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Sur la condamnation en première instance du cardinal BARBARIN

Je veux réagir ici à la condamnation en première instance du cardinal Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon.

Alors NON, ce n’est pas la fin d’une ère d’impunité qui permettait aux religieux de pouvoir tout faire en France sans jamais être inquiétés, car ils seraient systématiquement couverts par le pouvoir politique et judiciaire.

Je rappelle d’ailleurs que c’est quand même la troisième fois en France depuis la Révolution de 1789 qu’un évêque est condamné (pour non-dénonciation de crimes pédophiles). Mais c’est bien la première fois que cet évêque est aussi cardinal !

Et non, ce n’est pas l’Église qui a été condamnée, comme l’écrivent les faux-progressistes de Golias, qui sont en fait des révolutionnaires très minoritaires qui veulent détruire l’Église parce qu’ils ne s’y sentent pas bien dedans (du même genre que la rédaction de Témoignage chrétien qui soutenait les attentats du pendant la guerre d’Algérie) ; mais bien les errements personnels d’un homme d’Église.

Parce que pour parler d’un « système », il faudrait qu’aucun évêque ne transmette rien à la Justice, et nous savons que ce n’est pas vrai, et qu’il y a des signalements. Et aussi qu’il y a des prêtres qui refusent de donner le pardon de Dieu à des pédophiles au moment du sacrement de réconciliation, et les obligent alors à aller se dénoncer.

Après, toute la difficulté dans l’Église catholique est de croire qu’un Homme ne se résume pas à ses actes, et que sa personne reste digne d’être sauvée, car à l’image de Dieu. Et donc, oui, nous croyons que Dieu pardonnera à HITLER, et c’est ça ma religion…


Je remarque que le procureur n’avait requis aucune peine, et que le Tribunal a quand même prononcé une peine de six mois de prison avec sursis.

Est-ce de l’anticléricalisme de juges rouges ? À lire le jugement, effectivement assez décevant car très factuel et peu motivé, le Tribunal considère que le cardinal n’a pas dénoncé les crimes dont il avait connaissance, et il inflige une peine intermédiaire propre à ce délit. Rien de scandaleux de ce point de vue.

Mais ce qui m’a frappé dans les débats tels que relayés par la presse, c’est que l’on n’a pas vraiment fait le procès d’un homme qui est condamné en première instance pour avoir couvert des agissements pédophiles, mais le procès de la pédophilie dans l’Église de France, et je suis assez dérangé par rapport à cela.

Parce que même si la raison l’emporte à la fin, il y a une confusion et une multiplication des émotions qui vont bien au-delà des seuls crimes du père PREYNAT.

Un peu comme avec les gilets jaunes, j’observe une colère des victimes qui est tout à fait légitime, mais qui semble pour l’instant insurmontable tant ils semblent attendre de leurs démarches, jusqu’à la démission du pape pour certains, laquelle en soi ne changerait rien au système, et à mon avis ne soulagerait pas plus leur douleur…


Je suis aussi gêné par l’opinion publique qui semble vouloir se venger d’une Église qui ne lui a rien fait personnellement. Et de constater la résurgence d’un anticléricalisme très français.

C’est aussi tirer sur l’ambulance que de sortir le film « Grâce à Dieu », pile au moment du verdict du procès ; les festivals internationaux ont bon dos.

Et puis de lister tous les scandales qui frappent l’Église ces semaines : pédophilie, homosexualité, religieuses abusées… Et de faire semblant qu’il n’y a rien ailleurs, ni même dans les autres religions, ni dans les autres institutions qui n’ont pas 2000 ans derrière elles.

Moi, je veux bien qu’on ferme les écoles libres et que tous les chrétiens arrêtent de faire ce qu’ils font au niveau social, mais je pense que l’État ne pourra pas suivre…


Enfin, si BARBARIN démissionne, c’est plus parce qu’il est lâché par les autres évêques, dont environ la moitié ne l’ont jamais vraiment apprécié, que pour d’autres motifs.

Déjà, toutes les personnes que je connais qui ont travaillé avec lui, ou qui ont été prêtres sous son autorité à Lyon notamment, et qui partagent ma sensibilité ecclésiale, m’ont toujours dit que c’était un homme intellectuellement très brillant, mais qu’humainement, et selon les personnes, ce n’est pas cela.

Il partage les défauts du cardinal LUSTIGER à qui il doit sa brillante ascension, et pour n’en citer qu’un, il est aussi sexiste et misogyne que l’ancien cardinal-archevêque de Paris.

Et juste une preuve de cette distance qui existe entre lui et les autres évêques est qu’ils ne l’ont jamais élu à la tête de la Conférence des évêques de France, alors qu’il est Primat des Gaules et de tradition n°2 de l’Église de France. Et ils lui ont préféré l’obscur archevêque de Marseille qui n’est même pas cardinal…


Par ailleurs, le fait qu’il annonce vouloir faire appel de sa condamnation n’est d’ailleurs pas cohérent avec cette démission, puisqu’il restera présumé innocent tant que le jugement ne sera pas devenue définitif.

Donc c’est tout autant maladroit, de la part d’un homme qui visiblement croyait pouvoir étouffer les scandales et attendre que cela passe, sauf que la période n’y est plus, et que la société sait désormais se montrer aussi hypocrite que l’Église.

On attend d’ailleurs toujours la démission des ministres de l’Éducation nationale, et de la Jeunesse et des Sports pour avoir couvert tous les agissements de pédophilie dans les écoles et les colonies de vacances, mais peut-être que la condamnation de l’un d’eux un jour calmera alors ces esprits qui réclament le sang de la vengeance.

