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Pourquoi je ne vais pas aux obsèques de ma grand-mère

C’est une décision qui m’a été difficile à prendre, et qui je le sais, me sera longtemps reprochée. Mais j’ai choisi, en conscience, et après des heures de réflexion et de tortures, de ne pas aller aux obsèques catholiques de ma grand-mère.

Tout d’abord, parce qu’elle était protestante, et que je l’avais entendu dire, il y a plusieurs années, qu’elle souhaitait des obsèques protestantes. Je pense donc que des obsèques catholiques ne respectent pas ses dernières volontés.

Ensuite, parce que je suis fâché avec une partie de ma famille, et que je n’ai sincèrement pas envie de les voir. Je n’ai pas apprécié qu’on me dise que j’étais allé voir ma grand-mère tous les jours à l’hôpital, pour pouvoir me vanter après que j’étais allé la voir (ce que je ne pense pas avoir fait). De la même manière, je n’ai pas aimé qu’on mette en doute la sincérité de mes larmes quand je la savais partir.

Enfin, ses obsèques devaient se dérouler dans l’intimité familiale. C’est pourquoi plein de gens que je n’avais pas invité m’ont adorablement dit qu’ils allaient venir. Outre que je n’avais pas envie de pleurer devant eux, j’aurais surtout souhaité qu’on respecte mon intimité familiale.

Il y a sûrement encore une part psychologique de déni de la mort de ma grand-mère. Je laisse qui veut s’épancher sur la question. Peut-être aussi que je ne veux pas associer l’église sainte-Thérèse à ce départ ?

J’ai dit Adieu à ma grand-mère à l’hôpital. Je lui ai dit tout ce que je souhaitais lui dire. Je veux pouvoir passer à autre chose, mais je souhaite rester seul encore un petit moment. Je me moque de savoir qu’elle aurait quand même voulu nous savoir réuni une dernière fois à ses côtés ; je ne le peux pas pour les raisons évoquées plus haut.



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Ma grand-mère, ma Mémé, Juliette CLÉOPHAX est décédée ce 07 juillet 2018

Quelques Saviniens pouvaient la connaître, en tant qu’elle était une des plus anciennes résidentes du foyer-logement César-Franck, depuis 2006.

Aujourd’hui, je pleure ma grand-mère dont le cœur s’est paisiblement arrêté de battre, dans son sommeil, dans l’apaisement des anti-douleurs, au lever du jour de ce samedi 07 juillet 2018, en la chambre n°263 de la clinique du Moulin de Viry.

C’est dur. Quatorze jours que je pleure. Avec elle, je pleure aussi mon enfance, insouciante, et je prends brutalement conscience que celle-ci est en fait terminée depuis quatorze ans. Elle était la dernière de mes quatre grands-parents ; je ne pourrais plus revenir dans le passé, et quitter ce présent qui me dégoûte et m’ennuie, pour être son petit garçon chéri.

Ma grand-mère était née le premier mardi de novembre 1925. Elle nous quitte le premier samedi de juillet 2018, dans sa quatre-vingt-treizième année. Avec tous ses ennuis de santé, il y a déjà bien longtemps que les médecins diagnostiquaient qu’elle ne serait plus parmi nous et je veux quand même me réjouir qu’elle ait pu vivre si longtemps.

J’avais eu tellement peur pour sa dernière opération ; je pensais qu’elle ne survivrait pas à l’anesthésie. J’étais tellement euphorique quand j’ai appris que cela s’était bien passé, j’en riais nerveusement. Je la voyais repartie pour encore quelques années. Mais cela n’a duré qu’une journée…

Je veux écrire l’importance qu’à eu pour moi d’accompagner ma grand-mère dans sa fin de vie, par les soins palliatifs. D’avoir pu parler avec elle jusqu’à mercredi soir, dernière fois où je l’ai vue consciente. Avoir le temps de lui dire que je l’aimais, que je lui demandais pardon pour mes bêtises ou ce que je n’avais pas pu être, de lui dire merci pour avoir été là.

De constater qu’elle ne souffrait pas, du moins que sa douleur était prise en charge, ce qui m’a enlevé cette angoisse. Avec elle, et en nous consolant mutuellement, de prendre acte de la séparation qui se préparait.

Je veux dire ma détresse d’avoir pleuré devant elle, de ne pas avoir su la rassurer quand elle me disait qu’elle ne sentait plus ses jambes, qu’elle appelait sa maman, ou qu’elle allait mourir. Quand au moment de partir mercredi soir, elle m’a attrapé la main, et elle m’a demandé de rester parce qu’elle savait que c’était bientôt la fin.

