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Pourquoi un tel engouement pour Notre-Dame-de-Paris ?

Je suis très surpris par les réactions des Français à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. L’actualité médiatique s’est soudainement arrêtée, et on ne parle plus que de cela. Les politiques ont suspendu leur campagne (ce qui ne changera pas grand chose aux résultats). Et les gens que je croise sont déprimés et font la gueule…

Personnellement, je n’ai jamais été très attaché à ce lieu qui est une usine à touristes, et donc qui n’est absolument pas priant. Et quant à la maison de Dieu qui aurait brûlée, celle-ci est dans mon cœur ; et c’est justement tout le concept de la Nouvelle Alliance, qui au contraire de la Première, donc du judaïsme, n’a pas besoin ni d’une arche ni de temples…

Nonobstant, j’ai quand même donné 30 euros pour dire mon attachement à ce patrimoine.


Alors bien sûr, il y a tous les enjeux économiques et touristiques pour Paris et la région parisienne. Mais les gens continueront de toute façon de venir, car ils voudront voir comment avancent les travaux. Sur ce point, je ne suis absolument pas inquiet.

Il y a ces milliardaires qui tentent de surfer sur la vague, et de faire parler d’eux, alors qu’ils ne paient pas leurs impôts en France, et qu’ils n’ont pas sorti un centime pour les travaux qui étaient en train d’avoir lieu.

Il y a ces politiques qui vont donner de l’argent public (qui n’est pas le leur) et lancer des cagnottes (auxquelles ils ne participeront pas sauf de manière bien visible, un peu comme j’ai fait plus haut, à la différence que je suis vraiment catho). Je parie que le maire de ma Commune y songe, histoire de bien se faire voir de l’électorat catho à un an des élections municipales…

Il y a tous ceux qui se redécouvrent catholiques, et qui nous parlent de racines chrétiennes, essentiellement parce qu’ils veulent être du côté de ceux qui souffrent, et qu’on les plaigne, et qu’on leur dise qu’on les aime. Parce qu’ils n’iront pas les défendre autrement…


Je reste surpris d’autant d’émoi dans un pays mondialisé et laïcard, qui aime à montrer que la religion n’a plus d’emprise sur lui et qu’il s’est libéré de toutes ces conneries (sic!). Ainsi donc les Français restent attachés à un patrimoine nationaliste et réactionnaire. Sûrement les électeurs de Marine LE PEN ? Ou bien alors des Carlos GHOSN de circonstance qui ne paient pas leurs impôts en France, et délocalisent, mais veulent être jugés selon le droit français, plus favorable que le droit japonais ? Ah, les limites de la mondialisation…


Le fait est que la très grande majorité des Français ont un jour fait partie de ces 13 millions de touristes annuels, et que la cathédrale, ne leur est pas inconnue.

Tous les gamins de ma génération ont vu le Bossu de Notre Dame de Disney, et nombre de générations ont étudié HUGO par le biais du roman, sinon d’extraits de Notre-Dame-de-Paris. Et puis il y a eu aussi le succès de la comédie musicale.

Et même si tous ne sont pas rentrés dedans, elle symbolise quelque chose de la France, et plus particulièrement de Paris, comme la tour Eiffel ou les Champs-Élysées.

Un bâti intemporel qui dit quand même que la France n’est pas née à la Révolution française, mais avec Clovis. Qu’il y a eu des rois, et qu’il y a eu une influence chrétienne, et que cela n’empêche pas d’avoir une France multiculturelle aujourd’hui. C’est un lien avec l’Histoire. C’est aussi une nostalgie d’un passé glorieux et révolu.

Il y a encore qu’on ne parle que de cela, et que tout le monde a son mot à dire, certainement également terrorisés par la peur de l’incendie (le feu, la mort, la crémation). Comme pour conjurer le sort, et que cela n’arrive pas chez soi… Il y a aussi tous les cons qui provoquent sérieusement pour dire qu’il faudrait remplacer le lieu par une mosquée. C’est à ignorer car je doute que ce soit représentatif, même si certains sont plus que sérieux.


Dans tous les cas, je reste réellement surpris d’une telle appropriation, parce que la cathédrale incarne dans les stéréotypes le cliché du christianisme. Il n’y a qu’à voir comment TF1 illustre le chrétien dans la télé-réalité. C’est le mec resté au Moyen-Âge qui passe ses journées à prier dans un bâtiment de pierre blanche. Et non, c’est plus que cela.

