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# Pas en mon nom : ces catholiques qui manifestent pour demander la reprise des messes

Je voudrais affirmer ici que je me désolidarise de ces pseudo-chrétiens fanatiques et fanatisés qui demandent le retour de la messe à tout prix, en allant illégalement manifester devant les églises et en organisant des prières de rue.

Je trouve ce comportement honteusement égoïste. Je trouve que cela salit notre image auprès de la société. Je trouve enfin que cela trahit une méconnaissance des fondamentaux du christianisme par rapport aux arguments avancés pour la reprise de la messe.

Ces gens sont-ils vraiment convaincus que la messe est un bien vital pour eux et ne voient-ils pas qu’ils ne sont pas en train de mourir de ne pas aller à la messe ? Et que font-ils de solidaire et de charitable envers leurs frères pendant cette période, à part penser à leur « salut » ?

Que dire sinon de la police qui s’abstient bien de procéder à la moindre verbalisation, et aux préfets qui ferment les yeux sur un certain nombre de manifestations, là où les musulmans ne rencontreraient pas les mêmes facilités ? Là encore, nous appelons à l’islamisme !

Je crois que Jésus est venu nous apprendre à nous montrer fraternels de l’humanité entière et de tous ceux qui souffrent. Je crois que Jésus nous reconnaît comme frères à l’amour que nous témoignons à tous les autres, et pas au nombre de messes vécues ou assistées.

Je défends un droit à la vie, qui passe entre autre par le seul rappel que l’avortement est un assassinat et j’affirme que par ce comportement irresponsable, à vouloir une nouvelle entorse au confinement, alors nous ne rendons pas service à tous ceux qui se battent pour sauver des vies et désengorger les hôpitaux, quand bien même les lieux de culte ne sont pas de clusters.

Je critique les évêques de France, qui soutiennent cette reprise de la messe, à la fois pour des raisons économiques mais aussi pour ne pas perdre le contrôle de leurs fidèles, avec cette crainte qu’un confinement prolongé fera que les chrétiens ne reviennent pas.

Je dénonce à la fois qu’ils soient débordés par les traditionnalistes et autres intégristes, qu’ils agissent ainsi car ils se pensent jalousement moins écoutés et valorisés que l’islam et le judaïsme ; enfin, qu’ils se vengent par rapport aux lois sociétales adoptées depuis 2013.

Je demande aux médias et à ces catholiques d’arrêter de parler « des » catholiques mais « de » catholiques. Je n’ai pas besoin de messes pendant cette période pour méditer la Parole de Dieu ou me montrer fraternel en appelant mes proches et mes amis ou en leur rendant service.



Réflexions sur la journée mondiale des pauvres

Je vous avoue être assez mal à l’aise avec le principe de la première « journée mondiale des pauvres », décrétée par le Pape, qui a eu lieu ce dimanche 19 novembre 2017. Mais plus que tout par cette déclaration du saint Père lorsqu’il décrit les pauvres comme « passeports du paradis ». Surtout parce que j’ai de plus en plus l’impression que l’Église participe à maintenir sinon à créer des pauvretés pour auto-justifier son action.

Il y a déjà ce problème qui consiste à réduire des personnes à leur situation sociale. Car sans vouloir occulter la réalité des pauvretés, je ne comprends pas, voire je trouve intolérable, d’entendre cela de la bouche de chrétiens. Où est le regard de miséricorde et de dignité humaine dans ces propos ? Sans compter cette vision médiévale du christianisme : plus tu souffres sur Terre, et plus tu seras heureux au paradis… Non, mais allo quoi, nous sommes en 2017 !

Je n’ai pas plus compris pourquoi on a choisi d’installer cette journée le dimanche où l’Évangile, dans un autre contexte que celui de la pauvreté financière, dit que « Celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a » (Mt 25, 29). Pour autant, il est tout à fait vrai que Jésus se soucie des personnes pauvres, vit avec elles, et leur promet d’accéder plus facilement à la vie éternelle. Sauf que son engagement est réel et permanent, et pas juste un coup de communication…

L’Église n’est pas Jésus, et il subsiste des comportements scandaleux de gaspillages et d’hypocrisie. Car c’est très bien d’aller entendre les prêtres nous dire qu’il faut aimer les personnes pauvres, mais comment est-ce qu’on se comporte avec la personne qui mendie à la porte de l’Église ? L’Église, par rapport à sa population, n’est encore pas assez sur le terrain social, et finirait presque parfois par se comporter comme les socialistes en donneuse de leçons.

