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En 2018, j’arrête le catéchuménat

C’est ma première (bonne) résolution pour cette nouvelle année.

J’arrête d’accompagner des personnes qui demandent à recevoir les sacrements chrétiens de l’initiation (baptême, eucharistie, confirmation), ce que je faisais depuis septembre 2013.

J’arrive à un stade où je suis trop dispersé dans tous mes engagements, et où j’ai besoin de me recentrer.

Où je reproche aux autres, de manière incohérente, le visage d’Église que nous montrons, alors que celui que les autres perçoivent de moi n’est pas forcément positif ; d’autant plus quand ma condamnation va devenir définitive, et que je serai officiellement un délinquant.


Après cinq ans, la facilité fait aussi que je débarque à l’improviste sans rien avoir préparé, et que ce n’est pas sérieux pour ceux qui demandent un accompagnement.

Et puis que le christianisme, ce n’est pas que de la réflexion pendant une heure ; et que j’ai de toute façon tendance à trop intellectualiser les choses.

Mais dans le même temps, que tout ce que je peux proposer qui soit plus dans l’action, n’intéresse pas forcément voire pas du tout les catéchumènes.


Je suis fatigué, peut-être de ces cinq années consécutives, peut-être de me retrouver isolé dans mes convictions qui ne sont pas partagées par l’équipe du catéchuménat.

Or, c’est un travail d’équipe ; et je ne suis plus du tout d’accord avec plus de la moitié de l’équipe.

De la même manière qu’il est bon d’avoir deux accompagnateurs pour une personne accompagnée, je suis trop solitaire pour travailler avec d’autres et je me heurte là aussi à cet esprit d’équipe dont je m’auto-exclus.


Partant de là, cela ne sert à rien de continuer. Surtout quand à la place de la satisfaction d’aider des personnes à se sentir bien, c’est surtout l’agacement qui me saisissait après chaque réunion des choses que je pouvais entendre.

J’écris souvent que si j’étais catéchumène, moi jeune de 26 ans, avec un bac scientifique et issu d’une famille plutôt scientifique, je ne suis pas certain que j’irai au bout de ma démarche. Cela est autant vrai venant du journaliste à l’esprit critique qui se pose plein de questions.

Bref, ce n’était pas non plus très chrétien de juger des démarches des personnes, et d’en tirer la conclusion que s’ils ne restent pas, c’est parce qu’ils n’avaient pas vraiment la foi.

Et sur ce thème, mon bilan n’est pas brillant en tant que sur neuf personnes que j’ai accompagné en cinq ans, six sont allées au bout de leur démarche et trois sont encore présentes à l’Église.


À cela s’ajoutent enfin trois autres problèmes.

J’en ai marre de cette Église qui se laisse crever parce qu’elle refuse de concevoir une organisation pastorale dans laquelle les laïcs sont à égalité avec les prêtres. Il faut des prêtres pour tout chapeauter, et qui auraient la vérité, alors que certains sont parfois plus compétents qu’eux…

Je ne supporte plus les sorties moralisatrices du Pape qui donne l’impression de préférer les Rohingyas aux chrétiens d’Orient et qui à chaque Noël, nous ressort le couplet d’un Jésus migrant (alors qu’il ne faisait que se déplacer dans son pays) pour nous dire d’accueillir des migrants.

Enfin, j’en ai assez de l’absence des prêtres qui refusent de donner au catéchuménat l’importance que ce mouvement mériterait, car première vitrine sur l’extérieur, et tellement nécessaire pour renouveler et régénérer l’Église.

Quels chrétiens préparons-nous donc ? Tout le problème est que 90 % préfèrent ne pas se poser de questions, et que la démarche de libération des 10 % restants se heurte aux 90 % qui veulent du prêt-à-prier. Qui viennent au catéchuménat pour accomplir une démarche administrative, et qui veulent bien apprendre les principes moraux, sans forcément chercher ensuite à les appliquer…


J’ai donc besoin d’arrêter pour mûrir de grandes réflexions, et je préfère laisser faire ceux qui sont plus assurés que moi dans leurs convictions, surtout quand elles sont plus compatibles avec la demande actuelle.



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Proposition catéchuménale sur le thème de la confiance

Voici une proposition de rencontre pour le catéchuménat sur une heure de temps. Ma catéchumène souhaitait parler du thème de la confiance ; aussi-ai-je bâti cette séance sur trois questions qui partent de la personne pour aller vers les autres, et montrent la difficulté de cet exercice, travail de toute une vie, mais la joie que peut apporter de faire confiance ou de vivre en confiance.


La confiance est nécessaire à la vérité d’une relation. Mais pour faire confiance aux autres, et notamment à Dieu, il faut commencer par se faire confiance à soi-même.

Alors pourquoi faire confiance à Dieu ? Parce que c’est une manière, pour les chrétiens, de dire qu’il existe, qu’il est là et qu’il nous aime.

