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Une pause avant de commencer la campagne des législatives

Il était 21 heures 49 ce jeudi 18 mai 2017 lorsque le Conseil municipal de Savigny-sur-Orge s’est prononcé favorablement à la vente de la Savinière. Les débats n’ont ni été très longs ni très riches. Dans le public, il n’y avait plus que 11 personnes… À l’aune de la campagne législative, j’ai besoin de faire une pause pour me rappeler pourquoi je fais de la politique. Je me retire trois jours à l’abbaye de la Pierre-qui-Vire dans le Morvan (Bourgogne).

Bien sûr, je n’ai pas décidé cela du jour au lendemain. Mais à l’heure actuelle, j’ai plutôt envie d’insulter les Saviniens et notamment les élus de la majorité. Et ce qui me chagrine vraiment est que je suis désormais un des rares à conserver de la colère face à une injustice que beaucoup semblent dorénavant accepter. Mais au delà du problème local de la Savinière, les Français se sont accoutumés à 5 millions de chômeurs, 4 millions de mal-logés et 9 millions de pauvres…

Déjà quand je vois que les Français ont élu MACRON, je me dis que je ne pourrais jamais les convaincre de la justesse de mon programme qui repose sur l’intelligence citoyenne et qui veut responsabiliser les Hommes pour mieux les libérer. Or en trop d’endroits, c’est la lâcheté, la soumission, la paresse intellectuelle qui dominent… Alors comment adapter le discours pour se faire comprendre de cette majorité de Français qui s’est fait avoir par un produit publicitaire ?

Voilà dix-sept mois que je prépare cette campagne législative. Mais c’est seulement maintenant que les choses sérieuses vont réellement commencer, à compter de ce lundi 22 mai. Il est clair que j’ai besoin de prendre du recul pour resituer mon action dans une vision. Quel meilleur endroit qu’une abbaye pour se retrouver face à soi-même ? Avec des heures de marche dans la forêt pour se vider la tête et répondre aux questions essentielles : quelles sont mes convictions ?

Rien qu’à relire cet article, je me trouve vachement névrosé, et je me dis que trois jours à la campagne ne pourront pas me faire de mal. Sûrement que je prends les choses trop à cœur, mais je n’imagine pas d’agir autrement. Au moins, j’essaie, mais même le fait d’essayer n’est pas beaucoup reconnu par les autres. Est-ce une raison pour arrêter ? Non, tant qu’on est bien certain qu’on agit valablement pour les autres, ce qui reste difficile quand c’est sans les autres…



Quelle presse est-ce que je veux pour demain ? (Olivier VAGNEUX)

Il y a deux semaines, j’exprimais au travers de la plateforme « Demain la presse » de quelle presse je ne voulais pas. Aujourd’hui, j’écris ici comment je voudrais voir la presse si elle pouvait échapper à ses travers actuels. Malheureusement aux mains de patrons de presse, sa libération ne pourrait être que la conséquence d’un renoncement de ces derniers (ce qu’ils ne feront pas à cause de la publicité) ou d’une nationalisation de l’État.

Il faudrait d’abord une presse de qualité qui apporte quelque chose de supplémentaire que ce que la population engrange en allumant la 15 ou la 16 de sa télévision, ou en regardant les fils d’actualité sur son navigateur internet. Autrement, il n’y aurait aucun intérêt d’acheter la presse, sinon de l’avoir sur un support papier, ce qui n’est plus qu’une demande des anciennes générations. Donc une presse qui délivre des analyses inédites, diverses et élaborées.

Il faudrait ensuite une presse accessible économiquement. Elle est actuellement trop chère et elle l’est malgré les publicités qui font diminuer son coût. Il faudrait que pour 1 euro par jour, un lecteur puisse avoir accès à plusieurs médias dont les différentes analyses lui permettent de développer son propre avis sur les questions d’actualité. Il faudrait aussi revoir le système de rémunération des journalistes, et supprimer le paiement au nombre de vues. Payer le journaliste pour la qualité de son travail, et non pas pour la popularité.

Il faudrait une presse qui retrouve le temps. Qui puisse sortir à n’importe quelle heure ; y compris la nuit si l’actualité le décrète, mais qui ne paraisse qu’au moment où le travail est considéré par le journaliste comme achevé et complété, et pas parce qu’il faut boucler. À côté, il faudrait des revues de presse qui rassemble les meilleurs papiers, pour des éditions calées dans le temps.

Il faudrait une presse sans contraintes, avec des lignes éditoriales flexibles, journalistes libres de choisir leurs sujets, et de le traiter comme ils l’entendent, qui puissent faire entendre leurs convictions personnelles dans des médias d’opinion, mais qui restent neutres dans des médias d’information, sans la correction d’une autre équipe. Mais en contre-partie, il faudrait aussi que les journalistes puissent être remerciés s’ils sont mauvais.

