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Pourquoi Emmanuel MACRON est un danger pour la démocratie ?

Formidable, Emmanuel MACRON n’est ni de gauche ni de droite. Il est à gauche et à droite. Et quand il aura foiré son quinquennat, s’il est élu, et donc décrédibilisé la gauche et la droite, il ne restera plus que l’extrême-droite qui n’aura jamais été au pouvoir, donc qui sera probablement élu en 2022 par rejet de tous les autres. De toute façon, MACRON sera contraint par les résultats des élections législatives qui amendera son programme…

Quand on pense que MACRON était juste la créature hollandaise devant faire oublier MONTEBOURG et contrebalancer les positions de VALLS. Sa candidature à la présidentielle était prévue pour handicaper JUPPÉ et/ou BAYROU. Mais HOLLANDE n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage et ne pouvait plus se présenter. Du coup, il mise sur MACRON qui fait croire qu’il renouvelle la politique et pourra l’aider à devenir président du Conseil de l’Europe.


Le mythe de l’union nationale

Parce que le pays va mal, alors toutes les forces vives devraient se retrouver pour sauver le pays. Même après la seconde guerre mondiale, où DE GAULLE restait le chef, même s’il était disposé à inclure des propositions de chaque camp, l’union nationale ne fonctionnait pas. Elle a tenu deux ans parce que les différents camps avaient intérêt à se neutraliser au sein du Gouvernement provisoire. MACRON réalise juste une union autour du rejet d’un système.


Non, le clivage gauche/droite n’est pas mort

Pour faire simple, la gauche dit que l’égalité est plus importante que la liberté et la droite dit que la liberté est plus importante que l’égalité. La gauche réduit les libertés pour imposer l’égalité quand la droite supprime l’égalité en valorisant les libertés dont certains savent mieux se saisir que d’autres. MACRON vient de la gauche parce que c’était un bon créneau (un peu comme MITTERRAND) mais en réalité il est de droite, et met en avant la liberté économique.


Un populisme du centre ?

Il est tout à fait possible d’avoir des positionnements plutôt à gauche sur les thèmes sociaux et à droite sur les thèmes économiques. On appelle cela le centrisme. Mais tôt ou tard, un côté prend le pas sur l’autre. Gauche et droite peuvent se retrouver sur certains thèmes mais sont naturellement antinomiques. En libéralisant l’économie, on n’est pas de gauche parce qu’on permet l’inégalité. Mais on n’est pas de droite non plus, parce qu’on sacrifie certaines libertés.


MACRON est une bonne excuse pour permettre la fuite à ceux de la gauche qui ne croient plus qu’imposer l’égalité par la force soit la solution. Mais comme, il réduit les libertés individuelles au profit de libertés collectives (par exemple par les traités d’échanges internationaux), alors il se prive du soutien de la vraie gauche et de la vraie droite. Il rassemble pour l’instant les anti-HAMON, anti-FILLON et anti-FN dont le seul programme est de bloquer les autres.

Mais dès qu’il va essayer de faire quelque chose, il sera bloqué par une frange de sa majorité de circonstance qui est composée de personnes de gauche, de droite et du centre, voulant faire prévaloir telle conception de la politique (privilégier la liberté ou l’égalité des personnes). MACRON se place dans une situation dans laquelle il lui sera impossible de gouverner, donc fera encore plus de déçus. En divisant encore plus la gauche et la droite, il ouvre la voie au FN.

Le FN, en effet, a atteint un point de non retour et a imposé le tripartisme à la vie politique française. Il ne pourra plus décroître qu’en se ratant au pouvoir, ou parce que la situation économique serait tellement améliorée que les Français consommeraient tellement qu’ils en oublieraient l’immigration. Or, MACRON sans pouvoir gouverner, ne pourra rien pour l’économie et l’emploi en France, donc le FN continuera de prospérer sur ses thèses favorites.



L’inconstance du MODEM de Savigny-sur-Orge

Le MODEM pour Mouvement démocrate (et non pas le PD qui aurait été politiquement incorrect) est ce parti fondé en mai 2007 pour capitaliser sur les 6 820 000 électeurs (18,57 %) qui ont fait le choix de François BAYROU lors de l’élection présidentielle de 2007. Sauf que ce dernier ne doit son score qu’au rejet à gauche de Ségolène ROYAL et à droite de Nicolas SARKOZY. Bref, il était juste une alternative.

