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Communication des travaux du Conseil citoyen : ma réplique à l’IFAC

TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES

MÉMOIRE EN RÉPLIQUE


POUR :

Monsieur Olivier VAGNEUX, requérant

CONTRE :

Le Centre social de Savigny-sur-Orge, représenté par l’association “Institut de formation, d’animation et de conseil” (IFAC), sise 53, rue du Révérend Père Christian-Gilbert, 92600 Asnières, du fait de la décision municipale savinienne n°1065 du 26 décembre 2016, et coordonnant le Conseil citoyen de Grand-Vaux, du fait de l’arrêté préfectoral essonnien n°2015-PREF-PDEC-03 du 26 juin 2015.


Observations à l’appui de la requête n°1706795-7


EXPOSE

Par une requête enregistrée au greffe du Tribunal administratif de Versailles en date du 27 septembre 2017, le requérant demande au Tribunal de contraindre le Centre social de Savigny-sur-Orge, coordinateur du Conseil citoyen de Grand-Vaux, à publier les documents administratifs constituant les travaux dudit Conseil.

Par un mémoire en défense en date du 29 novembre 2017, le Centre social de Savigny-sur-Orge entend répondre à la requête du requérant.

C’est à ce mémoire en défense que l’exposant vient présentement répliquer.


RAPPEL DES FAITS

Le quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge (Essonne) fait l’objet d’un projet de rénovation urbaine. Conformément à la loi de programmation pour la Ville et la cohésion urbaine du 24 février 2014, un Conseil citoyen a été constitué par arrêté du Préfet de l’Essonne en date du 26 juin 2015 pour associer les habitants à la rénovation du quartier.

Le règlement intérieur du Conseil citoyen de Grand-Vaux précise la production d’un certain nombre de documents ou de travaux : convocations, ordres du jour, compte-rendus de séance, questions orales et écrites, résumés sommaires effectués par les rapporteurs, compte-rendus des débats, avis exprimés et consignés sur les différentes thématiques abordés… (Production n°1)

Or, depuis la création de ce Conseil, le requérant, intéressé par la rénovation, ne cesse de demander la transparence sur les travaux et les productions de ce premier, et donc la communication de tous les documents établis par lui.

Finalement, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a reconnu la pleine communicabilité de ces pièces dans son avis n°20171321 du 11 mai 2017.

C’est le refus de communication par le Centre social de Savigny-sur-Orge des documents produits par le Conseil citoyen que le requérant vient contester.


DISCUSSION

1. De manière liminaire, le requérant fait valoir que le défenseur n’apporte aucun argument juridique susceptible de justifier sa décision de refus de communication de l’intégralité des documents produits par le Conseil citoyen de Grand-Vaux.

Que la défense prétend sans preuves en page 3 de ses écritures qu’ils sont à la disposition de quiconque les demandent ; mais qu’en l’occurrence ni le requérant, ni même personne d’autre, ne parvient à les obtenir…

Que le fait que le requérant soit un militant politique, ou qu’il possède des griefs contre l’IFAC, est sans incidence sur la communication des documents.

Que le présent mémoire n’a donc pour seul but que de mettre à mal la défense du Centre social de Savigny-sur-Orge en soulevant les différentes contradictions internes contenues dans son mémoire.


Sur la prétendue volonté du requérant d’intégrer le Conseil citoyen de Grand-Vaux

2. En première page de ses écritures, la défense affirme que le requérant a candidaté au Conseil citoyen de Grand-Vaux, sans aucune justification de ses propos ; de manière à instiller l’idée que les actions du requérant seraient malveillantes car motivées par le ressentiment de ne pas être parvenu à intégrer ce Conseil.

Cela est faux en tant que le requérant n’a jamais fait acte de candidature pour siéger au sein de cette instance.