La dernière bonne nouvelle qu’elle aura pu entendre, dans son inconscient ou dans son subconscient, c’est que sa dernière petite-fille aura eu son bac. Comme un signe pour lui dire qu’elle nous aura accompagné jusqu’à la fin de notre jeunesse, et que nous sommes maintenant des adultes. Autre signe, elle part juste avant la réinauguration du square Jean D’HERS, dans lequel elle nous emmenait si souvent.

Je veux aussi réaffirmer ma foi en la résurrection, en cet espérance d’un jour retrouver ma grand-mère, parti rejoindre mon grand-père, mon petit frère Bruno, mon parrain, mes autres grands-parents… L’être humain est quelque chose de trop formidable pour qu’il n’y ait rien après ; il y a tellement peu de chances d’arriver à ce que nous sommes que tout ne peut pas s’arrêter là.

Je suis reconnaissant au personnel de la clinique pour la manière dont ils ont traité ma grand-mère. Néanmoins scandalisé par certains que je trouvais irrespectueux, mais aussi rassuré par d’autres que je trouvais très humains et très éthiques. Aussi merci à Christine DOURNES, directrice du foyer-logement, d’être venue la visiter ; d’avoir pris ce temps.

Dans ma dernière conversation avec ma grand-mère, je lui ai rappelé tout ce qu’elle avait fait pour nous, et tout ce qu’on faisait ensemble. Je lui ai rechanté les comptines qu’elle m’avait apprise. Mais je lui ai surtout redit que je me souvenais des arcs en ciel qu’elle me montrait quand j’étais petit. Alors à partir de maintenant, chaque fois que je verrais un arc-en-ciel, je penserais à elle, et bien sûr plus souvent.

En forme de testament, ma grand-mère a dit qu’elle comptait sur nous, et qu’elle avait une belle famille. Tachons maintenant de continuer cela !



L’Église catholique et les jeunes, en France et en 2018

À l’approche du Synode des jeunes, je voudrais réagir par rapport à nombre de lieux communs qu’on peut entendre de part et d’autres.

Bien sûr que les jeunes chrétiens se désintéressent de la religion ; on pourrait même dire les jeunes croyants, à l’exception notable des musulmans, en tant que la religion comprend chez eux un volet culturel et identitaire, qu’il n’y a plus en France du fait de la séparation de l’Église et de l’État, ce qui n’existe pas pareillement en terre d’islam, où le religieux influe le politique.

Mais vouloir se rassurer, en affirmant que si les jeunes chrétiens ne sont pas à la messe, heureusement qu’ils sont aux JMJ (Journées mondiales de la jeunesse) ou au FRAT (Fraternel), ou dans des mouvements et services chrétiens, est encore une excuse pour l’Église, afin d’éviter aux chrétiens de s’intéresser aux jeunes en détournant le regard ailleurs !

De la même manière que dire que si les jeunes ne sont plus chrétiens, c’est uniquement à cause des positions de l’Église sur la sexualité, la contraception, l’avortement, est très réducteur. Et traduit généralement notre propre difficulté à appréhender ces sujets, et à penser qu’on ne peut pas s’opposer à l’Église tout en reconnaissant la valeur de son message.

Non pas que le Christ soit absent des JMJ et autres associations chrétiennes, quoique… Mais il n’est pas possible d’être chrétien sans la messe, en tant qu’elle est le lieu du rassemblement et du partage de la Parole et de ce pain qui matérialise le signe de notre unité. Donc, il est réellement inquiétant que les jeunes n’aient plus le sens de la messe.

Et dans le même temps, on peut parfois les comprendre, quand la messe est pénible. Que le prêtre sermonne de moraline, non sans s’écouter parler pendant parfois 20 minutes. Que les chrétiens ne s’accueillent pas, ne se parlent pas, et sont juste là par peur de la mort, en se disant qu’une heure max pour le Seigneur est la bonne équation pour le salut.

J’entends régulièrement les « vieux » dire qu’ils sont prêts à écouter les jeunes, à se laisser ébranler ou interpeller. C’est faux ! Du moins, je ne l’ai jamais vérifié à l’échelle d’une paroisse. Ce sont toujours ces vieux qui pensent pour les jeunes, et s’étonnent que ça ne fonctionne pas, alors que cela fonctionnait avec eux… il y a des dizaines années.

Pour autant, les jeunes chrétiens sont loin d’être les petits anges qu’on aime à se représenter. Beaucoup, Trop, n’ont pas de réflexion personnelle affutée, et se contentent de défendre un point de vue, en recrachant des arguments, qui tombent plus ou moins juste, et s’inscrivent dans une logique philosophique qui est parfois contradictoire car irréfléchie.

