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États-Unis : les démocrates vont-ils droit dans le mur ?

Dix-septième jour de shutdown aux États-Unis. TRUMP se rapproche lentement mais sûrement du record de 1995 de vingt-et-un jours. En soi, le shutdown n’a rien d’inédit ; il y en a même eu un de trois jours en janvier 2018. Seulement, qui va s’abîmer le plus entre les républicains qui tiennent bon sur leur mur frontière avec le Mexique, et les démocrates qui veulent résister à TRUMP tout en évitant d’investir jusqu’à 5 milliards inutilement ?

D’un côté, il est étonnant que 80 % des républicains tiennent absolument à ce mur, quand on sait que la majorité de l’immigration illégale est principalement le fait de personnes arrivées légalement aux États-Unis et dont le titre de séjour arrive à expiration, lesquelles deviennent alors des clandestins. Surtout qu’il y a déjà ce qu’il faut en matière de clôtures, de barbelés,et  de patrouilles. Un mur, qu’il soit en acier ou en béton, ne serait pas beaucoup plus efficace…

Alors, oui, c’était dans le programme de TRUMP, mais à ce stade et vu qu’il ne reste plus que deux ans de mandat, il n’a plus qu’à accuser les vilains démocrates de l’avoir empêché de le financer, il utilise l’argent disponible autrement, et il en tire toute la gloire. En étant un peu fin, il se fait réélire pour avoir quatre ans de plus afin d’avoir le temps de construire le mur, et personne ne lui demandera pourquoi il n’a rien fait les deux premières années de 2016 à 2018.

De l’autre côté, à part vanter les candidats dits socialistes, sortis des élections de 2018, et se féliciter d’avoir réélue à la tête de la Chambre des représentants une femme de 77 ans, qui est en fin de carrière politique, les démocrates n’ont rien à présenter. Ils se limitent à bloquer le vote du budget, tout en dénonçant les camps de rétention qui existent à la frontière depuis le mandat de George W. BUSH, lesquels n’ont d’ailleurs jamais été aussi pleins que sous OBAMA…

Alors que l’on attendait une vague démocrate en 2016, TRUMP a bien résisté, dans un contexte où il n’y avait personne en face à éliminer. Si d’ici 2020, les démocrates ne se trouvent pas un candidat (les primaires commencent à se préparer dès cet été 2019), autre qu’un socialiste qui fera fuir partie des électeurs de son camp, et que leur seul bilan est d’avoir tout bloqué pendant deux ans, je ne suis pas sûr qu’ils confortent TRUMP pour encore un très long moment…



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À la veille des midterms de 2018

Quelques réflexions à l’approche des élections états-uniennes de mi-mandat :

– Je commencerai par déplorer que les démocrates n’aient vraisemblablement aucun autre programme que de pourrir le mandat de TRUMP et d’ouvrir des commissions d’enquête. Cela e profite jamais vraiment au pays. De même, ils n’ont aucune personnalité qui se dégage vraiment en vue des élections de 2020…

– Je suppose que l’explosion récente des inscriptions sur les listes électorales va globalement profiter aux démocrates. Car ils sont plus nombreux dans la population américaine.

– Je pense que ce scrutin est assez mal parti pour TRUMP et les Républicains. Mais contrairement à ce que les sondages annoncent, et au vu de la sociologie électorale, je pense que le Sénat peut basculer mais que la Chambre des représentants devrait rester républicaine.

– Je ne pense cependant pas que les Républicains lâchent TRUMP après des midterms perdues, et tous ceux qui l’ont abandonné au début sont, pour une partie, vite revenus.

– Je déplore que TRUMP ne soit pas jugé par rapport à son bilan économique (même s’il se révélera catastrophique par la suite), mais uniquement par rapport à sa personne…

– Je constate que tous ceux qui ont la haine contre TRUMP sont ceux qui n’ont toujours pas digéré la défaite de CLINTON de 2016.

