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Sur l’attitude des démocrates américains qui souhaitent la destitution de Donald TRUMP

Je suis réellement indigné par l’attitude des partisans démocrates américains qui s’imaginent, dans le cas où Donald TRUMP serait destitué, qu’ils auraient une chance de réorganiser une élection et de les remporter. Non, les mecs, vous avez perdu parce que vous n’avez pas su être à l’écoute des oubliés de la mondialisation qui vivent dans la Rust Belt, et qu’ils ont arrêté de croire vos promesses qui n’ont rien endigué à leur chômage !

D’accord, les Républicains ne l’ont emporté que d’un petit point dans la plupart de ces états qui se sont révélés décisifs en termes d’électeurs : Pennsylvanie, Wisconsin et Michigan. Mais les démocrates ont surtout perdu 10 points en moyenne dans ces états qui avaient très largement élu OBAMA. Pourquoi ? Parce que les démocrates, qui ont quand même sauvé l’industrie automobile américaine, l’ont fait au prix de délocalisations massives, qui ont créé le chômage.

Valait-il donc mieux que l’État américain porte un secteur amené à disparaître, et préserve les emplois locaux, qui aujourd’hui n’existeraient d’ailleurs sûrement plus, faisant des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires ? Ou au contraire, et comme a fait OBAMA, sauver le secteur, qui aujourd’hui va mieux, mais en mettant tant d’autres salariés sur le carreau parmi lesquels des dizaines de milliers de personnes cherchent encore aujourd’hui du travail ?

La réponse d’OBAMA est une réponse de court-terme. Il faut bien comprendre qu’on ne pourra jamais rivaliser avec l’économie asiatique ! Donc ces emplois qui ont été sauvés, ils ne le sont que pour quelques dizaines d’années maximum. Même si donc la réponse démocrate est certainement la meilleure qui pouvait être apportée (une autre réponse plus ambitieuse aurait certainement été casse-gueule), elle reste irresponsable dans une économie mondialisée !

Là dessus, les démocrates n’ont donc rien à opposer à TRUMP parce qu’ils ont perdu à cause du modèle de mondialisation qu’ils défendent. La mentalité américaine fait qu’ils auraient préféré perdre des emplois mais valoriser un certain patriotisme économique (qui n’aurait pas fonctionné). De toute façon, et en cas d’impeachement de l’interventionniste TRUMP, ce sera Mike PENCE, son vice-président qui deviendrait président et il n’y aurait pas de nouvelles élections…



Mais que les politiques arrêtent de vouloir intégrer la Turquie dans l’Union européenne !

Oh là là, les différents ministres européens se succèdent pour dire que si la Turquie réinstaure la peine de mort, peut-être qu’elle ne pourra plus intégrer l’Union européenne (UE)… Il serait temps de comprendre que le succès d’ERDOGAN est notamment dû au fait qu’il soit eurosceptique ! Que les Turcs sont aujourd’hui oubliés de la mondialisation et vexés qu’on ne veuille pas d’eux en Europe… Alors arrêtons de faire le jeu de ERDOGAN !

Pourquoi les politiques européens s’obstinent-ils à prétendre que la Turquie a vocation à intégrer l’Union européenne, quand aujourd’hui ni les politiques turcs ni même la population turque ne souhaite plus intégrer l’ensemble européen ? Quel est le but recherché ? Agrandir encore et toujours plus l’UE pour donner un sens territorial à la construction européenne, vu qu’on n’arrive pas à unir les pays de l’UE sur l’économie, la finance, la défense, la diplomatie…


La Turquie est-elle européenne ?

C’est un vaste débat historique, mais non la Turquie, même du temps de l’Empire ottoman, n’a jamais été européenne. Mais à trois reprises les Européens ont associé la Turquie à leurs projets : au XVIe siècle quand la France cherchait à encercler l’empire HABSBOURG. Au XIXe siècle, quand l’Europe a eu besoin de couper la route des Balkans à la Russie, et au XXe siècle, quand on cherchait tous les alliés possibles contre la méchante URSS et tous ses satellites varsoviens…


De l’origine de l’idée

Pendant la guerre froide, il était bien pratique d’être ami avec la Turquie dont l’emplacement géographique permettait de cibler la résidence d’été de KHROUCHTCHEV en Crimée, et donc de menacer l’URSS. Mais le pays n’a accepté qu’en échange de son intégration au Conseil de l’Europe en 1950, à l’OTAN en 1952 et à terme à la Communauté économique européenne, ancêtre de l’UE par l’accord d’Ankara de 1963. Mais c’était du temps de la Guerre froide ! Finie en 1991 !


