Sur l’hypocrisie du CESE (Conseil économique, social et environnemental)

Dans un article du Parisien, le président du CESE explique qu’il veut lancer des pétitions citoyennes pour « redonner la parole aux Français ». La journaliste l’interroge en lui demandant si le rejet de la pétition de La Manif pour tous (LMPT) était une erreur. Le président répond que le CESE a eu tort de ne pas prendre en compte les sujets portés par LMPT. Mais il ne dit pas pour autant qu’il va faire plus semblant de s’y intéresser…

Donc c’est bien gentil de vouloir s’intéresser aux pétitions numériques de Change.org et compagnie, mais quand déjà vous refusez d’étudier 700 000 signatures papier, quand la Loi précise que seulement 500 000 sont nécessaires pour une saisine, on imagine bien que la dématérialisation sera un bon prétexte pour faire obstacle aux sujets sensibles. À moins de demander le numéro de la pièce d’identité, comme font certains organismes européens ?

Mais quand bien même, 500 000 vraies personnes signeraient une pétition, il faut le temps de vérifier. Une intervention du CESE après le vote de la loi, d’autant plus rapide si elle fait l’objet d’une ordonnance, ça ne sert plus à rien. Et quand bien même, il faut encore que le CESE, accepte de s’intéresser à un sujet clivant, avec lequel le Gouvernement n’est peut-être pas d’accord, comme celui de la loi EL-KHOMRI qui avait rassemblé plus d’un million de signatures.

Or, une pétition, ce sont d’abord des termes de vocabulaire. Et on suppose que le CESE ne peut pas se montrer aussi incisif que des citoyens en colère. Il ne peut pas demander le retrait d’une loi quelque soit son stade. Tout juste peut-il demander à ce que le CESE s’intéresse au sujet et émette un ou des avis et études sur la question. À partir de là, quel intérêt ? C’est bien affaiblir les sites de pétitions en ligne que de vouloir rendre le CESE, porte-voix des citoyens !

Car qu’est-ce que le CESE ? C’est une assemblée consultative qui doit permettre l’expression d’acteurs représentatifs de la société. Quel aveu d’échec que cette assemblée où les politiques y casent leurs copains, qui donc n’est tellement pas représentative qu’elle doit utiliser des pétitions citoyennes pour trouver des motifs populistes de s’auto-saisir ! De toute façon, parce qu’ils n’ont aucun pouvoir de décision, et quelques soient leurs avis, tout le monde s’en fout.



Des réflexions sur la perte moyenne des Français de 3,8 points de leur QI en dix ans

Je voudrais commenter une étude parue récemment, et qui conclut que les Français ont perdu en moyenne 3,8 points de quotient intellectuel (QI). Pour autant que la pertinence et les méthodes de calculer le QI soient discutables, il y a quand même ici la reconnaissance que nous avons un problème avec notre jeunesse, nouvelle entrante dans le calcul, qui est de plus en plus stupide donc qui fait baisser la moyenne du QI français.

Selon l’étude, la baisse de QI serait due aux perturbateurs endocriniens et au fait que les gens dotés d’un fort QI fassent moins d’enfants (parce que ce serait génétique ?). Enfin, il serait remarqué que les consommateurs de haschich auraient un QI inférieur de 8 points à la moyenne. Ce qui ne veut pas dire que fumer du haschich fait baisser son propre QI, mais peut-être celui de ses enfants ? Serait-ce une spirale infernale annonçant une explosion de la consommation ?

Tout d’abord, je voudrais redire ma méfiance de ce qu’on appelle quotient intellectuel. J’ignore le mien et je m’en porte très bien ; mais je connais surtout des personnes qui ont des petits QI (selon les tests qu’elles ont fait) et qui sauraient survivre en pleine nature, quand je connais aussi des personnes qui auraient de gros QI et de beaux diplômes, mais qui n’ont aucune ingéniosité et qui possèdent le seul avantage de vivre dans notre système qui valorise les gros QI.

Mais alors pourquoi une telle baisse de QI chez les enfants et les jeunes, qui sont pourtant de plus en plus nombreux à obtenir certains diplômes (preuve que c’est la difficulté des programmes qui diminue), et en même temps si c’est lié, une telle augmentation des diagnostics d’autisme ? N’est-ce vraiment qu’à cause des perturbateurs endocriniens, de l’alimentation et du fait que les enfants regardent trop vite et trop jeunes les écrans notamment la télévision ?

