Archives pour la catégorie International

Pourquoi Emmanuel MACRON a tort de vouloir exploser le Parti populaire européen (PPE) !

Le cas Viktor ORBAN divise la droite européenne. Il est vrai que sa présence au sein du groupe de droite le plus libéral et le plus europhile avait de quoi surprendre. Mais les manœuvres de MACRON visant à déstabiliser le PPE risquent fort de bloquer le fonctionnement de toute l’Union européenne, surtout s’ils continuent de faire les cons.

La première chose à savoir est que le Parlement européen est très divisé : 7 % de gauche radicale, 25 % de gauche sociale-démocrate, 7 % d’écologistes, 9 % de centristes, 30 % de droite modérée, 10 % de droite européiste conservatrice, 6 % de droite souverainiste et 5 % de droite extrême ; le reste étant composé de non-inscrits.

En gros, ils fonctionnent comme nos intercommunalités : droite et gauche se mettent d’accord pour se partager l’exécutif, et voter ce qui leur paraît important, tant qu’ils ne votent pas comme les vilains fachôs du groupe de Marine LE PEN. Et s’ils ne se mettent pas d’accord, alors les sujets sont généralement rejetés, sans qu’il y ait besoin de l’intervention des groupes de pression.

Et on a MACRON, qui n’a plus aucun allié en Europe, partageant sa vision de l’Union européenne, qui vient nous faire croire que le centre (9 %) peut prendre le contrôle du Parlement à la condition que la droite européiste (30 %) soit tellement divisée qu’elle ne puisse plus faire les élections avec la seule gauche sociale-démocrate (25 %).

Ce qu’oublie MACRON est qu’on est dans un système parlementaire élu au moyen d’un scrutin proportionnel. Qu’il ne peut donc pas refaire son coup de 2017 parce que même s’il prend un peu à gauche et un peu à droite, le centre n’aura jamais 50 % et risque de toute façon de ne pas pouvoir s’allier qu’avec la gauche ou la droite. Surtout que la gauche fond à vue d’œil !

C’est à dire qu’on va probablement passer d’une alliance de deux partis qui font l’Europe, à une alliance d’au moins trois partis ; et vu que la gauche risque de ne plus peser grand chose, alors il vaudrait mieux avoir une droite forte, d’autant que la droite souverainiste qui votait avec la droite souverainiste va aussi disparaître du fait de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

En gros, la seule solution pour que le Parlement européen puisse continuer de tenir son rôle est que la majorité se construise autour de la droite, qui demeure globalement au pouvoir partout en Europe. Or, casser la droite va éclater le Parlement, et même si on arrivera à trouver encore des alliances sur des points précis, tout le fonctionnement va devenir instable.

Alors, c’est clair que la droite française n’est pas super bien représentée avec les MORANO, DATI et HORTEFEUX. Et de toute façon, la plupart des pays envoient à Bruxelles leurs politiques ratés qui n’arrivent pas à se faire élire à l’échelon national. Mais dans un temps d’euroscepticisme, je ne suis pas convaincu de la stratégie de renforcer un centre minoritaire…



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Pourquoi TRUMP pourrait réussir !

Sans nous avancer sur la possible réussite de la rencontre non-diplomatique des États-Unis d’Amérique (EUA) avec la Corée-du-Nord, force est de reconnaître que TRUMP fait bouger les choses. Et même si ce qu’il fait, et la manière dont il le fait est critiquable, il obtient des résultats là où les EUA n’obtenaient plus rien depuis la fin de la Guerre Froide. De là à écrire qu’il n’est pas aussi stupide que ceux que certains le représentent…

À bien y regarder, TRUMP n’est toujours critiqué que par les mêmes. Des personnes qui pensaient qu’ils ne pourraient pas gagner l’élection, et qui n’ont pas supporté qu’il la gagne. Mais il ne déçoit pas au sein de son camp, en tant qu’il fait ou qu’il prépare globalement ce qu’il a promis. Il est aussi, à sa manière, le « maître des horloges », et il pourrait arriver avec quelques victoires aux élections de mi-mandat, autour desquelles il organise le temps de sa politique.


Parce qu’il mène une politique de court terme

Je n’ai aucun doute sur le désastre que représente une politique économique ultra-libérale. Seulement TRUMP ne sera plus en poste le jour où les ennuis commenceront. Il peut détaxer les produits américains et surtaxer les produits européens. Les produits asiatiques vont avoir besoin de quelques années pour envahir le marché. Pour le reste, il est dans la communication, et on voit surtout ses coups d’éclat, dont ses successeurs auront à payer les pots cassés.


