Archives pour la catégorie Religion

Des limites à la démocratisation de l’Église catholique

Si l’Église catholique devait être un régime politique, alors il conviendrait de la qualifier, davantage que de théocratie, d’autocratie des évêques.

Ceci après avoir été une autocratie du pape, en dépit des doctrines nationales qui ont cherché à organiser les églises locales en autonomie du pape.


En termes d’organisation, il est toujours plus simple de ne confier le pouvoir politique qu’à un seul homme, avec la limite que celui-ci choisit la direction qu’il veut prendre

Et toujours plus compliqué d’aller dans le sens d’une minorité lorsque démocratiquement, la majorité a choisi d’aller dans une autre direction.


Parmi les fondements de la doctrine politique de l’Église, il y a cette idée et cet idéal d’unité de l’humanité, pour laquelle doit être pris la décision politique.

On le retrouve par exemple exprimé dans la parabole de la brebis perdue qui raconte l’histoire d’un berger qui a 100 brebis et en perd une, et laisse les 99 autres pour aller la retrouver.

Autrement écrit, l’Église vise 100 % d’adhésion.


La démocratie est loin d’être parfaite.

C’est le meilleur des régimes connus pour paraphraser CHURCHILL (« le moins pire des régimes que nous avons essayés »)


La démocratie directe est plus juste que la démocratie indirecte.

Mais elle n’est jamais totalement directe, à compter du moment où elle devient représentative.

La démocratie directe qui élit ses représentants au scrutin proportionnel est en plus très généralement ingouvernable.

La Grèce antique, ou la Suisse, avec leurs limites fonctionnaient dans l’esprit, parce qu’elles ne concernaient que respectivement 40 000 et 200 000 personnes (par canton).

Demeure en plus le problème de celui qui se désintéresse à la politique et refuse de jouer le jeu, mais également celui qui n’en est pas capable (avec tout ce qu’on peut mettre derrière ce terme).


En France, le président est aujourd’hui élu par 18,67 % de la population autorisée à voter.

Dans ma commune, le maire est élu par 11 % de la population autorisée à voter, et il dispose de 78 % des sièges.


J’entends ceux qui réclament plus de démocratie dans l’Église.

Mais j’ai aussi conscience que ma vision politique du christianisme est minoritaire.


Actuellement, j’ai un évêque qui ne va pas dans mon sens.

Mais je peux le critiquer parce que c’est la vision d’un seul homme.

Et je peux en même temps proposer une autre vision, en espérant le convaincre.

Tout en lui rappelant de ne pas m’oublier dans l’idéal de conviction des 100 %.


Si demain, on met en place une vraie démocratie, qui décide à partir de l’adhésion du plus grand nombre, c’est à dire dont l’idéal passe de 100 % à 50 % et une voix,

non seulement, je me retrouverais automatiquement en minorité, mais en plus et sauf à défendre que 90 % des autres ont tort, et que je suis le seul à avoir raison, je n’aurais plus ce pouvoir de critique…

Je pourrais donc bien toujours continuer de proposer, mais avec le sort qu’on réserve aux minorités.


Enfin, je me méfie beaucoup des conseils de l’évêque, dans lesquels on placerait des laïcs.

Parce que les laïcs seront évidemment choisis en fonction de leur degré de soumission ou de servitude volontaire.

Et nous aurons alors pire, sous une apparente façade de démocratie et de souveraineté populaire, la décision des clercs, enregistrés par une chambre de laïcs faire-valoirs.


En conclusion, je pense que tout en avançant doucement vers plus de démocratisation, l’Église ne doit pas devenir une démocratie.

Et que les chrétiens doivent mieux s’organiser en groupes d’influence pour faire valoir leurs idées auprès de leurs décideurs.

Mais qu’une vraie démocratie dans l’Église sera encore pire pour les minorités qu’une autocratie, à plus forte raison du fait de l’évolution politique du peuple de Dieu.



Mon coup de gueule contre l’appel aux dons pour renflouer les finances paroissiales de Savigny-sur-Orge

Le Covid n’est pas seulement le révélateur de deux courants ecclésiaux irréconciliables (entre ceux qui meurent s’ils n’ont pas la messe dominicale et ceux qui survivent sans), mais également l’élément révélateur de l’état de dépassement du modèle économique de nos paroisses sur le long terme. À Savigny, il manque 41 000 euros pour boucler l’année au cumulé (paroisse et association de gestion paroissiale).

