Archives pour la catégorie Religion

Sur le bilan des trois premiers projets pastoraux du secteur de Savigny-Viry

À l’occasion de l’élaboration du quatrième projet pastoral du secteur ou PPS de Savigny-Viry (document résumant les grandes orientations que se donnent les chrétiens pour une période de trois ans, ici courant de 2018-2021), l’équipe de secteur a voulu faire mémoire des réalisations des trois premiers (2009-2011, 2012-2014, 2014-2017). Seul petit problème, la mémoire des uns tend à exagérer ce qui a réellement le fait des précédents PPS !

En avant-propos, je rappellerai que les secteurs pastoraux ont été créés en Essonne, sur la carte des doyennés, à la suite du synode diocésain de 1987 ; et que jusqu’au 5 octobre 1996, Savigny et Viry faisaient partie d’un secteur commun avec Juvisy, Athis et Paray-Vieille-Poste. Les premières réflexions pour élaborer un projet ont commencé en janvier 2005, pour donner un premier document qui sera promulgué en janvier 2009, puis mis à jour et renouvelé à partir de là tous les trois ans !


COMMUNICATION

Le site internet : Oui ; même s’il a été crée de mémoire en 2008, il n’a vraiment pris son essor qu’en 2009. C’était notamment Mathieu FLOWER qui travaillait dessus.

Le journal de secteur (Le Fil) : Oui, il s’agit d’une création réussie du premier PPS pour tisser du lien.

Les agendas : Non, ils existaient déjà en 2006 ; sûrement un peu avant…

Les annonces : Non, il y en a « toujours » eu (de ma mémoire) ; et elles sont de plus en plus longues, et globalement de plus en plus mal lues…

Les affichages et les présentoirs : Oui, dans le premier PPS ; il y a eu un vrai effort pour trier et améliorer la visibilité des communications.

Grain d’Orge et le guide pratique du secteur (GPS) : Grain d’Orge existait depuis 1966, et contenait la plupart des renseignements contenus dans le GPS. Sauf que le lecteur a surtout laissé mourir ce premier…


FORMATION

Collaboration avec le service diocésain de la formation (Jonas) : Oui, même s’il ne reste plus grand monde de cette formation…

Formations et rencontres thématiques pour tous : Non, il y en avait déjà. Le secteur n’a rien lancé de nouveau.

Formations dédiées à des acteurs de la pastorale : Idem. Non, il y en avait déjà. Le secteur n’a rien lancé de nouveau.

Conférences : Oui, dans le troisième PPS, avec plus ou moins de succès car les gens ne sont pas intéressés.

B’ABBA : Oui, même si on a fait d’une création protestante à destination des lycéens, un outil de conversion et de catéchuménat des catholiques. Ce support me dérange profondément.


ATTENTES SPIRITUELLES

Accueil spirituel dans des lieux bien identifiés : Oui, dans le premier PPS. Une permanence le jeudi soir à Viry !

Soirées d’adoration : Oui, animées par la famille ZANUTTA

Recueil de belles prières dans les églises : Oui, chaque église a le sien.

Soirée ressourcement : Oui, mais ça n’a rencontré un succès qu’assez limité…

Éveil à la foi : Non, ça se faisait déjà, et il n’y a pas eu tellement d’efforts supplémentaires. La plaquette jaune ?

Groupes de prière de différents styles : Oui, le secteur a encouragé à la création de nouveaux groupes, mais il faut voir ce qu’il s’y fait…


SOLIDARITÉ

Collectes : Non, j’en faisais déjà en 2004 !

Semaine ou Journée de chaque mouvement : Non, ça existait bien avant !

Tables ouvertes à tous : Oui, avec plus ou moins de succès selon les fois et les lieux.

Accompagnement des personnes handicapées : Non, cela se faisait déjà sans le secteur.

Pastorale de la santé : Non, il n’y a rien eu de nouveau…

Articles dans le Fil : Oui, sur une page consacrée.

Mission solidarité : Je ne sais pas de quoi il s’agit…


FAMILLE

Catéchèse spécialisée : Oui, la catéchèse à destination des enfants handicapées a bien été mise en place sur impulsion du premier PPS.

