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La saison 6 de House of cards (Netflix) n’est absolument pas féministe, et donne une sale image de la femme !

Attention, cet article révèle plusieurs éléments de l’intrigue de la dernière saison de House of Cards (Netflix) !

C’était une dernière saison que Netflix présentait comme ouvertement féministe, à la suite de l’annulation de la participation de Kevin SPACEY, accusé de plusieurs agressions sexuelles sur de très jeunes hommes : une femme présidente, une femme à la tête du monde libre… Le premier constat est que le personnage de Frank UNDERWOOD reste omniprésent du début à la fin, et au cœur des relations entre les personnages !

Cette ultime saison n’est pas misogyne pour autant, quoique les femmes n’y ont pas le beau rôle… Elle illustre à sa manière la citation de Françoise GIROUD qui dit que : « Une femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » Et même si la présidente n’a pas été directement élue, force est de constater que toutes les femmes qui l’entourent ont toujours beaucoup de choses à se faire reprocher.

En somme, et selon moi, la seule femme qui donne une image positive des femmes me semble être la journaliste Janine SKORSKY, qui fait honnêtement son travail.

Pour le reste :

  • Claire HALE UNDERWOOD est une présidente complètement folle, en permanence en train d’essayer de s’émanciper de son mari, pourtant mort,
  • le Gouvernement, complètement féminin, soit ne sert à rien, soit s’oppose individuellement aux décisions de la commandante,
  • Catherine DURANT et Jane DAVIS ne cherchent qu’à servir leurs intérêts personnels,
  • Annette SHEPERD est dans l’ombre de son frère ; c’est une mauvaise mère (adoptive) qui est juste jalouse de la présidente,
  • Mélodie CRUZ est une éditorialiste, à la solde des SHEPERD,
  • la porte-parole de la Maison-Blanche est nommée parce qu’elle est incompétente, et qu’on peut la faire chanter du fait de sa relation adultérine avec Tom YATES,
  • C’est une femme militaire qui répond à la présidente,
  • c’est une femme médecin qui tente de provoquer un avortement de la présidente.

Cette situation n’est pas sans me rappeler la conclusion d’un documentaire diffusé récemment et consacré à Lara CROFT, l’héroïne de la saga Tomb Raider. Et de remarquer qu’une femme hyper-sexualisée en minorité dans un monde d’hommes aura beaucoup plus de mérite, et se verra pardonner beaucoup plus de défauts, qu’une femme dans un milieu de femmes, qui aura les mêmes défauts que les hommes, qu’on imagine nombreux pour se hisser à la tête d’un État.

On pourrait déjà parler de la relation entre Claire et Annette, querelles de chattes permanentes, expression d’une jalousie féminine terrible, et de comptes à régler qui remontent à l’université. Elles font les choses l’une pour embêter l’autre. Les deux se sont disputées Frank. Annette veut dévoiler que Claire a avorté trois fois. Claire veut révéler que Annette a adopté son fils. Cette rivalité repose sur des rancunes tenaces qui apparaissent comme exclusivement féminines.

Il serait aussi intéressant d’étudier le rapport à la femme enceinte. Immédiatement, la présidente passe d’une popularité très faible, à une « mère de la Nation » soutenue par 75 à 80 % de la population, entre autres grâce à son gouvernement 100 % féminin. Le point positif est certainement que le spectateur est choqué de voir ce cabinet intégralement féminin, se dira ensuite qu’il ne l’est pourtant pas quand le Gouvernement est composé de 100 % d’hommes.

La réaction de Claire apprenant qu’elle est enceinte d’une fille est pour le moins étonnante. On a l’impression qu’elle insulte son enfant à naître de « salope », même si elle semble s’adresser à Annette au téléphone. Dans tous les cas, elle préfigure qu’elle sera une mauvaise mère ; et de rappeler que sa propre mère (encore une femme) la détestait lorsqu’elle était enfant. Et d’aller chercher dans ses autres souvenirs le repère de son image de jeune femme rebelle.

Mais la folie de la présidente, qui joue très clairement de cela et se sert du fait d’être enceinte pour mettre un terme aux situations embarrassantes, renvoie à la femme-utérus, et donc à l’hystérisation, qui même si elle est propre au pouvoir politique, devient le fait de la femme en gestation. Et comme nous sommes aux États-Unis, je ne serai pas étonné qu’il y ait aussi cette critique inconsciente de la femme, qui a participé à ce que Hillary CLINTON ne soit pas élue !

Si la série britannique, qui se passe vingt ans avant les événements de la série américaine, ne permettait pas cette prise de pouvoir des femmes, l’idée n’en était pas moins originale. Sauf que ce thème intervient sûrement trop tard dans l’histoire de la série, qui s’essouffle depuis au moins deux saisons, et qu’il est caricaturé donc raté. Comme ce passage où pour s’affirmer, l’héroïne reprend son nom de jeune femme ; est-ce bien cela le féminisme de 2017/2018 ?

Finalement, l’image de la femme présidente ou de la femme politique en prend encore un coup parce que Claire UNDERWOOD, qui n’est objectivement que la femme de son mari, ayant obtenu cette place de ce fait, même si elle a remporté son ticket de vice-présidente ; n’en reste pas moins la création ou la créature de son mari. Et à partir du moment où celui-ci n’est plus là pour la canaliser, ou la contrôler, elle se met à faire n’importe quoi. Vision rétrograde s’il en est.

On devine que Claire agit par misandrie, pour se venger de ces garçons qui l’embêtaient enfants, de cet homme qui l’aurait violée, et finalement de son mari. Et c’est là où tout devient pire car le féminisme revendiqué n’est pas sincère, mais revanchard. Donc clairement, le message envoyé par cette dernière saison est qu’une femme présidente avec un gouvernement 100% féminin se fera contre les Hommes pour déclencher une guerre nucléaire…



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