Et donc finalement, c’est rassurant, parce que le christianisme n’a finalement pas une si mauvaise image, et que les gens sont certainement conscients de son utilité social. Et qu’ils ont envie que ce lieu existe, et que les chrétiens puissent y prier, et y vénérer leurs reliques. Sincèrement, je ne m’attendais pas à tout ce battage, et j’en suis agréablement impressionné !



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Vos questions : découvrir le catholicisme ou devenir chrétien catholique à Savigny-sur-Orge

Question reçue par courriel le lundi 15 octobre 2018

Bonjour Monsieur, en faisant des recherches, je suis tombé sur votre site. J’ai lu que vous êtes chrétien et que vous habitez à Savigny. (…) Je suis une femme de 29 ans.(…) J’habite à Savigny-sur-Orge. (…) Je me définis comme agnostique mais j’aimerais mieux découvrir les différentes religions. Je pense que je suis plus proche du christianisme, mais je ne sais pas de quel mouvement exactement car il y en a tellement  (…) Mes parents sont baptisés mais ils ne m’ont jamais fait baptisé pour me permettre ensuite de choisir. (…) Je ne comprends rien à la messe, et franchement, ça m’ennuie. (…) Comment découvrir votre religion, et que faut-il faire pour devenir chrétien ?


Mademoiselle,

Vous vous interrogez sur votre foi, et vous me demandez comment mieux découvrir la religion chrétienne catholique.

Je vous invite à prendre contact avec Mme Marie-Thérèse BODINEAU, responsable du catéchuménat (la préparation aux sacrements pour les adultes) ;

– soit directement par courriel à mtbodineau@orange.fr,

– soit en lui demandant un rendez-vous physique par téléphone au 01-69-05-28-42, auprès du secrétariat de la maison paroissiale Bonne Nouvelle. (Vous serez alors invitée à lui laisser vos coordonnées qui lui seront transmises dans les meilleurs délais pour qu’elle vous recontacte.)

Elle pourra déjà répondre à vos premières questions.

Elle vous proposera aussi certainement de venir participer, de manière tout à fait libre et gratuite, à une rencontre de catéchuménat, un mercredi soir dans le mois, à Viry-Châtillon.

Il s’agit d’une réunion en groupe avec une cinquantaine de personnes (une moitié d’accompagnateurs et une moitié de catéchumènes – d’autres personnes qui, comme vous, cherchent et se préparent aux sacrements) pour discuter et réfléchir autour d’un thème.

Vous pourrez alors vous faire votre propre idée, et ensuite décider si vous souhaitez commencer un parcours catéchuménal d’environ 18 mois qui pourra aboutir à votre baptême ; si tel est toujours votre désir.

Vous pouvez sinon aussi demander à rencontrer un prêtre, également au secrétariat de la maison paroissiale.

Espérant avoir répondu à votre demande ; bien sincèrement.

OV




Sur les poncifs infligés aux chrétiens sur l’immigration : Éric CIOTTI dans Salut les terriens

J’ai été très déçu par l’intervention d’Éric CIOTTI dans Salut les terriens sur C8 ce samedi 04 février 2017. Il était principalement là au secours de l’ambulance FILLON et on n’a pas manqué, vu sa politique en faveur des chrétiens, et ses origines italiennes, de le « piéger » en dénonçant des contradictions dans ses différentes politiques notamment celle en faveur des migrants. Franchement, il aurait quand même pu se défendre, non ?


Vers la douzième minute, le débat s’engage sur le thème des migrants :

Thierry ARDISSON : Alors, Éric CIOTTI, vous avez pris des positions très dures sur les problèmes de société notamment les migrants. (…) Donc vous êtes en guerre contre un certain Cédric HERROU, un militant immigrationniste poursuivi pour avoir aidé une cinquantaine de migrants érythréens à passer la frontière franco-italienne à La Roya. Vous dites : « en fait, ces gens-là ne sont pas en péril et ce HERROU veut se mettre en avant médiatiquement« . [Éric CIOTTI répond]

Laurent BAFFIE : Pardon, mais vous dites qu’il n’y a jamais eu autant de mort en Méditerranée, c’est vrai, mais y a jamais eu autant de guerre en Syrie, et les gens ne viennent pas par plaisir. Ils n’affrontent pas avec femme et enfants la Méditerranée.

