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Cinq ans après, l’esprit Charlie ?

Quelques constations sur l’évolution de la société cinq ans après les attentats de Charlie-Hebdo.

  • Dans le contexte des attentats islamistes à grande échelle qui ont frappé la France entre janvier 2015 et juillet 2016, le Bataclan et Nice ont relativisé l’importance de ce qui s’est passé à Charlie-Hebdo. Le journal satirique était volontairement provocateur, et il s’est quand même calmé sur les caricatures religieuses quoiqu’il en dise ; alors que la population au hasard n’avait rien fait. Charlie n’a d’ailleurs plus le même ton d’impertinence.
  • « Tout est pardonné », mais pas tout à fait quand même. Chacune des interventions des survivants est empreinte de colère voire d’islamophobie. Et leur vie n’est clairement plus la même. Certains propos de Zineb EL-RHAZOUI, si on fait abstraction de son passé et de son histoire personnelle, la classent aujourd’hui clairement à l’extrême-droite, qui s’est empressée de la récupérer et d’en faire une égérie de la lutte contre l’islamisme radical.
  • Les Français demeurent d’accord dans leur ensemble qu’on ne doit pas mourir pour des idées. Inversement, ils ne comprennent toujours pas, voire ils condamnent, qu’on puisse vouloir mourir pour des idées, comme les djihadistes. Les détracteurs de Charlie sont restés les mêmes, et la population ne justifie pas plus avec le temps qui passe l’assassinat des journalistes et caricaturistes de Charlie, ce qui était une dérive possible.

Avec le temps qui passe, l’émotion est retombée, et il n’est donc pas certain qu’elle soit de nouveau aussi forte que ce qu’elle a pu être, eu égard au contexte. Mais j’ai confiance qu’il y aurait quelque chose.

Charlie ne fait plus parler de lui ; une fois quand ils se sont moqués d’HANOUNA, et que les fanatiques de l’animateur sont tombés sur le journal, sans justifier pour autant les attentats, et c’est important de le soulever.

Les Français restent globalement attachés à la liberté de caricature, et à la liberté de la presse. Et ils retourneront dans la rue pour la défendre si elle devait à nouveau être menacée.

L’esprit Charlie, c’est un rassemblement autour de l’essentiel, du moins dans les valeurs. Cela n’empêche pas de penser et d’affirmer que certains de leurs journalistes étaient cons (et pédophiles), mais c’est que personne ne mérite de mourir pour ses idées.

Un programme toujours à vivre et à appliquer. Cela apparaît de plus en plus difficile, mais cela résiste quand même, et c’est à stimuler et à travailler, en exerçant l’esprit critique et en développant l’esprit d’impertinence et de contradiction.



Charlie-Hebdo et la religion catholique

À la suite de plusieurs réactions de lecteurs, plus ou moins indignées, qui m’accusent de justifier, sinon d’excuser l’assassinat des dessinateurs de Charlie-Hebdo, je voudrais revenir sur les propos tenus dans un précédent article :

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?)

Je n’ai toujours pas l’impression, en m’interrogeant sur les sentiments que j’ai pu éprouver, de cautionner l’assassinat de personnes relativement à leur libre expression. Mais je conçois que ce n’est pas très Charlie de l’exprimer ainsi ; ce qui prouve bien que seulement certains ont le monopole d’une totale liberté d’expression, y compris lorsqu’elle est diffamatoire…


La première chose à dire est qu’aucune expression ne mérite la mort.

La deuxième est que plusieurs fois, je me suis senti blessé, en tant que croyant, par certains des dessins de Charlie, et que donc je détestais cordialement ce journal et ses contributeurs.

La troisième est que je n’ai pas éprouvé de peine à l’annonce de l’attentat contre les caricaturistes. Je ne vais donc pas en inventer. Pas plus que je n’ai éprouvé de joie.

Mais peut-être quand même un sentiment de soulagement parce que enfin, ces dessinateurs allaient arrêter leurs dessins ; le même sentiment que j’aurais eu si le journal avait été condamné à la faillite par la Justice.

Car on doit aussi bien pouvoir condamner les terroristes de Charlie, leurs actes et même les motifs qui les ont poussés à l’acte, que les dessins eux-mêmes de Charlie, d’un point de vue moral comme d’un point de vue légal.


