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La Bible chrétienne (inspirée) n’est pas le Coran des musulmans (révélé) !

Assez souvent, les musulmans ne comprennent pas que les chrétiens puissent interpréter les textes bibliques, parce que eux ne sont pas censés interpréter leurs textes sacrés, en tant que la Révélation de Dieu dans son saint Livre est parfaite donc immodifiable. Aussi peuvent-ils être horrifiés lorsque je leur affirme que tel passage biblique, souvent sorti de son contexte, n’est pas constitutif de ma foi de chrétien.


La première grande différence entre les chrétiens et les musulmans tient déjà à ce que pour les chrétiens, Dieu se révèle dans son fils Jésus-Christ tandis que pour les musulmans, il se révèle dans un Livre.


La deuxième grande différence, qui tient à la diversité et au multiculturalisme dans lequel se sont développés nos religions, est à chercher du côté de la langue et de la dimension universaliste que nous pouvons lui donner.

Ainsi, les musulmans affirment que Dieu s’est révélé en arabe, et qu’on ne peut pas traduire le Coran, sous peine d’en déformer le message.

Avec la limite historique que déjà le Coran n’a été arrêté dans sa version officielle que sous le troisième calife Othman (644-656), et qu’il a fait brûler toutes les autres versions qui existaient, et ensuite et surtout, que le Coran révélé par Muhammad n’était constitué que du socle des lettres (sans les marques diacritiques, sans les voyelles courtes et sans la totalité des voyelles longues).

Aussi est-il possible, en prenant un très mauvais exemple, de traduire le même mot en prenant la même racine (d’origine sémitique) SLM, en faisant Salam (la paix) ou Islam (la soumission).

La vocalisation du Coran, qui durera jusqu’au IXe siècle, pourrait donc quand même apparaître comme une forme d’interprétation, mais c’est un autre débat.


À l’inverse pour les chrétiens, le Premier Testament a été écrit en hébreu (et certains livres en grec), les évangiles ont été écrit en grec, et Jésus parlait hébreu et araméen.

Et la Bible n’a été traduite du grec vers le latin qu’au IVe siècle (par saint-Jérôme), et pas avant !

De fait, les chrétiens pensent que Dieu n’est pas seulement dans le témoignage de leur Livre, parce que des mots humains, quelque soit la langue qui les transcrivent, ne peuvent qu’enfermer ou que réduire Dieu, qui s’il est Dieu, est bien plus grand que ce que les Hommes peuvent en dire, mais pas en vivre (l’Amour).


Si la Tradition veut que Allah ait directement dicté le Coran à Muhammad, les chrétiens (et les juifs avant eux) sont réputés avoir été inspirés par l’Esprit saint au moment d’écrire les livres.

Livres qui à quelques exceptions n’ont jamais été écrits seuls, mais à plusieurs, voire dans des écoles (comme les quatre écoles évangéliques : matthéenne, marcanienne, lucanienne et johannique), et qui à la fin ont été mis en forme par un rédacteur final (mais aussi bien plusieurs) à qui l’on a pu donner le nom au livre, mais pas toujours.

Ainsi, les rédacteurs des évangiles, écrits entre trente et soixante-dix ans après la mort et la Résurrection de Jésus), ne sont pas les apôtres de Jésus !

Tout comme l’Église ne rejette pas les apocryphes, même si elle dit qu’ils n’apportent rien à la foi, quand Jésus assassine, ou qu’il change des pierres en pains.

De la même manière, les livres bibliques ont très souvent été écrits des années, voire des siècles après ce qu’il se raconte, de ce qu’il restait d’une transmission orale.

Aussi, quand les rédacteurs ne savaient pas, ont-ils compilé des récits contradictoires. Comme par exemple les deux créations de l’Homme dès le début de la Bible, dans un livre que la tradition juive prête à Moïse, qui écrit alors sa propre mort à la fin du Deutéronome…

C’est pour cela que l’Église catholique fait une erreur en proclamant que les lectures de la messe sont Paroles du Seigneur, alors qu’elles sont des paroles inspirées par le Seigneur de croyants qui racontent ensemble leurs expériences avec Dieu.


