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Des nombreuses incohérences électorales dans la série Marseille

Pour tous ceux qui connaissent un peu la politique municipale française, la Ville de la série Marseille (Netflix) représente un condensé d’incohérences logiques, et de manquements aux dispositions du Code électoral, sinon au Code général des collectivités territoriales. Bien qu’on comprenne que tout cela est fait pour participer au scénario, on ne peut néanmoins qu’en regretter l’absence d’effort pour rendre l’histoire réaliste.

Dans la vraie vie, Marseille compte un conseil municipal de 101 élus pour gérer les affaires propres à la commune (celui qu’on voit dans la série), et huit mairies de secteur pour gérer les affaires internes des arrondissements marseillais. Les élus du Conseil municipal sont le premier tiers des élus de chaque liste (majorité et opposition(s)), qui siège dans les mairies de secteur. Les différents secteurs envoyant plus ou moins d’élus, en fonction de leur démographie.


En premier lieu, la série ne précise jamais le nombre total d’élus à ce Conseil municipal. Tout au mieux, apprenons-nous qu’il y en a au moins 100, grâce au total des voix (80+12+8), lors de la dernière réélection de Lucas BARRÈS (saison 2, épisode 8).

Les dialogues de l’épisode 1 de la saison 2 nous apprennent qu’il manque 9 voix à BARRÈS pour former une majorité, laquelle doit vraisemblablement donc être à 51 (50 plus une voix, soit un résultat cohérent avec la réalité). Lucas BARRÈS aurait donc 42 partisans.

Sauf que c’est difficilement crédible, en tant que Robert TARO, qui est censé être arrivé en tête des élections municipales, au total avec 130 voix d’avance sur la ville, n’a que 37 partisans, puisqu’il obtient 37 voix à l’issue de la première élection au début de la saison 2.

Cela n’est cependant pas impossible dans le cas où TARO aurait remporté plus largement des petits secteurs, tandis que BARRÈS aurait gagné les gros. On peut sinon imaginer que certains des soutiens de TARO soient allés à BARRÈS ; mais un maximum de deux, par rapport à la composition des autres groupes.

Précisons ici que BARRÈS comme TARO sont de droite, et que BARRÈS agit en tant que candidat du parti UPM (Union pour Marseille – branche locale du parti de droite), tandis que TARO agit donc en dissident (cf saison 1).

Dans tous les cas, la réunion de leurs partisans (37 + 42), ne devrait leur apporter qu’un maximum de 79 voix. Sauf que, lors de la dernière élection du maire, BARRÈS obtient 80 voix.

Serait-ce alors là la voix de Jeanne COSTE, l’ancienne maire issue du Parti français, visiblement chassée de son parti à la toute fin de la saison ? Qu’on ne revoit d’ailleurs plus dans les dernières séquences (ce qui est conforme à la pratique).

On apprend au début de la saison 2 que le groupe de gauche, présidé par Michel DUPREY, dispose de 10 sièges. Si celui-ci avait intégralement apporté ses voix à BARRÈS au début de la saison 2, celui-ci aurait donc obtenu 52 voix.

Sauf que BARRÈS remporte la première élection de maire avec 53 voix, et manifestement, au regard des applaudissements, les voix de la gauche (10) et les voix de l’extrême-droite (nombre inconnu). Sauf que cela ne correspond pas au résultat… Et comme les absentions ne sont en plus pas annoncées…

On peut donc penser que ce groupe de gauche s’est en fait abstenu. À moins que BARRÈS ait obtenu les 10 voix de gauche, plus celle de Jeanne COSTE, à laquelle il aurait promis la place de 1ère adjointe ?

Fait étonnant, ce même groupe de gauche obtiendra 12 voix lors de la dernière élection du maire…

On sait aussi qu’il y a au moins 9 élus dans le Parti français, dont le groupe est présidé par Robert MARCIANO (puisque ceux-ci proposent une alliance à BARRÈS contre neuf nominations).

Celui-ci n’obtiendra pourtant que 8 voix lors de la dernière élection du maire, avec 8 voix pour un certain Pascal AUBIN. On peut donc se demander où est passé la neuvième voix entre temps, sauf à ce que ce soit celle de COSTE donnée à BARRÈS ? (Un siège ne pouvant rester vide.)

