Archives pour la catégorie International

Arrêtons l’hypocrisie sur les différents accords d’évacuation des djihadistes

Ai-je atteint un tel niveau de cynisme que plus grand chose ne me choque ? Ou êtes-vous réellement bien naïfs ? Oui, la coalition internationale a encore signé un accord (le troisième en trois mois) pour permettre aux djihadistes d’évacuer leurs troupes en bon ordre, alors que celles-ci sont encerclées dans Raqqa… Et si on le fait, c’est pour ensuite les flinguer au combat, parce qu’on serait réellement bien emmerdé qu’ils se rendent !

Comme dans le conte des Habits neufs de l’empereur, où il faut attendre un petit garçon qui fasse remarquer que le roi est nu ; il aura fallu que des journalistes de la BBC se posent publiquement des questions pour que la communauté internationale découvre comment 500 mecs et leurs familles ont pu échapper à un encerclement total… Ne leur dites surtout pas qu’on continue d’acheter le peu de pétrole qui reste aux djihadistes ; ils ne s’en remettraient pas…

Dans un autre genre, avez-vous remarqué cette propagande des mêmes médias qui nous montrent une ville de Raqqa, libérée quasi-exclusivement par des femmes kurdes ? Les visages de ces 200 000 opprimés parmi lesquels il n’y eut aucun collaborateur ? Personnellement, je trouve un petit peu louche les mecs qui se précipitent sur les caméras pour raconter ô combien l’occupation djihadiste était terrible… Et de penser à ceux qui ne sont plus là pour être filmés…


Oui, nous avons carrément fourni des bus pour que les djihadistes de tous pays, y compris les Syriens dans cet accord-ci, puissent aller poursuivre la guerre sainte (et se faire tuer) dans la région de Der Ezzor. Et bien évidemment qu’il existe un risque qu’on perde la trace des djihadistes français, et peut-être que ce n’est pas une si mauvaise chose pour que par le plus grand des hasards, ces derniers soient portés disparus au hasard d’une mission commando de la DGSE…

Qu’on le veuille ou pas, nous aurons des familles qui vont revenir. Il va falloir les incarcérer à l’isolement. Il va falloir gérer les enfants qui, pour certains, voudront se venger. Il suffit de regarder comment des jeunes se revendiquent d’une culture qui n’est pas la leur… Faut-il en avoir plus, alors même que des gens continuent d’essayer de partir pour continuer de se battre ? Daech n’est pas mort ; il va juste repartir se cacher dans les montagnes comme en 2006…

Pourtant, si les djihadistes sont réellement des militaires de l’État islamique, alors ils sont une armée qui a enfreint le droit de la guerre (le droit de Genève). Ils doivent donc être jugés par des tribunaux militaires, et non pas par des tribunaux civils. Et ces premiers doivent pouvoir utiliser la peine de mort contre eux, et contre leurs complices. Or, parce que nous nous disons démocrates, nous ne voulons pas vraiment éradiquer les terroristes. C’est un choix à assumer.

Est-il dès lors plus humain de laisser une nouvelle chance aux djihadistes de se faire tuer à la guerre plutôt que lors d’une opération homo (un assassinat ciblé) ? Nos gouvernants auront certainement meilleure conscience, car jamais la basse populace ne fera le lien entre cette guerre qui s’éternise et le prochain attentat commis au nom du califat… Surtout ne pas dire que cette guerre n’aurait jamais eu lieu si nous n’avions pas voulu casser les cours du baril de pétrole…



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Indépendance catalane : l’hypocrisie de l’Union européenne

Voilà des années que dans une idéologie supra-nationale, Bruxelles pousse à la régionalisation (entre nous, pour casser les états-nations). Et voilà qu’au moment où la Catalogne réussit à profiter de la faiblesse de l’état espagnol, et à se déclarer indépendante, l’Union fait front pour dire que ce n’est pas bien. Faudrait donc savoir ce que vous voulez les gars et assumer un peu votre politique mondialisante basées sur les métropoles régionales.

À la base, il y a cette hypocrisie libérale qui dit que plus il y a de marchés, et plus on s’enrichit… Donc avec 96 régions européennes, c’est 95 contrats potentiels pour chaque région, alors que ce n’en est que 27 autrement. Et puis plus il y a de marchés, et plus celui qui va bien peut se substituer à celui qui va mal. Pourquoi donc l’Europe se serait-elle élargie à l’Est, si ce n’était pas intéressée par de nouveaux marchés, et accessoirement une nouvelle main d’œuvre ?

En fait, le problème auquel n’avait préalablement pas pensé Bruxelles est que plus vous aurez d’états, et plus vous aurez de voix au chapitre avec potentiellement celle qui peut tout bloquer. L’Union à 28 est déjà compliquée (à cause des pays fachos à l’Est qui osent dire qu’ils ne veulent pas de migrants) ; l’Union à 96 sera infernale voire impossible, sauf à créer un vrai modèle fédéral européen, à l’exemple des États-Unis d’Amérique, en s’appuyant sur les régions.