Accueil des personnes divorcées et divorcées-remariées : Oui, même s’il s’agit d’une initiative diocésaine développée et portée par le père Guy DE LACHAUX, c’est bien du fait du PPS !

Messes familiales : NON, elles existaient bien avant !


Globalement, on s’aperçoit que le premier PPS, qui avait pour thèmes « Communication, Formation, Attentes spirituelles et Solidarité » a lancé plein de choses qui ont abouti. Le deuxième a inclus le thème de la famille, mais sans beaucoup plus. Le troisième a essayé de relancer le mouvement, mais là encore avec difficultés… Le quatrième PPS rompt donc réellement avec les trois premiers, mais souffre aussi de présenter pas mal d’actions qui se font déjà…



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Le vade-mecum de la laïcité à l’école, contre l’islam dans les écoles

La France a-t-elle un problème avec la laïcité ? Non, la France a un problème avec l’islam. En lisant les 80 pages du nouveau guide de la laïcité à l’école, je n’y ai vu que des cas de situations conflictuelles posées par une application rigoureuse d’un certain islam. Malgré l’hypocrisie des vieux gauchistes du fameux Conseil des sages de la laïcité qui essaie quand même de faire croire que toutes les religions posent problème ; bof crédible…

Je m’intéresse assez à l’actualité, et ça doit bien faire dix à quinze ans que je n’ai plus entendu de problèmes posés par des chrétiens qui porteraient un croix trop évidente, ou des juifs qui refuseraient de manger à la cantine. En revanche, j’entends de plus en plus de problèmes avec des musulmans, relativement au voile, au sport ou aux absences pendant le Ramadan, aux repas différenciés, et désormais au refus de certains enseignements, et de certains enseignants !

Pour autant, nous sommes bien d’accord que s’il n’y a plus trop de problèmes dans les écoles avec les juifs et les chrétiens, c’est parce que ceux-là (du moins les intégristes pour qui le vade-mecum doit rappeler l’interdiction d’une « croix de dimension manifestement trop imposante ») sont tous partis dans le privé ! Or, si les musulmans intégristes sont dans le public, c’est soit qu’ils n’ont pas les moyens d’aller dans le privé, soit que « leurs » écoles n’existent pas !

Je rappelle une évidence que l’on entend fort peu, mais sur laquelle j’ai déjà écrit : aucune religion n’est réellement compatible avec la République ! On peut dialoguer autant qu’on veut ; tant qu’on méconnaît les religions, qu’on les oppose frontalement aux sciences, alors que les textes religieux n’ont pas vocation à être scientifique mais théologique, et qu’on nie la dimension politique et identitaire des cultes, alors tout cela ne sert à strictement rien d’autre que se rassurer.

Au prétexte de vouloir libérer l’Homme, on a cassé le catholicisme en France, et parce que les catholiques se sont résignés, alors on s’imagine que l’islam fera de même. Ce vademecum cite de nombreux arrêts du Conseil d’État qui se multiplient ces dernières années sur les questions de religion dans l’espace public. Mais aucun texte, ne voulant affirmer la laïcité, ne répond en fait à cette question de savoir pourquoi les revendications religieuses se multiplient ainsi…


SOMMAIRE

Fiche 1. Promouvoir et faire respecter le principe de laïcité

Fiche 2. Mobiliser la communauté éducative

Les élèves

Port de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse

Fiche 3. Identification des signes et tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse

Fiche 4. Qui est concerné par l’application de l’article L.141-5-1 du Code de l’éducation ?

Fiche 5. Où et quand l’article L. 141-5- 1 du Code de l’éducation s’applique-t-il ?