Pendant la campagne présidentielle de 2007, ROYAL et BAYROU s’étaient alliés. Le mieux placé des deux devait choisir l’autre comme Premier ministre tandis que le troisième candidat devait appeler à voter pour lui. Lundi soir après le premier tour, BAYROU revient sur son engagement. Il est persuadé qu’il fera mieux tout seul par la suite à la tête d’un grand parti centriste. Une idée fortement insuffle par Marielle DE SARNEZ, qui est la vraie tête pensante du MODEM.

Leur fond de commerce de 2008 à 2013 : l’antisarkozysme

En politique française, les alliés ne servent à rien et sont plus encombrants qu’autre chose. Le MODEM ne pouvait être l’allié de SARKOZY, il fut donc son ennemi. Sauf qu’à taper en permanence sur la droite, l’électorat UDF (centre-droit) en a vite eu marre et s’est dépêché d’aller rejoindre le Nouveau-Centre. Ainsi, le MODEM est revenu aux scores globaux de l’UDF après la création de l’UMP : 6 %. Ne restait plus qu’un centre gauche à satisfaire.

BAYROU se met alors à rêver de devenir le Parti démocrate américain. Aux régionales de 2010, il présente en Île-de-France un chef d’entreprise dynamique Alain DOLIUM comme le « Barack OBAMA français ». Mais les scores ne suivent pas, jusqu’à la catastrophe de 2012 qui sonnent le glas : 3 275 000 électeurs (9,13 %) et 2 députés. La faute surtout, pour ce dernier résultat à une annonce personnelle de BAYROU, prise comme une consigne qu’elle était, de voter HOLLANDE au second tour. Il sera « le tombeur de SARKO ». La même trahison que CHIRAC en 1981.

Face à ces scores, la jeune giscardienne Marielle DE SARNEZ décide alors que le MODEM doit rentrer à la maison. Elle lance en 2013 un rapprochement avec sa vraie famille devenue entre-temps l’UDI, abandonnant lamentablement le centre-gauche. Ensemble, UDI et MODEM conviennent d’alliances pour les Européennes au sein de l’Alternative. Mais de soutiens locaux à des candidats de la droite, comme de la gauche, aux municipales de 2014. Ainsi, le MODEM suit le vent de ses intérêts et il y a quand même des électeurs qui suivent… Sûrement ceux qui voient en BAYROU un homme d’État alors que son action de ministre a toujours été contestée… Peu importe les convictions fédéralistes européennes allant contre la France et la Nation.

Le MODEM de Savigny est-il un parti prostitué ? (et non pas de prostitués !)

À Savigny, le MODEM local est tout d’abord dirigé par François DAMERVAL, l’ancien assistant parlementaire de Corinne LEPAGE. Cette dernière qui suit aussi le vent de ses intérêts a été vice-présidente du MODEM avant d’en démissionner et de rejoindre des candidats PS, elle l’ancienne ministre d’un gouvernement RPR. À noter que Mme LEPAGE a tenté sa chance aux européennes de 2014 avec un parti dit « citoyen », pour innover, alors qu’elle était juste en mal de rebond politique.

DAMERVAL est opposé à la politique de Jean MARSAUDON et il rejoint la liste de David FABRE, alors candidat PS. MARSAUDON gagne de 14 voix et c’est le MODEM DAMERVAL qui va porter un recours juridique pour faire invalider l’élection. (Certains PS diront que c’est FABRE qui l’a écrit.) Le MODEM savinien a donc un passé et un passif avec la droite, d’autant que la conseillère municipale MODEM Béatrice TERRES siège dans l’opposition avec le PS. À noter aussi que le responsable MODEM de circonscription, Alain VILLEMEUR, est clairement à gauche.

Mais en 2014, le MODEM investit Jean-Pierre LUBAT pour mener les négociations à Savigny. Et il se tourne naturellement vers l’UMP d’Éric MEHLHORN, rejetant alors l’UDI de Laurence SPICHER-BERNIER. Sur quelles convictions ? On ne les connaît pas. Le MODEM local n’est même pas fichu de tenir un blog ou une page Facebook ! Toujours est-il que le parti du tombeur de SARKOZY, ennemi de MARSAUDON qu’ils ont tenté de démettre, est aujourd’hui « allié » à l’héritier MEHLHORN choisi par la dernière veuve de celui-ci et une commission départementale UMP qui n’y croyait pas, où à défaut voulait juste un soldat.

