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Charlie-Hebdo et la religion catholique

À la suite de plusieurs réactions de lecteurs, plus ou moins indignées, qui m’accusent de justifier, sinon d’excuser l’assassinat des dessinateurs de Charlie-Hebdo, je voudrais revenir sur les propos tenus dans un précédent article :

Et puis il y a eu Charlie-Hebdo en janvier 2015, et là encore j’ai relativisé, parce que c’était le retour de bâtons de mecs qui avaient provoqué toute leur vie. (Et peut-être à la limite qu’au fond de moi, je me sentais aussi vengé pour toutes les injures faites aux chrétiens ?)

Je n’ai toujours pas l’impression, en m’interrogeant sur les sentiments que j’ai pu éprouver, de cautionner l’assassinat de personnes relativement à leur libre expression. Mais je conçois que ce n’est pas très Charlie de l’exprimer ainsi ; ce qui prouve bien que seulement certains ont le monopole d’une totale liberté d’expression, y compris lorsqu’elle est diffamatoire…


La première chose à dire est qu’aucune expression ne mérite la mort.

La deuxième est que plusieurs fois, je me suis senti blessé, en tant que croyant, par certains des dessins de Charlie, et que donc je détestais cordialement ce journal et ses contributeurs.

La troisième est que je n’ai pas éprouvé de peine à l’annonce de l’attentat contre les caricaturistes. Je ne vais donc pas en inventer. Pas plus que je n’ai éprouvé de joie.

Mais peut-être quand même un sentiment de soulagement parce que enfin, ces dessinateurs allaient arrêter leurs dessins ; le même sentiment que j’aurais eu si le journal avait été condamné à la faillite par la Justice.

Car on doit aussi bien pouvoir condamner les terroristes de Charlie, leurs actes et même les motifs qui les ont poussés à l’acte, que les dessins eux-mêmes de Charlie, d’un point de vue moral comme d’un point de vue légal.


À la suite des attentats, beaucoup ont perdu tout esprit critique vis-à-vis de Charlie-Hebdo, qu’il ne fallait plus désapprouver, au nom de la liberté d’expression, d’un certain humour, du droit à la caricature, à la satire et au blasphème ; parce que la République permet tout cela…

Mais est-ce que Charlie, qui a d’ailleurs été condamné plus d’une trentaine de fois dans son histoire, faisait bien cela ?

La caricature grossit des traits existants ; certains dessins étaient juste diffamants (est-ce que réellement tous les prêtres sont homosexuels et pédophiles ?).

La satire donne à réfléchir ; quelle réflexion est-ce qu’on s’est faite en lisant Charlie ? Par contre, vous avez effectivement des gens qui se sont mis à croire que tous les prêtres étaient pédophiles…

La République dit bien que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » Est-ce une liberté de flinguer les gens avec lesquels nous ne sommes pas d’accords ? Non. Mais est-ce une liberté d’appeler au meurtre ? Charlie-Hebdo était également immoral.


On pourrait rechercher dans l’histoire personnelle des dessinateurs pour voir quel est leur problème, avec l’armée, avec les femmes, avec les homosexuels, avec les religions, avec la pédophilie (lire des tribunes cosignées dans Libération), avec la politique, et notamment le Front national.

  • Mais dessiner que le pape, les évêques et les prêtres sont homosexuels pour se moquer d’eux, j’appelle cela de l’homophobie.
  • Représenter des personnalités du clergé catholique comme étant pédophiles ; soit c’est avéré et c’est un délit qu’il faut dénoncer, soit c’est faux, et c’est de la diffamation. Dans tous les cas, la pédophilie vécue par certaines personnes du fait de prêtres pédophiles n’est pas drôle, enfin selon moi…
  • Assimiler les religions avec le vocabulaire scatophile, c’est nier tout ce que les religions peuvent faire de bien, notamment au niveau social…

Je n’aimais pas Charlie-Hebdo et je ne suis pas Charlie. Et je ne justifie pas pour autant le meurtre de personnes quelles qu’elles soient pour leur expression. Déjà, avant le 7 janvier 2015, je pensais que s’il arrivait quelque chose aux dessinateurs de Charlie, ils l’auraient cherché. Mais je ne le souhaitais pas, ni que ça se traduise par la mort de onze personnes. Or, selon moi, il n’est pas possible de passer sa vie à provoquer et de se dire qu’on restera à l’abri…

Donc ce n’est pas parce que je considère que les dessins de Charlie, tout en étant provocateurs pouvaient aussi être perçus comme pousse-au-crime (et il faut bien regarder qui est passé à l’acte), que cela justifie que certains soient passés à l’acte. Je réaffirme pour ma part que c’est sur le terrain de la Justice que doivent être jugés les abus à la liberté d’expression, mais que chacun doit assumer ses propos, comme ici, j’assume les miens et l’interrogation qui fut.



