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Des réflexions sur les films et les documentaires qui parlent de l’enseignement en banlieue

Ce 16 avril 2020, j’ai regardé sur France 3 « Les grands esprits » de Olivier AYACHE-VIDAL avec Denis PODALYDÈS, puis le documentaire « Je dis donc je suis », que j’ai regardé car la critique internet nous le présentait ainsi :

Une immersion épatante et salutaire qui fait voler en éclats les stéréotypes sur les adolescents, la banlieue ainsi que sur l’Éducation nationale. La dernière partie consacrée au concours d’éloquence qui couronne les efforts et l’opiniâtreté de ces jeunes procure une vive émotion. En un mot : formidable !

Mais je voudrais élargir ma réflexion à d’autres reportages et autres films de banlieue qui peuvent présenter des facettes, plus ou moins développées, de l’éducation dans les cités (Les héritiers, Bande de filles, Divines, Banlieusards, Les roses noires, Les misérables…)

La première remarque est que j’y vois personnellement toujours la même chose, avec d’un côté les réalisateurs blancs et bourgeois à qui on reproche de ne rien connaître aux quartiers et de stigmatiser la réalité pour vendre, et de l’autre, des réalisateurs issus des quartiers, qui montrent tout pareil, sauf qu’eux font de la fiction, délibérément commerciale, donc accumulent les clichés pour parler à un public blanc qui ne voudrait voir le 9-3 que comme un zoo.

Et donc quasiment à chaque fois, c’est un prof blanc, tutoyé voire insulté par ses élèves mais qui passe au-dessus, dans un établissement dit sinistré qui bénéficie donc de plus de moyens et de sorties que la moyenne, qui adapte le programme national à ses élèves, au lieu de les former à appréhender ce que l’on attend d’eux, qui trouve génial un travail rendu par des jeunes de banlieue là où on trouverait qu’un Parisien est nul, qui réduit les sanctions et la discipline au maximum parce qu’elles sont contre-productives, et enfin, on finit par un concours d’éloquence comme si l’oral pouvait totalement pallier les insuffisances de l’écrit et les manques de culture…

Et donc il se trouve des gens pour nous dire, à partir de ces films, que le meilleur de la France se trouve en banlieue, et que c’est là qu’il faut aller chercher l’élite de demain. Juste parce qu’on a trouvé là quelques jeunes qui performent sur au moins une matière, comme tant d’autres ailleurs et partout en France sans que cela ne suscite le même enthousiasme.

Or, en plus d’être hypocrite, cela confine à l’imposture. Car tant mieux qu’il y ait des profs pour essayer, mais surtout des élèves pour réussir. Mais que fait-on des élèves de la France périphérique, qui n’auront jamais ces moyens parce que trop bons pour être autant aidés et avoir droit aux places réservés dans les grandes écoles ?

Et d’observer que les Anglo-Saxons, très racialistes pour cela, n’ont pas de scrupules à pratiquer la discrimination positive et à instaurer des bonus et des malus selon des critères raciaux ou géographiques pour certains concours, ce que la Cour Suprême des EUA a censuré en 2018.

Il faut notamment voir dans le cadre de cette réflexion le dernier épisode de la saison 2 de Dear White People qui fait dénoncer par des Afro-Américains que ce qu’ils font n’a de valeur que parce qu’ils sont noirs, alors que ce serait tout à fait quelconque si c’était fait par des blancs.

En conclusion, l’excuse sociologique a ses limites. Il est juste normal et heureux, après tous les moyens investis, que la banlieue réussisse elle-aussi. Et la première considération qu’on pourrait lui apporter serait peut-être d’arrêter l’angle de ces documentaires volontairement paternaliste voire néo-colonisateur qui consiste à suivre quelques jeunes, sur des centaines de milliers, et de s’émerveiller qu’ils soient capables de s’en sortir, comme s’il y avait là un miracle.

Il y a un moment où il faut remettre les pendules à l’heure. Le problème n’est pas tant que si peu s’en sortent, que de voir pourquoi les autres ne s’en sortent pas. Et la solution du bon prof, qui ne traite que la dimension de l’école, n’est qu’une partie de la solution et un pansement sur une jambe de bois. Au final, on se sert de ce que quelques uns réussissent pour masquer que le problème est tous ceux qui n’y arrivent pas. C’est dégueulasse et c’est insupportable.



Le multiculturalisme à l’épreuve de la « culture de banlieue »

Depuis plusieurs jours, et la fameuse affaire Mehdi MEKLAT, on commence à s’apercevoir grâce aux réseaux sociaux, que plusieurs de ceux qu’on présente comme des « jeunes de banlieue » ou ces « enfants d’immigrés » qui réussissent (Oulaya AMAMRA, Houda BENYAMINA, Alice BELAÏDI, Badroudine Said ABDALLAH), sont en fait racistes, antisémites, homophobes, sexistes, violents voire haineux et enfin extrémistes religieux.

Bien que les intéressés plaident pour des « erreurs de jeunesse », je n’étais personnellement pas comme ça dans ma jeunesse, ce qui indique donc que dans la fameuse « banlieue », il y a un problème d’éducation tant de l’école que des parents. Mais au-delà, pourquoi autant de tolérance face à des propos qui attireraient des ennuis à n’importe quelle autre personne née ailleurs ? Parce que ce n’est pas imprimé dans notre logiciel ou que ça l’est inconsciemment ?


Les méchants sont les colonisateurs, les victimes sont les colonisés

Dans l’Histoire que nous apprenons, le mauvais rôle est toujours donné à l’Europe, qui il est vraie est responsable de la seconde guerre mondiale, au cours de laquelle l’intolérance a été portée à son paroxysme. Pour autant, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, la misogynie, la haine sont propres à tous les Hommes à partir du moment où ils se constituent une identité qui pourrait être atteinte par un des groupes visés par les mouvements de haines déjà cités.


Le romantisme de la banlieue : l’esprit racaille

Quand les textes de rap appellent au meurtre, c’est de la culture. Dans l’esprit politiquement-médiatiquement correct, le « jeune de banlieue » a le droit de tenir de tels propos haineux parce qu’il possède une excuse sociologique, et qu’il n’est pas méchant naturellement, mais en réaction de ce qu’on lui fait subir. En fait, sous couvert de mettre en avant le talent de tel ou tel autre, on envoie consciemment le message que tous les autres sont des nuls qui ne feront rien.


Sur l’échec du multiculturalisme à cause des communautarismes

Si la « banlieue » n’explose pas, c’est parce que les différents groupes ethniques qui y résident ne peuvent pas se voir entre eux donc s’unir. Or, de la même manière, les citadins (habitants de la Ville) ne veulent rien avoir à faire avec les banlieusards parce qu’ils n’ont pas la même culture. Et quand la Vile décide qu’un habitant de la banlieue a réussi, elle ne le juge que sur sa capacité à avoir imiter sa propre culture, qui à aucun moment, ne s’est mélangée avec celle de l’autre…


Je ne comprends pas comment la République peut-elle autant appliquer « deux poids deux mesures » si ce n’est qu’elle se sent responsable voire coupable de l’échec d’intégration de ceux qui plongent vers la haine. J’imagine que ces comportements ne sont pas le seul fait de ceux qui réussissent mais bien une réalité au sein de la « banlieue ». Alors que faisons-nous maintenant que nous le savons et que nous avons des preuves que la République cache autant de haines ?