Le MODEM et la solidarité municipale

Aujourd’hui, ils sont deux élus au MODEM ; Jean-Pierre LUBAT s’étant mis en position inéligible en 39ème place sur la liste UMP-DLR-MODEM. Là encore, ils n’ont aucun problème à siéger avec Debout La République alors que les deux partis s’envoient régulièrement des piques et qu’ils ne partagent pas les mêmes visions globales sur l’Europe par exemple mais aussi locales. Enfin, ils siègent quand ils sont là… Ce sont Christophe GUILPAIN et Mathieu FLOWER. Le premier est aussi conseiller communautaire et élu de la CALPE (l’agglomération).

Les deux ne pèsent rien et n’ont aucune consistance. GUILPAIN ne cesse de se plaindre qu’il est fatigué par son travail et qu’ils ont tout à faire à Savigny. Il est sûr que leur campagne s’est surtout basée autour du serrage de pognes et moins sur l’étude des dossiers pourtant accessibles. Il ne connaît surtout pas grand chose à Savigny. Il me disait à son deuxième conseil municipal que c’est scandaleux que l’épicerie sociale thésaurise.

1. Sait-il où elle est ? Sait-il comment elle fonctionne ? (Sur 32 semaines ; on bouffe comment les 20 autres ?)

2. Connaît-il la qualité des produits délivrés aux Saviniens ? A-t-il comparé comme moi avec l’épicerie sociale de Viry-Châtillon ?

3. Le grand libéral peut-il imaginer qu’avec un peu d’économies puisqu’il ne veut pas augmenter la subvention, il sera possible d’acheter des produits plus chers telles des couches ?

FLOWER se contredit dans ses propos. Il s’enferme dans une solidarité municipale que l’UMP ne leur rend pas. Il va contre ses convictions qu’il étouffe mais ne s’en rend même pas compte. Sûrement ne veut-il pas voir qu’il est juste une caution. J’en dis que tout est force de volonté et qu’il n’en a pas. Toujours est-il qu’à Grand-Vaux, on ne lui pardonne pas son action auprès des bailleurs sociaux concernant les charges qu’on demande aux habitants.

Dire que j’ai voulu les avoir avec moi sur la liste de VSA, aujourd’hui je regrette même de leur avoir proposé tant ils sont mous et passifs. Incolores et inefficaces. On comprend ainsi mieux pourquoi ils s’entendent si bien avec l’UMP de M. MEHLHORN.

Du MODEM aujourd’hui, il ne reste que le MO. La DEM (démocratie), ils s’y sont assis dessus depuis bien longtemps. Un mouvement qui dérive de gauche à droite au fil des intérêts et pour lequel j’estime que des personnes sont assez stupides (oui, j’ai écrit stupide – je pense que cela résume bien incohérent et inculte politiquement) pour voter MODEM aujourd’hui, en 2014, alors que l’on a compris que ce parti n’est que le faire-valoir de BAYROU vers la présidentielle. Car quelles convictions défend le MODEM ? Quelles est la plus-value qu’ils apportent à Savigny ? Aucune si ce n’est qu’ils ramollissent la droite… Un instant pour penser à MITTERRAND (« le centre est la droite molle. »)

La majorité municipale de Savigny-sur-Orge est elle aussi une droite molle. Incultes en sciences politiques, ils mènent une action incohérente, parfois attentatoires aux libertés individuelles qui est l’essence même de la droite. Enfin, c’est eux qui ont gagné… (soupirs)

P.-S. : À tous les politistes bienpensants, ouvrez le yeux et voyez qu’une élection à droite ne se gagne pas au centre mais à l’extrême-droite. CHIRAC a perdu en 1988 car les 15 % de LE PEN se sont massivement abstenus. SARKOZY a perdu en 2012 parce qu’il n’a pas eu le temps d’exploiter plus intelligemment la ligne BUISSON, après avoir perdu des mois à flatter l’électorat MODEM. De toute façon, les centristes n’auraient jamais voté pour lui. Alors que les électeurs du FN oui.

 

Édit au 13/08 : Droit de réponse de François DAMERVAL, chef de Cabinet de Corinne LEPAGE