Éric CIOTTI : Ces migrants, ils viennent pour des raisons économiques. Qu’on accueille les réfugiés, des Syriens, des irakiens, ceux qui fuient la guerre, c’est l’honneur de la France, c’est l’Histoire de la France.


À partir du moment où CIOTTI s’est partiellement contredit une première fois, on sort l’artillerie avec le fameux édito de BLAKO (Stéphane BLAKOWSKI). Vous trouverez entre parenthèses les extraits des interventions d’Éric CIOTTI montés dans la vidéo. Et en rose, les phrases que je commenterai un peu plus tard dans l’article

Selon le Pape François, « celui qui se dit chrétien tout en refusant d’aider les migrants est un hypocrite. » Justement, est-ce que ce ne serait pas le problème d’Éric CIOTTI ? D’un côté, le député de Nice est très attaché aux racines chrétiennes de notre pays [1]. (« Nous sommes les héritiers d’une civilisation chrétienne. ») Il a même proposé de modifier la Constitution pour définir la France comme un pays de tradition chrétienne. (« Et pourquoi il y aurait une identité honteuse à être chrétien ? ») Pour vous dire à quel point Éric CIOTTI est un bon chrétien, en 2015, il a utilisé une partie de sa réserve parlementaire pour financer la restauration de quatre chapelles à Nice (20 000 € sur 130 000 €). Mais bien sûr, c’était pour restaurer le patrimoine. Sans oublier que chaque année, il fait installer une crèche de Noël au Conseil général [1] (sic !) des Alpes-Maritimes. Mais ça bien sûr, c’est juste pour respecter la Tradition. (« Moi je suis attaché à ce que l’on la reconnaisse cette identité, et quelque part qu’on la revendique »). Quel beau symbole, si Jésus est né dans une étable à Jérusalem, c’est parce que ses parents ont dû fuir leur maison de Nazareth sous la pression des troupes romaines. Bref, Joseph et Marie étaient des migrants que personne ne voulait accueillir. Alors comment peut-on être chrétien et refuser d’accueillir les migrants d’aujourd’hui ? [2] (« Êtes-vous prêt, Monsieur le Premier ministre, à prendre un moratoire quant à l’arrivée de nouveaux migrants dans notre pays ? ») Pour montrer l’exemple, François s’est montré l’an dernier sur l’île de Lesbos et il a ramené avec lui au Vatican douze réfugiés tirés au sort parmi les migrants [3]. Heureusement que le Pape ne vit pas en France, sinon Éric CIOTTI aurait peut-être porté plainte contre lui ? En effet, l’an dernier, il a signalé à la Justice l’association de la Roya qui organise l’accueil des migrants en France. (« C’est une vision qui est une vision militante. Je ne crois pas que ce soit une vision chrétienne ».)


Thierry ARDISSON : Voilà, c’était l’édito de BLAKO mise en image de Julien GRACQ. Alors Éric CIOTTI, comment on peut-être à la fois aussi catholique et en même temps aussi peu proche des positions du Pape François. Expliquez nous [4].

Éric CIOTTI : D’abord, sur un plan personnel, je ne suis pas aussi catholique. Je suis catholique, mais après la foi, c’est une question personnelle [1]. Je ne l’affiche pas en bandoulière. Ce que je dis, et c’est incontestable, c’est que la France, et c’est pas religieux, c’est culturel, la France est un pays d’origine chrétienne. On peut le contester…

Thierry ARDISSON : Non, c’est incontestable.

Éric CIOTTI : Sur chaque place de village, il y a une église, c’est le fruit d’une Histoire. C’est une Histoire millénaire, et ce que je ne veux pas, c’est qu’on remette en cause cette identité et cette culture. Et pour moi, c’est pas une question religieuse. Après, dans le reportage, il y avait à peu près tous les poncifs et tous les clichés qu’on peut afficher par rapport à ces questions, et aux migrants.

Laurent BAFFIE : Enfin, l’Église et l’État ont été séparés en 1905. Il faut que ce soit acquis, il faut que vous le compreniez un jour, et ce sont deux choses distinctes. Pardon, mais les hommes politiques n’ont plus à se revendiquer d’une religion, du catholicisme [5]. C’est plus le propos.