Il faudrait une presse indépendante où la publicité est choisie librement et où les propriétaires n’aient aucune influence sur la ligne éditoriale, dans laquelle il n’y ait aucun conflit d’intérêt visible et reprochable. Dans laquelle les journalistes soient recrutés au mérite et pas par copinage. Dans laquelle le système de financement de la production et de la distribution de la presse soit revu et amélioré.

Il faudrait enfin une presse diversifiée présente sous plusieurs formats sous la forme des pure players avec des papiers, des sons, de la vidéo. Il faudrait un support numérique pour les journalistes qui n’ont pas de média fixe sur lequel il puisse publier pour se faire remarquer.

Si chaque Français dépensait 1 euro par jour pour s’informer, alors tout cela serait largement possible. Dans tous les cas, le système actuel fonctionne à perte puisqu’il y a de plus en plus de journalistes et de moins en moins de places, donc on se dirige vers un numerus clausus…



Ce que j’aimerais vraiment dire aux électeurs

 (Un coup de gueule à l’approche des législatives)

Je me force à croire que la politique peut changer et améliorer la vie des gens, c’est pourquoi je m’y suis engagé et j’y reste encore (plus pour longtemps heureusement). Mais plusieurs obstacles se dressent devant nous, et nous ne pouvons pas les contourner.

Dans le film du Seigneur des anneaux, on fait dire à Aragron : « Un jour peut venir où le courage des Hommes faillira, où nous abandonnerons nos amis et briserons tous liens. »

Aujourd’hui, et je le vois dans ma ville, nous avons abandonné nos amis, définitivement. C’est fini l’altruisme, et encore plus de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Qu’est-ce que je peux faire, moi tout seul ? Alors, je préfère ne rien faire. Et puis pour ceux qui s’engagent quand même, c’est leur affaire, donc je les laisse crever jusqu’à épuisement. Et moi, perso, je n’en peux plus d’être trop seul, et j’ai hâte que 2020 arrive, que je puisse définitivement fermer la page politique de ma vie.

Quant aux liens sociaux, ils sont de plus en plus artificiels derrière les Facebook, les blogs et compagnie. On fait du communautarisme et on est tout content de dire qu’on coexiste, plutôt qu’on vive ensemble. Mais j’ai quand même pas trop envie de me mêler aux autres.

Moi, ce qui m’emmerde, c’est l’égoïsme des personnes qui ne pensent qu’à leur gueule et à leurs problèmes. À commencer par ce que je vois dans ma famille et chez mes amis. Pourquoi une telle soumission derrière un faux-confort qui va de toute façon se réduire si on continue comme cela ?

Par exemple, un truc que je n’arrive pas à faire comprendre à mon père qui ne se déplace qu’en voiture : je m’en branle que faire venir des immigrés, ça casse le coût du travail et améliore les revenus des actions. Je préférerai juste ne pas être le seul blanc dans ma rame de RER quand je le prends aux heures creuses. Et tous les connards qui me disent que je suis raciste d’écrire cela, mais qui n’ont rien à me répondre quand je leur demande de me prouver l’existence de races humaines. Ça, c’est le politiquement-médiatiquement correct qui pourrit le cerveau des gens.

On s’interdit de penser que, au cas où ça serait pas bien. Finalement, on a bien rendu les gens cons en les empêchant de se construire dans le savoir et la réflexion. Ne pensez pas, au cas où vous penseriez mal.

Et puis, on va manifester quand un acquis social est remis en cause, mais pas plus de quinze jours, parce que c’est lassant. Et puis on se fait quand même baiser, et encore plus quand on lâche l’affaire, mais on est content parce qu’on a essayé, et on s’en vante en plus.

Il y a des trucs que les gens s’interdisent de comprendre. Comme que de l’emploi productif, on n’en recréera jamais parce qu’on a décidé avec l’Europe que c’est dans les pays pauvres de l’Est, qu’il fallait faire faire tout cela. Ben moi, j’emmerde l’Europe : Érasmus, ça me fait pas bander, et je voudrais qu’on produise en France, et que les Français aient du travail.

Et je voudrais aussi qu’on arrête avec les conneries de la Cour européenne des droits de l’Homme qui ferme sa gueule sur la Turquie mais qui nous condamne régulièrement, par exemple parce que quand on arrête des pirates somaliens qui sont des meurtriers, on n’est pas capable de les présenter à un juge d’instruction dans les 48 heures !

J’aimerais tellement que chacun se pose les questions de savoir si telle chose est positive et négative et qu’on compile les réponses, pour que celle qui soit majoritaire l’emporte. Mais quand bien même, les gens sont par exemple en désaccord avec l’euro, ils sont pour le garder parce que ça valorise nos échanges internationaux. Et le pire, c’est que c’est devenu vrai, parce que comme on n’a plus que du service à exporter, ça ne vaut rien…

À l’électeur, il ne faut pas lui dire de choses négatives. Il faut lui faire croire que tout va aller très bien et très vite. Il faut pas s’énerver parce que la violence verbale, il ne supporte pas, surtout depuis son canapé. Il ne veut se bouger qu’au moment des élections, et encore… Mais pour gueuler, à la rigueur, signer des pétitions. Et on est de plus en plus mous.