Mais dans le même temps, est-ce que l’Europe n’est pas déjà régionalisée au moyen du FEDER (Fonds européen de développement régional) ? Dans sa mentalité tout du moins ? Est-ce que le but recherché n’est pas de s’appuyer sur les circonscriptions électorales européennes (raté ; en Espagne, c’est une circonscription nationale) que l’on considérerait comme des métropoles à partir du moment où une capitale, comme Barcelone, pourrait servir de moteur économique ?

Si donc en fait, l’UE se satisfaisait du modèle actuel, en tant qu’elle sait que son utopie n’est pas viable ? Que les états-nations auto-équilibrent le développement de leur pays, alors que ce ne sera pas faisable à une échelle régionalisée… Enfin, tout bonnement, que l’Union européenne n’est pas assez développée pour mener une politique régionale quand déjà elle peine avec des politiques nationales. Tout cela pour continuer à douter de l’Europe telle qu’elle va…



Immigration, multiculturalisme, Europe : les leçons de l’élection allemande

Il y a eu le Brexit, il y a eu TRUMP, il y a eu Marine LE PEN au second tour de la présidentielle française, il y a désormais l’Allemagne qui subit la tentation de l’extrême-droite, même si le terme n’est pas ici le plus approprié. Tentons de voir ce qu’il y a de commun à ces scores électoraux pour nous essayer à quelques hypothèses.


Commençons par nous intéresser aux résultats des élections fédérales allemandes de 2013 : La CDU (chrétiens-démocrates ; la droite) obtient 41,6 % des voix soit son meilleur score depuis la réunification. A contrario, l’Alternative für Deutschland (AfD), parti d’extrême-droite eurosceptique ne réalise que 4,7 % après une campagne intense basée principalement sur la sortie de l’Union européenne et la critique de la monnaie unique.

Rappelons-nous alors d’Angela MERKEL qui admettait le 16 octobre 2010, devant les jeunes de l’Union des chrétiens démocrates réunis en congrès, que l’approche (multiculturaliste) avait totalement échouée. S’en était suivi une violente critique de l’immigration, de l’intégration et de l’islam, au moment même où le SPD (les socialistes allemands) excluait le sulfureux Thilo SARRAZIN à cause de son ouvrage polémique et anti-migrants L’Allemagne disparaît.

Puis vient 2015, et MERKEL, à qui la bienpensance n’a pas pardonné les propos de 2010, qui se met soudainement à accueillir un million de migrants ; l’Allemagne ayant effectivement besoin de 400 000 travailleurs de suite. L’AfD change alors son discours, le recentre sur la lutte contre l’immigration, et abandonne le sujet de l’euro et de l’Europe. Viennent les élections de 2017, la CDU n’obtient plus que 33 %, tandis que l’AfD caracole désormais avec 12,6 % des voix !


Quelle est la raison du succès électoral soudain de l’AfD : la critique de l’immigration et du multiculturalisme.

Pourquoi le Brexit a-t-il eu lieu ? Pour que les Britanniques puissent fermer leur frontière et limiter le multiculturalisme.

Pourquoi TRUMP a-t-il gagné ? Parce qu’il a promis de faire cesser l’immigration sud-américaine et tient un discours d’exaltation de la culture nationale et patriotique.

Pourquoi LE PEN est-elle arrivée au second tour ? À cause de sa politique anti-migrants, prônant la préférence nationale.


Pourquoi l’AfD n’a-t-elle pas percée en 2013 ? Parce que les Allemands ont peur de sortir de l’euro et de l’Europe.

Pourquoi le Brexit a-t-il eu lieu alors que les Britanniques n’avaient pas l’euro ? Parce qu’ils ne voulaient pas s’enfermer plus dans un système dont ils ne pourraient pas sortir.

Pourquoi TRUMP a-t-il gagné ? Parce qu’il parlait du dollar en tant que monnaie réelle aux États-Unis, et pas comme d’un outil de régulation de l’économie mondiale.

Pourquoi LE PEN a-t-elle perdu au second tour ? Parce que les Français ont aussi peur que les Allemands de sortir de l’euro et de l’Europe.


Les Européens n’aiment plus l’Europe. Les différents traités ont souvent été adoptés de justesse grâce à l’appui d’une partie de la population, éduquée et à bons revenus, qui aujourd’hui se défie de l’Union européenne telle qu’elle est.

Mais la peur de quitter l’Europe, lorsqu’on en fait partie, est telle qu’elle n’est pas un sujet électoral qui soit réellement porteur, d’où l’exemple en France de Nicolas DUPONT-AIGNAN qui l’a abandonné et qui a triplé son score entre 2012 et 2017 !

En revanche, la crainte des mouvements migratoires (et de leurs conséquences) est aujourd’hui le sujet le plus capable de rassembler des électeurs ; ce que les partis populistes d’extrême-droite, dont cela a quand même toujours été le fond de commerce, réactivent de plus en plus.


Le vrai problème, outre l’économie défaillante (car si tout le monde avait du travail, tout le monde se foutrait des migrations comme dans les Trente glorieuses) pourrait-il être en fait le relativisme culturel ? Cette peur que notre culture, et donc nous mêmes, sommes en fait inférieurs à celle des migrants. Or, nous pensions exactement l’inverse du temps de la colonisation, et recommençons une erreur en cherchant à hiérarchiser des cultures qui n’ont pas de rapport.