Dernier point sur l’interprétation, et les risques de dénaturation.

J’aime bien provoquer les musulmans hommes intégristes en leur demandant lorsqu’ils veulent imposer un voile à leur femme (et un hijab pour qu’elle fasse du sport, mais c’est moi l’intolérant parce que je ne veux pas que les femmes puissent faire du sport avec un hijab – je m’arrête là sur mon combat contre la normalisation du hijab) s’ils ne veulent pas aussi m’exterminer, pour être complètement fidèle à certains des versets du Sabre.

Et souvent, ils interprètent à leur tour pour justifier (heureusement) de ne pas le faire.

Il n’est pas possible de ne pas interpréter, et de ne pas contextualiser. Car outre les mots qui changent de sens, ce sont nos vies qui évoluent, et nous ne vivons plus dans le désert, sans électricité.

L’important est donc de travailler tous ces textes à plusieurs (qui ne pensent pas forcément les mêmes choses), dans plusieurs langues, et en s’appuyant sur plusieurs sources ; et finalement ce que nous faisons de ces textes. Est-ce qu’ils nous aident à bien vivre ?



Désintox : aucun magasin de Houston n’a fermé le 11 septembre 2009 pour rendre hommage aux terroristes

Est réapparu un canular visant à affirmer qu’un magasin américain de Houston (Texas), qui serait tenu par des musulmans, a été fermé le 11 septembre 2009 pour rendre hommage à un des terroristes du 11 septembre 2001 qui s’appellerait Ali. C’est bien mal connaitre l’histoire de l’islam que de propager ainsi de telles fausses nouvelles. Un rapide tour sur Wikipédia nous apprend en plus qu’aucun de ces terroristes ne s’appelait Ali…

Le fameux imam ‘Alî auquel il est ici fait référence n’est autre que le gendre du prophète Muhammad, quatrième calife de l’islam et dernier de la série des Rāshidūn (bien guidés).

‘Alî a été nommé calife en juin 656, après l’assassinat du calife ‘Uthmân, auquel était reproché de trop favoriser son clan (Ummayades) au détriment du clan hashîmite.

Du coup, à la mort de ‘Uthmân, le gouverneur de Syrie Mu’âwiya, nommé par ‘Uthmân, craint pour sa place, va prendre prétexte que ‘Alî n’a pas assez bien vengé son prédécesseur. Il refuse de prêter allégeance, monte une armée et part se battre contre ‘Alî. C’est la Grande discorde ou al-fitna-al-kubra.

Mais tandis qu’aucun des deux chefs de guerre n’arrive à prendre l’avantage, ‘Alî finit par accepter un arbitrage, tel que préconisé par le Coran.

Une partie de ses soutiens refuse l’idée qu’un choix divin puisse être soumis à une médiation humaine. Ils font dissidence, mais sont vaincus l’année suivante : ce sont les khârijites.

L’arbitrage aboutit enfin sur l’idée de choisir un troisième homme pour calife, ce qui achève de déconsidèrer le pouvoir de ‘Alî. Mu’âwiya en profite pour se faire nommer calife en 660.

Finalement, des khârijites font assassiner ‘Alî en 661 alors qu’il se prosternait pendant la prière de Al-Fajr (prière du lever de soleil) le vingt-et-unième jour du mois de Ramadan : c’est le martyre de ‘Alî.

Or, en 2009, quel jour du calendrier correspond au vingt-et-unième jour de Ramadan ? Le vendredi 11 septembre.