Éric CIOTTI : Dans la proposition de loi, que j’ai rédigée, qui proposait d’inscrire les racines chrétiennes, je voulais qu’on rajoute également à la devise de la République « liberté, égalité, fraternité » la laïcité [6]. On doit pouvoir aujourd’hui dire très clairement que la religion n’a rien à faire dans le débat public. Mais dire ça, ce n’est pas aussi effacer cette Histoire. On doit pouvoir, comme je l’ai fait, rénover nos édifices religieux, qui sont des éléments du patrimoine, qui sont des monuments historiques. C’est ça que cette proposition permettait de faire pour ne pas gommer une Histoire.

Thierry ARDISSON : C’est vrai que le Pape François a félicité Anne HIDALGO pour la création d’un camp humanitaire de réfugiés. Ça ne vous pas fait chier de voir que le Pape félicite Anne HIDALGO ?

Éric CIOTTI : Le Pape vient de l’Amérique-du-Sud, et il n’a pas forcément cette Histoire de l’Europe. Vous avez vu que plus récemment, il a indiqué d’ailleurs que l’Europe ne pouvait pas accueillir tout le monde.

Thierry ARDISSON : Alors Éric, effectivement, en 2016 il y a eu 350 000 migrants, contre 1 million en 2015.

Éric CIOTTI : Même plus en 2015

Thierry ARDISSON : En France, ça fait 80 000 demandes d’asile. Ça fait 0,12 % de la population française [7].

Éric CIOTTI : C’est plus que cela. Les demandeurs d’asile, c’est presque 100 000 demandes. Si on ajoute ceux qui viennent de façon illégale, et il y en a . Si on ajoute les titres de séjour qui sont donnés par le Gouvernement (220 000 l’année dernière). Voyez, cela fait une population qui arrive, qui est importante, et qui tangente les 400 000 ou les 500 000 personnes d’année en année. Et on voit bien que notre pays n’a pas la capacité en matière de travail, en matière de logement, d’accueillir décemment ces personnes.

(Le débat se termine avec Thierry ARDISSON qui demande à Éric CIOTTI si ça l’énerve qu’on lui rappelle qu’il est descendant d’immigrés italiens. Et M. CIOTTI de répondre de non, et qu’il en est fier parce que la France et l’Italie partagent une Histoire et une civilisation commune.)


Quelques commentaires :

[1] Éric, tu es gentil, mais puisque tu n’es pas croyant ou que tu n’as pas les couilles de l’assumer, bref que tu es un babtou fragile, laisse les solides défendre le christianisme et arrête ton clientélisme électoral en distribuant ta réserve ou en installant une crèche.

[2] Je ne connaissais pas l’évangile selon saint Blako. Regardons plutôt ce qu’en dit Luc au chapitre 2 (traduction en français courant) :

« En ces temps-là, l’empereur Auguste donna l’ordre de recenser tous les habitants de l’empire Romain. Ce recensement, le premier, eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire enregistrer, chacun dans sa ville d’origine. Joseph lui aussi partit de Nazareth, un bourg de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, où est né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David. Il alla s’y faire enregistrer, avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’abri destiné aux voyageurs.« 

[3] François, arrête ta communication politique. Comme par hasard, le sort a fait que seuls des musulmans ont été tirés au sort, à croire qu’il n’y a qu’eux qui souffrent de la guerre en Syrie. En plis, le tirage au sort est assez inhumain…

« Il s’agit de trois familles de confession musulmane, deux originaires de Damas et l’autre de Deir Azzor, dans les territoires occupés par l’Etat islamique. » (Communiqué du Vatican traduit en français)

[4] Qu’est-ce qu’un chrétien de 2017 doit copier les actes du Pape François. Je rappelle que le concile Vatican II a imposé la collégialité des évêques, ce qui signifie que chaque évêque est maitre dans son diocèse, et celui de François ne couvre que Rome. On citera les paragraphes 22 et 23 de Lumen Gentium :

« Les évêques sont, chacun pour sa part, le principe et le fondement de l’unité dans leurs Églises particulières  ; celles-ci sont formées à l’image de l’Église universelle, c’est en elles et par elles qu’existe l’Église catholique une et unique. C’est pourquoi chaque évêque représente son Église, et, tous ensemble, avec le pape, représentent l’Église universelle dans le lien de la paix, de l’amour et de l’unité. »

[5] À quel moment CIOTTI s’est revendiqué du christianisme ? C’est nul d’intervenir juste pour casser du chrétien. Par contre, BAFFIE était moins remonté quand il y avait à ses côtés l’ancien mentor des frères KOUACHI…

[6] Éric est mignon ! Qu’est-ce que ça va changer de rajouter un mot dans la devise quand les trois autres ne sont déjà plus respectés ? Ça empêchera les attentats terroristes ?

