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Trente ans après ; des leçons de Tian-An-Men

Dans la nuit du 03 au 04 juin 1989, le gouvernement de la République populaire de Chine mettait un terme à un mois et vingt jours d’occupation de la Place Tian-An-Men, à Pékin, en face de la Cité interdite, sur laquelle s’étaient rassemblés étudiants, ouvriers et intellectuels pour demander l’égalité sociale et plus de libertés d’expression et de presse. Trente ans après, toutes ces revendications semblent avoir sincèrement disparues…

La première remarque que je voudrais faire est que jamais Tian-An-Men n’aurait dû pouvoir se produire, après quarante ans de communisme. Or, ce mouvement a rassemblé une génération, qui si elle n’avait pas connu les grands mouvements de répression qui permirent à Mao de finir d’installer son pouvoir, et n’a pas non plus vécu l’échec cuisant de la grande Révolution culturelle, n’a toujours subi qu’une éducation et qu’une instruction communiste et dictatoriale.

L’échec de Tian-An-Men pour le pouvoir est d’avoir vu se fédérer des gens que le régime avait cherché à séparer, et pour lequel il avait essayé d’étouffer dans l’œuf toute revendication libertaire. Et nous devons donc en retenir, et en déduire, qu’en 2019 aussi, des gens pourront spontanément se rassembler pour réclamer des libertés, quand bien même ils ne les connaitraient pas, et n’en ressentiraient pas le besoin en tant qu’ils peuvent continuer de vivre sans…

Me vient ici une réflexion médiatiquement-politiquement-incorrect sur l’aspiration des Occidentaux à des réformes sociétales de la majorité pour des minorités.


Venons-en maintenant à nous interroger sur les raisons pour lesquelles les Chinois acceptent de ne pas avoir nos libertés d’Occidentaux, et notamment pourquoi ils ne disent rien face aux 450 millions de caméras qui les surveillent (chiffre provisoire).

D’une part, ceux-ci, dans leur très grande majorité, semblent avoir l’impression d’être libres. Non pas qu’ils n’aient pas internet, ils ont juste un internet sur lequel on ne trouve pas d’articles qui livre une vérité autre que celle du régime.

La liberté, de manière générale, ne constitue pas un manque ou un besoin, tant que l’on n’est pas confronté à une privation !

D’autre part, il y a l’argent, la consommation, la croissance : 14 % en 2007, et même si elle ralentit puisqu’elle est désormais en dessous de 7 %, elle reste super bonne !

Et comme se développe une classe moyenne, et que les intérêts des très riches sont entretenus par le régime, alors il ne reste qu’une minorité très pauvre, dont la pollution va se charger, et quelques millions de Ouïghours et de Tibétains pour se plaindre.


Il ne faut pas oublier que la très grande majorité des révolutions commencent sous l’impulsion de la bourgeoise.

Et la force de Pékin est de faire le jeu de cette bourgeoisie, depuis que Oncle DENG (Xiao-Ping) a profité de 1989 pour proposer encore plus de libéralisme contre encore moins de libertés.

Si donc l’objectif affiché de Pékin est d’être la première puissance mondiale, largement devant les États-Unis d’Amérique en 2049, pour le centenaire de la Révolution, le régime aura besoin du soutien de la jeune classe moyenne qu’il crée depuis dix ans, par une meilleure répartition des richesses, et qu’il contrôle parce que celle-ci est d’accord et qu’elle y trouve pour l’instant son intérêt.

Je doute cependant que Pékin puisse éternellement conserver sa croissance, et à ce moment-là, il n’est pas dit que la classe moyenne, agisse pour de nouvelles réformes.

Qui pourraient tout aussi bien n’être que des réformes économiques et libérales, et pas des réformes politiques comme celles demandées en 1989…



Pourquoi l’hyperpuissance américaine états-unienne perdure encore !

Les médias occidentaux bienpensants avaient annoncé que Donald TRUMP allait mettre un terme à l’hyperpuissance américaine, par ses gaffes et ses emportements. Force est de constater, après ce court voyage d’état du président français, que c’est encore le président des États-Unis d’Amérique qui est le maître du monde. Grâce à la meilleure armée du monde, leur monnaie référence mondiale, et l’absence d’actions des autres nations.

On pourra reprocher à TRUMP beaucoup de choses, c’est encore lui qui fait ce qu’il veut, et les autres nations qui suivent. Il est moteur sur la Syrie, sur l’Iran, sur la Corée-du-Nord, sur l’accord de Paris issu de la COP 21… Alors les autres nations râlent, sans toutefois s’opposer frontalement à lui, d’autant qu’il obtient en plus des résultats. Du coup, les nations font avec les EUA, ou elles ne font pas. Quand on repense que TRUMP s’est fait élire avec un discours isolationniste !

Malgré les bourbiers irakiens et afghans, l’armée américaine est toujours la meilleure du monde (ce qui se comprend vu qu’elle profite de 50 % des dépenses militaires mondiales à son profit). Mais elle est surtout la seule à disposer d’une logistique complète là où les autres armées ne suivent pas. Du coup, quand elle se refuse d’intervenir en Syrie en 2013, personne n’y va. Quand elle a besoin, comme en 2017, elle y va seule ; sinon, ses alliés peuvent l’accompagner (2018)…

Le fait est que les États-Unis peuvent continuer de faire ce qu’ils veulent économiquement avec le dollar comme étalon pour les échanges mondiaux ; ils sont les seuls pays à pouvoir vivre de la planche à billets. Et même si de plus en plus de pays, et notamment les BRICS cherchent à quitter ce système qui leur est défavorable, ils y restent quand même. La fracture se produira-t-elle sous le mandat de TRUMP. On voit mal comment le 45e président laisserait faire cela…

Reste donc à s’étonner que les superpuissances rivales ne se bougent pas plus. L’Europe ne peut rien en tant qu’elle est divisée. La Russie va très mal depuis les sanctions suivant l’annexion de la Crimée. L’Inde n’a pas de revendications. Le Japon qui possède 1/18e de la dette américaine non plus. La Chine qui en possède 1/16e en a, mais ne veut pas se développer trop vite pour ne pas que les « classes moyennes » déstabilisent le régime. TRUMP est tranquille !

En conclusion, parce que personne ne cherche à rivaliser avec les États-Unis, voire que tout le monde, à part la Russie, se plie à ses volontés ; que c’est elle qui fait la diplomatie mondiale, et la guerre, et qu’elle contrôle l’économie mondiale par le dollar, même si la Chine produit et vend désormais plus qu’elle, c’est TRUMP qui gère le monde. On peut donc continuer de le prendre pour un imbécile, mais son bilan est pour l’instant bon en direction de son électorat…