Des intérêts réels d’avoir la Turquie en Europe

Du fait des accords d’association (accords économiques et commerciaux) qui existent déjà entre la Turquie et l’UE, les deux espaces s’enrichissent mutuellement. Si donc la Turquie intégrait l’UE, elle aurait droit à plus de fonds pour se développer en bénéficiant d’une péréquation favorable. Mais en réalité, l’Europe est surtout intéressée d’avoir un pied en Asie pour faire de l’ingérence dans la politique du Proche-Orient et contrôler les différents afflux de migrants.


Le chantage de la Turquie

La Turquie sait qu’elle intéresse du fait de son taux de croissance (qui a longtemps été à deux chiffres), de son marché intérieur à occuper (74 millions d’habitants) et enfin de son pouvoir politique régional (tant son influence sur les Turcophones d’Asie centrale qu’au Proche-Orient). La Turquie accepte donc de contrôler les frontières de l’Europe, en échange de 6 milliards € voire plus, mais aussi qu’on la laisse faire ce qu’elle veut chez elle, comme maltraiter ses minorités…


Un problème insoluble ?

Tout pourrait s’arrêter si l’UE retoquait la candidature de la Turquie : vous ne respectez pas la liberté de la presse, ou les droits de vos minorités et opposants politiques ; on arrête là, et on reprendra si vous changez de politique. Mais ce serait alors renoncer à l’extension vers l’Arménie ou la Géorgie, et quand on voit les difficultés que font les Russes dès que l’Ukraine se montre europhile… Bref, cela acterait un nouvel acte non désiré dans la construction européenne.


À ce stade, il faut rappeler que « Europe » est le mot employé au Moyen-Âge pour désigner la chrétienté, jusqu’à ce qu’on découvre les Amériques. Il est donc illogique qu’on ait renoncé à cause de la Turquie à reconnaître des racines chrétiennes à l’UE… Maintenant, il faut voir si on est d’accord pour que 8 % des sièges soient détenus par les Turcs et qu’on ait des pays qui ne respectent pas tout à fait voire pas du tout la Convention européenne des droits de l’Homme…

Certains expliquent alors que c’est parce qu’elle sera dans l’UE que la Turquie changera, tandis que d’autres y voient la mise en place d’une Europe à deux vitesses, qui est d’ailleurs la solution envisagée pour permettre un développement des pays fondateurs et développés, et un second pour les pays plus en difficultés économiques. À quel prix est la vraie question ? Oui, cela permettra faire fonctionner l’économie, mais en marchant sur les fondements politiques de l’UE…



Quel avenir pour la Turquie après la victoire du OUI à ERDOGAN ?

Une victoire à 51,3 % était le pire des scénarios possible. Désormais, le chef de l’État turc va pouvoir mettre en place une hyperprésidence qui remet en cause l’État de droit et la séparation des pouvoirs. Or, les voix qui ont fait la différence sont celles des expatriés qui ne vivent pas en Turquie, et qui donc n’auront pas à vivre les conséquences de la réforme qu’ils ont voté. Tout cela parce qu’ERDOGAN semble « reclasser » la Turquie…

64 % des électeurs turcs de France ont voté OUI (il y a 700 000 Turcs en France)

65 % des électeurs turcs d’Allemagne ont voté OUI (il y a 2,7 millions de Turcs en Allemagne dont 700 000 électeurs)

74 % des électeurs turcs d’Autriche et de Belgique ont voté OUI (il y a 250 000 Turcs en Autriche et 160 000 en Belgique)

Avez-vous remarqué le patriotisme des Turcs, ainsi que leur sensibilité à l’islamisme radical ? Ils ont beau vivre en Europe ou dans le reste du monde, ils continuent quand même de se soucier à une très large majorité de ce qui se passe dans leur pays d’origine… Je n’aime pas le principe, que nous avions déjà vus avec les élections tunisiennes, de savoir que la majorité des expatriés issus de pays musulmans revendiquent un islam radical pour chez eux… Et pour chez nous ?


Quel gâchis !

La Turquie, après avoir été l’homme malade de l’Europe, semblait au sortir de la seconde guerre mondiale, être devenu un allié de poids pour l’Occident, moderne et choisissant le développement économique, au point qu’effectivement, le pays avait été associé à la construction européenne. Les « racines chrétiennes de l’Europe » ont même été sacrifiées pour qu’ils puissent à terme nous rejoindre dans l’Union européenne. Mais là, c’est bel et bien fini !