Par conséquent, et d’autant plus s’ils sont chiites (shî‘at ‘Alî – partisans de ‘Alî) qui sont les seuls à célébrer cette fête islamique, les propriétaires du magasin ont fermé ce jour-là pour rendre hommage au calife ‘Alî et non pas à un terroriste du 11 septembre 2001. CQFD



Le jour où je suis devenu islamophobe…

Je voudrais d’abord préciser le terme d’islamophobie que j’emploie ici non pas pour dire que j’ai de la haine envers l’islam et les musulmans ; mais bien une plus forte méfiance envers cette religion par rapport au contenu de son livre sacré et de sa tradition, voire que j’ai peur de certains croyants musulmans (du moins personnes se revendiquant de l’islam) qui se servent de leur religion pour justifier l’injustifiable.

Contrairement sinon à ce que le titre de cet article pourrait laisser croire, mon « islamophobie » n’est pas apparue soudainement, mais elle est une construction dans le temps, dont le déclencheur a quand même été l’attentat du Bataclan. Elle est surtout une réaction à la kouachisation des esprits (néologisme du nom des terroristes de Charlie), qui est en marche, et qui prend de plus en plus d’ampleur…


Avant 2012, et les crimes de Mohamed MERAH, l’islamophobie était pour moi le fait d’une extrême-droite identitaire qui visait davantage l’immigration arabo-musulmane. C’était tant l’occupation des chantiers de mosquée que les mecs qui allaient balancer des lardons sur les salles de prière à trois heures du matin.

Puis il y a eu MERAH, et j’ai commis l’erreur de relativiser ses meurtres. C’est quand même chaud pour quelqu’un qui se dit chrétien de faire passer des fonctions ou des identités avant la personne humaine. Bref, les militaires mourraient parce qu’ils faisaient la guerre (en Afghanistan et en Libye) et les juifs parce que c’était une vengeance pour l’occupation de la Palestine (c’est fou combien la pensée gauchiste peut nous polluer).

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?) Ce n’est pas parce que tu ne crois pas en Dieu que tu es obligé d’en dégoûter les autres, et de dessiner presque toutes les semaines que 100 % des prêtres sont pédophiles…  Et je pense d’ailleurs que c’est parce que je n’aime pas ce journal que je ne me suis pas reconnu en Charlie, pour moi davantage défenseur de la liberté de blasphémer que de la liberté d’expression. (Alors que paradoxalement, aujourd’hui et certainement aussi par cet article, je suis plus Charlie que beaucoup d’autres).

Et puis enfin le Bataclan, déclic en tant que (presque) tout le monde était visé (lire l’article du Parisien), donc qu’il n ‘ y avait plus d’excuse possible à trouver ; mais surtout annonce d’une guerre de civilisation qui disait enfin son nom. Alors qu’aujourd’hui, enfin, on se tolère à peu près tous, et qu’on cherche juste à élargir nos aires d’influence, voilà des types qui admettent vouloir venir nous tuer chez nous pour nous conquérir ! Et nous, on attend bravement, en espérant qu’ils renoncent en chemin…

Et c’est là que j’ai ouvert les yeux par rapport aux comportements que je voyais depuis trois ans, mais que je refusais de regarder. Sur tous ces gens qui refusaient de condamner le terrorisme, non pas parce qu’ils n’auraient pas à s’en désolidariser ou parce que le dossier serait trop compliqué, mais parce qu’ils l’approuvent en fait, voire le justifient. Et j’ai notamment compris que les gamins de 6, 8 ou 10 ans de Grigny, ou des Prés-saint-Martin dans ma ville qui défendaient les terroristes, ne le faisaient pas pour répéter les paroles des parents ou des grands, mais parce qu’ils en sont convaincus eux-mêmes que leur cause est juste, car ils seraient oppressés, notamment par les juifs dont je doute pourtant qu’ils en aient croisés beaucoup… J’ai mis aussi le temps à réaliser que l’islam tel que pratiqué par les musulmans n’était pas l’islam que j’ai appris à l’école, à l’université, aux conférences et aux formations assurées par des intellectuels musulmans.

