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Chronologie simplifiée de la bataille de Berlin (16 avril 1945 – 2 mai 1945)

Je me suis même essayé à la cartographie.

Je suis très surpris de n’avoir rien trouvé sur internet.

Et si les positions de JOUKOV sont à peu près claires, celles de TCHOUIKOV et de KONIEV sont grandement imprécises, par manque de documentation.


Donc le 16 avril, les Soviétiques franchissent l’Oder avec les deux armées.

Au Nord, il y a JOUKOV à la tête du 1er front biélorusse.

Au Sud, il y a KONIEV avec le 1er front ukrainien.

Les Nazis ont une armée au Sud-Est (la 9e) et une armée à l’Ouest (la 12e).

Berlin est uniquement protégée par les Volkssturm (une milice civile) au nombre de 85 000.


Le 20 avril, les Soviétiques encerclent Berlin par le Nord et par le Sud.

Le 21 avril, JOUKOV entre dans les faubourgs Nord.

Le 22 avril, KONIEV entre dans les faubourgs Sud.

Le 23 avril, la 8e armée soviétique, commandée par TCHOUIKOV, dépendant de JOUKOV, pénètre dans les faubourgs Est puis bifurque au Sud-Est.


Le 24 avril, les troupes de JOUKOV et de KONIEV font leur jonction à l’aéroport de Schönefeld, au Sud-Est de Berlin. La 9e armée nazie est encerclée et ne représente plus une menace.

La 8e armée soviétique se repositionne au Sud de Berlin.


Le 25 avril, JOUKOV dit avoir atteint l’AlexanderPlatz au Nord.

La 8e armée se lance dans une course de vitesse pour déborder les armées de KONIEV sur leur droite, et arriver la première au Reichstag.


Le 26 avril, la 8e armée s’empare de l’aéroport de Tempelhof puis de la station de Papestraße à l’entrée de la ville puis elle consolide ses positions dans le quartier de Schoënberg.

La 2e armée s’empare de Siemensstad pour encercler le quartier des ministères dans lequel se trouvent HITLER et GOEBBELS.

MAIS LES TROUPES DE TCHOUIKOV ET DE KONIEV, MAL COORDONNÉES, SE TIRENT DESSUS !!!

Il faut attendre le 28 avril pour que STALINE redéfinisse le front, et du fait des agissements de JOUKOV, écarte KONIEV de Berlin. Il n’aura pas l’honneur de s’emparer de la ville.

Progressivement, TCHOUIKOV s’empare des ponts sur la Spree et du quartier général de la police berlinoise.

C’est aussi le 28 avril que le maréchal JODL tente une offensive nazie pour libérer Berlin, mais je n’ai pas plus d’informations.


Le 29 avril, la 3e armée de choc de JOUKOV s’empare des quartiers Nord et Nord-Ouest de Berlin, puis du pont Moltke.

La 8e armée arrive par le Sud et s’empare de la Potsdamer Platz puis du bâtiment du ministère prussien de l’intérieur, à quelques rues de la Nouvelle Chancellerie.

Le 30 avril, HITLER se suicide dans son bunker tandis que le Reichstag tombe pris par la 3e armée de choc.


Un cessez-le-feu de quelques heures est demandé et obtenu le 1er mai. Mais les combats reprennent sporadiquement.

Il faut attendre le 2 mai à 4 h 00 pour que le gouverneur militaire de la place de Berlin capitule.

Mais de dernières poches de résistance, notamment au Tiergarten, tiennent encore jusqu’au 04 mai.




Contre-Histoire de la résistance de l’émir Abd EL-KADER aux Français lors de la conquête de l’Algérie

Beaucoup encore aujourd’hui font de l’émir Abd EL-KADER l’incarnation de la résistance algérienne à la colonisation française, souvent au mépris d’autres grandes figures qui ont donné autrement de fil à retordre à la France comme Hadj Ahmed BEY, Lalla Fatma N’SOUMER, le cheikh EL MOKRANI ou le cheikh BOUAMAMA.

Pourtant, on peut considérer que Abd EL-KADER, qui est en partie une création française, tient davantage le rôle d’un « idiot utile » qui a finalement facilité la colonisation de l’Algérie par les Français.