Il y a quelques mois, Steve BANNON, conseiller de Donald TRUMP avait fait scandale en déclarant que l’Église encourageait l’immigration pour remplir ses églises. En Europe, je pense que cela n’est pas tout à fait faux même si l’immigration est davantage musulmane. Mais est-ce qu’on ne fait pas la même chose avec la pauvreté en se focalisant davantage sur des aides d’urgence que sur des aides au long terme, quand de toute façon, il faut les deux !

Et de se rappeler notamment de ce que Jésus dit aussi dans l’évangile de Jean : « Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » » (Jn 12, 4-8)

Pour moi, lutter contre la pauvreté se caractérise davantage par un combat pour la réduction globale des inégalités que par une aide locale qui en plus n’est pas toujours justifiée à cause d’abus. Or, je trouve que l’Église nous dit davantage d’aider les pauvres que de lutter contre la pauvreté. Et en toute honnêteté, je ne vois pas comment les choses peuvent s’améliorer si l’action sociale n’est pas une fin ; mais uniquement un moyen de soulager sa conscience…



Les catholiques face aux dogmes de l’Église

Trop souvent, les catholiques donnent l’impression d’être des personnes soumises à des règles hors d’âge desquelles ils ne peuvent pas s’affranchir : les dogmes.

À vrai écrire, beaucoup de chrétiens, parce que mal à l’aise avec ces dogmes, préfèrent les éluder pour ne pas se poser de questions. Tandis que d’autres affirment par principe qu’ils ne sont pas d’accord avec eux, sans même bien les connaître, et trouvent ainsi leur justification à quitter l’Église.

Pourtant, un dogme n’est rien de moins qu’un développement d’une partie de la Révélation apportée par Jésus. Certes d’une manière plus ou moins capilotractée, suivant une logique qui très souvent nous échappe au premier abord.

Certains théologiens en profitent alors pour nous expliquer que le dogme n’est pas une vérité scientifique, mais que cela fait partie du mystère de Dieu et donc que nous ne pouvons pas entièrement le comprendre. Je n’aime pas beaucoup cette explication en cela qu’elle nous invite à croire et à nous taire ; et en même temps ô combien nous rappelle-t-elle l’incroyabilité et le merveilleux de la religion.

À bien y reprendre les évangiles, qu’est-ce que Jésus nous a dit de Marie, sa mère, des icônes, de la transsubstantiation et de l’infaillibilité du chef de l’Église ? D’autant que par exemple, le dogme de l’Assomption de Marie, s’appuie par exemple sur l’apocryphe de La mort de Marie.

Bien sûr, l’institution des dogmes au travers de l’Histoire répond à des problématiques temporelles, essentiellement politiques (lutte contre les hérésies, réponse au protestantisme, récupération du culte marial, balancement de la perte de pouvoir temporel du Pape…)

Pour autant, les chrétiens sont d’abord et avant tout invités à en comprendre le sens, y compris les raisons qui ont amené à son développement par l’Église, parce que le dogme n’est rien d’autre qu’un moyen d’aller vers Dieu.

Et ce n’est de toute façon pas la connaissance du dogme qui nous permet de cheminer vers Dieu, mais sa compréhension, et donc la manière dont nous le vivons qui nous rapproche de Dieu.

En cela, la question n’est pas de savoir si le Pape ne dit jamais de conneries, ni si Marie a vraiment été conçu sans péché, ni si la Transsubstantiation fait que tous les chrétiens font subir un véritable supplice à Jésus lorsqu’ils communient, mais qu’est-ce que cela nous dit de Dieu ?

Et à cette question, il n’y a pas une réponse figée, mais bien une réponse personnelle, qui dépend de l’époque, des dispositions personnelles et de bien d’autres choses.

Or, justement le concile Vatican II nous propose une nouvelle compréhension des dogmes, notamment sur le fait qu’ils ne se valent pas.

Déjà Dei Verbum modifie notre relation à la Révélation, qui fut trop longtemps considérée comme une suite d’enseignements moraux de Jésus. Vatican II nous rappelle que c’est d’abord Dieu se révèle lui-même tel qu’il est lui.

Mais surtout Unitatis redintegratio nous rappelle nos priorités en son onzième paragraphe ; celles-là même qui sont impératives pour le dialogue interreligieux : « Il y a un ordre ou une hiérarchie des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne »

Être mal à l’aise avec un dogme est donc normal, mais c’est aussi d’une manière être mal à l’aise avec la foi de l’Église (déjà le Symbole des Apôtres est difficile). En cela, le chrétien est donc invité à s’interroger sur son rapport au dogme, tout en gardant en tête que ce n’est pas là l’essentiel de sa foi, qui est bien Dieu.

Mais quand même : Pourquoi l’Église a-t-elle fait le choix de dire ou de faire cela ? Et peut-être que nous n’aurons pas de réponse de suite, ou peut-être que nous ne serons pas d’accord avec la réponse que nous aurons trouvé ?