[7] Sacré Thierry ! Quand, selon une étude de l’institut Montaigne, qui tend à être confirmé par plusieurs autres d’obédience moins à droite, dit que 30 % des musulmans revendiqués de France se refusent de condamner le terrorisme, je me demande s’ils sont bien intégrés. Commençons par assimiler les 67 millions de Français, et après nous pourrons en intégrer d’autres…


Bref, c’est dommage qu’ils aient pris CIOTTI pour cet extrait, même si ça montre bien qui est vraiment le personnage. Intellectuellement, j’aurais trouvé plus intéressant qu’il ne puisse pas piéger sur sa foi ou sur ses origines (t’étais bien content en 1860 que la France t’ait accueilli ; on aurait même pu lui dire parce qu’aux Antilles, ils sont devenus Français avant toi ! Même des personnes de couleur noire, rends-toi compte toi qui es blanc !). Mais c’est moins vendeur !



Le christianisme n’est pas du sentimentalisme

Parce que nous sommes en 2017 donc partageons 2000 ans d’Histoire, nous ne pouvons plus réduire le christianisme à un amas de bons sentiments. Pourtant, c’est ce que j’observe de plus en plus dans nos groupes de catéchuménat (préparation de groupes d’adultes à recevoir les sacrements chrétiens). Avons-nous donc peur de chasser nos catéchumènes par un discours trop sévère, ou ne doutons-nous pas nous-même de Jésus ?

Lors de notre dernière séance catéchuménale, nous avons travaillé avec l’évangéliaire d’Égbert (une illustration des évangiles datant du XIe siècle) en demandant à nos catéchumènes, à partir de différents passages d’Évangile, qui était Jésus et ce qui nous donnait envie de le suivre. Malheureusement, l’aspect humain de Jésus a été en grande partie gommé tandis que pour éviter de nous poser plus de questions, tout nous donnait envie de le suivre : un beau paquet !


La religion dépasse la raison

La religion n’est pas scientifique. Personne n’a jamais prouvé que l’âme continuait de vivre après la mort du corps, et pourtant, c’est la même la base de la Résurrection, donc du christianisme. Comment peut-on donc croire au Christ si on ne croit pas à l’irrationalité de la Résurrection. Quand on dit que Jésus est 100 % homme et 100 % Dieu, ça fait 200 % et ça ne marche pas… Mais ça ne veut pas dire 50 % Homme et 50 % Dieu avec ce qui nous arrange dedans.


Jésus n’est pas que Dieu

On doit s’interroger sur les raisons qui poussent Jésus à aller aux noces de Cana ou à pleurer à la mort de son ami Lazare. N’y est-il que pour accomplir un miracle, ou parce qu’il se rend compte de la réalité de la condition humaine ? Non, Jésus est assimilé aux hommes de son temps, et il se bourre aussi la gueule, et il est aussi malheureux de perdre ses amis. Et il vivrait en 2017 qu’il aurait Facebook et un iPhone. Arrêtons de ne faire de Jésus humain qu’un Dieu !


Pourquoi suivre Jésus ?

Dire qu’on est d’accord avec tout ne veut rien dire, et revient plutôt à dire poliment qu’on est véritablement d’accord avec rien sans oser l’exprimer. Les comportements de Jésus peuvent se transcrire en une morale qu’on peut suivre sans être chrétien. La question est compliquée et nécessite une introspection que les chrétiens n’osent trop souvent pas faire, de crainte d’avouer qu’ils ont peur de leur propre mort. Quel que soit le regard des autres, est-ce honteux ?


Arrêtons d’affaiblir Dieu à ne s’intéresser qu’à son aspect divin, ce qui nie le sens de la démarche de l’Incarnation. Osons mettre des mots sur nos démarches de foi, en essayant ensuite de les exprimer publiquement. Quel est l’acte ou l’attitude de Jésus que j’ai le plus envie d’imiter ? Et c’est là que le bat blesse, parce que nous passons de la réflexion à l’action, et que nous devons véritablement nous engager dans notre christianisme. La foi, ce sont aussi les actes !