– Je remarque que beaucoup de démocrates ne parlent plus aux républicains depuis l’élection de TRUMP, et que ce mouvement n’a jamais été aussi important. Comme si les démocrates qui se veulent plus ouverts et plus tolérants, l’étaient en fait beaucoup moins…



Pour en finir avec le procès en illégitimité de l’élection de Donald TRUMP en 2016

À l’occasion des élections américaines de mi-mandat, les différents médias ne cessent de rappeler que TRUMP a été devancé par CLINTON de près de 3 millions de voix, ce qui sous-entend qu’il serait illégitime. Or, le système américain des grands électeurs est justement intéressant, d’un point de vue démocratique, parce qu’il contrebalance les effets sociologiques de regroupement de population par affinités et niveau de richesse.

Du point de vue du système électoral états-unien, TRUMP a gagné. Il faut donc arrêter de vouloir imposer partout notre système français si démocratique que LE PEN, MÉLENCHON et DUPONT-AIGNAN font 45 % des voix au premier tour de la présidentielle, mais qu’ils n’ont ensuite que 6 % des députés à l’Assemblée… On devrait surtout s’interroger sur la concentration des bourgeois friqués et sur la ghettoïsation des immigrés qui provoquent ces résultats !


Pour comprendre la carte :

En rouge foncé, les états où TRUMP a obtenu plus de 30 % d’avance sur CLINTON,

En rouge clair, ceux où TRUMP a obtenu plus de 20 % d’avance sur CLINTON,

En rose, ceux où TRUMP a obtenu plus de 10 % d’avance sur CLINTON,

En jaune, les états où le score s’est joué à moins de 2 % entre les deux favoris

En bleu pâle, les états où CLINTON a obtenu plus de 30 % d’avance sur TRUMP,

En bleu turquoise, ceux où CLINTON a obtenu plus de 20 % d’avance sur TRUMP,

En bleu foncé, ceux où CLINTON a obtenu plus de 10 % d’avance sur TRUMP,

En gras, le nombre de grands électeurs de l’état.


L’enseignement majeur de cette carte est que les états dans lesquels les démocrates sont très majoritaires (plus de 20 % d’avance sur les républicains) sont plutôt des états très peuplés, comme la Californie ou New-York, ce qui se traduit par un grand nombre de grands électeurs ; et que les états dans lesquels les républicains sont très majoritaires (plus de 20 % d’avance sur les démocrates) sont des états assez peu peuplés, avec 5,6 grands électeurs en moyenne.

De telle sorte qu’à chaque scrutin, les démocrates sont en principe assurés d’obtenir un minimum de 117 grands électeurs, sur les 270 qu’il faut obtenir pour être élu, tandis que les républicains ne sont normalement garantis d’en avoir que 79. On observe donc bien ici une concentration des électeurs démocrates entre eux dans certains états localisés de l’Ouest et du Nord-Est, tandis que l’électorat républicain est beaucoup plus diffus dans la population.


Pour autant, la victoire de TRUMP relève bien d’un large mouvement populaire de fond, lequel se traduit par le fait qu’il a emporté la plupart des états clés indécis, les fameux swing states, souvent de justesse, à quelques dizaines de milliers de voix près. Car son discours économique protectionniste et anti-système a davantage su rassurer les ouvriers de la Rust Belt que le programme de CLINTON, héritière des échecs d’OBAMA, lui-même élu grâce à ces états.

Or, ce sont les seules voix de ces ouvriers industriels, minoritaires mais traditionnellement acquis aux démocrates, et qui auraient pourtant voté Bernie SANDERS, qui ont manqué à CLINTON. Et les analystes et les politologues, qui sont du système donc croient le connaitre, ne comprennent toujours pas qu’à cause de l’immigrationisme et du libéralisme des démocrates, ces gens aient pu aller voter pour TRUMP, alors que le parti républicain est celui du patron !

La France vit ce même mouvement, avec des socialistes qui à force de défendre l’immigration et de céder à la finance donc d’abandonner leurs usines, ont vu leur électorat ouvrier partir au Rassemblement national. Et les Français de droite, comme les États-uniens démocrates n’ont toujours pas compris que JUPPÉ aurait gagné face à MACRON grâce à sa ligne centriste, comme SANDERS aurait gagné face à TRUMP grâce à sa ligne anti-système, mais plus à gauche.