Mais peut-on vraiment faire confiance à Dieu alors qu’il ne nous épargne pas certains malheurs ? C’est toute notre difficulté de chrétien qui consiste à accomplir la volonté du Père. Et la volonté de Dieu est que nous soyons libres, donc qu’il ne nous protège pas des malheurs qui existent dans toute vie en société.


Question I : As-tu confiance en toi ?

(A) OUI – Vraiment toujours et partout, tu es bien sûr ? Je ne te crois pas parce que…

(B) NON – C’est normal, regardons plutôt ces exemples…

Les chrétiens croient qu’il y a toujours au moins une personne qui nous fait totalement confiance : Dieu. Mais pourtant…

1) Mc 15,33 : Même Jésus doute sur la croix

2) Mt 14,22 : Pierre doute de Jésus qui lui dit de marcher sur l’eau alors qu’il est sûr que Jésus est Dieu

3) Lc 10,13 et Mt 13,53 : Les gens de culture juive ne croient pas en Jésus, alors qu’il réalise une partie de la Promesse du Premier testament


Question II : Est-il facile de faire confiance ? (à soi-même, à Dieu et aux autres ?)

(A) OUI – Je ne te crois pas parce que…

(B) NON – C’est normal parce que là aussi :

La Bible est une histoire de personnes qui ont fait confiance, et qui en ont été récompensés

1) Gn 22 : Dieu dit à Abraham de sacrifier son fils unique. C’est un meurtre ! C’est difficile venant de Dieu

2) Lc 1,26 : L’ange annonce à Marie qu’elle aura un fils : c’est incroyable. C’est impossible.

3) Jn 20,24 : L’apôtre Thomas a besoin de preuves pour croire ; Jésus lui répond plus heureux ceux qui croient sans avoir besoin de preuves – la foi n’est pas scientifique


Question III : Est-ce que je fais confiance aux autres ? Est-ce que j’accepte la confiance des autres ?

(A) OUI – C’est bien ; regardons ce qu’en dit la Bible…

(B) NON – Ce n’est pas facile ; c’est un travail de toute une vie ; regardons ce qu’en dit la Bible…

1) Mt 25,40 : Si on veut vraiment faire confiance à Dieu, il faut nous faire confiance et faire confiance aux autres.

2) Lc 12,22 : Dieu nous rappelle que nous sommes sur Terre avec les autres et pour les autres.

3) Ps 22 : Se rappeler que Dieu est là mais que ça ne nous empêche pas de souffrir ; et par extension, que tous les Hommes sont faillibles et peuvent manquer de confiance.


Le catéchuménat est un temps pour mieux découvrir Dieu et ainsi plus facilement lui faire confiance.

C’est donc un temps pour travailler la confiance, en soi, en Lui et dans les autres, et c’est un travail de toute la vie.

Mais attention à discerner notre confiance en Église, à cause des faux-prophètes (Mt 24,4) et des gens hypocrites.

Il est humain de douter à certains moment de notre vie, et nous en avons vu de nombreux exemples, mais quelle joie quand on fait confiance.

Chaque fois que nous doutons, c’est une fois de moins que nous aurons douté et nous serons alors plus proches de Dieu.


On peut achever la séance par un temps de prière comprenant une réflexion personnelle en silence sur notre manière de faire confiance au regard des découvertes de ce que disent la Bible ; et prendre notamment la prière du Je vous salue Marie et/ou du Magnificat, pour admirer la confiance de Marie.



Proposition de catéchuménat sur le péché et le pardon

Parmi les attentes qu’à l’Église d’un cheminement catéchuménal (de préparation aux sacrements), il y a la conversion qui passe par la mise en pratique du pardon. Or, ce thème est indissociable de celui du péché, qui n’a d’ailleurs aucun sens à être traité de manière isolé. En effet, l’Homme doit d’abord se reconnaître comme « acteur du Mal » ou « acteur du péché » pour pouvoir discerner ses actions, et offrir et recevoir le pardon.

Les catéchumènes ont tous une idée, assez imprécise, de ce que sont le péché et le pardon. Mon idée est d’abord de les faire parler de ces thèmes pour ensuite qu’ils essaient de le définir. Puis de regarder ce qu’en dit Jésus dans l’Évangile. Enfin d’en donner les définitions acceptées dans l’Église. Une grande appréhension des catéchumènes est de se demander, non sans hypocrisie, s’ils devront tout pardonner. Non, un peu suffira car c’est un chemin, un dynamique.


I. DÉBAT (30 minutes)

  • Peut-on vivre sans pécher ?
  • Peut-on vivre sans pardonner ?

Les questions suivantes (non exhaustives) peuvent découler du débat :

  • Y a-t-il des Hommes qui ne pèchent pas ? (Parler du symbolisme de la Vierge Marie)
  • Le péché est-il uniquement une conception religieuse (les indigènes pèchent-ils ?)
  • L’Homme est-il naturellement bon ?
  • Est-on responsable des péchés de nos ancêtres ? Du « péché originel » d’Adam et Ève ?
  • Y a-t-il un purgatoire pour expier les péchés ?
  • Quelles sont les différences entre faute, erreur et péché ?
  • Le pardon a-t-il plusieurs degrés de valeur selon ce qu’il y a à pardonner ?
  • N’est-on pas hypocrite en pratiquant le sacrement de réconciliation ?
  • À quoi nous engage le sacrement de réconciliation ?
  • Peut-on pardonner aux terroristes, où à des personnes qui ont fait du mal, mais pas à nous directement ?