À la suite des attentats, beaucoup ont perdu tout esprit critique vis-à-vis de Charlie-Hebdo, qu’il ne fallait plus désapprouver, au nom de la liberté d’expression, d’un certain humour, du droit à la caricature, à la satire et au blasphème ; parce que la République permet tout cela…

Mais est-ce que Charlie, qui a d’ailleurs été condamné plus d’une trentaine de fois dans son histoire, faisait bien cela ?

La caricature grossit des traits existants ; certains dessins étaient juste diffamants (est-ce que réellement tous les prêtres sont homosexuels et pédophiles ?).

La satire donne à réfléchir ; quelle réflexion est-ce qu’on s’est faite en lisant Charlie ? Par contre, vous avez effectivement des gens qui se sont mis à croire que tous les prêtres étaient pédophiles…

La République dit bien que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » Est-ce une liberté de flinguer les gens avec lesquels nous ne sommes pas d’accords ? Non. Mais est-ce une liberté d’appeler au meurtre ? Charlie-Hebdo était également immoral.


On pourrait rechercher dans l’histoire personnelle des dessinateurs pour voir quel est leur problème, avec l’armée, avec les femmes, avec les homosexuels, avec les religions, avec la pédophilie (lire des tribunes cosignées dans Libération), avec la politique, et notamment le Front national.

  • Mais dessiner que le pape, les évêques et les prêtres sont homosexuels pour se moquer d’eux, j’appelle cela de l’homophobie.
  • Représenter des personnalités du clergé catholique comme étant pédophiles ; soit c’est avéré et c’est un délit qu’il faut dénoncer, soit c’est faux, et c’est de la diffamation. Dans tous les cas, la pédophilie vécue par certaines personnes du fait de prêtres pédophiles n’est pas drôle, enfin selon moi…
  • Assimiler les religions avec le vocabulaire scatophile, c’est nier tout ce que les religions peuvent faire de bien, notamment au niveau social…

Je n’aimais pas Charlie-Hebdo et je ne suis pas Charlie. Et je ne justifie pas pour autant le meurtre de personnes quelles qu’elles soient pour leur expression. Déjà, avant le 7 janvier 2015, je pensais que s’il arrivait quelque chose aux dessinateurs de Charlie, ils l’auraient cherché. Mais je ne le souhaitais pas, ni que ça se traduise par la mort de onze personnes. Or, selon moi, il n’est pas possible de passer sa vie à provoquer et de se dire qu’on restera à l’abri…

Donc ce n’est pas parce que je considère que les dessins de Charlie, tout en étant provocateurs pouvaient aussi être perçus comme pousse-au-crime (et il faut bien regarder qui est passé à l’acte), que cela justifie que certains soient passés à l’acte. Je réaffirme pour ma part que c’est sur le terrain de la Justice que doivent être jugés les abus à la liberté d’expression, mais que chacun doit assumer ses propos, comme ici, j’assume les miens et l’interrogation qui fut.



Le jour où je suis devenu islamophobe…

Je voudrais d’abord préciser le terme d’islamophobie que j’emploie ici non pas pour dire que j’ai de la haine envers l’islam et les musulmans ; mais bien une plus forte méfiance envers cette religion par rapport au contenu de son livre sacré et de sa tradition, voire que j’ai peur de certains croyants musulmans (du moins personnes se revendiquant de l’islam) qui se servent de leur religion pour justifier l’injustifiable.

Contrairement sinon à ce que le titre de cet article pourrait laisser croire, mon « islamophobie » n’est pas apparue soudainement, mais elle est une construction dans le temps, dont le déclencheur a quand même été l’attentat du Bataclan. Elle est surtout une réaction à la kouachisation des esprits (néologisme du nom des terroristes de Charlie), qui est en marche, et qui prend de plus en plus d’ampleur…


Avant 2012, et les crimes de Mohamed MERAH, l’islamophobie était pour moi le fait d’une extrême-droite identitaire qui visait davantage l’immigration arabo-musulmane. C’était tant l’occupation des chantiers de mosquée que les mecs qui allaient balancer des lardons sur les salles de prière à trois heures du matin.

Puis il y a eu MERAH, et j’ai commis l’erreur de relativiser ses meurtres. C’est quand même chaud pour quelqu’un qui se dit chrétien de faire passer des fonctions ou des identités avant la personne humaine. Bref, les militaires mourraient parce qu’ils faisaient la guerre (en Afghanistan et en Libye) et les juifs parce que c’était une vengeance pour l’occupation de la Palestine (c’est fou combien la pensée gauchiste peut nous polluer).