Le Protocole de préfiguration de la rénovation urbaine du quartier de Grand-Vaux (signé en septembre 2016), en page 91 sur 111, fait d’ailleurs savoir que : “La Ville a reçu 29 candidatures qui ont été retenues, le nombre de candidatures étant jugés insuffisant pour procéder à un tirage au sort”. (Production n°15)

Comment donc le requérant aurait-il pu candidater sans être retenu, alors que tous les candidats ont officiellement été retenus ?

Et d’inviter le Centre social de Savigny-sur-Orge à étayer ses accusations en fournissant l’acte ou les actes de candidature du requérant !


3. De plus, c’est toujours en tant que public, donc en tant que personne extérieure au Conseil, que le requérant a souhaité assister aux travaux du Conseil citoyen.

Le requérant renvoie ainsi à la production adverse n°3, dans laquelle il demande des renseignements de manière à pouvoir assister à la séance plénière du Conseil citoyen du 03 novembre 2015, en tant que public, conformément au Cadre de référence des Conseils citoyens (Production adverse n°2) :

Page 12 – Titre IV – Point n°2 – Rubrique Organisation et suivi des travaux

Le Conseil citoyen peut se réunir selon un rythme qu’il définit lui-même, sans différentes formations, notamment en séances plénières : celles-ci sont ouvertes à tous les membres mais également aux habitants et associations du quartier.

N’habitant pas le quartier, le requérant a donc invoqué son engagement associatif au sein du quartier, de manière à pouvoir légalement observer les travaux du Conseil citoyen, toujours en tant que public ! En vain.


Sur le prétendu apolitisme du Conseil citoyen

4. La défense prétend ensuite que le Conseil citoyen se doit d’être apolitique.

Or, siègent en son sein (Production adverse n°1) :

– Mme Danielle HUGUET, grand électeur suppléant aux élections sénatoriales de septembre 2017 proposée par la liste “Le bon sens pour Savigny – Union de la droite, du centre et des indépendants”. (cf Production adverse n°13)

– M. Didier CADRECHA, 3e de la liste Savigny-Égalité (POI) aux élections municipales de mars 2014 (cf Production adverse n°19)

– M. Nicolas RAJAONARISON, 21e de la liste d’Union de la gauche aux élections municipales de mars 2014, et potentiellement futur Conseiller municipal en cas de désistement des membres mieux placés que lui. (cf Production adverse n°19)

Et de rappeler les origines de l’IFAC qui a été fondée en 1984 par MM. André SANTINI (UDI) et feu Charles PASQUA (UMP devenue LR) ; laquelle association coordonne le Conseil citoyen ; certes à la demande de la Préfecture mais sur proposition de la municipalité à majorité LR qui se trouve être son employeur, ce qui représente une situation criante de conflit d’intérêts.

Donc le conseil citoyen de Grand-Vaux n’est pas vraiment apolitique ! Et d’inviter le juge administratif, même si cela n’entre pas dans son office, à constater la discrimination subie par le requérant, puisqu’une certaine politisation reste malgré tout admise.


Sur la contestation des documents transmis

5. Le requérant rappelle qu’il a demandé la communication de l’ensemble des documents produits par le Conseil citoyen de Grand-Vaux depuis son installation (Production n°6).

Que le défenseur ne justifie la communication que de deux documents au 15 mai 2017 (i et ii),

Que le requérant conteste effectivement la validité de ces documents, en tant qu’ils ne correspondent pas à ses demandes ; le premier document étant d’ailleurs entaché d’illégalité.

i. Sur le règlement intérieur en vigueur

L’article 17 du règlement intérieur du Conseil citoyen prévoit en son alinéa 6 que “le nombre de conseillers citoyens a été fixé à 27 (52 % pour le collège habitants, 48 % pour le collège institutionnels). Ce chiffre pourra être réévalué par avenant au règlement intérieur.” (Production n°16)

Ce règlement intérieur n’est déjà pas légal en tant qu’il contrevient à l’arrêté préfectoral n°2015-PREF-PDEC-03 du 26 juin 2015 et aux propos du protocole de préfiguration de la rénovation, qui fixe un quota de 29 conseillers citoyens (Production adverse n°1).