Par exemple, le débat politique récent porte beaucoup sur les question d’éthique et de famille. Or, certaines prises de position tendent à montrer que ces mêmes jeunes n’ont pas conscience du milieu dans lequel la religion les inscrit, et s’arrangent finalement de leur foi, au nom d’un politiquement-médiatiquement correct, qu’ils se refusent trop souvent de défier.

La spiritualité des jeunes doit nous poser question. Pourquoi ce regain d’intérêt pour la prière déresponsabilisante ? Pourquoi cet attrait pour les communautés évangéliques nouvelles ? Non pas là non plus que le Christ y soit absent, mais qu’on s’éloigne toujours plus de l’action évangélique de Jésus, et de cette grande communauté familiale qu’est l’Église.

Alors quelle « Église » attendent-ils ? On pourra employer tous les qualificatifs pour désigner une politique qui évoluera forcément. Mais ne faudrait-il pas plutôt une Église qui laisse libre, tout en proposant le cadre de l’Évangile et les repères que sont la Tradition (à comprendre dans un sens moderne) ? Et les chrétiens actuels s’en défient, et ferment plutôt la porte…

Tant que l’Église prétendra que les jeunes construisent le monde de demain (alors qu’ils bâtissent déjà celui d’aujourd’hui), et qu’on ne leur laissera que l’avenir (alors qu’il faudrait déjà s’occuper du présent), ne nous étonnons pas que nos églises se vident. Car c’est nous qui fermons les portes et empêchons l’inclusion des nouveaux, jeunes et moins jeunes !



Sur ma déception de Star Wars VII : le réveil de la force

Je regardais hier soir pour la première fois Star Wars VII : le réveil de la force, et je dois avouer que je suis déçu. (Ça fait quand même trois ans que j’avais été spoilé…)

Alors non, je n’y ai pas forcément trop vu un mauvais remake du IV (Un nouvel espoir), même si BB-8 = le nouvel R2D2 et Luke = le nouveau maître Yoda, mais plutôt un trop large copier-coller de certains moments des six premiers films. Les scènes qui comportement des interactions avec les autres habitants des planètes comme sur Jakku ou Bespin, où la mort de Han Solo nous rappellent immédiatement d’autres scènes.

Même si les évènements qui font le lien entre l’épisode VI et l’épisode VII sont largement développés dans l’univers Star Wars, la trame narrative souffre d’une trop faible cohérence (comment les forces de l’Empire ont-elles pu aussi bien survivre, et construire Starkiller dans l’indifférence générale, et comment la nouvelle République peut-elle être si faible ?)

Si l’emploi de la force retrouve une certaine place, quasi-religieuse, je ne peux que déplorer les sacrilèges qui sont commis avec celle-ci. Comment Rey peut-elle par exemple si bien s’en servir (même si on se doute qu’elle fera mieux après), sans avoir jamais été formée à elle ?

Les duels au sabre laser manquent également d’un aspect plus épique. À plusieurs moments, les personnages pourraient se tuer, mais ne le font pas. Ils ne se coupent pas non plus de membres, ce qui rompt avec les films précédents… De la même manière, les blessures laser, comme celle qu’inflige Chewbacca à Kylo Ren, ne semblent pas trop les affecter…

Une grande déception est l’absence de nouvelle musique, si caractéristique de la saga. Donc même si on est content de réentendre les classiques, on déplore que cette nouvelle trilogie ne crée pour l’instant rien de vraiment neuf (à part le sabre laser du Premier ordre).

On retrouve toujours cet aspect philosophique et politique, intéressant en comparaison avec ce que nous vivons. L’empire, ce sont aussi nos régimes politiques qui cherchent à nous imposer l’ordre par la peur et la sécurité par la force.

Le politiquement correct a aussi envahi cet univers : héroïne féministe, minorités racisées représentées, comportement de Han Solo presque trop policée…

Dommage que les anciens ne soient pas plus et mieux mis en avant, notamment Carrie FISHER qui fait vraiment grand-mère. Harrison FORD est aussi sopus-utilisé. Par exemple, on n’exploite pas ce moment où elle sent la rupture dans la force que représente la mort d’Han Solo.

Pour le reste, J. J. ABRAMS n’a au moins pas dénaturé l’œuvre de George LUCAS, et les décors, effets spéciaux et combats aériens sont toujours aussi bien faits en proportion avec les moyens de l’époque.

Donc une déception par l’absence de prise de risques. On reste sur les fondamentaux de la saga, et on risque très vite de se lasser. Le film n’accroche vraiment pas de la même manière que les précédents. Je n’ai pas cette envie de le revoir de suite, peut-être à part la scène du combat au sabre pour mieux la regarder, mais ce n’est pas au niveau des autres films…