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Droit de suite : le commissaire de Police de Savigny-sur-Orge a répondu à notre interpellation du 17 février 2018

Il y a quelques jours, j’avais interpellé le commissaire de Savigny-sur-Orge relativement à la réunion qu’il avait eu avec « une cinquantaine de Saviniens » pour parler « sécurité ». Et de m’étonner que ces échanges aient été réservés à une minorité. Le responsable de la Police nationale nous a répondu qu’il s’agissait en fait d’une réunion de travail, convoquée à sa demande, qui a donc été faussement relatée par le maire qui voulait pavoiser.

Ce qui reste triste est donc qu’il faille faire semblant de s’intéresser à la sécurité pour avoir accès à ce type de réunions d’échanges (car je rappelle que le dispositif de participation citoyenne a été créé pour que les citoyens fassent la partie emmerdante de surveillance du travail de la Police, pour pouvoir justifier qu’on y supprime des postes). La réunion de travail était-elle cependant une assemblée de routine, ou une nécessité due à des dysfonctionnements dans le dispositif ?

J’espère donc que le commissaire acceptera, pour le principe, de faire comme il a fait à Morangis (où il existe pourtant aussi Voisins vigilants, mais dont j’ignore cependant s’ils ont été visités à ce titre), et de venir rencontrer tout le monde, lors d’une réunion qui soit, cette fois, à l’initiative de la municipalité. Et s’il refuse, je penserai que notre Police est politique en tant que la seule raison qui pourrait justifier que ses têtes ne viennent pas serait un refus personnel du maire.

Quant au message Facebook du maire, qui aime bien se mettre en scène à côté des forces de l’ordre, sinon des uniformes, il est d’autant plus scandaleux qu’on ne sait pas à quel titre il est posté. Est-ce le citoyen MEHLHORN, chargé d’un mandat public, qui récupère ce que fait la Ville à son compte ? Où est-ce le maire qui s’accapare l’initiative d’une proposition policière ? Dans tous les cas, il est profondément malhonnête en tant qu’il suggère autre chose que la réalité…

Enfin, je conteste la vision idyllique et corporatiste du commissaire. Si lui ou tous ses subordonnés étaient réellement de confiance, peut-être n’y aurait-il quand même pas 100 % d’affaires résolues, mais le citoyen n’appréhenderait pas ni de téléphoner à la Police, ni de se rendre au commissariat, où l’accueil laisse quand même sérieusement à désirer. Et où on peut avoir cette impression d’être coupable ou responsable, quand on est juste une victime venant se plaindre.


‌Ma dernière réponse au commissaire, envoyée le 02 mars 2018

Monsieur le Commissaire,

Je vous remercie de votre réponse.

J’ai été trompé par la publication Facebook du maire de Savigny-sur-Orge, qui évoque « une cinquantaine de Saviniens« , sans préciser que ceux-ci sont des acteurs du dispositif de participation citoyenne, aux termes de la loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, et de la circulaire du ministère de l’Intérieur du 22 juin 2011.

D’une part, parce que vous savez mieux que moi, qu’il y a entre 80 et 100 participants* à ce dispositif sur la commune (*chiffres 2015 ayant potentiellement évolués) .

D’autre part, parce que par exemple M. BLANCHAUD que vous rencontrez prochainement, lui-même acteur de ce dispositif, n’a pas été invité ; alors que ceux qui l’ont été, ont reçu une invitation nominative signée du maire.

Donc que vous n’avez pas pu voir tout le monde, sinon des personnes potentiellement filtrés par le maire de Savigny, qui aura a minima écarté cet opposant politique.

Je constate néanmoins, et à ce jour, que vous avez rencontré tous les Morangissois possiblement intéressés par votre action dans le cadre de la fabrique citoyenne, et qu’une telle rencontre n’a pas encore eu lieu à Savigny, ce que j’espère vous arriverez à proposer, en répondant à l’invitation du groupe politique municipal de M. BLANCHAUD.

Pour la question de la confiance, ce n’est pas des personnes sous votre commandement dont je doute, même si différentes conversations (en off) avec d’anciens DDSP, ou d’autres acteurs des ministères de la Justice ou des Armées, en plus de mes expériences personnelles, m’amènent à penser qu’environ 30 % des effectifs ne sont pas forcément à leur meilleure place dans la police, la gendarmerie, la pénitentiaire et l’armée, pour ne citer que ce corps.