Les vieux vont mourir et nous allons être de moins en moins nombreux. La vente du presbytère de saint-Martin retardera l’inéluctable mais ne sera pas une solution. Il faut essayer de nous moderniser, de nous renouveler et de trouver d’autres solutions de financement.

Une m’apparaît idéale : plus de chrétiens heureux de croire et de financer l’Église !


Bonjour,

Je fais suite à votre appel pour renflouer les caisses de l’ASTSM et de la paroisse.

Je vais bien sûr y répondre, par reconnaissance pour tout ce que la paroisse m’apporte, mais il me dérange profondément.

D’une part, parce qu’on essore toujours les mêmes et de plus en plus. Je ne sais pas si vous avez aussi reçu ce courrier de l’évêque qui propose en échange de mon don que les “prêtres” prient pour moi !

D’autre part, parce que le Covid a bon dos, mais que si les finances s’épuisent, c’est aussi parce que nous sommes de moins en moins nombreux et que la paroisse ne donne plus forcément envie à de nouvelles personnes.


Je lis la baisse des recettes des dons ; mais n’oublions pas que le maintien jusque-là n’est pas tant dû à une augmentation du nombre de donateurs qu’à une augmentation du don moyen.

Je vois la baisse des recettes de la brocante à laquelle je participe depuis dix ans, soit autant d’années depuis lesquelles ses acteurs demandent un peu plus de considération et d’aide pour l’installation et le rangement.

J’observe enfin qu’on perd 5 000 euros de casuel, qui pour le coup, est lié à la déchristianisation, parce qu’on ne fait pas envie. Et il faut voir comment on accueille certaines personnes…


Voilà des années que je vous dis que j’ai un compte d’apporteur particulier chez Suez pour revendre le papier, le carton, les fascicules, les magazines, les livres. Et vous vous évertuez de continuer à tout jeter. Pour la brocante, j’ai revendu 2,4 tonnes de livres depuis 2018 et cela leur a rapporté 170 euros.

Voilà des années que je vous supplie d’avoir une vision à long terme et de vous montrer proactif. De vous intéresser aux sujets de la spoliation de la parcelle de Notre-Dame-d’espérance dont nous allons être victime, du projet de vente du presbytère de saint-Martin, du projet de réaménagement de la place-Ferry. Et vous n’en faîtes rien.

Voilà des mois que j’adresse des propositions pour un synode ouvert qui permette un aggiornamento de l’Église en Essonne. Et vous ne vous en saisissez pas. Ne nous étonnons pas dans ces conditions de rester entre nous, de moins en moins nombreux, surtout depuis le sabordage de Grain d’Orge, qui nous a fait perdre le dernier vrai lien qui existait entre nous et le reste des Saviniens.


Il y aurait encore beaucoup à écrire du visage d’Église que nous avons montré durant ce confinement pour nous et pour le reste de la société. Je ne suis pas très fier de tout ce qui s’est fait à Savigny.

Je pense qu’il est plus que temps de développer une vision de long-terme, pour essayer déjà dans un premier temps, de rattraper les gens qui sont partis, avant d’en toucher d’autres. Il suffit déjà de regarder pour quelles raisons les gens viennent au catéchuménat et quelles sont leurs demandes et espérances de néophytes.

Sans quoi nous partons pour renouveler cet appel très régulièrement, et le déficit total, même si vous arrivez à le rendre supportable en le lissant, ne pourra désormais plus que se creuser au vu de l’évolution de la population paroissiale.


Bien fraternellement.

Olivier



Limitation de messes à 30 personnes : je me « sacrifie » pour laisser la place aux autres

Pour un État qui se dit laïc, au sens qu’il prétend pratiquer une séparation avec les églises, terme générique qui désigne aussi bien l’islam que la franc-maçonnerie, venir dire combien de personnes ont le droit de manière générale de participer à une messe, quelque soit la taille de l’église, relève d’une incompréhension terrible de la loi…

À moi, la messe ne me manque pas, dans le sens où elle ne constitue pas un besoin vital et donc que je survis.

Si manque il doit y avoir chez moi, celui-ci ne réside pas dans la communion spirituelle mais bien dans la communion fraternelle et de ne plus pouvoir être avec des gens que j’apprécie.


Dans sa malhonnêteté, le Gouvernement a décidé, à partir d’une étude américaine qui prend en compte les évangélistes qui font n’importe quoi et pourrissent les moyennes, de décréter que les lieux de culte étaient des clusters.

