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Le jour où je suis devenu islamophobe…

Je voudrais d’abord préciser le terme d’islamophobie que j’emploie ici non pas pour dire que j’ai de la haine envers l’islam et les musulmans ; mais bien une plus forte méfiance envers cette religion par rapport au contenu de son livre sacré et de sa tradition, voire que j’ai peur de certains croyants musulmans (du moins personnes se revendiquant de l’islam) qui se servent de leur religion pour justifier l’injustifiable.

Contrairement sinon à ce que le titre de cet article pourrait laisser croire, mon « islamophobie » n’est pas apparue soudainement, mais elle est une construction dans le temps, dont le déclencheur a quand même été l’attentat du Bataclan. Elle est surtout une réaction à la kouachisation des esprits (néologisme du nom des terroristes de Charlie), qui est en marche, et qui prend de plus en plus d’ampleur…


Avant 2012, et les crimes de Mohamed MERAH, l’islamophobie était pour moi le fait d’une extrême-droite identitaire qui visait davantage l’immigration arabo-musulmane. C’était tant l’occupation des chantiers de mosquée que les mecs qui allaient balancer des lardons sur les salles de prière à trois heures du matin.

Puis il y a eu MERAH, et j’ai commis l’erreur de relativiser ses meurtres. C’est quand même chaud pour quelqu’un qui se dit chrétien de faire passer des fonctions ou des identités avant la personne humaine. Bref, les militaires mourraient parce qu’ils faisaient la guerre (en Afghanistan et en Libye) et les juifs parce que c’était une vengeance pour l’occupation de la Palestine (c’est fou combien la pensée gauchiste peut nous polluer).

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?) Ce n’est pas parce que tu ne crois pas en Dieu que tu es obligé d’en dégoûter les autres, et de dessiner presque toutes les semaines que 100 % des prêtres sont pédophiles…  Et je pense d’ailleurs que c’est parce que je n’aime pas ce journal que je ne me suis pas reconnu en Charlie, pour moi davantage défenseur de la liberté de blasphémer que de la liberté d’expression. (Alors que paradoxalement, aujourd’hui et certainement aussi par cet article, je suis plus Charlie que beaucoup d’autres).

Et puis enfin le Bataclan, déclic en tant que (presque) tout le monde était visé (lire l’article du Parisien), donc qu’il n ‘ y avait plus d’excuse possible à trouver ; mais surtout annonce d’une guerre de civilisation qui disait enfin son nom. Alors qu’aujourd’hui, enfin, on se tolère à peu près tous, et qu’on cherche juste à élargir nos aires d’influence, voilà des types qui admettent vouloir venir nous tuer chez nous pour nous conquérir ! Et nous, on attend bravement, en espérant qu’ils renoncent en chemin…

Et c’est là que j’ai ouvert les yeux par rapport aux comportements que je voyais depuis trois ans, mais que je refusais de regarder. Sur tous ces gens qui refusaient de condamner le terrorisme, non pas parce qu’ils n’auraient pas à s’en désolidariser ou parce que le dossier serait trop compliqué, mais parce qu’ils l’approuvent en fait, voire le justifient. Et j’ai notamment compris que les gamins de 6, 8 ou 10 ans de Grigny, ou des Prés-saint-Martin dans ma ville qui défendaient les terroristes, ne le faisaient pas pour répéter les paroles des parents ou des grands, mais parce qu’ils en sont convaincus eux-mêmes que leur cause est juste, car ils seraient oppressés, notamment par les juifs dont je doute pourtant qu’ils en aient croisés beaucoup… J’ai mis aussi le temps à réaliser que l’islam tel que pratiqué par les musulmans n’était pas l’islam que j’ai appris à l’école, à l’université, aux conférences et aux formations assurées par des intellectuels musulmans.

Et à côté de cela, tous les connards de gauchistes bienpensants, les Médiapart et les Clémentine AUTAIN, qui les premiers s’étaient affichés Charlie, progressivement, vont te rappeler qu’il y a la Palestine ; ils vont te dire que la liberté, c’est pas que de s’habiller en string (mais ils ne te diront pas que ce n’est pas que de s’habiller en burqa) ; que si on arrêtait de faire la guerre, on arrêterait d’avoir des attentats… Ils vont t’expliquer le Coran, et te dire qu’on est sur de mauvaises traductions avec des versets qu’on étudie jamais. Ils vont te citer des spécialistes autoproclamées de l’islam qui n’ont jamais mis les pieds dans une mosquée. Et ils ne vont jamais te dire que l’argent de NEYMAR, c’est la contrepartie du blanchiment de l’argent qui finance le terrorisme.