Ce qui, soi-dit en passant, explique peut-être le généreux traitement dont il a bénéficié le reste de sa vie de la part des autorités françaises, qui en ont bien vite transformé l’image, pour en faire un savant musulman soufi, orientaliste et droit-de-l’hommiste.


Bien que né à Mascara, Abd EL-KADER est en fait un Marocain, issue d’une famille du Rif, revendiquant d’être descendante des Idrissides (les fondateurs de l’État du Maroc).

Alors que son père aurait dû être élu émir pour mener la guerre contre les Français dans l’Ouest algérien, à partir de 1832, celui-ci décline, et c’est son fils qui se retrouve émir, lequel fils refuse même le titre de sultan car il ne se voit que comme un serviteur du sultan du Maroc.

Il va alors faire la guerre, mais essentiellement contre ses rivaux des tribus arabes pour imposer son autorité : dans le Sud du Titteri soulevé par BEN AOUD, à l’Est de la Mitidja où il vainct le caïd BIRAM. Il lance aussi quelques escarmouches contre la Kabylie parce qu’elle ne veut pas lui payer d’impôt.

Coup de chance, c’est en 1834 que les Français veulent faire la paix avec les Arabes, parce que c’est encore la période où la France ne voulait intervenir en Algérie que pour casser la dette qu’elle devait au Bey d’Alger et pour faire cesser les raids des pirates corsaires. Et avec le traité DESMICHELS, les Français le reconnaissent comme le seul chef de l’Oranais.

Et donc Abd EL-KADER va s’appuyer sur ce traité pour revendiquer la domination effective de toute la région, et notamment des tribus de Chelif, Miliana et Médéa. Lesquelles vont se coaliser, et être vaincues à la bataille de Meharez du 12 juillet 1834, notamment EL GHOMARI. la plupart de chefs seront exécutés.

La guerre reprend, et le 28 juin 1835, alors qu’une colonne de 5000 Français est en train de se replier après une campagne sans résultats, ils sont attaqués, apparemment par surprise, dans les marais, sur les rives de la Macta. Les Français paniquent et se débandent. Il n’y a que 300 morts, mais Abd EL-KADER en fait une immense victoire contre l’envahisseur chrétien.

Ne progressant plus, et étant surtout occupés à pacifier les territoires déjà conquis, les Français demandent encore la paix en 1837 et par le traité de la Tafna, ils reconnaissent la souveraineté d’Abd EL-KADER sur les terres intérieures notamment le Titteri.

Du coup, Abd EL-KADER va partir au Sud puis à l’Est pour élargir son autorité, toujours par la force. Entre juin et décembre 1838, il combat le marabout Sidi EL TADJ’INI, de la région de Laghouat, qui résiste pendant six mois dans sa capitale Ain-Madhi, qu’il fait ensuite détruire. Abd EL-KADER fait aussi massacrer les kouloughlis (des métis de Turcs) de Zouatna.

En novembre 1839, prenant prétexte du passage des « Portes de Fer » par les Français cherchant juste à relier Alger et Constantine par la terre, Abd EL-KADER reprend le djihad contre les Français, en s’alliant avec le sultan du Maroc, et il s’en va attaquer des fermes de colons français.

Du coup, la France s’organise dès 1840 pour riposter avec l’appui des tribus arabes qui ne supportent plus Abd EL-KADER, notamment celles de BEN GANA ou du cheikh des Zibans. Elle obtient même une fatwa contre Abd EL-KADER prononcée par les oulémas de Kairouan (Tunisie), ce qui pousse les tribus à le lâcher successivement.

Avec 100 000 hommes, un armement moderne et la prise des ports, les Français enchaînent les victoires, et s’emparent en 1843 de la Smala (la capitale ambulante) de l’émir.

Abd EL-KADER fuit alors au Maroc pour convaincre son allié d’entrer en guerre contre les Français, qui ne veut pas. Il trouve quand même des confréries pour lancer un nouveau jihad contre les Français.

Le 26 septembre 1846, il remporte la victoire de Sidi Brahim, avec 10 000 hommes contre 540. Il fait décapiter le capitaine survivant, et les 80 derniers Français, plutôt que de se rendre, préfèrent charger à la baïonnette. 16 s’en sortiront, qui seront ensuite protégés par le caïd de Nedroma, qui refusera de les livrer à l’émir.