Problème, si donc le Parti français est resté à 9 ou 10 voix pendant tout le mandat, il n’est absolument pas crédible que Jeanne COSTE, issue de ses rangs, ait pu être élu maire, sauf à avoir obtenu un très large soutien du groupe de BARRÈS d’au moins 4/5e. Ce qu’on imagine mal réellement car la droite ne vote généralement pas pour l’extrême-droite.

De plus, lorsque Jeanne COSTE est élu, son élection est visiblement félicitée et applaudie par 26 élus, donc probablement des élus du groupe de BARRÈS. Mais dans tous les cas, une minorité trop faible pour diriger quoi que ce soit.


Je voudrais maintenant relever rapidement les autres incohérences :

  • La présidence de la séance d’élection du maire est normalement assurée par le doyen d’âge. Ce n’est pas le cas dans la série, où elle semble être le fait d’un huissier.
  • Les résultats sont apportées dans une enveloppe fermée par un huissier, et tout le monde semble attendre le résultat. Le dépouillement est pourtant public, se fait sur la table de la présidence et il est scruté et assuré par le deuxième élu le plus âgé, et l’élu le plus jeune.
  • Le choix du premier adjoint doit être approuvé par le Conseil municipal. Ce n’est pas BARRÈS qui impose COSTE, ou COSTE qui nomme CHASSERON. Et il semble étonnant que le choix d’une première adjointe à l’extrême-droite ait pu emporter la majorité des suffrages.
  • La révocation d’un adjoint n’est pas possible. Le maire doit lui retirer ses délégations, et le Conseil municipal doit ensuite approuver cette révocation, ce qu’on ne voit pas dans la série.
  • La démission du maire n’amène pas son remplacement automatique par le premier adjoint. Le Conseil municipal procède à une nouvelle élection.
  • Les absentions sont normalement annoncées à l’issue des votes.


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Sur la place des jeunes dans l’Église catholique

À Savigny, nous écrivons actuellement le prochain Projet pastoral de secteur 2018-2021. Et avec les meilleures intentions du monde, nos bons chrétiens développent un volet jeunes. Et je pense que c’est hyper-contreproductif, parce que nos jeunes chrétiens n’aspirent d’abord qu’à une seule chose : qu’on leur fiche la paix ! Ensuite, qu’on les considère comme des grands, sans ce faux-jeunisme hypocrite qui tranquillise les vieux.


Le premier problème, c’est que ce ne sont que des quinquagénaires et plus qui se posent la question de proposer une « politique » jeunes, et du fait du fossé générationnel, notamment de la fracture numérique, ils sont quand même à la masse. Et que les recettes qui ont fait florès il y a dix ans ne fonctionnent plus aujourd’hui !

Le deuxième, c’est que les jeunes qui servent de cobayes dans ce genre de réflexions, ont trop souvent une spiritualité charismatique. Et ils veulent de la prière, et des chorales ; et si les jeunes ne sont pas contre dans les grands rassemblements spirituels comme le Fraternel, ils s’en moquent le reste de l’année.

Le troisième, c’est les animateurs qui veulent « transmettre » la foi ; sans forcément bien savoir quel est leur foi. Et qui enseignent un catéchisme, au lieu de PARTAGER leur foi et de dire ce qu’ils vivent, ce qui suppose un recul de sa pratique religieuse. Donc ils font passer quelque chose de désincarné et impersonnel au travers des jeunes, et parfois ça reste, ou ça s’en va…

Le quatrième, c’est de vouloir responsabiliser les parents pour qu’ils mettent la pression sur les jeunes, alors que nos jeunes resteraient d’eux-mêmes, si le caté et l’aumônerie étaient intéressants, et surtout si on transformait la démarche administrative de parents qui demandent les sacrements pour leurs enfants, en démarche de foi des jeunes.

Le cinquième, c’est l’absence de l’assemblée voire aussi des prêtres au long de l’année. C’est bien de dire qu’il faut des jeunes, mais il faut aussi les laisser occuper une place, sans leur donner, mais sans les bloquer. Et trop souvent, nous ne sommes que dans le sentimentalisme, et finalement dans l’hypocrisie parce que nous voulons des jeunes pour dire que les vieux ne sont pas responsables du déclin de l’Église, et pouvoir leur reporter la faute dessus.