En fait, je ne crois plus en la politique parce qu’on ne peut rien imposer à des cons qui s’enchainent eux-mêmes et vont s’offrir en esclavage. Je crois que ceux qui sont conscients peuvent quand même résister, peu importe qu’on les emmerde pour réduire leurs libertés et leurs initiatives. La vraie liberté, elle est dans chacun de nous.

Les Français n’ont plus d’ambitions ou de projets en commun. Même taper sur Marine LE PEN ne fonctionne plus, parce que dans le fond, beaucoup sont d’accord avec ses idées, même s’ils ne le disent pas. Je ne suis pas raciste mais la blague raciste me fait rire… Donc tu es juste incohérent.

Je voudrais qu’il y ait une prise de conscience mais les gens s’y refusent. Libérez-vous, responsabilisez-vous, devenez intelligents, mais c’est pas bandant. Et puis toujours le réflexe français : celui qui a une belle voiture, c’est plutôt lui cracher dessus que d’essayer d’en avoir une tout comme lui, même si une voiture, c’est nul.

Je vois une décadence, et je voudrais l’arrêter. Mais je ne sais pas comment faire. Je voudrais réunir autour de moi tous ceux qui veulent changer le monde tel qu’il est, sinon permettre à ceux qui veulent le faire, d’agir. Mais ça n’intéresse pas les gens. Qu’est-ce qu’on peut faire ? Qu’est-ce qu’on va faire ? Moi, je continue jusqu’en 2020 mais sans illusions sur la nature humaine. Je ne voudrais juste pas gâcher les espoirs de ceux qui y croient encore (mais réellement ; pas les connards qui vont d’un parti politique à l’autre, et le quitte parce qu’ils ne réussissent pas). Alors comment les aider ?

Voilà, j’en suis là de mes réflexions pour les législatives ! Enjoy !



Étranges conditions générales de Change.Org

J’ai été très déçu de recevoir ce matin de la fête du Travail la mise à jour d’une pétition que j’avais signée il y a tout juste un an, relative à la loi Travail. Celle qui avait lancé la pétition invoque deux motifs pour justifier la suppression de sa pétition : les conditions de Change.Org et des raisons personnelles. Nous sommes pourtant de nombreux commentateurs à nous poser quelques questions en lien avec le second tour de la présidentielle.

Parlons franchement : la pétition a-t-elle été supprimée parce qu’elle critique une réalisation de MACRON ? La plateforme se soumettrait-elle pour faire barrage au Front national, ou pire parce que MACRON a accepté de contribuer au Tour citoyen de Change.Org (dix pétitions plébiscitées pour être signées par les candidats à la présidentielle) à l’inverse de Marine LE PEN ? Ou veut-elle juste se faire bien voir du candidat ? Et dans quel intérêt, ou pourquoi ferait-elle cela ?


Une plateforme gauchisante ?

C’est un reproche qui est fréquemment adressé à la plateforme dont le contenu des pétitions défend plutôt et souvent des valeurs de gauche. Pour autant que les lanceurs de pétition, voire les pétitionnaires sont plutôt de gauche, ce qui se vérifie notamment à la lecture des commentaires, l’indépendance et la non-censure semblait plutôt être de mise, avec les mêmes limites que l’on retrouve sur les plateformes équivalentes de droite comme par exemple CitizenGo.


Sur les conditions générales de Change.Org

S’il n’existe pas de conditions générales à proprement parler, il y a, dans les conditions d’utilisation, le fait que Change.Org se réserve le droit de supprimer la pétition si elle contrevient à la Loi. Autrement, la pétition est automatiquement fermée au bout de 366 jours, avec la possibilité de la rouvrir. Donc rien ne l’arrêterait au 11 mai 2017. Il n’est même pas précisé que Change.Org peut fermer la pétition si elle devient sans objet, ce qui est pourtant le cas ici…


Des raisons personnelles

Sur la page de la pétition, la personne à l’origine se défend, mais ne convainc guère, y compris votre serviteur. Ce qui est étrange est la mise en avant de la responsabilité de Change.Org alors que tout indique que ce sont effectivement des raisons personnelles qui amènent à ce choix. Mais des raisons qui ne sont pas explicitées, et qui tendent à faire croire qu’il y a eu pression de Change.Org, plateforme décriée par ailleurs car elle revendrait des données de pétitionnaires.


Pour autant que nous n’en saurons donc pas plus, c’est le symbole envoyé d’arrêter la pétition aujourd’hui qui est mauvais. Que par la volonté d’une seule personne, on renonce au combat de 364 000 personnes contre la loi El-KHOMRI (MACRON 2)… Qu’à cause du Front national, on s’oblige à reconnaître comme bon des choses qui sont profondément mauvaises. Alors n’oublions pas que ce sont d’abord nos actuels députés qui n’ont pas voté la motion de censure…