empêché une guerre, entre les deux pays (là où Bill CLINTON n’est pas contre régler définitivement ce problème par les armes).

Pourquoi cette négociation avait-elle eu lieu ? Comme à chaque fois dans l’histoire de la Corée-du-Nord, lorsqu’elle passe à la table des négociations, parce qu’elle était en situation de faiblesse aggravée. Donc qu’elle voulait desserrer l’étau pour gagner du temps.

En 1994, l’URSS n’était plus depuis fin décembre 1991 et KIM se retrouvait un peu seul, avec Cuba, à résister à l’Oncle Sam. Ajouté à cela une Chine méfiante qui ne voulait pas compromettre son intégration à l’OMC (alors le GATT), et la Corée-du-Nord qui connait la famine depuis 1990, KIM ne pouvait que négocier pour recommencer à importer des vivres.

Et puis les négociations faites, KIM acceptant même la venue d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), pour enquêter sur le nucléaire coréen, la tension militaire retombe.

Alors la famine ne cesse pas tout en étant quand même limitée (elle connaitra son pic de mortalité en 1997). Tandis que de leur coté, les enquêteurs de l’AIEA sont bloqués dans leur travail, avant de finir par être remerciés. Mais la guerre n’a pas eu lieu !

Puis c’est BUSH président, qui concentre ses efforts contre l’axe du Mal en visant l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan, négligeant la Corée, laquelle va en plus profiter de la « patience stratégique » d’OBAMA qui laisse donc tranquillement KIM avancer ses pions.

TRUMP élu ; il renforce les sanctions internationales tout en promettant « le feu et la fureur » à l’encontre du petit homme-fusée. L’économie de la Corée-du-Nord s’effondre de nouveau et KIM doit négocier.

La seule inconnue de cette rencontre est donc de voir si TRUMP va refuser de lever les sanctions tant que la dénucléarisation ne commence pas, ou n’est pas effective et vérifiable, ce qu’il ne fera pas, parce que la Corée-du-Nord se dirige vraisemblablement vers une nouvelle famine, et que le président d’un pays qui prête serment devant Dieu, ne peut pas laisser des gens mourir de faim (par contre, il peut les flinguer ou les bombarder).

Alors qu’est-ce que chacun peut y gagner ?

Les Japonais font le plus la gueule car ils ne sont pas dupes sur les intentions réelles de KIM de gagner du temps pour se réapprovisionner et continuer ses programmes, surtout que la Corée-du-Nord revendique pour la Corée-du-Sud la souveraineté des îles Dodko (ou Rochers Liancourt, « découverts » par des Français).

La Corée-du-Sud est contente, parce que ça calme le Nord et qu’ils peuvent espérer un rapprochement des familles séparées. Mais ils n’ont aucune envie d’être réunifiés avec des gens qui ne rêvent que de leur imposer leur idéal communiste.

Les Nord-Coréens voient cette rencontre comme une victoire de KIM, mais attendent surtout le desserrement des sanctions pour mieux vivre. Ils rêveraient aussi d’absorber le Sud, même si les habitants de la partie australe de la péninsule n’ont plus grand chose de commun avec eux.

Les Jeux Olympiques ont d’ailleurs montré le fossé culturel entre les deux pays, qui ne fait que se renforcer années après années, tout comme le programme nucléaire des KIM qui continue de se perfectionner.

Reste la communauté internationale et les États-Unis qui veulent la paix et la dénucléarisation, mais qui ne peuvent rien proposer d’attractif en échange. D’où un échec qui ne pourra que s’annoncer, tant les revendications nord-coréennes sont irréalisables…

Bref, on cherche juste à reculer la grande aiguille de l’Horloge de la fin du monde de quelques minutes (il est actuellement 23 heures 58), en permettant à TRUMP et à KIM de se renforcer dans leurs discours, mais on ne règle rien au problème. KIM n’a aucun intérêt à renoncer à l’arme atomique, et TRUMP devra passer par la guerre pour forcer à la dénucléarisation, ce qui lui serait fatal. La situation m’apparait assez insoluble…



Petite liste des pays politiquement infréquentables

Petite liste des pays qui en 2017 sont politiquement-médiatiquement infréquentables par les grandes et belles démocraties qui condamnent leurs chefs d’État ; souvent des dictateurs. À noter que cela ne nous empêche pas de quand même pas de commercer avec eux ; et que ces pays ne sont pas forcément ceux visés par des sanctions internationales ; certains de ces derniers ne provoquant pas le même rejet des élites bienpensantes.