Mais un article de presse du journal Le Parisien en date du 1er novembre 2016 (Production n°17), évoque quant à lui 32 membres, ce qui contrevient tout autant à l’article 17 du règlement intérieur qui limite le nombre de membres à 29.

De la sorte, soit le règlement intérieur transmis au requérant est un faux, soit c’est un document officiel souffrant d’un grave défaut de légalité interne, en plus de ne pas être respecté…

ii. Sur la liste des membres actualisée

La défense plaide que la liste des conseillers est fixée par le seul moyen d’un arrêté préfectoral. Que donc la seule liste valable des membres du Conseil citoyen est celle contenue dans l’arrêté préfectoral du 26 juin 2015.

Par conséquent, que la liste des membres du Conseil citoyen à un instantané n’est pas un document achevé, aux termes de l’article L.311-2 du Code des relations entre le public et l’administration, en tant qu’elle ne correspond pas à un nouvel arrêté préfectoral.

Cette logique ne saurait cependant emporter l’adhésion du Tribunal de formation en tant que les conseillers citoyens signent une feuille de présence à leur arrivée en séance ; laquelle se trouve de facto devenir un document communicable, mais surtout démontre qu’il existe bien une liste évolutive des conseillers citoyens, en fonction des démissions et des arrivées.

Pour preuve de ces renouvellements, le requérant peut aussi évoquer deux témoignages oraux qui lui ont été adressés, ou ses correspondances avec le délégué du Préfet, Yves BOUCHET, lequel a même évoqué un tirage au sort pour départager certains candidats lors du dernier renouvellement, mais surtout citer le bulletin municipal de Savigny-sur-Orge, qui dans son édition de l’été 2016, appelait en sa page 17 à compléter la liste des conseillers citoyens, prouvant de fait des départs et préparant des arrivées. (Production n°18)

De plus, dans un échange de courriels de septembre 2016, Christelle FAURE, chef de projet Politique de la ville à Savigny-sur-Orge, reconnaissait la constitution d’une autre liste actualisée, qui est celle à laquelle le requérant fait référence dans ses écritures, en tant qu’il l’a photographié en mairie le 29 août 2016. (Production n°19)


Sur l’accueil des habitants aux réunions du Conseil citoyen

6. En page 2 de ses écritures, la défense affirme avoir accueilli des habitants du quartier aux séances du Conseil citoyen ; lesquels ne seraient pas des conseillers citoyens.

Le Tribunal devra d’abord s’interroger sur la raison motivant alors plusieurs personnes de ce public à se réclamer comme conseillers citoyens, à l’instar de M. Dominique CATÉRINI, ayant intégré le conseil au titre du collège “associations et acteurs locaux” et intervenu plusieurs fois lors de réunions publiques municipales en se présentant comme conseiller citoyen. Ces citoyens seraient-ils donc tous des bonimenteurs commettant une usurpation de fonction ?

Lesquels s’ils n’étaient peut-être pas conseillers citoyens de plein droit, l’étaient bien de fait !

Le Tribunal de céans ne pourra donc que s’étonner du fait qu’un tel accueil soit refusé au requérant, lequel s’il n’habite pas dans le quartier, y vit en tant qu’y agissant professionnel, qu’acteur associatif engagé auprès de ses habitants, et que croyant fréquentant la chapelle de ce quartier.


Sur le grief que le requérant serait procédurier

7. Pour autant que le requérant soit effectivement bien connu du Tribunal administratif de Versailles, celui-ci n’a encore jamais porté plainte directement devant le Tribunal correctionnel, mais jusqu’à présent toujours près le Procureur.

Mais il a bien déposé plainte envers l’IFAC en tant que cette association ne respecte pas les engagements contractuels visant à une animation démocratique de la vie du quartier de Grand-Vaux (évoqué dans la Production adverse n°19).

