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Du danger démocratique que représentent les primaires présidentielles

En France, l’élection présidentielle se fait désormais à six tours (les primaires, l’élection présidentielle et les législatives). Faut-il donc s’étonner que les citoyens se désintéressent toujours plus de la politique lorsque la campagne devient permanente ? Un président élu pour 5 ans travaille à sa réélection au bout de 4 ans. Un président élu pour 5 ans travaille à gagner sa primaire au bout de 3 ans…

Américanisation de la société française, les chefs politiques français s’imaginent pouvoir mobiliser plus aux élections quand une primaire a préparé le terrain. Pourtant, aux États-Unis, vous avez, selon les élections, plus de participants aux primaires qu’à l’élection présidentielle, qui ne rassemblent au mieux que 63 % des participants comme en 2008 lors de l’élection historique de Barack OBAMA. Est-ce un exemple à suivre ?


Du raccourcissement du mandat

Rares sont les présidents à réellement agir pendant la période de l’état de grâce (les 100 jours après l’élection) de peur que cette situation ne retombe. MITTERRAND offrant un précédent que nos politiques actuels refusent de revivre. Peu essaient de bouger les choses en toute fin de mandat même s’ils ne se représenteront pas. De fait, la seule période intermédiaire qui leur permettrait une action raisonnée et posée est ainsi sacrifiée à la communication proactive.


Du rétrécissement du choix : je ne retrouve pas mon candidat, je ne vote pas

Si les deux principaux partis de la gauche et de la droite ne présentent qu’un seul candidat, alors ce candidat peut pâtir de ses inimitiés s’il n’est pas le plus rassembleur, et surtout perdre tout renfort de voix au second tour que permet la saine émulation d’oppositions de candidats. Ne pas permettre aux citoyens de trouver son candidat au premier tour ne peut donc que le décourager à aller voter, s’il refuse de cautionner le système partisan intéressé.


Un encouragement à voter Contre

Au premier tour, votez pour celui qui sera le moins dangereux quand il se retrouvera face au FN au second. Avec l’épouvantail FN, le Français ne fait plus comme autrefois (choisir au premier tour, éliminer au second) ; il élimine d’office. Je ne vote pas pour celui que je veux voir se retrouver troisième et je ne me risque pas à voter pour un petit candidat alternatif de peur que mon candidat ne soit pas premier ou deuxième…


Le choix de l’électeur dans l’isoloir est pourtant incertain jusqu’au dernier moment, et le théorème de Condorcet (1785) nous le prouve mathématiquement. Il est faux de croire qu’une primaire à gauche aurait permis d’éviter les désastres à gauche de 1969 ou de 2002. De même, ce n’est pas la primaire de 2011 qui a renforcé le vote en faveur de HOLLANDE. Attention au phénomène des primaires qui n’est pas sain pour notre vie politique française.