Mais bien de la faiblesse des moyens dont vous disposez, en plus des dysfonctionnements inhérents aux services publics de la Justice, de la Sûreté, de la Détention, que je constate toujours plus chaque jour. Je m’arrête là d’enfoncer des portes ouvertes.

Olivier VAGNEUX




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Savigny-sur-Orge : le commissaire de Police reçoit sur permanence

C’est une des nouveautés issues des annonces relatives à la Police de sécurité du quotidien (PSQ) : les forces de l’ordre sont invitées à être encore plus à l’écoute de la population. À Savigny-sur-Orge, cela se traduit par un système de permanences du commissaire, qui n’est pas sans poser de multiples questions. Ni nous dire que la Police n’était jusque-là pas à l’écoute, et qu’elle n’a que ça à faire de nous écouter pleurer !

Ainsi que vous pouvez le voir dans mon image à la une, j’ai moi-même essayé de voir comment fonctionnait ce dispositif en présentant une demande de présentation de l’évolution de la délinquance et de la criminalité sur notre circonscription de sécurité publique.

Le commissaire m’a très aimablement répondu qu’il pouvait me présenter son service, et aborder des sujets particuliers, sauf qu’on ne pourra donc pas parler de délinquance ni de criminalité. J’ai décliné en lui disant qu’il avait mieux à faire que de m’écouter me plaindre.

Alors, je ne nie pas qu’il est intéressant de savoir comment fonctionne le commissariat de Savigny, et d’ailleurs j’aimerais beaucoup, mais pas comme cela, en prenant du temps de travail à des agents et à une structure qui est déjà débordée et qui manque de moyens.

Tout le monde sait que je suis procédurier. Eh bien, je préfère que la Police s’occupe de résoudre les affaires que je pourrais lui confier, plutôt que de faire les beaux devant ce qui va ressembler aux petits vieux fachôs qui veulent juste se faire bien voir du commissaire…

Et déjà Voisins vigilants, plus qu’un réel altruisme, n’est qu’une manière de permettre à des gens d’être plus proches de la Police que le commun, ce qui dans leur esprit, leur fait espérer qu’ils seraient mieux traités en cas de problème de sécurité ou de besoin de la Police…


Y a-t-il donc vraiment besoin de cette permanence, qui envoie en plus le message que la Police d’avant la PSQ ne serait pas à notre écoute ; et donc qu’heureusement qu’il y a le commissaire, pour faire ce que la base ne fait pas. Moi, je veux pourtant avoir confiance en la base.

Et ce n’est pas parce que le commissaire a fait plus d’études, ou que l’agent de Police a peut-être intégré ce corps par défaut, parce qu’il a raté les concours de la haute sécurité privée, qu’on ne doit pas respecter une logique hiérarchique, qui expose la base à la population.

Ce qui me dérange avec ce système est qu’on dévoie donc le rôle du commissaire, qui est d’abord là pour gérer son commissariat et qui devient un nouveau bureau des plaintes, qu’on va forcément préférer aux agents de service, en tant qu’on vise souvent l’autorité la plus haute.

Qui gère le commissariat pendant ce temps ? Bien entendu que le commissaire peut toujours faire les deux, mais ce n’est pas sa mission première, et je ne suis pas certain que ce soit très intéressant pour lui de jouer à l’officier presse, ou à l’officier de relations publiques.

D’autant qu’on se rajoute un échelon juridique, avec aussi des personnes qui vont venir le voir pour prendre des nouvelles de leur plainte ou essayer de la pousser, alors que ça ne fonctionne pas comme cela, et que c’est le Procureur ou le juge qui instruit, et pas le commissaire.

Bref, encore de la communication qui est maladroite. Parce que je ne me sens pas mieux protégé parce que le commissaire accepte de me recevoir. La sécurité du quotidien, c’est le civisme, c’est l’éducation, c’est l’instruction et c’est donner des vrais moyens à la Police !

Ce n’est pas leur rajouter du travail, qui risque de décevoir encore plus les citoyens, et d’accroître de la méfiance, quand les gens vont se rendre compte des limites de l’exercice, et que le commissaire ne peut pas forcément faire plus ou mieux que ses subordonnés.


Pour rencontrer le commissaire ; lui écrire à l’adresse :

ddsp91-csp-savigny-sur-orge@interieur.gouv.fr