Rappelle cependant que ce moyen est sans incidence sur sa présente demande.

Mais plaise au juge administratif d’infliger au requérant une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros, en application de l’article R.741-12 du Code de justice administrative, si celui-ci estime qu’il est abusif de requérir une totale transparence sur les travaux d’un Conseil citoyen !


Sur le caractère prétendument diffamatoires des articles de blog du requérant

8. Le requérant nie le caractère diffamatoire des propos tenus dans ses articles de blog.

Dit que ses articles sont informatifs quand bien même ils sont rédigés dans un style véhément interrogeant l’IFAC. Que poser des questions, quand bien même elles mettent en cause une personne privée ou publique, reste un droit constitutionnel !

Invite plutôt la défense à ce qu’elle le poursuive pénalement si ses articles sont réellement diffamants, plutôt que d’avoir la malhonnêteté de sous-entendre qu’ils le sont, tout en refusant de se défendre, ce qui constitue d’une part un aveu Centre social qu’il n’a rien à répondre aux accusations du requérant, et d’autre part une véritable diffamation du requérant.


Sur la prétendue transparence de la défense

9. La défense ose terminer en affirmant mettre à disposition les documents et les productions pour “quiconque les demandes (sic) dans la limite des dispositions spécifiques au Conseil citoyen et dès lors que ces documents existent”.

Or, le règlement intérieur du Conseil citoyen ne présente aucune disposition s’opposant à la communication de ses travaux (Production n°1)

Enfin, c’est bien parce que ces documents ne sont pas communiqués, que le requérant se trouve dans l’impossibilité d’en dresser une liste exacte ; et qu’à n’en pas douter, la défense interprète que le requérant ne demande que des documents qui n’existent pas ou qu’il n’arrive pas à caractériser… Et de prendre ce prétexte pour ne rien communiquer.

Que donc la défense prouve qu’elle met effectivement ou qu’elle a mis à disposition ces travaux, plutôt que de se vanter de le faire sans encore une fois le prouver.


PAR CES MOTIFS

et ceux de sa requête,

le requérant persiste dans l’intégralité de ses conclusions.

Il requiert l’annulation de la décision du Centre social de Savigny-sur-Orge de refus de communiquer l’intégralité des documents produits par le Conseil citoyen de Grand Vaux ;

que soit ordonné la communication desdits documents au requérant, si besoin par tous les moyens à la disposition du juge administratif ;

que le juge administratif fasse procéder à la publication de l’ensemble des travaux communicables du Conseil citoyen de Grand-Vaux sur un support papier et un support numérique, accessibles à l’ensemble de la population, conformément à l’article L.312-1-1 du Code des relations entre le public et l’administration ;

et que le Tribunal veille à la bonne application dans le temps de la décision de jugement, de manière à ce que les nouveaux travaux soient aussi publiés.

Il demande donc le rejet des “conclusions” du Centre social de Savigny-sur-Orge en tant qu’elles tendent à un rejet de sa requête.


Sous toutes réserves.

Fait à Savigny-sur-Orge, le 11 décembre 2017

Olivier VAGNEUX,

le requérant


BORDEREAU DE COMMUNICATION DE PRODUCTIONS

Sur la requête n°1706795-7

Production n°15 : Extrait du protocole de préfiguration de la rénovation urbaine du quartier de Grand-Vaux (1 page)

Production n°16 : Extrait n°2 du règlement intérieur du Conseil citoyen de Grand-Vaux (1 page)

Production n°17 : Article du Parisien de l’Essonne du 1er novembre 2016 sur le Conseil citoyen de Grand-Vaux (1 page)

Production n°18 : Extrait du bulletin municipal de Savigny-sur-Orge de l’été 2016 (1 page)

Production n°19 : Réponse de Christelle FAURE, chef de projet Politique de la Ville à Savigny-sur-Orge (1 page)

Fait à Savigny-sur-Orge, le 11 décembre 2017

Olivier VAGNEUX

requérant



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Rénovation de Grand-Vaux : le scandale des invariants !