Finalement, les Français se remobilisent et renvoient Abd EL-KADER au Maroc, qui est finalement lâché par le sultan. Il se rend aux Français le 23 décembre 1847.


Derrière ce portrait volontairement peu flatteur de l’émir, et qui ne prend pas compte de ses actions postérieures, notamment en 1860 de sa protection des chrétiens de Damas, j’espère avoir montré que Abd EL-KADER a plus été préoccupé de constituer son royaume personnel, et d’imposer sa souveraineté sur les autres Arabes, que de combattre les infidèles Français chrétiens.

Ses grandes victoires ne sont que de petites escarmouches. Il n’hésitait pas à s’en prendre aux civils et à faire massacrer ses prisonniers. Si les Français ne faisaient pas mieux, il n’est moralement pas plus un héros.

Et c’est parce qu’il a massacré les autres tribus, et unifié des territoires jusque-là désunis, qu’il a rendu un énorme service à la France.


Mes principales sources :

Yvette KATAN BENSAMOUN, Le Maghreb, De l’empire ottoman à la fin de la colonisation française, Belin, 2007.

Et Wikipédia (les sources en lien davantage)



Idée reçue. Ce n’est pas Constantin mais Théodose qui a fait du christianisme la religion d’état de l’empire Romain

Je lis beaucoup, et même sur Wikipédia, que c’est l’empereur romain Constantin Ier qui a fait du christianisme la religion d’état de l’empire Romain en promulguant l’édit de Milan en 313. C’EST FAUX !

Le christianisme ne deviendra religion d’état dans l’empire Romain qu’avec la promulgation de l’édit de Thessalonique, en 380, par l’empereur Théodose.


Autre idée reçue, ce n’est pas plus l’empire Romain qui est le premier état chrétien, mais bien l’Arménie, qui dès 301, va se décréter royaume chrétien.


Pour bien comprendre la nécessité de l’édit de tolérance de Constantin en 313, je pense qu’il convient de revenir sur ce qu’est la constitution antonine de 212, aussi appelée l’édit de Caracalla.

En accordant la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’empire ; ce qui au passage rendait obligatoire le paiement de l’impôt sur la succession, cette réforme n’a pas seulement tué l’intérêt qu’il existait pour l’armée romaine, en tant qu’elle permettait l’acquisition automatique de la nationalité après 20 ou 26 ans de service.

Non, elle a fait du christianisme un délit, en tant que les chrétiens sont désormais comme tous les citoyens romains, obligés de sacrifier à l’empereur, ce qu’ils se refusent normalement de faire en tant qu’ils sont monothéistes.

À partir de là, les chrétiens vont devenir tout au long du IIIe siècle les boucs émissaires réguliers, accusés du déclin de l’empire en proie aux divisions politiques et aux premières grandes invasions.


C’est donc en 313, à la fois pour prendre acte du fait que les chrétiens sont toujours plus nombreux, mais aussi pour garantir la paix civile par la fin des persécutions dans l’empire que Constantin va prendre son célèbre édit de tolérance, à Milan, qui se résume par la maxime : « chacun peut adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel. »

Ainsi, les chrétiens se trouvent libérés de l’obligation de vénérer l’empereur tel un Dieu. Pour autant, toutes les religions sont encore autorisées.


C’est ensuite seulement en 380 que Théodose va imposer le christianisme comme religion officielle de l’État romain, et exiger de tous les citoyens romains qu’ils se convertissent.

Pour autant, les derniers empereurs, Théodose compris, se montreront tolérants vis-à-vis de ceux qui veulent conserver leurs autres religions.


Entre les deux périodes, il y aura le règne de Julien l’Apostat entre 361 et 363, qui va rétablir le polythéisme et limiter les droits des chrétiens, pendant une vingtaine de mois.


Enfin, il convient de soulever le problème du césaro-papisme. À savoir que les empereurs, Constantin comme Théodose, vont s’imposer comme des autorités religieuses dans le christianisme, et notamment convoquer des conciles (assemblées d’évêques) pour trancher des questions théologiques dans le sens politique qui les arrangent le mieux.