Je ne crois pas que l’intelligence soit génétique mais culturelle et sociale, dépendante du milieu d’éducation de l’enfant. Et probablement qu’un enfant qui est allé au musée, qui a joué aux jeux de société et qui a des livres à profusion chez lui sera plus intelligent qu’un enfant élevé par la télévision. Rien que la curiosité ne peut naître qu’à partir du moment où on apprend qu’à une question, il peut exister au moins deux réponses, donc potentiellement une infinité.

Est-ce donc que les riches ne font plus d’enfants à l’inverse des pauvres ? Le QI moyen est censé avoir progressé en France tout au long du XXe siècle, tandis que les revenus moyens augmentaient aussi. Donc l’hypothèse se tiendrait, mais marquerait l’échec du modèle social français qui justement combat l’inégalité en proposant des accès à la culture et aux savoirs aux plus modestes… Et avoir de l’argent ne signifie pas non plus qu’on s’intéresse à la culture.

Une autre idée, c’est que survivent aujourd’hui, grâce aux moyens de la médecine, des enfants à plus faibles QI qui auraient peut être disparus autrement, victimes de la sélection naturelle. Or, justement à l’inverse, les accouchements se passent mieux et les enfants connaissent moins d’accidents les privant d’oxygène, tandis que la carence en iode, nécessaire au développement du cerveau de l’enfant est connue et combattue, donc les enfants naissent mieux qu’avant…

Le phénomène est occidental et ne frappe pas que la France. Si donc il était plutôt la conséquence de la destruction de la pensée occidentale ? Nos enfants n’apprennent plus à penser par eux-mêmes parce qu’on leur interdit de plus en plus, au cas où ils pourraient avoir un propos politiquement-médiatiquement incorrect ! Toujours est-il que l’intelligence collective pourrait peut-être compenser cette baisse des QI individuels ?



Pourquoi nos politiques se refusent-ils à comptabiliser le vote blanc !

Un vrai problème du vote blanc, c’est qu’il ne permettra plus jamais de majorité absolue à partir du moment où les Français ne voteront plus que par adhésion. Or, la dernière fois qu’ils l’ont à peu près fait, c’était pour Nicolas SARKOZY en 2007, ce qui commence à dater. Le vote blanc ne peut donc pas être reconnu sous peine de mettre un terme au vote par défaut qui aujourd’hui fait l’élection. Mais nos politiques peinent à l’avouer !

Mais quel prétexte bidon ! On nous prend vraiment pour des cons !

En effet, à partir du moment où l’on reconnaît que les citoyens votent par défaut, on admet sa propre incompétence à susciter l’intérêt de la majorité de la population. Donc le vote blanc peut déjà difficilement être accepté des politiques parce qu’il revient à officialiser un autre choix de vote que son parti ; même s’il y a peut-être des votants blancs prêts à voter pour le parti politique qui leur permettra de voter blanc : la preuve avec toutes ces listes pour le vote blanc…

Mais admettons un instant que le vote blanc soit reconnu et qu’il ait permis d’annuler le premier ou le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, parce que tous les abstentionnistes se sont déplacés pour voter blanc ; en imaginant en plus que le vote est obligatoire même si nous obtiendrions à peu près les mêmes pourcentages en résultats dans une telle configuration. Explorons donc les hypothèses qui s’offrent à nous :

  • on empêche tous les candidats ayant participé au scrutin de concourir à nouveau : dans ce cas, les partis changent les candidats, sans passer par la primaire. Seuls les candidats déchus et les indépendants sont fâchés. Restent donc ces partis que l’on déteste, et pour qui l’on votera à moins qu’émerge alors une personne de la société civile qui est de toute façon déjà connue mais qui ne se serait pas présenté à la première série.
  • On empêche tous les partis et mouvements politiques (et les indépendants) ayant participé au premier scrutin de s’y représenter. Donc on commence par faire un sacré ménage, mais on trouvera des partis satellites ou des candidats qui avaient (peut-être d’ailleurs volontairement) sauter ce premier scrutin. Et au final, c’est le plus connu ou le plus populaire qui gagne. Avec le risque que tel quitte son parti pour dire qu’il est candidat indépendant, mais il sera sacrément embêté pour financer sa campagne…
  • On refait voter pour les mêmes candidats sans changer la méthode jusqu’à épuisement de ceux qui votent blancs, non sans leur avoir mis la pression que c’était eux qui empêchait le pays d’avancer. On fait comme les référendums européens au Danemark, en Norvège, en Suisse : on fait revoter jusqu’à ce que les gens soient d’accords !
  • On refait voter pour les mêmes candidats en changeant la méthode. Et on élimine un candidat par tour de scrutin ; ou on fait mettre une note. Bref, à ce rythme, autant dire que celui arrivé en tête au premier tour mérite de l’emporter comme dans une course de fond. Car le problème est peut-être bien qu’il y ait deux tours : un pour choisir (paradoxalement le premier), et un autre pour éliminer.