Ce mercredi 06 décembre 2017, il y avait un atelier dit « participatif » pour travailler sur les scenarii proposés dans le cadre de la rénovation urbaine de Grand-Vaux. Sauf que de participation, on a d’abord commencé par nous dire qu’il y avait des « invariants » non négociables sur lesquels on ne pouvait pas être concertés. Et que ces invariants ont en plus été décidés arbitrairement par la Ville (enfin le cabinet du maire) et le bailleur.

Ce qui est tout d’abord étrange est que sur huit acteurs institutionnels censés prendre les décisions, seulement deux auraient pu convenir des invariants. Avec la double-limite que la Ville n’a pas été consultée en tant qu’aucune délibération du Conseil municipal n’a été prise (1), et que le bailleur Coopération-et-famille n’est pas légitime, en tant que voter la destruction de ses logements pour que l’argent public lui en repaye des neufs constitue un conflit d’intérêt (2) !

(1) On rappellera d’une part que la Loi dispose que les affaires de la commune sont traitées au moyen de délibérations du Conseil municipal (article L.2121-29 du Code général des collectivités territoriales). Que donc Éric MEHLHORN peut raconter les conneries qu’il veut pour s’auto-persuader qu’il a une autorité en ce domaine, il n’est pas habilité à prendre seule de telles décisions. Et moi, j’en ai marre de subir le complexe autoritaire du sieur MEHLHORN.

(2) Quant au bailleur social, il n’est pas tellement plus en position d’ouvrir sa gueule parce que c’est un peu facile de laisser volontairement se dégrader le bâti en faisant le minimum d’entretien ; puis quand c’est trop dégradé, de se faire repayer des logements neufs avec de l’argent public pour continuer à prélever des charges qui serviront surtout à financer d’autres logements sociaux qu’on laissera se dégrader à leur tour (une vraie pyramide de Ponzi)…

Les invariants doivent sinon nous interroger en tant qu’ils ne correspondent pas aux précédentes annonces, et notamment aux travaux du Conseil citoyen. Ils devaient supprimer tous les signes de ghettoïsation : ils laissent Monet et la tour rose. Ils devaient ouvrir le quartier vers le reste de la Ville au moyen d’une entrée de quartier mais ils nous proposent de l’ouvrir sur la route départementale qui donne sur Épinay… Ils se contredisent avec leurs « ambitions » !

On continue donc à se foutre de la gueule des habitants en leur parlant de concertation, consistant en fait à leur laisser potentiellement amender les projets décidés par d’obscurs acteurs se renvoyant tous la balle de leur responsabilité. L’idée étant de dire que les citoyens ont participé au projet, alors qu’ils n’ont aucun pouvoir de décision. Honte sur tous ceux qui vivent d’argent public pour mentir aux citoyens. Comment ces gens peuvent-ils encore dormir la nuit ?



Courrier au Préfet délégué à l’égalité des chances (Politique de la Ville à Savigny-sur-Orge)

En copie au maire de Savigny-sur-Orge

Objet : Politique de la Ville à Savigny-sur-Orge

Savigny-sur-Orge, le 27 octobre 2017


Monsieur le Préfet,

Je me permets de vous réécrire, une semaine après ma lettre ouverte, sur le conseil du maire de Savigny-sur-Orge, en copie de ce courrier.

« Je vous invite à directement saisir ce Préfet pour lui faire part de vos remarques, parce qu’alors là, c’est complètement aberrant et complètement déplacé. »

Quel chantage ainsi exercé sur le représentant de l’État ! Monsieur le maire de Savigny vous prend donc à témoin ; il vous prend même à partie. Si vous réagissez, c’est que c’est effectivement aberrant ou déplacé. Mais si vous n’intervenez pas, c’est qu’il a raison ; même s’il a tort…


Que donc le maire de Savigny me raconte n’importe quoi, cela ne fait que renforcer ma perception d’un incompétent, à tendance mythomaniaque, qui palabre vainement pour masquer sa profonde méconnaissance des dossiers.

