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Outil : Aux États-Unis d’Amérique (USA), la liste des swing states (états-pivots, états-changeants, états décisifs) en 2020

La catégorisation des « swing states » est éminemment politique.

La définition qui me semble la plus juste couvre 13 états que je vais détailler ci-après.

Cependant, si l’on veut remonter à la décennie 1990, alors il convient d’ajouter 7 autres états démocrates devenus « définitivement » républicains à partir de 2000.


Les nombres entre parenthèses indiquent le nombre de grands électeurs que chaque état rapporte au candidat vainqueur.

Il est intéressant d’observer que la Floride et l’Ohio ont toujours basculé en faveur du vainqueur ces vingt-cinq dernières années.

J’ai graissé les 4 états démocrates que TRUMP a remporté à la surprise générale en 2016, alors qu’ils étaient traditionnellement démocrates.


Les 13 swing states pour l’élection de 2020

Floride (29)

Indiana (11)

Iowa (6)

Massachusetts (11)

Nevada (6)

New Hampshire (4)

Nouveau Mexique (5)

Caroline-du-Nord (15)

Ohio (18)

Pennsylvanie (20)

Virginie (13)

Wisconsin (10)

Total de grands électeurs : 148 sur 538


Les 7 swing states supplémentaires en remontant à 1996

Arizona (11)

Arkansas (6)

Kentucky (8)

Louisiane (8)

Missouri (10)

Tennessee (11)

Virginie occidentale (5)

Total de grands électeurs : 59 sur 538

Total global : 207 électeurs sur 538



Outil : Aux États-Unis d’Amérique, le nombre de grands électeurs par état (en 2020)

Je n’ai trouvé nulle part de liste exploitable à jour des grands électeurs américains par état, sans oublier le district de Columbia.

Ils sont intégralement raflés par le candidat vainqueur dans l’état, à l’exception du Maine et du Nebraska qui les répartissent à la proportionnelle.

Le douzième amendement de la constitution étatsunienne prévoit que chaque état en ait un minimum de trois, correspondant au nombre minimum de parlementaires par état (deux sénateurs et un représentant).

Le nombre des autres grands électeurs est établi en proportion de la population de l’état.

La dernière révision a été établie pour la présidentielle de 2012. Une prochaine révision devrait avoir lieu après l’élection de 2020.

Les états sont classés dans l’ordre alphabétique de leurs noms en anglais.

En espérant que cela puisse servir à d’autres.


Alabama : 9

Alaska : 3

Arizona : 11

Arkansas : 6

Californie : 55

Colorado : 9

Connecticut : 7

Delaware : 3

District of Columbia : 3

Floride  : 29

Géorgie : 16

Hawaï : 4

Idaho : 4

Illinois : 20

Indiana : 11

Iowa : 6

Kansas : 6

Kentucky : 8

Louisiane : 8

Maine : 4

Maryland : 10

Massachusetts : 11

Michigan : 16

Minnesota : 10

Mississippi : 6

Missouri : 10

Montana : 3

Nebraska : 5

Nevada : 6

New Hampshire : 4

New Jersey : 14

Nouveau Mexique  : 5

New York : 29

Caroline-du-Nord : 15

Dakota-du-Nord : 3

Ohio : 18

Oklahoma : 7

Oregon : 7

Pennsylvanie : 20

Rhode Island : 4

Caroline-du-Sud : 9

Dakota-du-Sud : 3

Tennessee : 11

Texas : 38

Utah : 6

Vermont : 3

Virginie : 13

Washington : 12

Virginie occidentale : 5

Wisconsin : 10

Wyoming : 3



Bravo Bernie SANDERS ! (Sur son abandon aux primaires du parti démocrate de 2020)

Voilà, c’est fini. À 78 ans, il s’agissait certainement de la dernière campagne de Bernard SANDERS dit Bernie. Pourtant, c’est bien lui qui a donné le rythme de cette campagne, tant au niveau des idées, que lorsqu’il est apparu comme l’homme à abattre, concentrant l’union décisive de tous ses adversaire. Et pour cela, et même si je ne partage pas ses idées sociales-démocrates, j’ai beaucoup de respect pour lui.

En 2016, on lui avait reproché d’avoir empêché le rassemblement du parti démocrate derrière Hillary CLINTON. Nul doute qu’en 2020, on reprochera de toute façon à ses militants de ne pas faire l’union sacrée derrière BIDEN, alors qu’il faudrait peut-être regarder tout ce qu’ils se sont pris, notamment de la part des médias, qui en faisaient le candidat qui voulait transformer les États-Unis d’Amérique en nouvelle URSS. Une rhétorique de la terreur assez minable.

Je ne sais pas si SANDERS aurait pu faire mieux que CLINTON en 2016. Le vrai responsable de la défaite démocrate en 2016 est OBAMA qui ne s’est pas assez occupé des difficultés économiques de la Rust Belt, frappée par la crise bancaire et économique de 2008. De la même manière, le seul responsable de la défaite de TRUMP en 2020 sera TRUMP lui-même, selon qu’il aura convaincu l’électorat de ces swing states de rester avec lui, et de lui faire encore confiance.

Tout cela pour dire, et les premiers résultats des primaires le démontrent, que BIDEN ne gagnera pas pour qui il est, surtout que TRUMP va rapidement le marginaliser, en rappelant qu’à 77 ans, il s’endort pendant les discours, il bégaie et chercher ses mots et surtout qu’il y a un doute sur sa probité par rapport au travail de son fils en Ukraine. Bref, je reste convaincu que les démocrates qui n’allaient pas voter TRUMP auraient quand même fait gagner SANDERS.