On peut donc toujours trouver injuste que ne participent au vote final que les seuls grands électeurs issus du parti arrivé en tête, ce qui est une règle qui n’est globalement pas contestée en dehors des périodes d’élections ; il suffirait en fait aux démocrates de mieux se répartir sur le territoire pour l’emporter puisqu’ils sont effectivement majoritaires en nombre.

On peut d’ailleurs repenser à toutes ces études parues dans les années 2000 et tendant à prouver que l’immigration allait permettre aux démocrates de s’emparer définitivement des différentes places du pouvoir américain. La preuve en est que non, grâce à ce système, et en cela, il me paraît tout autant démocratique que le vote populaire.

On rappellera enfin que TRUMP, qui aura quand même remporté 30 des 50 états, est quand même le quatrième président à être élu sans la majorité des suffrages populaires, et que même si ce système favorise les républicains, il n’empêche que ces derniers arrivent à être majoritaires à la Chambre des représentants, même sans jerrymandering, là encore parce que dans les districts, les démocrates sont plus concentrés entre eux, que les républicains !




Pourquoi Emmanuel MACRON a tort de vouloir exploser le Parti populaire européen (PPE) !

Le cas Viktor ORBAN divise la droite européenne. Il est vrai que sa présence au sein du groupe de droite le plus libéral et le plus europhile avait de quoi surprendre. Mais les manœuvres de MACRON visant à déstabiliser le PPE risquent fort de bloquer le fonctionnement de toute l’Union européenne, surtout s’ils continuent de faire les cons.

La première chose à savoir est que le Parlement européen est très divisé : 7 % de gauche radicale, 25 % de gauche sociale-démocrate, 7 % d’écologistes, 9 % de centristes, 30 % de droite modérée, 10 % de droite européiste conservatrice, 6 % de droite souverainiste et 5 % de droite extrême ; le reste étant composé de non-inscrits.

En gros, ils fonctionnent comme nos intercommunalités : droite et gauche se mettent d’accord pour se partager l’exécutif, et voter ce qui leur paraît important, tant qu’ils ne votent pas comme les vilains fachôs du groupe de Marine LE PEN. Et s’ils ne se mettent pas d’accord, alors les sujets sont généralement rejetés, sans qu’il y ait besoin de l’intervention des groupes de pression.

Et on a MACRON, qui n’a plus aucun allié en Europe, partageant sa vision de l’Union européenne, qui vient nous faire croire que le centre (9 %) peut prendre le contrôle du Parlement à la condition que la droite européiste (30 %) soit tellement divisée qu’elle ne puisse plus faire les élections avec la seule gauche sociale-démocrate (25 %).

Ce qu’oublie MACRON est qu’on est dans un système parlementaire élu au moyen d’un scrutin proportionnel. Qu’il ne peut donc pas refaire son coup de 2017 parce que même s’il prend un peu à gauche et un peu à droite, le centre n’aura jamais 50 % et risque de toute façon de ne pas pouvoir s’allier qu’avec la gauche ou la droite. Surtout que la gauche fond à vue d’œil !

C’est à dire qu’on va probablement passer d’une alliance de deux partis qui font l’Europe, à une alliance d’au moins trois partis ; et vu que la gauche risque de ne plus peser grand chose, alors il vaudrait mieux avoir une droite forte, d’autant que la droite souverainiste qui votait avec la droite souverainiste va aussi disparaître du fait de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

En gros, la seule solution pour que le Parlement européen puisse continuer de tenir son rôle est que la majorité se construise autour de la droite, qui demeure globalement au pouvoir partout en Europe. Or, casser la droite va éclater le Parlement, et même si on arrivera à trouver encore des alliances sur des points précis, tout le fonctionnement va devenir instable.

Alors, c’est clair que la droite française n’est pas super bien représentée avec les MORANO, DATI et HORTEFEUX. Et de toute façon, la plupart des pays envoient à Bruxelles leurs politiques ratés qui n’arrivent pas à se faire élire à l’échelon national. Mais dans un temps d’euroscepticisme, je ne suis pas convaincu de la stratégie de renforcer un centre minoritaire…