Mes reproches à la conférence de Charles ZORGBIBE au 4e salon du Livre d’Histoire de Savigny-sur-Orge

Étonnante et très décevante conférence du parrain du 4e salon du Livre d’Histoire, Charles ZORGBIBE ; lequel n’est pas historien de formation, et cela s’en ressent sur la méthode de travail, et le manque criant de rigueur scientifique…

S’il voulait que j’achète son livre de 496 pages intitulé L’imbroglio, Roosevelt, Vichy et Alger, c’est raté, parce que la conférence m’a fait douter de sa crédibilité d’historien.

Je ne prétends pas qu’il soit pétainiste, et qu’il essayait de réhabiliter PÉTAIN au travers d’une positivisation de son image au travers du regard des États-Uniens. Mais il y avait tout de l’esprit et de la logique réflexive des tenants de la théorie du glaive et du bouclier.

Et non, on ne peut pas dire que Franklin Delano ROOSEVELT était pétainiste et vichyste, parce qu’il appréciait personnellement l’homme et le militaire PÉTAIN, ce que semble effectivement traduire des courriers rassemblés par l’auteur !


Tout d’abord, ZORGBIBE nous a expliqué que la Cour Suprême bloquait systématiquement les mesures de politique intérieure de ROOSEVELT, lequel était menacé par une procédure d’impeachment, ce qui ne lui laissait de latitude que sur la politique extérieure, et justifiait qu’il s’y intéresse autant.

Or, la Cour Suprême s’est rallié au New Deal en 1937 ; le Congrès américain a toujours été démocrate sur la période de 1932 à 1945 ; je n’ai trouvé aucune trace d’un impeachment envisagé contre ROOSEVELT, et la conférence portait sur une période débutant en 1940.


Ensuite, ZORGBIBE a nuancé le vichysme de l’administration américaine en nous expliquant que si les États-Unis avaient soutenu PÉTAIN jusque très tardivement, ils ne soutenaient pas pour autant la collaboration et l’alliance militaire contre les bolchéviques ; et que ROOSEVELT se mettait en colère dès que Vichy faisait un pas vers l’Allemagne.

Mais Vichy n’est rien d’autre qu’un régime de collaboration, engageant la France aux côtés du Reich dans la guerre contre le communisme !

Donc ROOSEVELT, s’il était vichyste, devait être pour la collaboration. Enfin, ce n’était pas très clair pour l’auteur, qui ne voulait pas dire cela, mais quand même…


Après, ZORGBIBE a prétendu que la preuve de l’estimé portée à la France vichyste par ROOSEVELT était la nomination d’un de ses amis très proche, l’amiral William LEAHY, qui serait un vétéran de la guerre de Sécession (1861-1865).

Je ne comprends pas comment c’est possible en tant que LEAHY est né en 1875… Et puis cela ne justifie rien de placer ses potes à des postes d’ambassadeurs, tout en nous disant qu’il était encore plus vichyste que ROOSEVELT, ce qu’il n’a pas étayé !


Puis ZORGBIBE, qui était parti sur l’année 1942, est brutalement revenu sur l’année 1941, pour nous parler de l’invasion de Saint-Pierre-et-Miquelon par les gaullistes, au mépris de toute chronologie.

Et donc que ROOSEVELT envisageait une guerre pour reprendre Saint-Pierre-et-Miquelon, (qui ont été prises le 23 décembre), mais qu’il en a été interrompu par Pearl Harbor, et l’entrée en guerre des États-Unis, qui est intervenu quinze jours avant les 7 et 8 décembre 1941 !


La conférence s’est arrêté assez brutalement, faute de temps, sans qu’on ne s’attarde trop sur les conséquences du débarquement allié de 1942.

Or, à mon sens, c’est toute la partie des relations américano-vichystes qui commence à ce moment qui était la plus intéressante à traiter…


Je m’arrête là, en indiquant avoir appris que Pierre LAVAL était surnommé « Black Peter » par les États-Uniens, et avoir eu confirmation, au travers d’un extrait des lettres de LEAHY que PÉTAIN souffrait vraisemblablement d’un Alzheimer dès 1942.

Et enfin, propre à Savigny-sur-Orge, en exprimant ma surprise que ce soit Annie DEPRINCE, ancienne responsable du service des Archives, qui ait animé cette conférence…