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Accepter les CCSU, c’est renoncer à un hôpital ET à un vrai service d’urgences !

La consultation publique pour le Projet régional de santé 2018-2022 en Île-de-France (aussi appelé PRS2) s’achève ce 22 juin 2018. Les conseils municipaux du Nord-Essonne, qui n’ont vraisemblablement pas lu les trois documents du projet, ont donc émis des avis qui sont à des années lumières de nos besoins réels. La seule vraie question est de savoir si on accepte la fermeture des hôpitaux, et nos élus ne s’opposent pas formellement !!!


Pour consulter le projet, et participer à la concertation :

https://www.iledefrance.ars.sante.fr/le-projet-regional-de-sante-2018-2022


Pour commencer, il faut voir que le projet n’est pas très concret, et qu’il ne parle pas des hôpitaux de Juvisy, d’Orsay ou de Longjumeau. Il dit juste qu’il veut réorganiser l’offre de soins dans le Nord-Essonne, à Saclay, en améliorant l’accès aux services de chirurgie et en « assurant une couverture en moins de 30 minutes d’une structure de prise en charge des soins urgents ».

Or, quand l’ARS emploie cette dernière expression, elle ne veut pas dire un hôpital à moins de 30 minutes de chez nous, mais un CCSU pour Centre de consultation et de soins urgents !

Alors le député RÉDA me reproche assez de ne pas savoir ce que c’est qu’un CCSU, et que les informations que j’ai ne sont pas les siennes, et que s’il devait savoir quelque chose, il serait le premier informé, et bla bla bla… Reconnaissons qu’il n’existe effectivement aucune définition officielle du CCSU, que Longjumeau n’est qu’un test, qui a déjà permis de revenir sur certaines choses…

En réalité, cette expérimentation est faussée, en tant que l’actuel CCSU de Longjumeau n’est rien d’autre qu’un centre de tri qui oriente sur les structures existantes de l’hôpital, et qui donc ne fonctionne pas en conditions réelles. Passons.

Le problème du CCSU est donc qu’il ne peut véritablement fonctionner QUE parce qu’il est appuyé par un hôpital, qui possède des médecins urgentistes, un bloc opératoire, un centre d’imagerie et d’analyses, des anesthésistes…

Or, quand déjà les CCSU du Nord-Essonne, ne s’appuieront plus que sur Saclay, et qu’on prévoit en plus la mutualisation des personnels et des matériels, qui devront se déplacer d’un CCSU à l’autre… Ils vont tous devenir dingues à passer leurs journées en voiture et dans les embouteillages…

Notons au passage que les documents ne prévoient pas d’augmenter le nombre de SAMU et de SMUR sur la Région, lesquels ne sont de toute façon pas des hôpitaux ambulants, c’est à dire qu’on n’est pas sauvés parce qu’on monte dans l’ambulance, qui n’est pas un bloc opératoire !

Donc on prévoit juste de laisser les SMUR existants, qui seront dorénavant adossés à un CCSU plutôt qu’à l’hôpital… Faudrait-il donc nous estimer heureux qu’on ne nous les supprime pas aussi ?

Par ailleurs, un CCSU a une capacité de 20 000 à 30 000 places. Or, les trois services d’urgences du Nord-Essonne reçoivent en moyenne 130 000 visites chaque année, donc on élimine 40 000 personnes qui ne pourront pas se faire soigner ou satureront en permanence le centre !

Reste enfin le problème que le CCSU n’est ouvert qu’en journée (de 8 h 00 à 22 h 00), ce qui sera probablement modifié. (Je soupçonne qu’il s’agisse d’une manœuvre de communication pour offrir du biscuit aux opposants du projet. Regardez, on vous écoute, on va ouvrir le CCSU en permanence !)

Le CCSU nous est enfin vendu comme un progrès en tant que des médecins libéraux, et des médecins de l’hôpital pourront venir y faire une consultation par semaine. Waouh le progrès, qui ne règle rien aux problèmes de bobologie, et d’éducation aux soins !


Donc nos élus, et même le Comité de sauvegarde de l’Hôpital, sont bien gentils, mais ils sont dans une négociation à l’issue de laquelle nous ne pouvons que perdre.

Les citoyens du Nord-Essonne ne veulent pas garantir un service d’accueil des urgences ; ils veulent et ils ont besoin d’un hôpital doté d’un service d’urgences !

C’est donc une opposition totale qu’il faut affirmer au PRS2, ce qui n’empêche pas de proposer des solutions alternatives au cas où les hôpitaux seraient finalement fermés.

Mais pas en partant défaitiste ! Et surtout en exprimant notre opposition aux fermetures des hôpitaux de proximité, et en refusant ces 30 minutes de délais !

À ce titre, l’avis de la Ville de Savigny est complètement con. Qu’est-ce que ça va changer d’associer les élus aux projets ? Quant aux conditions d’accessibilité, il y a la théorie et la pratique… Donc parce qu’on n’a rien à dire, on palabre CONTRE la population !