Malgré tous les efforts qu’il nous a forcés à faire et que les chrétiens ont brillamment entrepris et réussi pour adapter les lieux de culte…

De toute façon, c’est aussi con que de dire que les gens ne peuvent pas aller au cinéma (où à la messe) même avec deux sièges de distance, mais par contre qu’ils peuvent prendre l’avion…

Le pire a quand même été quand le ministère de l’Intérieur a communiqué au Conseil d’État début novembre à l’occasion des contentieux pour la messe, une vidéo de 2019 pour attester que les chrétiens ne respectaient pas les gestes barrières…


Pour ma part, je continuerai donc de participer à la messe en semaine du jeudi, et même du mardi, parce que nous n’y sommes jamais 30.

Il y a surtout que je peux ensuite faire l’accueil, ce qui m’offre 2 heures 30 de calme pour travailler. Les églises sont pour le moins tranquilles, sauf le jour où tout le monde a un problème.

En plus avec le confinement, je me marche plus que 3000 pas par jour. Donc vu que sainte-Thérèse est à 1500 pas de chez moi et saint-Martin à 3000 pas, c’est très bon pour mon activité physique.

Et pour les messes dominicales, ce sera France 2, jusqu’à ce que le Gouvernement soit moins con, et commence déjà par donner un critère exprimé en m² par personne. Et quand nous pourrons être au moins 100, alors oui, je reviendrai.

Mais dans l’immédiat, je préfère laisser ma place aux autres pour qui la messe représente quelque chose de plus fort que ce qu’elle représente pour moi. Et en plus, de la sorte, je ne pourrais plus être de lecture, ce que je fais volontiers, mais que j’aimerais aussi que d’autres fassent pour éviter de fonctionner toujours avec les mêmes.



# Pas en mon nom : ces catholiques qui manifestent pour demander la reprise des messes

Je voudrais affirmer ici que je me désolidarise de ces pseudo-chrétiens fanatiques et fanatisés qui demandent le retour de la messe à tout prix, en allant illégalement manifester devant les églises et en organisant des prières de rue.

Je trouve ce comportement honteusement égoïste. Je trouve que cela salit notre image auprès de la société. Je trouve enfin que cela trahit une méconnaissance des fondamentaux du christianisme par rapport aux arguments avancés pour la reprise de la messe.

Ces gens sont-ils vraiment convaincus que la messe est un bien vital pour eux et ne voient-ils pas qu’ils ne sont pas en train de mourir de ne pas aller à la messe ? Et que font-ils de solidaire et de charitable envers leurs frères pendant cette période, à part penser à leur « salut » ?

Que dire sinon de la police qui s’abstient bien de procéder à la moindre verbalisation, et aux préfets qui ferment les yeux sur un certain nombre de manifestations, là où les musulmans ne rencontreraient pas les mêmes facilités ? Là encore, nous appelons à l’islamisme !

Je crois que Jésus est venu nous apprendre à nous montrer fraternels de l’humanité entière et de tous ceux qui souffrent. Je crois que Jésus nous reconnaît comme frères à l’amour que nous témoignons à tous les autres, et pas au nombre de messes vécues ou assistées.

Je défends un droit à la vie, qui passe entre autre par le seul rappel que l’avortement est un assassinat et j’affirme que par ce comportement irresponsable, à vouloir une nouvelle entorse au confinement, alors nous ne rendons pas service à tous ceux qui se battent pour sauver des vies et désengorger les hôpitaux, quand bien même les lieux de culte ne sont pas de clusters.

Je critique les évêques de France, qui soutiennent cette reprise de la messe, à la fois pour des raisons économiques mais aussi pour ne pas perdre le contrôle de leurs fidèles, avec cette crainte qu’un confinement prolongé fera que les chrétiens ne reviennent pas.

Je dénonce à la fois qu’ils soient débordés par les traditionnalistes et autres intégristes, qu’ils agissent ainsi car ils se pensent jalousement moins écoutés et valorisés que l’islam et le judaïsme ; enfin, qu’ils se vengent par rapport aux lois sociétales adoptées depuis 2013.

Je demande aux médias et à ces catholiques d’arrêter de parler « des » catholiques mais « de » catholiques. Je n’ai pas besoin de messes pendant cette période pour méditer la Parole de Dieu ou me montrer fraternel en appelant mes proches et mes amis ou en leur rendant service.