À partir donc du moment où cette réponse ne fera pas sens dans notre vie, ou ne nous aidera pas à cheminer vers Dieu, qu’est-ce qui nous empêche d’avancer autrement ? L’important est juste de ne fermer aucune porte, en décrétant sa réponse du moment comme définitive, et de s’autoriser à revenir un jour sur ses réponses.

Oui, le dogme est sujet de doutes. Mais qu’est-ce qu’une foi sans doutes ? Sinon peut-être la religion que nous nous faisons pour nous convenir ; celle qui en fait oublie Dieu, quand elle ne fait pas de nous notre propre divinité ?



Un pacte de fraternité signé par les principaux monothéismes essonniens

À l’issue du colloque « Liberté de pensée et liberté religieuse : la place des croyants dans la cité« , les trois principaux monothéismes présents en Essonne (juifs, chrétiens et musulmans) ont signé un « pacte de fraternité » pour « construire la paix« . La signature interreligieuse a eu lieu le dimanche 17 avril 2016 au Conseil départemental de l’Essonne, en présence des représentants officiels des croyants du Département.

Alors je devrais être heureux de la signature de ce pacte, mais en réalité, je n’y crois pas. Non pas parce que je pense que les signataires ne sont pas sincères dans leurs démarches. Mais plutôt parce que beaucoup de croyants ne se reconnaissent pas dans les autorités religieuses qui ont procédé à cette signature. Ensuite, ce n’est pas de dire et de répéter qu’on veut faire la paix en sautant sur sa chaise, qui va réellement provoquer la paix…


Sur la représentativité des autorités

Pour les chrétiens, c’est structuré donc c’est la parole de l’évêque qui fait loi. Pour les juifs, Michel SERFATY est reconnu par les modérés. Mais je pense que vous ne ferez pas admettre aux juifs orthodoxes qu’il est leur rabbin (par exemple à ceux de Savigny). Quant aux musulmans, Khalil MERROUN a autorité sur les mosquées essonniennes et ceux qui les fréquentent. Mais juridiquement pas, par exemple, sur les musulmans de Savigny.


Sur la sémantique de ce pacte d’avenir (et le présent ?)

Je découvre le « racisme anti-musulman » ; je ne savais pas qu’être musulman était une race. Je déplore encoure une fois qu’on mette au même niveau l’antisémitisme, le racisme et la haine. Je suis gêné par l’emploi du mot « éducation » parce que même en connaissant l’histoire joyeuse ou douloureuse des liens interreligieux, cela ne change pas la relation nouvelle qui existe et s’invente en 2016 en Essonne, avec des références comme celle du conflit israélo-palestinien.


Sur la vision des religions

C’est bien de vouloir donner une belle image à la société. Mais peut-être devrions nous commencer par former nos croyants ? Et pas aux religions théoriques, mais aux religions telles qu’elles se pratiquent effectivement. Par exemple, sur l’islam, arrêtons dès lors de toujours crier que l’islamisme n’est pas l’islam quand c’est malheureusement une forme d’islam que nous savons présente en Essonne avec notamment des salafistes dont des Frères musulmans.


Provoquer le dialogue

J’adhère pleinement à l’esprit de ce pacte. Toutefois, je constate dès que je veux dialoguer, soit que je ne trouve pas d’interlocuteurs, soit que nous nous connaissons si bien ou si mal que nous n’avons rien à nous dire sinon des banalités. Et généralement, ça finit qu’on arrête avant de se disputer sur une controverse théologique qui ne peut que nous séparer. Une résolution peut être de créer des lieux de dialogue, qui soient par exemple numériques notamment !


Je n’aime pas la politisation du pacte

Si la République était réellement laïque, elle ne prendrait pas part dans la signature de ce pacte, ou alors, elle le ferait par l’intermédiaire du Préfet. Est-ce de l’action sociale ; je ne vois pas quelle compétence de François DUROVRAY, comme président du Département, cela vient-il chatouiller pour nécessiter son graffiti personnel. De là à penser qu’il a accepté pour faire des photos et dire qu’il agit pour la paix, il n’y a qu’un pas que je franchis d’un bond.


Pour retrouver le texte du pacte sur un plus grand format :

Pacte-fraternité-2016

Cliquez dessus pour agrandir


Maintenant, il ne nous reste plus qu’à vivre ce pacte, sans pour autant croire que tout va aller mieux parce qu’il a été signé. Car ce n’est pas le premier ni le dernier à être passé entre trois bons copains religieux qui eux, n’ont aucun problème à vivre ensemble. Non, la vraie difficulté peut exister à la base, surtout quand la politique vient s’y mêler. Montrons nous optimistes et commençons donc par parler de ce (ou Celui) qui nous rassemble : Dieu ?