En effet, le multiculturalisme ne fonctionne pas, en tant que c’est à la culture autochtone de désormais s’effacer progressivement devant la culture allogène, au prétexte de pouvoir lui permettre de coexister (nous ne sommes même pas à parler de vivre-ensemble). Et c’est ce sentiment de déclassement, de dépossession, d’invasion qui effraie, et qui explique les tôles que prennent les partis modérés installés, face aux nouveaux partis populistes !

L’Allemagne nous envoie donc un avertissement de plus : attention à notre politique migratoire, à ses effets, à la perception qu’elle créée ! Attention à l’assimilation, plutôt à l’intégration des personnes de l’étranger. Attention enfin au comportement des élites (politiques notamment) qui donnent ce sentiment de trahir le peuple en lui préférant l’étranger… Les points de MERKEL sont partis à l’AfD parce qu’elle donne l’image d’avoir oublié une partie de sa population.

Or, c’est justement parce que la mondialisation, qui va trop vite pour notre civilisation, nous a perdu sur notre identité, sur notre culture, sur notre définition de l’Europe, sur cette communauté historique et politique des Européens, que nous nous sentons agressés par un étranger qui apparaît plus fort que nous… Ne faudrait-il pas déjà commencer par réapprendre qui nous sommes vraiment pour justifier ensuite nos choix quels qu’ils soient ?



N’y a-t-il donc personne pour défendre AUNG San Suu Kyi ?

En avant-propos, je suis effaré du nombre de croyants musulmans français qui se sont soudainement mis à découvrir le sort des Rohingyas, les défendant avec grand bruit sur les réseaux sociaux, tels de nouveaux Palestiniens dont ils ignorent pareillement beaucoup, face à un nouveau grand Satan, venant désormais juste après Israël.

Ce qu’il se passe en Birmanie dure depuis des dizaines d’années, mais la situation s’est effectivement dégradée ces derniers mois, avec également des attentats des milices islamistes contre les commissariats du régime birman. Certes, dans un rapport bien défavorable par rapport à ce qu’ils subissent depuis des années. Mais déjà, il n’y a pas un camp plus moral que l’autre. Ou alors ce n’est pas comme cela qu’ils m’apitoieront sur leur sort.

Quel est le problème avec les Rohingyas ? Celui de ne pas être Birman, mais Bengali (du Bangladesh) dans un pays raciste. Mais surtout celui d’avoir été les supplétifs des Britanniques de leur conquête du pays, à sa défense contre le Japon qui lui avait rendu son indépendance. Puis d’avoir fait obstacle à l’indépendance et d’avoir tenté de renverser le nouveau régime fédéral en 1948 (et accessoirement donc d’avoir été arrangés par l’assassinat du général AUNG).

Nous avons là deux populations irréconciliables. Je pense, et je crains donc que le déplacement de population soit la seule solution au Myanmar (en Birmanie) sauf à faire comme au Kosovo, et à voler une partie du territoire en disant qu’il n’est plus à la Birmanie. Ce que ne peut accepter de la sorte tout chef d’État qui se veut crédible.

En Europe, il nous a fallu la seconde guerre mondiale pour nous résoudre à déplacer les Allemands qui étaient à l’Est, vers l’Ouest, et faire de même avec les Polonais et toutes les nations éparpillés dans l’Europe centrale et orientale. C’était là le prétexte invoqué par l’Allemagne et la Russie pour se faire la guerre ; aller défendre les minorités.

J’ose donc affirmer que AUNG San Suu Kyi ne peut rien faire ; qu’elle est députée de l’opposition, et que l’armée ne cherche qu’un prétexte pour reprendre le pouvoir à son seul compte. Je ne sais pas quel crédit porter aux informations que le pays n’a pas de forces anti-émeutes…

J’en conclus que ce silence tant reproché est peut-être la meilleure chose à faire, et je terminerai en rappelant que ce sont les musulmans d’Arakan, donc les Rohingyas, qui les premiers ont refusé le modèle fédéral de 1948, qui ne les discriminait pas encore au point des mesures de 1982, qui les ont carrément déchus de leur nationalité.

Malheureusement, les Rohingyas ont été du mauvais côté de la barrière, mais de manière un peu récurrente dans l’Histoire de la Birmanie (et ils ont quand même toujours des milices actives…). Les descendants actuels n’ont-ils rien fait pour mériter cela ? Certainement mais leurs soutiens d’aujourd’hui sont trop souvent les mêmes qui en France demandent des comptes pour la colonisation. Donc là aussi, ça ne fonctionnerait qu’à sens unique…

La locution dit : « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Évitons de prolonger la guerre comme au Sri-Lanka où elle n’en finissait pas du fait des interventions humanitaires qui n’ont rien réglé à long terme. La meilleure paix est peut-être de trouver un consensus avec le Bangladesh, trop pauvre pourtant pour vouloir de toute cette population, quitte à ce que le Myanmar renonce à quelques localités frontalières. Ce qui là aussi, n’empêchera pas les conflits frontaliers…