Et puis tous ces cons de Français qui se réunissent après chaque attentat pour chanter Imagine de John LENNON, avec des bougies, en portant des tee-shirts « Je suis… », dont les messages d’amour sont entrecoupées du mantra  « Vous n’aurez pas ma haine » en alternance avec « Pas d’amalgame ». HIDALGO qui éteint la Tour eiffel, les montages journalistiques d’une famille musulmane endeuillée (les premières victimes du terrorisme), et d’une femme voilée qui pleure et vient consoler les parents de victimes en te disant que l’islam, c’est pas le terrorisme. Comme toute religion, l’islam, c’est aussi le terrorisme. Et ouais, il y a eu des connards de terroristes chrétiens type BREIVIK qui ont tué 77 personnes. Mais c’était une fois depuis 1995 ! C’est pas les chrétiens qui posent problème aujourd’hui en France. Mais si vous voulez, on peut rentrer dans le débat de la viande halal, du voile, des actes médicaux sur les femmes, des lieux publics privatisés, des associations cultuelles…


Deux ans ont passé, et c’est la kouachisation des esprits qui aujourd’hui est la plus insupportable. Ces mecs ont gagné : Charlie-Hebdo ferme quand même beaucoup plus sa gueule ! Les Français continuent d’ailleurs d’avoir plus peur de l’extrême-droite et/ou du Front national que du terrorisme islamiste ! Ils ont bien appris leur cours d’Histoire de 5e : l’islam qui a sauvé le Moyen-Âge de l’obscurité, et qui l’a sorti des ténèbres avec la médecine, les sciences, la transmission des savoirs antiques… Ils s’interdisent de raisonner autrement, surtout d’avoir peur de la religion (ils ne savent plus ce que c’est puisqu’ils ne croient plus) et puis ils refusent d’avouer que la laïcité est morte.

Et justement l’islamophobie reste un délit ; même si personne ne sait ce que ça veut dire. On comprend finalement qu’on n’a pas le droit d’avoir peur de l’islam parce que sinon on va aller en prison. Nos prisons, qui sont peut-être les meilleurs foyers de radicalisation, parce qu’effectivement, la majorité des personnes détenues ne sont pas insensibles au discours de vengeance d’une France racisée, néo-coloniale, patriarcale, injuste… Et de la frustration de ne rien pouvoir dire, naît la haine et encore plus d’incompréhensions qui provoquent l’inverse de l’effet recherché…

Oui, aujourd’hui, je suis islamophobe parce que j’ai peur de me faire tuer lors d’un attentat islamiste, ou de connaître quelqu’un à qui cela pourrait arriver. Que je n’ai plus confiance en beaucoup de musulmans qui ne sont pas capables de m’affirmer leur rejet du terrorisme sans nuancer leur réponse. Que je trouve anormal que le développement de l’islam dans l’espace public, s’accompagne d’un rétrécissement institutionnel des autres religions et pratiques, alors qu’il y a suffisamment de place pour qu’on vive tous ensemble…  Que je regrette qu’on ne donne pas plus la parole à tous les « collabeurs » qui défendent un islam républicain, et que nous devons soutenir. Qu’on ait supprimé l’émission « Les enfants d’Abraham » sur C8 qui promouvait un vrai dialogue inter-religieux. Que je me sens trahi par l’État et les élites qui ne semblent pas prendre le problème au sérieux, en se disant que ça passera…



Attristé par le décès de François DELAPIERRE (Parti de gauche)

Je n’ai appris le décès de François DELAPIERRE que ce lundi matin, et je suis attristé par cette annonce, car il était une personne intelligente avec de vraies convictions. Je l’avais rencontré une fois et j’avais bien aimé son discours. Avec sa mort, meurt aussi un morceau du Parti de gauche qui sans lui est aussi condamné.

Il n’avait que 44 ans mais une tumeur foudroyante au cerveau ne se sera pas embarrassé du détail de son âge. Il était le successeur désigné de Jean-Luc MÉLENCHON et un de ses trois enfants spirituels avec Clémentine AUTAIN et Jérôme GUEDJ (Gabriel AMARD, le gendre de ce premier faisant déjà partie de la famille mélenchonienne).