Fiche 6. Respect de la laïcité pendant les examens

Fiche 7. Laïcité et stage en entreprise en période de formation professionnelle

Remise en cause des programmes d’enseignement

Fiche 8. Contestation des contenus d’enseignement

Fiche 9. Refus de l’élève de participer à une activité scolaire

Vie scolaire et pratique d’un culte

Fiche 10. Demande d’autorisation d’absence ou de dispense d’activité en raison de la pratique d’un culte

Fiche 11. Repas différenciés

Fiche 12. Remise d’ordre pour non fréquentation prolongée du service de restauration scolaire

liée à la pratique d’un culte

Fiche 13. Régime alimentaire et santé de l’élève

Fiche 14. Demande de mise à disposition d’un lieu de prière

Fiche 15. Aumônerie

École et établissement

Fiche 16. Célébration de fêtes sécularisées

Fiche 17. A l’école maternelle et élémentaire

Les personnels

Fiche 18. Devoir de neutralité des personnels du service public

Fiche 19. Devoir de neutralité des enseignants

Fiche 20. Absence pour motif religieux

Les parents d’élèves

Fiche 21. Port de signes religieux par les parents d’élèves

Les intervenants extérieurs

Fiche 22. Port de signes religieux par les intervenants extérieurs non membres de la communauté scolaire



Six mois après la nouvelle traduction de la prière du Notre Père

Depuis le 03 décembre 2017, la supplique « Ne nous soumets pas à la tentation » de la prière du Notre Père est devenue « Ne nous laisses pas entrer en tentation ». Six mois plus tard, les chrétiens pratiquants commencent enfin à ne plus se tromper (prouvant que nous récitons les prières plus par habitude, qu’en pensant réellement à ce qu’on dit). La nouvelle traduction reste cependant largement critiquable, malgré l’avis de ses défenseurs.

Que l’ancienne formule était mauvaise, nous en convenons aisément. Dieu n’est pas un sadique qui s’amuse à nous faire souffrir. Et si notre compréhension du Premier Testament peut nous le laisser penser, c’est en tout cas fini avec la venue du Christ, qui révèle une conversion de Dieu à l’Homme. Mais la nouvelle formule n’est pas plus bonne car ce n’est pas Dieu qui nous tente ; et qu’il nous laisse de toute façon libre de nos actions, donc qu’il n’intervient pas dans nos luttes.

En fait, l’idée induite par la nouvelle version est celle d’une demande d’aide adressée à Dieu : Aide-nous à ne pas rentrer en tentation. Mais l’exprimer ainsi rompait trop avec la version latine originale de la prière (« et ne nos inducas in tentationem ») ; elle-même inspirée de la prière juive du matin (que les juifs récitent normalement chaque jour à leur lever). Rappelons à ce propos que la supplique en français fut longtemps, jusqu’en 1966, « Ne nous induis pas en tentation ».

Ne nous livre pas au pouvoir du péché, de la transgression, de la faute, de la tentation ni de la honte. Ne laisse pas dominer en nous le penchant du mal.

(Prière juive du matin)

Au delà de la question du sens, et on peut aisément comprendre nos difficultés avec ce verset, l’important reste d’avoir un support commun à dire ensemble. Nous n’employons de toute façon pas les mots exacts que Jésus a pris lorsqu’il nous a donné cette prière. Reste que nous devrions réfléchir à ce qu’on met derrière, et que cette nouvelle version nous a malheureusement été imposée sans demander d’avis, qui sont majoritairement négatifs, jusque chez les biblistes.

Du coup, et du moins sur mon secteur, on nous l’a fait chanter pour l’apprendre (mais que sur un seul air autorisé alors que les différentes mises en musique de la prière permettent pourtant d’inclure cette nouvelle formule.) Et puis, on a eu des explications à grands renforts de communication de nos prêtres, de nos évêques et des équipes animatrices, qui se sont certainement censurés sur ce qu’ils en pensaient vraiment. C’est juste déresponsabilisant donc dommage…

Je terminerai en m’arrêtant sur le paradoxe de notre Église qui modifie le Notre Père mais qui se refuse de réformer la prière du « Je vous salue Marie ». C’est ainsi que l’on se retrouve à tutoyer Dieu (Jésus), mais qu’on continue de vouvoyer sa mère (Marie). Je pense qu’il s’agit ici d’une question politique, et qu’on a trop peur de toucher au culte mariolâtre, de peur de perdre des femmes chrétiennes, qui sont aujourd’hui très largement majoritaires dans nos églises…



L’Église catholique et les jeunes, en France et en 2018

À l’approche du Synode des jeunes, je voudrais réagir par rapport à nombre de lieux communs qu’on peut entendre de part et d’autres.