Mais qu’il mente à la représentation savinienne, au cours d’une séance du Conseil municipal et lors d’un débat préalable au vote d’une délibération, constitue une infraction à l’article L.2121-13 du Code général des collectivités territoriales, et une négation du droit d’information du Conseil municipal.


Il se trouve que la semaine écoulée m’a permis de vérifier quelques uns des « petits arrangements » du maire de Savigny avec la vérité.

Par exemple, il nous a dit, lors du Conseil municipal du 19 octobre 2017, que la Ville avait postulé à l’appel à manifestations ANRU +.

« Concernant l’ANRU +, pourquoi on n’a pas été retenu, ben écoutez, c’est peut-être à demander aux services de l’ANRU. (…) Sauf erreur de ma part, effectivement, il y avait un dossier qui a été déposé. »

Or, tant l’honorable députée SAS (qui s’est exprimée à ce sujet dans un communiqué de presse), que moi-même, avons pu vérifier, chacun de notre côté, que cette annonce était fausse.


De la même manière, Monsieur MEHLHORN nous a raconté sa « seule fois » où il avait participé à une séance du Conseil citoyen, prétendument sur votre invitation.

Y a quand même deux remarques que j’aurais entendues sur vos bancs qui me sidèrent. La première remarque a consisté à dire que le Conseil citoyen était une institution clandestine, et alors l’autre sous couvert de l’exécutif municipal.

Je vous rappelle simplement que dans les règlements du Conseil citoyen, aucun élu, aucun élu, ne doit participer ou influencer leurs travaux.

La preuve en est : la seule fois où j’ai dû participer au Conseil citoyen, ça doit être il y a dix jours et sur invitation du Préfet à l’égalité des chances.

Là encore, vérification faite auprès de plusieurs membres historiques de ce Conseil, le maire de Savigny en est déjà à sa troisième ou quatrième venue en séance…


Vous êtes présentement désigné comme « arbitre » par le maire de Savigny.

Par ce courrier, je vous demande d’avoir le courage de prendre position, et d’aider les citoyens de Savigny-sur-Orge à démêler le faux du vrai pour tout ce qui concerne la politique de la Ville, sujet à de nombreuses dissimulations et contre-vérités.

Avez-vous invité le maire de Savigny-sur-Orge à participer aux travaux du Conseil citoyen lors de sa réunion de début octobre 2017 ?

Comment expliquez-vous les différents mensonges proférés devant les élus du Conseil, qui ne font que semer le doute sur le bon déroulement de la rénovation urbaine ?

Pouvez-vous justifier que les travaux du Conseil citoyen de Grand-Vaux soient cachés aux élus et aux citoyens ? Et je vous rappelle que la Justice est aussi appelée à statuer sur cette question. Mais il m’intéresserait d’avoir votre avis de Préfet.


Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Olivier VAGNEUX



Lettre ouverte à Alain BUCQUET, Préfet délégué à l’égalité des chances de l’Essonne

LETTRE OUVERTE AU PRÉFET DÉLÉGUÉ À L’ÉGALITÉ DES CHANCES EN ESSONNE

Objet : Conseil citoyen de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge

Savigny-sur-Orge, le 20 octobre 2017

Monsieur le Préfet,

Je m’inquiète pour vous. Il semblerait qu’on vous cache, à vous, Préfet délégué à l’égalité des chances, certaines réalités de la politique de la Ville à Savigny-sur-Orge.

De la bouche même du maire de Savigny, il paraîtrait, que vous citeriez en modèle, le Conseil citoyen de Grand-Vaux !

Or, je ne savais pas que l’opacité, la désinformation, l’intimidation, les abus de pouvoir et les abus de confiance, pour ne citer qu’eux ; commis au sein du Conseil citoyen de Grand-Vaux, étaient des exemples dans notre République.