Le chrétien dans la télé-réalité

On disait la télé-réalité à bout de souffle. La sixième saison des « Anges de la télé-réalité » n’est pas plutôt terminée que commence l’émission « Nabilla, en famille à Paris ». L’autre soir, je regardais en même temps que mon amie Lucie l’émission « Qui veut épouser mon fils ? » sur TF1. Nous échangions des SMS pour nous moquer des candidats et moi de ne pas être tendre avec les caricatures de chrétien.

Dans les émissions de télé-réalité, il en faut souvent un. Comme il faut aussi maintenant un candidat homosexuel et au moins un autre issu de la diversité. Petite analyse de quatre comportements clichés qui isolent les chrétiens dans la société, en les enfermant dans une représentation médiévale et arriéré.

Cette étude a été menée sur différents candidats de télé-réalité ayant participé à « Koh Lanta », « Secret Story », « l’Amour est dans le Pré », « Qui veut épouser mon fils ? » ou encore « Nabilla ».

Il a des idées bien arrêtés, notamment en termes de valeurs

Naturellement, tous les chrétiens sont homophobes, pro-vie (comprendre anti-avortement), anti-euthanasie, anti-préservatif, pour la contamination par le VIH, désireux d’arriver vierges au mariage. Ils pensent être supérieurs aux autres, sont mesquins, opportunistes et calculateurs. Ils n’aiment pas les croyants d’autres religions, notamment les juifs et les musulmans. Ils ont plein d’idées sur la politique et voudraient des politiques chrétiens. Surtout, ils se croient chrétiens.

Il cite la Bible à tort et à travers

Pour justifier son attitude et ses comportements, le chrétien a toujours sous le coude une référence de la Bible, qui une fois sur deux, n’est pas dans la Bible mais dans l’imaginaire collectif et populaire. Tel un Témoin de Jéhovah ou un charismatique, il manie habilement des morceaux de phrases qu’il isole de leur contexte, leur donnant un tout autre sens. Il aime particulièrement les Pères de l’Église comme saint Augustin, pour les relents de paganisme de leurs écrits.

Il bénit ce qu’il mange 

Le repas est un grand moment de télé-réalité car il force les candidats à paraître ensemble. L’occasion est trop belle pour notre chrétien de ne pas se faire remarquer par un bénédicité ou une prière. Dommage pour lui de ne pas comprendre que si Dieu est à l’origine de la création du monde, alors ce qu’on mange est naturellement bon et béni. Ou que s’il veut remercier d’avoir à disposition le « pain de ce jour » (qui est la Parole de Dieu), alors compris comme la nourriture, il ne tient qu’à lui d’œuvrer pour une meilleure répartition des ressources alimentaires sur notre planète en surproduction.

Il jure et prie en permanence

Généralement asocial, il passe son temps à invoquer son Dieu par la prière ou avant de prendre une décision importante. Il le fait de manière ostentatoire, en contradiction avec les indications de jésus sur la prière en Matthieu, 5. Le signe de croix est son rituel quotidien et un outil qu’il emploie pour montrer sa piété et surtout se faire remarquer. Là encore, ne comprenant pas la symbolique de ce geste qui nous place en présence de Dieu, il en use et abuse à l’évocation d’un mort ou d’une chose grave.

Maintenant, vous ferez plus attention si comme moi, vous perdez votre temps à regarder la télé-réalité. Sauf que sorti assez vite des émissions avec éliminations, ils ne durent pas assez longtemps pour pouvoir montrer la bonté de la nature humaine, qui se retrouve dans tout homme. Mais qui perce souvent assez mal chez les candidats de ces émissions, la bêtise prenant le pas sur le reste.