Aussi le vote blanc ne sera-t-il jamais reconnu parce qu’au-delà du principe de fond avec lequel les vrais démocrates ne peuvent qu’être d’accord (selon moi), la forme le rend impossible à mettre en œuvre, sauf à altérer la démocratie. Reste donc là encore des solutions alternatives, comme celle préconisée par mon ami Jean-Marie CORBIN, de limiter les revenus et indemnités des élus par rapport à leurs résultats en termes de participation. Mais ce serait encore imparfait.

Donc nos politiques ne souhaitent pas prendre en compte le vote blanc, mais ils ne le peuvent surtout pas, dans la mesure où il n’y a aucune solution démocratique tenant en compte l’idée de majorité absolue (50 % des votants) qui reste l’idéal porté aux nues. Et en même temps, quel aveu d’échec lorsque à l’issue d’un duel entre seulement deux candidats, aucun des deux n’atteint 50 % des votants. C’est ce qui est arrivé à CHIRAC en 1995 et qui a débouché sur 2002 !



D’une primaire ouverte à l’autre : dégagisme et extrémisme

Beaucoup de Français veulent voir un échec global du système des primaires ouvertes dans l’échec des primaires de 2016-2017. Réaction bien française de personnes qui ne retiennent que l’amertume d’avoir gaspillé leur argent, par rapport à un système que les Américains utilisent à grande échelle depuis presque cent ans. Pourtant, le système avait plutôt bien fonctionné en 2011-2012. Que s’est-il donc passé entre 2011 et 2016 ?

Car non, toutes les primaires ouvertes ne conduisent pas à un choix extrême, et organisées en 2011, ces mêmes primaires de 2016-2017 auraient vu la victoire d’Alain JUPPÉ à droite, et de Manuel VALLS à gauche, comme François HOLLANDE a gagné la primaire de 2011, et Nicolas SARKOZY l’aurait emporté s’il avait dû se soumettre à l’exercice en 2012. Et il y a cinq ans, on votait plus pour les chances globales de victoire du candidat que par rapport à son programme.

D’autant qu’il y a cinq ans, les candidats à la primaire n’avaient pas vraiment de programme. À quoi bon quand on pense à Bruno LE MAIRE et ses 1000 pages de programme qui ont fait 2,4 % et l’ont fait arriver cinquième derrière Nathalie KOSCISUKO-MORIZET… En effet, il y a cinq ans, les Français votaient dans une primaire pour le candidat qui serait le plus charismatique pour porter le programme du parti, parce que celui-ci en avait un réalisant la synthèse des courants !

Or, les partis ne jouent plus leur rôle, à commencer par leur négation du rôle des Congrès qui servent à élire des hommes plutôt qu’à choisir des idées, et avec quelle participation ? Moyennant quoi le seul moyen d’infléchir la ligne politique du parti est de choisir un candidat orienté idéologiquement. C’est ainsi qu’on en arrive pour avoir une politique de droite à choisir FILLON et pour avoir une politique de gauche à choisir HAMON, et que les centristes disparaissent.

Le dégagisme ne s’appuie pas sur le rejet des personnes (sinon ils auraient tous dégagés y compris FILLON et HAMON qui n’ont jamais rien fait d’autre de leur vie que de la politique). Le dégagisme de 2017 s’appuie sur le rejet des traîtres idéologiques qui vont trop au centre, pour embrasser une majorité de l’électorat, et en oublient leur base qui se sentant trahi va en réaction vers celui qui est tellement marqué, qu’il en restera même s’il en abandonne un peu.

La grande évolution des primaires ouvertes françaises concerne donc le rapport des électeurs aux organisateurs de celles-ci ; et le fait que davantage que de se choisir le meilleur candidat pour l’emporter, ils privilégient celui qui permettra qu’ils soient défendus au quotidien dans un jeu politique idéalisé. Or, ce calcul est illogique car il éloigne au contraire davantage le parti du pouvoir en le sectarisant ; il ne fonctionnerait que si le parti organisateur était déjà au pouvoir…