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?) Ce n’est pas parce que tu ne crois pas en Dieu que tu es obligé d’en dégoûter les autres, et de dessiner presque toutes les semaines que 100 % des prêtres sont pédophiles…  Et je pense d’ailleurs que c’est parce que je n’aime pas ce journal que je ne me suis pas reconnu en Charlie, pour moi davantage défenseur de la liberté de blasphémer que de la liberté d’expression. (Alors que paradoxalement, aujourd’hui et certainement aussi par cet article, je suis plus Charlie que beaucoup d’autres).

Et puis enfin le Bataclan, déclic en tant que (presque) tout le monde était visé (lire l’article du Parisien), donc qu’il n ‘ y avait plus d’excuse possible à trouver ; mais surtout annonce d’une guerre de civilisation qui disait enfin son nom. Alors qu’aujourd’hui, enfin, on se tolère à peu près tous, et qu’on cherche juste à élargir nos aires d’influence, voilà des types qui admettent vouloir venir nous tuer chez nous pour nous conquérir ! Et nous, on attend bravement, en espérant qu’ils renoncent en chemin…

Et c’est là que j’ai ouvert les yeux par rapport aux comportements que je voyais depuis trois ans, mais que je refusais de regarder. Sur tous ces gens qui refusaient de condamner le terrorisme, non pas parce qu’ils n’auraient pas à s’en désolidariser ou parce que le dossier serait trop compliqué, mais parce qu’ils l’approuvent en fait, voire le justifient. Et j’ai notamment compris que les gamins de 6, 8 ou 10 ans de Grigny, ou des Prés-saint-Martin dans ma ville qui défendaient les terroristes, ne le faisaient pas pour répéter les paroles des parents ou des grands, mais parce qu’ils en sont convaincus eux-mêmes que leur cause est juste, car ils seraient oppressés, notamment par les juifs dont je doute pourtant qu’ils en aient croisés beaucoup… J’ai mis aussi le temps à réaliser que l’islam tel que pratiqué par les musulmans n’était pas l’islam que j’ai appris à l’école, à l’université, aux conférences et aux formations assurées par des intellectuels musulmans.

Et à côté de cela, tous les connards de gauchistes bienpensants, les Médiapart et les Clémentine AUTAIN, qui les premiers s’étaient affichés Charlie, progressivement, vont te rappeler qu’il y a la Palestine ; ils vont te dire que la liberté, c’est pas que de s’habiller en string (mais ils ne te diront pas que ce n’est pas que de s’habiller en burqa) ; que si on arrêtait de faire la guerre, on arrêterait d’avoir des attentats… Ils vont t’expliquer le Coran, et te dire qu’on est sur de mauvaises traductions avec des versets qu’on étudie jamais. Ils vont te citer des spécialistes autoproclamées de l’islam qui n’ont jamais mis les pieds dans une mosquée. Et ils ne vont jamais te dire que l’argent de NEYMAR, c’est la contrepartie du blanchiment de l’argent qui finance le terrorisme.

Et puis tous ces cons de Français qui se réunissent après chaque attentat pour chanter Imagine de John LENNON, avec des bougies, en portant des tee-shirts « Je suis… », dont les messages d’amour sont entrecoupées du mantra  « Vous n’aurez pas ma haine » en alternance avec « Pas d’amalgame ». HIDALGO qui éteint la Tour eiffel, les montages journalistiques d’une famille musulmane endeuillée (les premières victimes du terrorisme), et d’une femme voilée qui pleure et vient consoler les parents de victimes en te disant que l’islam, c’est pas le terrorisme. Comme toute religion, l’islam, c’est aussi le terrorisme. Et ouais, il y a eu des connards de terroristes chrétiens type BREIVIK qui ont tué 77 personnes. Mais c’était une fois depuis 1995 ! C’est pas les chrétiens qui posent problème aujourd’hui en France. Mais si vous voulez, on peut rentrer dans le débat de la viande halal, du voile, des actes médicaux sur les femmes, des lieux publics privatisés, des associations cultuelles…


Deux ans ont passé, et c’est la kouachisation des esprits qui aujourd’hui est la plus insupportable. Ces mecs ont gagné : Charlie-Hebdo ferme quand même beaucoup plus sa gueule ! Les Français continuent d’ailleurs d’avoir plus peur de l’extrême-droite et/ou du Front national que du terrorisme islamiste ! Ils ont bien appris leur cours d’Histoire de 5e : l’islam qui a sauvé le Moyen-Âge de l’obscurité, et qui l’a sorti des ténèbres avec la médecine, les sciences, la transmission des savoirs antiques… Ils s’interdisent de raisonner autrement, surtout d’avoir peur de la religion (ils ne savent plus ce que c’est puisqu’ils ne croient plus) et puis ils refusent d’avouer que la laïcité est morte.