II. TENTATIVE DE DÉFINITION PAR LES CATÉCHUMÈNES (5 minutes)

  • Qu’est-ce qu’un péché ?
  • Qu’est-ce que le Pardon ?
  • Qu’est-ce que le Pardon de Dieu ?

III. DANS LES TEXTES (à relire dans leur paragraphe où à resituer dans le contexte – 30 minutes)

La femme adultère en Jn 8,11 : « Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » « 

La guérison de l’homme paralytique en Lc 5,20 : « Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »« 

L’aveugle de naissance dans Jn, 9 : « En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? « 

L’enseignement du pardon en Mt 18,21 :« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »  Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois »

L’enseignement du Notre-Père en Mt 6,14 : « Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.« 

Jésus en croix en Lc 23-34 : « Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. »


IV. DÉFINITION DE L’ÉGLISE

  • Le péché est une action consciente et volontaire qui rompt le lien d’amour entre Dieu et les Hommes (dont notre conscience nous dit qu’elle est mauvaise donc qu’elle va blesser Dieu – La réconciliation viendra ensuite faire un nœud sur ce lien.)
  • La pardon commence par dire la reconnaissance du fait qu’on a fait mal, ou qu’on nous a fait mal. C’est l’affirmation qu’au delà de l’action mauvaise, il y a une personne humaine qui vaut mieux que son acte.

V. PRIÈRE (10 minutes)

Propositions de méditation en lien avec nos vies :

« Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a
quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec
ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt, 5-23)

« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Notre-Père)


VI. TEMPS DE QUESTIONS DIVERSES



Commencer un accompagnement catéchuménal vers la confirmation avec le Symbole des Apôtres

Pour l’année à venir, je me lance dans l’accompagnement d’un jeune homme vers la confirmation. Oui, mais par quoi commencer, alors que je ne connais rien du cheminement et de la foi de cette personne ? La prière du symbole des apôtres (Credo) m’est alors apparue comme un bon compromis pour permettre à la personne de s’exprimer, tout en expliquant les principaux « points de doctrine » des chrétiens.

Ce cheminement à partir de la prière du Credo est aussi celui du parcours « Matins d’évangile« , édité par le Service nationale de la catéchèse et du catéchuménat qui détaille dans des fiches chaque point de la prière de Nicée-Constantinople, tout en la reliant à un texte d’Évangile. Bien sûr, la première chose à faire est d’abord de faire connaissance, tout en essayant pour l’accompagnateur de comprendre les motivations de la demande sacramentelle.


Les « idées » développées dans le Credo

  • l’existence de Dieu
  • la Trinité
  • la relation Père-fils
  • les récits de Création (science et religion)
  • le spirituel et le temporel
  • le saint-Esprit
  • l’Incarnation
  • Marie
  • l’Occupation romaine et la judéité de Jésus
  • la place de la souffrance
  • le rôle des Hommes dans la mort de Jésus
  • la crucifixion
  • la mort
  • les enfers / le paradis
  • la résurrection
  • le troisième jour
  • les cieux
  • la droite de Dieu
  • le jugement « dernier »
  • l’Église catholique
  • la communion des saints
  • le pardon des péchés
  • la vie éternelle

Symbole des Apôtres ou de Nicée-Constantinople ?

Le premier est un texte de simples croyants qui ont connu Jésus dans son intimité puis après sa résurrection. Il est intéressant pour son accessibilité mais surtout parce que ce sont des mots vrais qui résument la foi des premiers chrétiens. Le second est un texte de théologiens qui ne connaissent Jésus que par les témoignages du Christ ressuscité. C’est un texte qui établit la doctrine de l’Église mais qui est beaucoup plus compliqué pour le mettre en lien avec nos vies.


Comment j’ai procédé ?

Nous avons lu ce texte ensemble phrase après phrase, en nous arrêtant sommairement sur tous les éléments cités plus haut pour les expliquer, afin de voir comment le catéchumène les comprenait et s’ils avaient de l’importance dans sa foi aujourd’hui. Lors des réunions suivantes, nous développerons, en fonction des réponses du catéchumène et de ses attentes, ces différents thèmes en lien avec des textes (catéchétiques ou autres) de l’Évangile.


L’idée, à la fin de la préparation, est de prendre alors le symbole de Nicée-Constantinople (sinon de reprendre ce symbole des Apôtres) et de voir comment les réponses ou les réflexions par rapport à ces thèmes ont évolué. Bien sûr, certaines thématiques sont plus importantes que d’autres, lesquelles ne doivent pas constituer l’essentiel des questionnements. Le rôle de l’accompagnateur est alors de discerner pour donner un bon équilibre à l’accompagnement.