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Hommage personnel à Claude LADIGNAC

Claude LADIGNAC, Savinien engagé dans la vie politique et associative notamment à Grand-Vaux, est décédé ce vendredi 16 octobre 2015. Si je me refuse de faire un éloge imaginaire de cet homme avec lequel je ne m’entendais pas, je vais écrire ici quelques mots en vérité de la relation compliquée que nous avons entretenue.

Ses obsèques auront lieu le mercredi 21 octobre 2015 à 15 h 00 pour une cérémonie religieuse en l’église Sainte-Thérèse (il m’avait pourtant bien spécifié avoir demandé à sa femme que rien ne soit organisé en ce sens…) puis à 15 h 30 au cimetière de la Martinière à Savigny.

Ce dimanche 29 mars 2015, j’attendais à la salle des fêtes de connaître le score de la victoire de MEHLHORN au second tour des départementales. J’étais seul et il est venu vers moi (ce que je n’aurais pas fait dans mon sens) me dire sa « profession de foi ». Un paradoxe pour un homme sensible aux idées et aux valeurs du communisme, qui parce qu’il savait que j’étais chrétien et qu’il aimait bien casser du chrétien, est venu dialoguer. Respect pour cela, Monsieur LADIGNAC.

Un politique politicien

Il aura été proche du Parti communiste puis de JUQUIN puis de MARSAUDON puis de ESTIVILL puis du Front de gauche… Son parcours a toujours été compliqué car m’expliquait-il, il votait pour le meilleur aux élections locales et toujours communiste pour les législatives et les présidentielles. Ainsi, il était tout fier (parce qu’il savait que cela m’emmerdait) de me dire avoir voté MEHLHORN au second tour des municipales et des départementales, et surtout qu’il n’avait pas voté « stalinien » (PCF).

Un combattant de Grand-Vaux

Chaque fois que je le voyais, il me demandait si j’avais des nouvelles de Christine ANICETO, avec qui pour la CNL, il avait travaillé à résoudre le problèmes des arriérés de charges pour Grand-Vaux pour 2010 et 2011. Il aurait voulu faire partie du Conseil citoyen en 2015 mais MEHLHORN n’en avait pas voulu, et c’était une chose qui lui restait un peu en travers. Il aura toujours navigué en essayant de tirer parti des différentes situations… C’est ainsi.

Un homme brut

Il s’était fait chopé en train de dégrader des affiches de la droite en 1995 et avait d’ailleurs été condamné pour cela. Lorsqu’il ne voulait pas faire quelque chose, il rappelait être cardiaque. Il était venu à une de mes réunions de campagne aux départementales pour me dire que je n’étais pas là pour convertir Grand-Vaux et que de toute façon, je ne pouvais rien y connaître car étant un bourgeois des Gâtines.

Une foi en l’Homme

Élevé dans la religion catholique, il me disait être devenu communiste car « eux au moins, ils s’entraident« . Le plus dur ensuite avait été de l’annoncer à son père, dont il parlait toujours avec beaucoup de respect. Pourtant, me disait-il, il avait « tout fait » (baptême, eucharistie, profession de foi, confirmation mais aussi servant d’autel). Il était même allé à la messe jusqu’à l’âge adulte, ajoutait-il encore. Déçu des chrétiens et de l’Église, il était alors parti. Compréhensible.


Je ne pensais pas que le Conseil municipal du 23 septembre 2015 serait la dernière fois que je le verrais. Je présente toutes mes condoléances à sa famille et à ses amis. Il m’avait dit ne pas vouloir d’obsèques religieuses et qu’il l’avait bien dit à sa femme. Je pense savoir qu’il n’aura pas d’obsèques religieuses. Au revoir, Claude LADIGNAC.

Quelques mots d’hommage à Lucienne GEORGES

Personnalité bien connue des Saviniens, Lucienne GEORGES née LEPETIT est décédée ce mardi 6 octobre 2015 à l’âge de 89 ans. Je ne partageais absolument pas ses opinions communistes ni son soutien récurrent à Jean ESTIVILL ou l’instrumentalisation politique dont elle était complice avec l’ARAC. Je m’interroge encore sur son rôle (contesté par certains) dans la libération de Savigny en 1944. Mais je dois reconnaître une grande dame qui a beaucoup œuvré à destination des jeunes pour le Devoir de mémoire.

En recul à cause de la fatigue ces dernières années, elle ne participait plus aux commémorations depuis l’année 2013. Elle restera une femme active qui aura aimé Savigny et tenu bon dans ses convictions jusqu’au bout. Toutes mes condoléances vont à sa familles et à ses amis. j’imagine que le Conseil municipal aura une pensée pour elle lors de sa prochaine réunion, elle qui aura siégée durant 2 mandats, élue sur la liste Savigny-Égalité.

Féministe, elle avait été très fière de l’élection de Laurence SPICHER-BERNIER, première femme maire de Savigny. Elle lui aura apporté un réel soutien comme à Jean MARSAUDON en dépit de son appartenance politique. Il restera ses interventions et ses silences, ainsi que les souvenirs qu’elle laissera dans la mémoire collective. Celle d’une personnalité savinienne qui endeuille toute la commune à commencer par sa rue LEUTHREAU en ce mois d’octobre 2015.

Retrouvez ici un témoignage vidéo de 9 minutes qu’elle avait livrée sur la Résistance :

 

Le Parti communiste tunisien s’affiche à Savigny

Mais pourquoi l’UMP s’est-elle dépêchée de faire un collage express dans Savigny entre le mardi 11 novembre et le mercredi 12 novembre 2014 ? Uniquement pour saluer la venue de Bruno LE MAIRE en campagne dans notre ville ?  Ou parce que le Parti communiste tunisien vient coller ses affiches sur les panneaux d’expression libre ? Ici une affiche recouverte de Hamma HAMMAMI, chef du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT). 

Notre homme de 62 ans est candidat à l’élection présidentielle tunisienne qui aura lieu le dimanche 23 novembre 2014. Il sera à la tête d’une coalition de gauche appelée « Front populaire ». Je suis curieux de savoir ce qui est écrit sur l’affiche. Si un lecteur arabophone veut bien m’indiquer la traduction, je lui en serais reconnaissant.

DSC_0275 Panneau d'expression libre de l'avenue Charles-de-Gaulle photographié le 12 novembre 2014 à 9 h 15

Panneau d’expression libre de l’avenue Charles-de-Gaulle photographié le 12 novembre 2014 à 9 h 15

Y’a-t-il un lien avec notre Jeannot ESTIVILL local ? Celui qui est maintenant au POI (Parti des ouvriers indépendants) ? Cela signifie-t-il une forte implantation de la diaspora tunisienne à Savigny ? Cela s’est-il reproduit en plusieurs endroits et dans plusieurs villes ? Je suis perplexe devant ce double-collage…

Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.