Et justement l’islamophobie reste un délit ; même si personne ne sait ce que ça veut dire. On comprend finalement qu’on n’a pas le droit d’avoir peur de l’islam parce que sinon on va aller en prison. Nos prisons, qui sont peut-être les meilleurs foyers de radicalisation, parce qu’effectivement, la majorité des personnes détenues ne sont pas insensibles au discours de vengeance d’une France racisée, néo-coloniale, patriarcale, injuste… Et de la frustration de ne rien pouvoir dire, naît la haine et encore plus d’incompréhensions qui provoquent l’inverse de l’effet recherché…

Oui, aujourd’hui, je suis islamophobe parce que j’ai peur de me faire tuer lors d’un attentat islamiste, ou de connaître quelqu’un à qui cela pourrait arriver. Que je n’ai plus confiance en beaucoup de musulmans qui ne sont pas capables de m’affirmer leur rejet du terrorisme sans nuancer leur réponse. Que je trouve anormal que le développement de l’islam dans l’espace public, s’accompagne d’un rétrécissement institutionnel des autres religions et pratiques, alors qu’il y a suffisamment de place pour qu’on vive tous ensemble…  Que je regrette qu’on ne donne pas plus la parole à tous les « collabeurs » qui défendent un islam républicain, et que nous devons soutenir. Qu’on ait supprimé l’émission « Les enfants d’Abraham » sur C8 qui promouvait un vrai dialogue inter-religieux. Que je me sens trahi par l’État et les élites qui ne semblent pas prendre le problème au sérieux, en se disant que ça passera…



Laurence SPICHER-BERNIER manifeste pour la liberté d’expression

À la marche républicaine de ce dimanche 11 janvier 2015 (pour quels motifs svp ?) s’est jointe la marche des hypocrites. Nous aurons désormais tout vu avec Laurence SPICHER-BERNIER qui manifeste pour les valeurs républicaines (donc les libertés) alors qu’elle fut de sa magistrature politique une ennemie des libertés individuelles (pour ne pas écrire une vraie gauchiste).

UDI-MR

Invitation de l’UDI à laquelle Mme BERNIER, qui pose au milieu d’autres UDI, a répondu

Faut-il dire que c’est Mme BEN BACHIR qui privait ses opposants politiques (PS notamment) d’un encart d’expression libre dans sa Lettre du Maire ? (Et qu’elle a été condamnée pour cela – en se défendant avec l’argent du contribuable savinien ?)

Faut-il rappeler les ennuis qu’elle a causés à M. François DAMERVAL pour qu’il l’ait mal considérée sur son blog ? Certes à la limite de l’insulte, mais lorsqu’on va manifester pour Charlie Hebdo, on n’est pas à cela près.

Faut-il se souvenir des mises en demeure adressées à la presse lorsque les journalistes ont évoqué sa condamnation pour exercice illégal de la profession d’avocat ? Et après cela, on marche pour défendre la liberté de la presse.

Faut-il se remémorer que Mme BERNIER m’a fait mettre en demeure parce que j’ai évoqué sa condamnation dans l’affaire qu’il l’opposait au Parti socialiste de Savigny-sur-Orge ? Cette dame qui crachait sur EELV se faisant même défendre par un avocat militant écologiste.

Faut-il encore rappeler que Mme SPICHER-BERNIER a poursuivi 42 % de son Conseil municipal sur la période 2008-2014 ? Pour des motifs des plus fallacieux comme lorsqu’elle accusait son opposition de refuser de tenir des bureaux de vote, qu’elle n’avait pas informé de cela ?

Que les Français sont hypocrites ! Depuis 40 ans, on leur supprime leurs libertés individuelles et on voudrait faire plus avec un « Patriot act » à la française. Et personne ne bouge. Tous se soumettent au « cosmopolitiquement correct » et hurlent au scandale lorsque ZEMMOUR ou HOUELLEBECQ en parlent, pas toujours très bien, il est vrai. Oui, mais ils peuvent toujours aller et venir, notamment grâce à l’espace Schengen !

Ce 11 janvier 2015, il y a eu une marche. Et maintenant , on fait quoi ?


Crédits photos : Pages Facebook publiques de Laurence SPICHER-BERNIER et de David FABRE