Bref, je suis assez malheureux parce que, de ce que j’en vois, nous considérons les jeunes cathos comme des grands immatures, au moyen d’un jeunisme malsain. Et au lieu de leur permettre de s’affirmer dans leurs propres convictions (ce qui entre nous est mal vu ; et je peux en témoigner de ce que j’en vis), on préfère en faire de bons chrétiens de tradition, qui clairement s’ennuient à la messe, et donc finissent par se tirer.

Ce qui me fait mal est que le concile Vatican II est justement responsabilisateur, et qu’il fait éclater les distinctions sociales et sociétales. Et qu’on recommunautarise pour séquencer et diviser le Peuple de Dieu. Qu’on commence donc par traiter les jeunes comme des chrétiens adultes, et qu’on fasse une « politique » pour les chrétiens dans leur ensemble, avant de faire une sauce pour chaque mouvement, service ou segment…

Avec du recul, et un regard critique, je m’aperçois que le (mon) Christ déserte de plus en plus nos églises. Avec le souci qu’il n’est parfois même plus là dans nos démarches sacramentelles et dans tout ce qui est accompagnement et éducation à la foi. Donc oui, on fait de la religion, mais on ne « fait » plus de foi. Et j’entends des discours auxquels les gens ne croient pas ; et je vois des gens qui interprètent l’Évangile, mais d’une manière pas toujours très christique… Et ils ne me donnent pas envie d’être (plus) chrétien…



Une contre-pétition pour le maintien d’Alain FINKIELKRAUT à l’Académie française

Il y a quelques jours, je lisais une intéressante tribune de l’essayiste Pascal BRUCKNER, analysant une partie des raisons de la défaite d’Hillary CLINTON à la présidentielle états-unienne un an après, et dénonçant ce qu’il appelle la « gauche des campus ». Je voudrais vous partager ici une contre-pétition en réponse à une première pétition émanant de cette « gauche des campus », malade dès qu’on sort de sa pensée unique à elle.

https://www.mesopinions.com/petition/politique/qu-alain-finkielkraut-soit-maintenu-academie/37109

En premier lieu, je me dois de vous prévenir que cette pétition émane d’un militant du SIEL (Souveraineté, identité et libertés), parti politique d’extrême-droite, ce dont je me contrefous présentement, adhérant au thème de la pétition, et non pas au parti qui en est à l’origine.

Tout commence donc avec un gauchiste en position latérale de sécurité, qui parce qu’il considère que les position publiques de l’académicien Alain FINKIELKRAUT sur les « Français de souche » vont « à l’encontre du vivre-ensemble et de la cohésion sociale », ne demande pas moins que son exclusion de l’Académie française ! Oui Madame, ou Oui Monsieur, au pays de VOLTAIRE, on tente bien de détruire la carrière de ceux qui penseraient mal, selon la gauche.

Et après, on s’étonne qu’une part croissante de Français s’intéressent aux médias alternatifs voire aux thèses complotistes ! Mais à force de tout aseptiser, et de ne plus laisser rien passer, quand bien même cela est fait dans le cadre de la réflexion philosophique ou sociologique, sinon de l’humour, on se retrouve avec une société malade qui annonce sa perte. Moi, je veux pouvoir penser différemment et je défends la liberté de parole d’Alain FINKILEKRAUT !

FINKIELKRAUT n’est pas DIEUDONNÉ ! Faites moi donc le plaisir de me faire exploser cette pétition, qui grandit pour l’instant plus vite que son opposée, laquelle a cependant mieux démarrée. Je trouve normal qu’on puisse trouver à l’Académie française des opinions différentes, et quand bien même, l’Académie serait conservatrice voire réactionnaire, c’est aussi son rôle, en tant que garde-fou moral de notre société, de nous dire des choses qu’on ne veut pas entendre.