Sur le succès d’ERDOGAN

La force d’ERDOGAN, ce sont ces « classes moyennes » qu’il a enrichi sous ses mandats au moyen du sacrifice de la croissance turque. Ce sont aussi les islamistes qu’il défend dans son programme ; se rêvant à devenir un nouveau sultan des pays turcophones (ce dont il a déjà le comportement autoritaire). Ce sont enfin les déçus de l’Europe qui ne comprennent pas, avec toutes les difficultés d’intégration qui existent autrement, qu’on ne veuille toujours pas d’eux…


Vers un coup d’état militaire ?

Bien que l’armée soit considérablement affaiblie depuis le pseudo-coup d’état du 15 juillet 2016, c’est elle qui reste le principal contre-pouvoir du pays. Ce n’est donc qu’une alliance du Peuple avec les militaires qui permettra de sortir rapidement le pays de la crise dans laquelle il se plonge. ERDOGAN fait tout pour devenir infréquentable parce qu’il pense que cela le renforcera localement, mais surtout qu’il sait l’indispensable poids politique de la Turquie dans la région.


La Turquie est mal partie avec un ERODAGN président jusqu’en 2029. Mais étant donné que le pays contrôle l’arrivée de migrants en Europe, personne n’osera rien lui dire et on continuera même de lui donner de l’argent. Le problème désormais, va être de voir quelles « solutions » intérieures vont être apportées au problèmes des Kurdes ou des autres minorités, maintenant que le pays continue de se refermer sur lui-même, dans une attitude contre-mondialisante…



Doit-on vraiment faire semblant de s’offusquer que Donald TRUMP entraine les États-Unis dans la guerre ?

Savez-vous que les États-Unis, dans leur courte histoire de bientôt 250 ans, n’ont jamais pu passer plus de 15 années consécutives sans faire la guerre ? Et pour cause, le creuset de la nation américaine, et d’ailleurs le seul endroit qui arrive à réunir durablement des ressortissants des 50 états américains, s’appelle l’armée ! Aussi était-il normal et logique que tôt ou tard, le président des États-Unis d’Amérique, recommence à faire la guerre…

Qui peut croire que M.TRUMP se soit réellement ému des attaques chimiques commises en Syrie, au point de vouloir mettre un terme à un conflit qui s’éternise depuis six ans ? Les Américains aimeraient certainement aussi que TRUMP s’intéresse autant aux gamins étatsuniens qui vivent dans des conditions de pauvreté et d’exclusion, différemment révoltantes. Mais face à ses nombreux échecs de politique intérieure, il détourne logiquement l’attention sur l’extérieur.


Une manière pour TRUMP de faire président

Le président est The Commander in chief, à la tête de la première armée du monde. Alors il peut très bien se contenter de revues de troupes et d’assister à des parades. Ou avoir très envie d’essayer son jouet sur le terrain, et un personnage tel que TRUMP pouvait difficilement y résister. Le président américain partage son bilan avec ses réussites et/ou ses échecs militaires. Ne pas se servir de l’armée, c’est refuser de risquer la grandeur, et donc d’avoir un bilan amoindri…


La guerre, comme ultime rempart au déclin américain

Pour rester première puissance mondiale, les États-Unis ont deux possibilités : dominer par l’argent ou s’imposer avec l’armée qui conditionne leur diplomatie. Sachant que plus de 60 % de la dette américaine n’appartient plus au Peuple américain, et que les Chinois domine(ro)nt le marché parce qu’ils sont 1,35 milliard, il ne reste plus que l’hypothèse guerrière. Alors où est-ce qu’on peut faire la guerre en 2017 pour montrer ce qu’on sait encore faire  ? Peut-être en Syrie ?


S’opposer à la Russie

Les différentes affaires ayant entrainé un certain nombre de renvois dans l’équipe TRUMP sont pour la plupart liées à la Russie qui semble être supérieure aux États-Unis, ne serait-ce que dans l’hypothèse où elle aurait influé sur l’élection. Il faut donc se montrer plus fort que la Russie et par quels biais ? Regretter le Brexit pour favoriser l’Union européenne qui fait barrage, ou prendre des positions radicalement différentes de celles de POUTINE, au hasard sur la Syrie !


TRUMP continue de se poser en anti-OBAMA. Ce dernier avait dit qu’il ne ferait plus la guerre (tout en continuant d’envoyer ses forces spéciales un peu partout). TRUMP a aussi dit qu’il ne ferait plus la guerre parce que c’est impopulaire, mais parce que OBAMA ne l’a plus fait, notamment en Syrie qui reste un des grands échecs du précédent président, alors il veut le faire. Ce n’est donc qu’une première opération qui a eu lieu mais qui est appelée à se poursuivre.