On remarquera ainsi que l’Afrique ou les anciennes républiques soviétiques ne sont pas infréquentables, grâce à leurs nombreuses matières premières. Mais que des pays moins riches, quoique traitant (un peu) mieux leur population, n’ont pas droit à ces égards… Qu’ainsi s’opposer à la venue de migrants semble être un crime pire que de torturer sa population. Nous retrouvons là un certain nombre d’ennemis des États-Unis qui ont aujourd’hui rejoint cette liste…


Le Belarus

La Birmanie de la junte militaire

La Corée-du-Nord des KIM

Cuba de Raùl CASTRO

Les États-Unis d’Amérique de Donald TRUMP

L’Érythrée de Issaias AFEWORKI

La Hongrie de Viktor ORBÀN

Les Philippines de Rodrigo DUTERTRE

La Pologne du PIS

La Russie de Vladimir POUTINE

La Syrie de Bachar AL-ASSAD

La Somalie

La Tchétchénie de Ramzan KADYROV (république russe)

Le Venezuela de Nicolas MADURO

Le Zimbabwe de Robert MUGABE (en transition)



Sur les tirs de missiles depuis la Corée-du-Nord

KIM-Jong-Un avait promis de faire rentrer la Corée-du-Nord dans le cercle des puissances nucléaires « avant la fin de l’année » (2017), et il y est parvenu. Ou presque. Parce que certes, il maîtriserait la technologie, mais en attendant, il n’arrive toujours pas à s’en servir. Et heureusement ! Mais alors pourquoi toute cette agitation médiatique, un peu comme si les médias attendaient impatiemment une prochaine guerre (nucléaire) ?

L’annonce de la réalisation de cet objectif est doublement dangereuse pour le chef coréen. D’une part parce que la Corée-du-Nord n’est toujours pas prête à rayer les États-Unis d’Amérique de la carte comme elle le promet. D’autre part, parce que si le financement des recherches sur l’arme nucléaire est abouti, alors il va falloir utiliser l’argent au service de la population, par exemple pour la nourrir, au risque de se rendre compte qu’on y arrivera pas…

Depuis 1953, la Corée-du-Nord soutient les KIM en tant qu’ils ont promis d’obtenir la bombe atomique pour rivaliser avec les États-Unis. En soi, cette promesse est d’ailleurs celle qui motive le plus le peuple, davantage que l’idée de réunifier les deux Corées qui n’ont plus grand chose en commun. Or, maintenant que cet objectif est considéré comme atteint, l’avenir de la Corée-du-Nord pourrait s’imaginer différemment que sous une gouvernance familiale tyrannique…

Pourquoi persiste-t-on à dire que KIM-Jong-Un veut vraiment la guerre ? Il veut juste dire qu’il est en capacité de la mener, de manière à obtenir un poids diplomatique qui lui permette de survivre. D’abord pour justifier tous les sacrifices menés depuis des dizaines d’années au nom de l’objectif nucléaire. Ensuite, parce que la bombe atomique est le seul moyen de garder une réelle indépendance ; en témoigne l’exemple de l’Iran, sous une forme de tutelle internationale.

Enfin, combien de temps la communauté internationale va-t-elle continuer lamentablement de feindre ignorer d’où peut provenir la matière première nécessaire à la bombe ? Veut-on nous faire croire que ni la Russie ni la Chine ne sont arrangés d’avoir un tel voisin qui refuse ouvertement l’américanisme asiatique ? La grandeur de l’Amérique se fait dans la guerre. TRUMP sinon l’Amérique n’ont-ils pas aussi intérêt à une guerre, à la condition qu’elle ne soit pas nucléaire ?