Mais peut-être partagez-vous tout simplement l’avis de votre délégué, M. Yves BOUCHET, qui le 2 février 2017, me demandait ce que, franchement, ça pouvait me faire d’avoir accès au contrat de ville intercommunal 2015-2020, et aux productions du Conseil citoyen de Grand-Vaux ? (Sur ce point, j’ose espérer que la réponse du juge administratif à mon recours en contentieux contre les refus de communication du Conseil citoyen de Grand-Vaux vous satisfera.

Votre modèle de Conseil citoyen, en tant qu’il est poursuivi en Justice, est un peu étonnant…)

Ou peut-être allez-vous sinon vous énerver de mes propos, comme le maire de Savigny, lors de la dernière réunion de son Conseil municipal, car il ne supporte pas qu’on dise qu’il puisse y avoir une influence de son exécutif sur ce Conseil citoyen. N’est-il pas étonnant que ce soit toujours l’IFAC, association largement subventionnée par la mairie, qui possède la coordination de ce Conseil et la maîtrise complète de l’ordre du jour, alors que celles-ci ne devaient être que temporaire ?

Que pensez-vous sinon de l’apolitisme de ce Conseil avec une de ses membres sur la liste des grands électeurs de la commune aux élections sénatoriales ? Que pensez-vous ensuite de la consigne donnée aux membres de ne pas communiquer ce qu’ils font à l’extérieur ? Que pensez-vous toujours du fait que même les conseillers municipaux ne soient pas informés, et que l’IFAC prétende ne pas pouvoir communiquer, sur consigne du cabinet du maire de Savigny ?


Vous pouvez continuer de faire semblant de respecter un programme et un calendrier, soi disant cadrés par la loi. Les appels d’offres vous trahissent avec des descriptifs qui connaissent déjà les scenarii qui ne sont toujours pas censés être finis ! Un seul exemple avec le SIAHVY (Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique de la vallée de l’Yvette) qui écrit en septembre 2017 qu’on va démolir la crèche des Moussaillons parce que c’est prévu dans le projet ! Ils doivent avoir des dons de voyance !

Enfin, je souhaite vous exprimer mon avis sur le projet de rénovation tel qu’il s’annonce : ce n’est pas en virant 500 pauvres (même si effectivement il existe une corrélation entre pauvreté et délinquance), et en les remplaçant par des gens plus fortunés, que Grand-Vaux va changer.

Je vois les combats contre l’économie de la drogue. Par quoi comptez-vous la remplacer ? Je vois la volonté de rouvrir des commerces. Avec quelle sécurité pour empêcher les rackets qui existaient jusque-là ? Je vois cette envie de rouvrir le quartier. Mais pour y faire quoi ?

Et selon moi, la rénovation va échouer parce que vous n’avez pas de réponses à ces questions. Mais vous, vos prédécesseurs et vos successeurs, tout aussi complices, pourrez vous féliciter de tout cet argent investi, voulant croire que la qualité d’un projet dépend de l’argent dépensé.


Je voudrais donc finalement que vous me rassuriez : êtes-vous simplement naïf, ou complètement cynique ?

Vous pouvez tromper les institutions que vous fréquentez et qui, de toute façon, ne vérifient pas vos mensonges, mais je veux vous dire que vous ne trompez pas les citoyens. Et aussi que c’est à cause de comportements comme le vôtre que les citoyens ne croient plus à la parole publique.

Restant donc dans l’attente de retrouver votre représentant au Tribunal, en tant que personne juridique faisant office pour le Conseil citoyen qui n’a pas de personnalité juridique ; pour savoir s’il est normal qu’il y ait une opacité totale sur les travaux du Conseil citoyen. (Et j’ose espérer que vous arrêterez alors cette insolente publicité mensongère s’il y a condamnation.)

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Olivier VAGNEUX