Parce qu’il enfonce des portes ouvertes

Quelle autre politique contre l’Iran et la Corée-du-Nord que les sanctions économiques pour les forcer à négocier, voire pour faire tomber le régime de l’intérieur (ce qui est possible en Iran) ? Quelle autre ville que Jérusalem pour situer la capitale israélienne ? TRUMP n’invente rien ; il ne fait que mettre en œuvre des options, qui ont été proposées et validées dans les années 1990, puis qui ont été abandonnées pour des raisons tenant plus à l’émotion qu’au but recherché.


Parce que les États-Unis restent la première superpuissance mondiale

Ils enfreignent les règles de l’OMC. Ils n’attendent pas l’aval de l’ONU. Ils abandonnent les accords internationaux. TRUMP part du G7 en le cassant. Or si, en face, il n’y a que des mots, c’est parce que personne n’ose essayer de s’opposer à la superpuissance américaine. Et TRUMP joue de cette faiblesse, sachant que la Russie est isolée, que l’Union européenne, vue comme la pire menace, est incapable de parler d’une seule voix et que la Chine ne veut pas croître trop vite.


Parce que tous ses opposants sont divisés

C’est valable aussi bien en politique intérieure, où les démocrates ne se sont pas remis de la défaite de CLINTON, qu’en politique extérieure où chacun cherche à porter sa voix individuellement. TRUMP reste minoritaire, sauf qu’en face de lui, ses différents opposants n’arrivent pas à s’allier pour peser plus que lui. Et les Républicains sont trop contents d’avoir la place pour la saborder, d’autant que ceux qui lui résistaient s’effacent progressivement (maladie de Mc CAIN…).


TRUMP va réussir, mais sûrement pas là où on l’attend. Il n’aura pas forcément les résultats escomptés, mais il réussit à faire bouger les choses, et donc à rendre aux Américains la fierté d’une Amérique moteur, comme sous REAGAN, là où ça ronronnait… Tous les DE NIRO qui lui disent « fuck president » sont déjà ses opposants ; ils ne convainquent que des convaincus, et peut-être même continuent-ils à renforcer ceux qui ont voté TRUMP par rejet de CLINTON ?



Pourquoi l’hyperpuissance américaine états-unienne perdure encore !

Les médias occidentaux bienpensants avaient annoncé que Donald TRUMP allait mettre un terme à l’hyperpuissance américaine, par ses gaffes et ses emportements. Force est de constater, après ce court voyage d’état du président français, que c’est encore le président des États-Unis d’Amérique qui est le maître du monde. Grâce à la meilleure armée du monde, leur monnaie référence mondiale, et l’absence d’actions des autres nations.

On pourra reprocher à TRUMP beaucoup de choses, c’est encore lui qui fait ce qu’il veut, et les autres nations qui suivent. Il est moteur sur la Syrie, sur l’Iran, sur la Corée-du-Nord, sur l’accord de Paris issu de la COP 21… Alors les autres nations râlent, sans toutefois s’opposer frontalement à lui, d’autant qu’il obtient en plus des résultats. Du coup, les nations font avec les EUA, ou elles ne font pas. Quand on repense que TRUMP s’est fait élire avec un discours isolationniste !

Malgré les bourbiers irakiens et afghans, l’armée américaine est toujours la meilleure du monde (ce qui se comprend vu qu’elle profite de 50 % des dépenses militaires mondiales à son profit). Mais elle est surtout la seule à disposer d’une logistique complète là où les autres armées ne suivent pas. Du coup, quand elle se refuse d’intervenir en Syrie en 2013, personne n’y va. Quand elle a besoin, comme en 2017, elle y va seule ; sinon, ses alliés peuvent l’accompagner (2018)…

Le fait est que les États-Unis peuvent continuer de faire ce qu’ils veulent économiquement avec le dollar comme étalon pour les échanges mondiaux ; ils sont les seuls pays à pouvoir vivre de la planche à billets. Et même si de plus en plus de pays, et notamment les BRICS cherchent à quitter ce système qui leur est défavorable, ils y restent quand même. La fracture se produira-t-elle sous le mandat de TRUMP. On voit mal comment le 45e président laisserait faire cela…

Reste donc à s’étonner que les superpuissances rivales ne se bougent pas plus. L’Europe ne peut rien en tant qu’elle est divisée. La Russie va très mal depuis les sanctions suivant l’annexion de la Crimée. L’Inde n’a pas de revendications. Le Japon qui possède 1/18e de la dette américaine non plus. La Chine qui en possède 1/16e en a, mais ne veut pas se développer trop vite pour ne pas que les « classes moyennes » déstabilisent le régime. TRUMP est tranquille !