Condamner BARBARIN parce qu’il a fauté : OUI.

Condamner BARABRIN pour se venger de l’Église : NON.



Vers la fin des FEMEN ?

Dure semaine pour les FEMEN, ce mouvement féministe qui use de pratiques terroristes et scandaleuses pour se faire remarquer et porter un message si confus qu’il en devient illisible. Après leur condamnation du 30 juin, elles comparaissaient ces 9 et 11 juillet 2014 devant le Parquet de Paris pour « dégradation » et « exhibition sexuelle ».

Premier procès en France pour neuf des membres des FEMEN (les dernières survivantes du mouvement ?). Et un petit réquisitoire pour ce premier procès, dont on peut s’interroger de savoir s’il aurait été le même dans le cas d’un saccage de synagogue ou de mosquée : 1500 € pour chacune des accusées. Christianophobie sous-jacente ?

Rappelons les faits

Le 12 février 2013, ces neufs demoiselles entrent dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, se déshabillent laissant apparaître leur poitrine, et armée de bâtons de bois sonnent une salve pour fêter le renoncement du Pape Benoît XVI. Neuf cloches restaurées étaient alors exposées dans la cathédrale et deux d’entres elles ont été légèrement abîmés par les furies. Le 20 décembre 2013, une autre FEMEN était montée dans le chœur de l’église de la Madeleine à Paris pour mimer un avortement, choquant les croyants.

Qui sont les FEMEN ?

Des filles à problèmes, sans aucun doute. Elles sont financées par un millionnaire allemand qui a fait fortune dans l’industrie pornographique, l’homme étant le propriétaire de leur premier site Internet. C’est d’ailleurs sur ce média que j’avais consulté aux origines du mouvement, que j’étais tombé sur une vidéo de femme en train de s’intromettre une tête de poulet mort dans le vagin. Quelle étrange conception du féminisme ! Les idéologues ukrainiennes des débuts se sont dispersées (leur parti politique a même été dissous), les fonds se sont taris et elles sont aujourd’hui composées de personnes en situation de mal-être.

Comment agissent-elles ?

Désireuses de libérer les femmes, elles apparaissent seins nus le corps peint de slogans dits féministes : c’est le sextrêmisme. Elles attaquent toutes les institutions vues comme phallocrates ou machistes tels les États, les religions (notamment l’islam et le christianisme) ou les groupes revendicatifs proche de l’extrême-droite (comme Civitas lors des manifestations contre le « mariage pour tous »). Manifestement, elles n’ont pas compris, à l’image de leur chef de bande Inna SHEVCHENKO, que la France est un état de droit laïc. On doit leur premier intervention en France aux frasques de Dominique STRAUSS-KAHN.

Ce que je leur reproche

Plus que leur anticléricalisme latent, c’est l’illégalité de leur action qui est condamnable et qui joue contre elles. Tel Act Up*, les FEMEN mènent le mauvais combat pendant que prospèrent les actions et les menaces à leur cause. Elles ont juste un problème avec l’autorité et les institutions, telle celle du mariage. Elles en veulent notamment à l’Église sans comprendre que les chrétiens ne se contentent pas de suivre un dogme mais ont chacun leur propre opinion, et que cette institution est détachée de la République (ce qui est différent et relatif en Ukraine). Paradoxalement, plusieurs d’entres elles affirment leur hétérosexualité certaine et leur désir de former un couple fixe et d’avoir des enfants.

Succession d’ennuis

Le lundi 30 juin, elles étaient enfin expulsées du local qu’elles occupaient illégalement depuis novembre 2013 (une usine de retraitement des eaux) à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Et condamnées à une amende de 7400 €. Les quelques survivantes du mouvement ont alors promis soit d’occuper une église soit de se réfugier dans une partie de l’Hôtel de ville de la capitale. À cette fin, elles ont écrit une lettre à Anne HIDALGO qui ne leur a toujours pas répondu. Avant leur expulsion définitive ?

Quel avenir ?

Interrogée, Inna SEVECHENKO (la Marianne de la Poste édition 2013 qui voulaient que « les Français lui lèchent le cul« )  affirme qu’elles seraient une cinquantaine de militantes aidées de 300 bénévoles et que 10 à 15 filles voudraient les rejoindre chaque mois. Mais cela sera dur avec leurs ennuis judiciaires, financiers et leur absence de local, nécessaire pour qu’elles puissent vivre ensemble, se défendre et s’embrigader mutuellement (pardon, se former !). Pire, la révolution en Ukraine a cassé leur base initiale qui écrivait leur idéologie.

Les FEMEN ont prospéré à une époque (2011) où l’antifascisme était bien vu de la bienpensance gauchiste, tandis que le PS réalisait alors de meilleurs scores que le FN. Aujourd’hui, cette attitude ne paie plus et les journalistes ont cessé de grandir toutes leurs manifestations top less (seins nus) qui excitaient les pervers. Trop de critiques et d’ennemis de tous bords, ainsi qu’un vrai recul du féminisme en France constatée par Élisabeth BADINTER et bien d’autres, font qu’on peut croire au sursis temporaire du mouvement en France.

* En 1991 notamment, Act up manifestait contre la criminalisation de la transmission du VIH. Il fut des années où l’association manifesta plus pour la régularisation des sans-papiers que pour alerter sur le SIDA.