Une personne brillante

Il était assurément un bosseur de la trempe de MÉLENCHON avec une mémoire incomparable. Il pouvait disserter pendant des heures sans aucune note. Cela tient simplement au fait qu’il croyait à ce qu’il disait, avec malgré tout, les défauts des intellectuels de gauche obligés de caser régulièrement un (gros) mot savant que personne ne comprenait dans le contexte.


Le vrai cerveau du PG

Dans la tradition communiste, il faisait partie de l’élite du parti de gauche qu’il avait cofondé en 2008 et il était de fait un acteur majeur du Front de gauche. Il était le théoricien de la ligne du parti et s’il ne s’était pas interrogé quant à rester au PS après 2008, c’est qu’il était réellement de gauche et portait l’antilibéralisme au cœur de son projet. Le courage après 1989.


Un stratège malgré lui

S’il n’avait pas réussi à se caser aux différentes élections, étant de fait battu là où il se présentait (à l’exception des régionales de 2010 à cause du scrutin de liste), c’est lui qui coordonnait et animait le Parti de gauche. Il avait compris l’importance d’avoir une vraie gauche et c’est aussi à son travail que les communistes doivent d’être remonté dans les résultats des élections.



Je ne suis pas éco-socialiste, selon le concept qu’il avait défini. Mais je pense que tous les camps politiques doivent avoir, comme il était, des personnalités fortes pour créer l’échange et le débat d’idées. Puisse la vraie gauche continuer de porter après son décès un vrai discours antilibérale, qui nous change de tous les mou(ton)s du PS et renforce la droite.

Il ne faut pas désespérer MÉLENCHON

Après Billancourt (Hauts-de-Seine), c’est une autre cause désespérée qu’il s’agit de soutenir : Jean-Luc MÉLENCHON. Le président du Parti de gauche (PG) confie sa lassitude au site internet Hexagones. Il se dit « fatigué », « avoir besoin de bailler aux corneilles » et reconnaît même un « échec » du Front de gauche (FDG). L’homme annonce prendre du recul par rapport à son action politique.

Ce n’est plus une déprime, c’est une dépression. Après l’échec immérité du Front de gauche aux européennes (un des rares à avoir un programme) et face aux communistes qui cherchent à casser l’alliance du Front de gauche, c’est six années d’efforts depuis 2008 qui sont remis en cause et une grande absence de reconnaissance envers l’homme aux 11 %.

MÉLENCHON, le socialiste qui voulait rénover le communisme

Quand en 2007, Marie-George BUFFET mobilisait 700 000 électeurs pour faire 1,93 % des suffrages, MÉLENCHON en captait 4 millions soit 11,1 % en 2012. Un score à deux chiffres que les communistes n’avaient plus connu depuis les 15,35 % de Georges MARCHAIS en 1981. Mais surtout un résultat permis par le rassemblement autour d’un homme de socialistes, de communistes, d’écologistes et d’alternatifs. En 2008, MÉLENCHON créé le PG comme une dissidence au PS, revenant aux fondamentaux de la gauche, dévoyée par un PS social-libéral. À l’occasion des élections européennes de 2009, il propose le rassemblement du FDG pour conforter cette alliance et réalise 6,05 %. Outre, les désirs de revenir dans sa vraie famille politique (des trotskistes) et de profiter du réservoir de voix communistes, il y avait aussi la volonté de créer une vraie gauche, fidèle à MARX et à JAURÈS, ce que les électeurs dits « de gauche » n’ont jamais compris.

La rupture viendrait du Parti communiste (PC) qui préfère le PS au PG

Au PC, la plupart des cadres n’ont jamais pu « encadrer » Jean-Luc MÉLENCHON. Pour autant que Pierre LAURENT, secrétaire général du PC et Marie-George BUFFET se forcent, André CHASSAIGNE, président du groupe communiste à l’Assemblée ne se prive pas de critiquer l’ancien Essonnien. Les élections municipales de 2014 ont laissé paraître le malaise latent avec une frange du PC franchement hostile à MÉLENCHON, qui a lâchement préféré aller se cacher avec le PS tout en espérant obtenir plus de poste. Ce fut le cas à Paris où cela ne servit que les intérêts de Ian BROSSAT ou à Savigny-sur-Orge où le PC se décrédibilise avec un Laurent LIEPCHITZ qui ne connaît pas la ville. Tout le problème vient du fait que le PC ne comprend pas qu’il perd en visibilité et donc en voix en se terrant avec le PS qui ne manque pas une occasion de les trahir, comme Ramzy HAMMADI le fit en 2012, leur ravissant la septième circonscription de Seine-saint-Denis.