En conclusion, parce que personne ne cherche à rivaliser avec les États-Unis, voire que tout le monde, à part la Russie, se plie à ses volontés ; que c’est elle qui fait la diplomatie mondiale, et la guerre, et qu’elle contrôle l’économie mondiale par le dollar, même si la Chine produit et vend désormais plus qu’elle, c’est TRUMP qui gère le monde. On peut donc continuer de le prendre pour un imbécile, mais son bilan est pour l’instant bon en direction de son électorat…



Pourquoi Daech finira par perdre la guerre ! (Mais je ne peux pas dire quand)

J’ai mis le temps mais je viens enfin d’achever « Le management de la sauvagerie » (ou « L’administration de la sauvagerie »), pour ce qu’on en trouve sur internet, certainement appauvri du fait de la traduction en anglais depuis l’arabe. Il s’agit d’un ouvrage de référence des djihadistes, écrit par l’idéologue Mohamed HASSAN KHALIL AL HAKIM (Abu JIHAD AL MASRI), qui explique comment instaurer le califat au moyen de la terreur.

Alors c’est un livre de 2004, aussi chiant que Mein Kampf (Adolf HITLER), ou que le Capital de MARX, dont la lecture aura certainement fini de me ficher auprès des services de renseignements. Je ne saurais cependant pas vous dire si le plus pénible est ce révisionnisme historique permanent, et profondément méprisant pour les musulmans, ou cette certitude d’avoir trouvé dans l’ordre les bonnes étapes de la bonne recette magique qui permettra d’instaurer le califat.

En cela, le livre contient déjà les germes de l’échec de ce Califat, pour deux raisons : tout d’abord parce que si le but recherché est si génial, alors il n’y a pas besoin d’en définir des étapes pour y parvenir, mais les Hommes devraient être suffisamment intéressés pour y parvenir par leurs seuls efforts. Ensuite, parce que la terreur ne dure rarement que plus de deux générations, et que cela ne peut que finir par exploser de l’intérieur d’usure et de lassitude.

L’ouvrage consacre de nombreuses pages à une réécriture de l’Histoire des musulmans de ces cent dernières années, prenant comme base les fameux accords Sykes-Picot de 1915, décidant du démembrement de l’empire Ottoman. Il accuse notamment les puissances occidentales d’être des apostats en ayant voulu se prendre pour Dieu à découper les territoires. Il essaie surtout de susciter la haine contre l’Occident, et de justifier de prendre les armes pour l’honneur.

La fameuse recette se fait en trois temps, et de mon point de vue est emplie d’un gauchisme nauséabond qui vise à instrumentaliser les pauvres auxquels on promet une égalité devant Dieu, sinon d’améliorer leurs conditions face aux vilains riches. De plus, le califat ne peut commencer que dans des territoires culturellement musulmans, qui parce qu’ils ont subi des brimades des États-Uniens d’Amérique, des Européens ou des Russes voudraient se venger.

Le livre donne même la liste initiale de ces pays, dans lesquels doit commencer le califat puis s’étendre comme une tâche d’huile ; laquelle commence d’ailleurs très paradoxalement sans la Syrie ni l’Irak ! Il s’agit du Pakistan, de la Jordanie, de l’Arabie-Saoudite, du Yémen, du Maghreb et du Nigéria. Et dans ces pays, il faut commencer par épuiser et démoraliser les populations. C’est à dire commettre des attentats qui doivent révéler la faiblesse intérieure des états.

Ainsi, et face à la multiplication des attentats qui doivent progresser en intensité, les États vont d’abord protéger les lieux et les personnes importantes de leurs territoires, ce qui enverra le signal aux pauvres qu’on se fout d’eux. Et par dépit, mais aussi par abandon, ces pauvres, soit rejoindront volontairement et par adhésion les djihadistes, soit auront trop peur et accepteront contraints et forcés les nouvelles structures politiques d’un nouveau régime militaro-religieux.

Une fois ces territoires conquis, il faut savamment entretenir la terreur, quitte à s’allier avec les anciens opposants du régime que l’on fera ensuite quand même disparaitre successivement, tout en commençant à développer une contre-Justice (re-légalisant la loi du talion), des écoles religieuses, des services publics distincts… Et c’est finalement pour retrouver la stabilité, sinon pour encadrer ces politiques, que les gens finiront par adhérer et soutenir l’État islamique.

La meilleure preuve de l’échec de ce système se trouve dans les témoignages des personnes libérées de Daech. Celles-ci, parmi lesquelles il ne faut cependant pas omettre un certain nombre de collaborateurs qui sont à mon avis les plus prompts à venir témoigner pour se refaire une virginité, nous montrent bien qu’il n’y a aucun bonheur, aucune satisfaction à vivre dans cet islam. Et quand on sait comment a fini le communisme, on ne peut qu’être sceptique.

Très logiquement, Daech maintiendra en effet l’état de sauvagerie, qui est la deuxième des trois étapes avant l’instauration de l’État islamique, en tant que c’est elle seulement qui permet à des petits chefs locaux, à la légitimité controversée, d’avoir du pouvoir. À partir du moment où il y aura un état, le pouvoir ne sera plus aux mains des militaires, mais bien des fonctionnaires et des religieux. Et je doute que les actuels chefs auto-proclamés veuillent perdre leurs statuts…