Et à côté de cela, tous les connards de gauchistes bienpensants, les Médiapart et les Clémentine AUTAIN, qui les premiers s’étaient affichés Charlie, progressivement, vont te rappeler qu’il y a la Palestine ; ils vont te dire que la liberté, c’est pas que de s’habiller en string (mais ils ne te diront pas que ce n’est pas que de s’habiller en burqa) ; que si on arrêtait de faire la guerre, on arrêterait d’avoir des attentats… Ils vont t’expliquer le Coran, et te dire qu’on est sur de mauvaises traductions avec des versets qu’on étudie jamais. Ils vont te citer des spécialistes autoproclamées de l’islam qui n’ont jamais mis les pieds dans une mosquée. Et ils ne vont jamais te dire que l’argent de NEYMAR, c’est la contrepartie du blanchiment de l’argent qui finance le terrorisme.

Et puis tous ces cons de Français qui se réunissent après chaque attentat pour chanter Imagine de John LENNON, avec des bougies, en portant des tee-shirts « Je suis… », dont les messages d’amour sont entrecoupées du mantra  « Vous n’aurez pas ma haine » en alternance avec « Pas d’amalgame ». HIDALGO qui éteint la Tour eiffel, les montages journalistiques d’une famille musulmane endeuillée (les premières victimes du terrorisme), et d’une femme voilée qui pleure et vient consoler les parents de victimes en te disant que l’islam, c’est pas le terrorisme. Comme toute religion, l’islam, c’est aussi le terrorisme. Et ouais, il y a eu des connards de terroristes chrétiens type BREIVIK qui ont tué 77 personnes. Mais c’était une fois depuis 1995 ! C’est pas les chrétiens qui posent problème aujourd’hui en France. Mais si vous voulez, on peut rentrer dans le débat de la viande halal, du voile, des actes médicaux sur les femmes, des lieux publics privatisés, des associations cultuelles…


Deux ans ont passé, et c’est la kouachisation des esprits qui aujourd’hui est la plus insupportable. Ces mecs ont gagné : Charlie-Hebdo ferme quand même beaucoup plus sa gueule ! Les Français continuent d’ailleurs d’avoir plus peur de l’extrême-droite et/ou du Front national que du terrorisme islamiste ! Ils ont bien appris leur cours d’Histoire de 5e : l’islam qui a sauvé le Moyen-Âge de l’obscurité, et qui l’a sorti des ténèbres avec la médecine, les sciences, la transmission des savoirs antiques… Ils s’interdisent de raisonner autrement, surtout d’avoir peur de la religion (ils ne savent plus ce que c’est puisqu’ils ne croient plus) et puis ils refusent d’avouer que la laïcité est morte.

Et justement l’islamophobie reste un délit ; même si personne ne sait ce que ça veut dire. On comprend finalement qu’on n’a pas le droit d’avoir peur de l’islam parce que sinon on va aller en prison. Nos prisons, qui sont peut-être les meilleurs foyers de radicalisation, parce qu’effectivement, la majorité des personnes détenues ne sont pas insensibles au discours de vengeance d’une France racisée, néo-coloniale, patriarcale, injuste… Et de la frustration de ne rien pouvoir dire, naît la haine et encore plus d’incompréhensions qui provoquent l’inverse de l’effet recherché…

Oui, aujourd’hui, je suis islamophobe parce que j’ai peur de me faire tuer lors d’un attentat islamiste, ou de connaître quelqu’un à qui cela pourrait arriver. Que je n’ai plus confiance en beaucoup de musulmans qui ne sont pas capables de m’affirmer leur rejet du terrorisme sans nuancer leur réponse. Que je trouve anormal que le développement de l’islam dans l’espace public, s’accompagne d’un rétrécissement institutionnel des autres religions et pratiques, alors qu’il y a suffisamment de place pour qu’on vive tous ensemble…  Que je regrette qu’on ne donne pas plus la parole à tous les « collabeurs » qui défendent un islam républicain, et que nous devons soutenir. Qu’on ait supprimé l’émission « Les enfants d’Abraham » sur C8 qui promouvait un vrai dialogue inter-religieux. Que je me sens trahi par l’État et les élites qui ne semblent pas prendre le problème au sérieux, en se disant que ça passera…