D’autant plus que c’est SANDERS qui a écrit le programme du parti démocrate avec les idées de Green New Deal (et finalement d’écologie), de diminution des frais d’inscription à l’université ou de nouveaux programmes sociaux. Et je ne crois pas un instant qu’un BIDEN élu en ferait quelque chose, parce qu’il n’y croît pas. Il a été mou pendant toute sa carrière politique, mais en tant que centriste, il a finalement à concilier tout le monde, d’où qu’il ait été vice-président.

SANDERS devrait maintenant logiquement préparer Alexandria OCASIO-CORTEZ à lui succéder pour défendre l’aile gauche du parti. Il perd parce que les noirs américains ne l’ont jamais soutenu, que les jeunes et les hispaniques ne sont pas assez allés voter et que tous ses concurrents, y compris WARREN, ont fait bloc contre lui. Mais il aura au moins gagné d’avoir gauchisé le parti démocrate, tout en préparant son renouvellement, bien que minoritaire.

Et en plus, il aura gagné cela sans PAC (comités d’actions publiques) qui permettent à des entreprises de financer les candidats ! Tous les candidats avaient refusé d’en bénéficier, sauf BIDEN à cause des ennuis qu’on lui faisait par rapport à son fils. De toute façon, c’est OBAMA qui fera sa campagne, et c’est aussi pour cela qu’on a demandé à SANDERS de se retirer, de manière à permettre à OBAMA de sortir de sa réserve pour faire le duel contre TRUMP.



Mais si Jeremy CORBYN avait simplement sauvé le Labour ?

Les élections générales (législatives) de 2019 furent pour le parti travailliste britannique (le Labour) leur plus grosse défaite historique, au moins depuis 1935. Elles précipitèrent la chute de Jeremy CORBYN. Paradoxalement le même homme qui permettra au Labour de se relever à plus ou moins longue échéance, même si la morale de l’Histoire reste qu’une élection se gagne au centre.

Il convient d’abord de retenir des élections que les Britanniques n’ont pas voté contre le Labour mais par cohérence, et pour assurer la continuité de l’État, afin qu’enfin le Brexit se réalise, ce que les conservateurs étaient les seuls à réellement porter (l’UKIP s’étant auto-sabordé).

Le Labour paie aussi que les Irlandais, mais surtout les Écossais (historiques) et aussi les Gallois votent de plus en plus pour des partis nationalistes ; et que comme aux États-Unis d’Amérique, les travailleurs pauvres ont arrêté de voter pour ceux qui ont vendu leur outil de travail à l’étranger dans le cadre de la mondialisation. Comme partout en Occident, les travaillistes d’aujourd’hui ne sont plus les pauvres mais les bo-bos.

Je ne vais enfin pas faire mon Jean-Luc MÉLENCHON : la polémique d’un nouvel antisémitisme dans un Labour islamophile ne semble avoir que peu influencé les votes, même si elle a rendu la campagne de CORBYN complètement inaudible, lequel passait son temps à s’excuser.


Aujourd’hui, les conservateurs ne sont pas aimés. Ils apparaissent comme étant les moins pires, mais Boris JOHNSON est catastrophique. À se demander pourquoi il voulait autant le pouvoir, alors qu’il se révèle finalement peu capable de l’exercer, et que sa méthode se résume à de la communication. Toujours est-il qu’il sait manœuvrer.

Les Libéraux-démocrates ont eu leur chance. Ils ne l’ont pas saisie, et se sont également viandés sur ses élections. Donc le Labour reste la principale opposition, avec des personnes qui ont fait le job, à l’image de Keir STARMER, nouveau chef du parti travailliste.

À plus ou moins longue échéance, les travaillistes reviendront dans le jeu. Et les cadres de ce parti seront, comme aux EUA avec Bernie SANDERS, la génération CORBYN. Celle qui assume d’être de gauche et socialiste, parce que dans son imaginaire, cela ne renvoie pas à l’URSS, qui faisait autrement plus peur à cause de la bombe atomique, que pour le risque de la mise en place d’un système de répartition équitable des richesses, que l’on ne l’a jamais vraiment vu nulle part (peut-être à Cuba entre 1958 et 1959 et sous le Chili de PINOCHET ?).

Et en renouvelant les cadres, en faisant adhérer les jeunes, en convertissant le Labour à l’écologie et aussi en permettant aux enfants d’immigrés de prendre leur place dans le parti (et d’être autre chose que des voix), CORBYN a fait ce qu’il faut pour que les travaillistes se retrouvent seuls capables de gérer dans cinq à dix ans. Parce qu’il n’y a pas de renouvellement au parti conservateur, un peu plus chez les Whigs (Lib-Dems) mais ils plafonnent à 10. Et les Tories ont besoin de faire dégager la génération JOHNSON, et de se prendre une bonne défaite, pour se réinventer.


En conclusion, et comme Bernie SANDERS, parce qu’il y a un problème générationnel par rapport à ce qu’est le socialisme, CORBYN ne pouvait pas gagner.

Par contre, ses idées vont gagner dans les années à venir, et c’est pour cela que son bilan à la tête du parti travailliste n’est pas si mauvais.

Encore une fois, à la condition que le Labour aille aussi chercher des voix au centre, sans quoi ils continueront d’être marginalisés, de leur propre fait.

Mais paradoxalement, ils avaient besoin d’en passer par là, et le parti a beaucoup évolué pendant ces cinq ans, et j’ose penser qu’on en verra bientôt les fruits.