Une stratégie politique du PC minable à court terme, mortelle à long terme

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le PC perd en effet ses derniers bastions qui lui sont conquis par le PS. (En 2014, par la droite à cause du rejet massif de la gauche qu’incarne HOLLANDE). L’exemple de la Seine-saint-Denis est frappant à ce sujet avec les offensives massives de Claude BARTOLONE à chaque élection pour implanter le PS au détriment du PC. Les socialistes se croient malins à épuiser son principal réservoir de voix, jusqu’à ce qu’il n’existe plus. Les socialistes se prennent pour MITTERRAND sauf qu’ils n’ont pas l’habileté politique de notre dernier président de droite (de conviction, pas d’action). La ceinture rouge des années 1960 s’étiole progressivement tandis que le PC perd toujours plus d’élus, de villes, de cantons, de circonscriptions. Leur message politique est parfaitement inaudible. On ne se souvient plus du PC lorsqu’on parle de la fête de l’Humanité ou qu’on revoit Robert HUE à la télé ou des archives de Georges MARCHAIS.

Incapables d’incarner une alternative à la gauche molle du président HOLLANDE 

Mais le problème du FDG est de n’exister que grâce à MÉLENCHON dont les coups de gueule répétés ont fini par en agacer plus d’un. L’ancien plus jeune sénateur de France, élu à Massy (Essonne), vole immanquablement la vedette à ses camarades (sauf peut-être à Clémentine AUTAIN). Pourtant, les personnes proches qui l’entourent sont aussi intelligentes, voire parfois plus compétentes que lui : Martine BILLARD, Clémentine AUTAIN, François DELAPIERRE, Éric COQUEREL, Marc DOLEZ, Jacques GÉNÉREUX, Alexis CORBIÈRE, Gabriel AMARD son gendre, RAQUEL GARRIDO son avocate… Jérôme GUEDJ aurait eu sa place s’il n’avait pas préféré le PS… De 2008 à 2012, ils ont été les chantres de l’antisarkozysme. Mais c’est le PS qui en a récolté tous les lauriers. Et aujourd’hui, trop peu leur font confiance pour faire mieux que HOLLANDE à gauche.

Terrassé par la guerre des fronts puis par la guerre républicaine (UMPS contre FN)

Elle était annoncée pour 2012 mais elle a tourné au désastre : 17,9 % pour le FN à la présidentielle de 2012 contre 11,1 % pour le FDG. MÉLENCHON se voulait le seul vrai pourfendeur de Marine LE PEN. L’homme a  bien compris que les extrêmes ne sont pas figés et passent de la gauche à la droite en fonction du climat politique. Mais les Français ne l’ont pas suivi. Et on ne peut alors pas impunément taper sur la gauche à laquelle on appartient. Dans le même temps depuis 2013, les électeurs traditionnellement PC, partent au PS, craignant un nouveau « 21 avril 2002 », tandis que nombreux au PS cèdent aux sirènes du FN. Alors dans ces conditions, blessés par leurs divergences programmatiques comme par exemple les positions sur le nucléaire (PC pour ; FDG contre), l’extrême-gauche communiste ne peut pas survivre. Et le choix de MÉLENCHON apparaît, éclairé ainsi, comme le plus raisonnable : renoncer à diriger un ensemble indirigeable qui s’est lassé de lui.

C’est une histoire qui n’est pas finie. Au dernier moment, le PC ne lâchera pas MÉLENCHON dont ils ont trop besoin. Mais l’utopie du « pouvoir au peuple » et du FDG est morte. Jean-Luc MÉLENCHON ne peut plus dire « Place au peuple » en ne rassemblant que 6 % de la population. Il est certain que sa pause politique, si l’extrême-gauche ne se recompose pas, affectera durablement la gauche française jusqu’à créer un nouvel équilibre :

– Gauche-Extrême-gauche : 32 %

– Centre (droit) : 10 %

– Droite : 33 %

– Extrême-droite : 25 %

Et l’élimination systématique de la gauche lors des grands scrutins.

P.-S. : J’ai déjà rencontré Jean-Luc MÉLENCHON un jeudi midi dans le Xème arrondissement parisien. Il marchait seul, vêtu d’un blouson en cuir, et tenant sous le bras un journal écrit par ceux qu’il fait tant semblant de détester pour attirer l’attention médiatique. Il m’a paru « petit » puisqu’il doit mesurer autour de 1m70, quand j’en fais 1m75. Nous avons un ami commun en la personne de Mgr Guy HERBULOT.