Bien sûr que les jeunes chrétiens se désintéressent de la religion ; on pourrait même dire les jeunes croyants, à l’exception notable des musulmans, en tant que la religion comprend chez eux un volet culturel et identitaire, qu’il n’y a plus en France du fait de la séparation de l’Église et de l’État, ce qui n’existe pas pareillement en terre d’islam, où le religieux influe le politique.

Mais vouloir se rassurer, en affirmant que si les jeunes chrétiens ne sont pas à la messe, heureusement qu’ils sont aux JMJ (Journées mondiales de la jeunesse) ou au FRAT (Fraternel), ou dans des mouvements et services chrétiens, est encore une excuse pour l’Église, afin d’éviter aux chrétiens de s’intéresser aux jeunes en détournant le regard ailleurs !

De la même manière que dire que si les jeunes ne sont plus chrétiens, c’est uniquement à cause des positions de l’Église sur la sexualité, la contraception, l’avortement, est très réducteur. Et traduit généralement notre propre difficulté à appréhender ces sujets, et à penser qu’on ne peut pas s’opposer à l’Église tout en reconnaissant la valeur de son message.

Non pas que le Christ soit absent des JMJ et autres associations chrétiennes, quoique… Mais il n’est pas possible d’être chrétien sans la messe, en tant qu’elle est le lieu du rassemblement et du partage de la Parole et de ce pain qui matérialise le signe de notre unité. Donc, il est réellement inquiétant que les jeunes n’aient plus le sens de la messe.

Et dans le même temps, on peut parfois les comprendre, quand la messe est pénible. Que le prêtre sermonne de moraline, non sans s’écouter parler pendant parfois 20 minutes. Que les chrétiens ne s’accueillent pas, ne se parlent pas, et sont juste là par peur de la mort, en se disant qu’une heure max pour le Seigneur est la bonne équation pour le salut.

J’entends régulièrement les « vieux » dire qu’ils sont prêts à écouter les jeunes, à se laisser ébranler ou interpeller. C’est faux ! Du moins, je ne l’ai jamais vérifié à l’échelle d’une paroisse. Ce sont toujours ces vieux qui pensent pour les jeunes, et s’étonnent que ça ne fonctionne pas, alors que cela fonctionnait avec eux… il y a des dizaines années.

Pour autant, les jeunes chrétiens sont loin d’être les petits anges qu’on aime à se représenter. Beaucoup, Trop, n’ont pas de réflexion personnelle affutée, et se contentent de défendre un point de vue, en recrachant des arguments, qui tombent plus ou moins juste, et s’inscrivent dans une logique philosophique qui est parfois contradictoire car irréfléchie.

Par exemple, le débat politique récent porte beaucoup sur les question d’éthique et de famille. Or, certaines prises de position tendent à montrer que ces mêmes jeunes n’ont pas conscience du milieu dans lequel la religion les inscrit, et s’arrangent finalement de leur foi, au nom d’un politiquement-médiatiquement correct, qu’ils se refusent trop souvent de défier.

La spiritualité des jeunes doit nous poser question. Pourquoi ce regain d’intérêt pour la prière déresponsabilisante ? Pourquoi cet attrait pour les communautés évangéliques nouvelles ? Non pas là non plus que le Christ y soit absent, mais qu’on s’éloigne toujours plus de l’action évangélique de Jésus, et de cette grande communauté familiale qu’est l’Église.

Alors quelle « Église » attendent-ils ? On pourra employer tous les qualificatifs pour désigner une politique qui évoluera forcément. Mais ne faudrait-il pas plutôt une Église qui laisse libre, tout en proposant le cadre de l’Évangile et les repères que sont la Tradition (à comprendre dans un sens moderne) ? Et les chrétiens actuels s’en défient, et ferment plutôt la porte…

Tant que l’Église prétendra que les jeunes construisent le monde de demain (alors qu’ils bâtissent déjà celui d’aujourd’hui), et qu’on ne leur laissera que l’avenir (alors qu’il faudrait déjà s’occuper du présent), ne nous étonnons pas que nos églises se vident. Car c’est nous qui fermons les portes et empêchons l’inclusion des nouveaux, jeunes et moins jeunes !