Juste un dernier mot sur le vivre-ensemble et la cohésion sociale, j’ai suffisamment d’engagements pour constater que les gens ne veulent naturellement pas vivre ensemble ; et que ce n’est pas parce que certains analysent les différences ou présentent des tendances irréconciliables que la cohésion sociale est affaiblie. Elle l’est déjà par nature ; et ce n’est pas parce qu’on dit qu’il y avait 99 % de blancs à l’hommage à Johnny qu’on émet un jugement ; c’est un fait !

https://www.mesopinions.com/petition/politique/qu-alain-finkielkraut-soit-maintenu-academie/37109



Quand le clip « Chocolat » de Lartiste feat Awa Imani transforme l’intolérance des Arabes en intolérance des blancs

Avertissement : Pour des soucis de simplification d’écriture, je vais employer les termes de blancs, noirs et arabes pour désigner ici respectivement des personnes d’origine européenne, des personnes d’origine africaine subsaharienne, et des personnes originaires du Maghreb. Espérant que vous comprendrez cette essentialisation, qui est le fait du clip, du moins tel que je le ressens.


Donc à l’origine, c’est une musique engagée pour dénoncer le rejet culturel et historique des arabes envers les couples mixtes lorsque Monsieur est arabe, et que Madame est noire. N’imaginons pas dès lors pas que l’inverse soit possible…

Laissons de suite la parole à Moussa SANOGO, ancien esclave en Libye, qui témoigne (cela ne reste qu’un exemple choisi à dessein) sur FranceInfo d’un rapport conflictuel qui existe en Afrique entre les noirs et les arabes, mais qui tend à s’importer en France.

« Pour les Arabes [les geôliers libyens], l’homme à la peau noire n’est rien, moins qu’un animal. Les animaux, on les traite mieux », estime Moussa Sanogo, qui a passé un peu plus de quatre mois en Libye.

Mais heureusement, l’homme arabe et la femme noire s’aiment, ils s’enfuient et leur amour est plus fort que tout. Et c’est bien ce que disent les paroles de ce mélange de hip hop et de rap, à l’origine de l’expression « sexy raffinée ».

Tout irait donc bien si ce n’est ce moment gênant qui commence à 2 minutes 27 dans le clip, dont je vous retranscris plus bas les paroles (en bleu, le blanc ; en rose, la noire et en rouge l’arabe). À noter que le rôle du blanc est joué par l’humoriste Alban IVANOV.


Eh, qu’est-ce qu’il y a ?

Tu fais quoi ici ?

Eh attends toi, deux minutes, je parle à ma femme Aladin. OK

Oh là là…

Ta femme ? heu, ça fait deux ans qu’on n’est plus ensemble.

Comment ça, on n’est plus ensemble, et ça fait deux ans.

Ça fait deux ans, et tu le sais très bien

Non, non, moi, j’ai jamais dit que j’étais plus avec toi

Moi, j’ai dit que je ne suis plus avec toi

Ouais, eh ben, c’est pas toi qui décides. Moi, si je veux être avec toi, je suis avec toi.

Mais c’est dans ta tête ça

Donc Aladin, il va reprendre son cheval, et il va retourner avec son copain le génie.

Tu peux le respecter, là ?

Et toi, tu vas rentrer à la baraque.

Non, chez moi, je rentrerai chez moi.

Et c’est quoi cette musique, Chocolat, Chocolat, quoi tu t’es pris pour Omar SY (Intouchables). Y a pas de chocolat.

Puis tout le monde danse


Certains ont été choqués par le refrain « cho-cho-cho-chocolat », qui n’est pas sans leur rappeler Annie CORDY. Personnellement, je suis plus choqué par cette pastille humoristique dans laquelle le blanc se comporte comme un salaud d’esclavagiste, lequel serait propriétaire de la noire, qui se défend pas trop mal. Notons cependant la lâcheté de l’arabe qui se garde bien d’intervenir… Et comment dire que les blancs sont tous des putains d’esclavagistes !

Mais s’il y a eu besoin de faire ce clip, ce n’est pas pour dénoncer le comportement des blancs (et certainement qu’il y a aussi des salauds qui croit encore à la colonisation), mais c’est le comportement intolérant des arabes qui n’acceptent pas les mariages mixtes… Et donc si on ne connaît pas le contexte, et qu’on y voit qu’une histoire d’amour, l’arabe est le gentil qui veut vivre sa romance au calme avec sa noire et le blanc est le méchant… Moi, ça me dérange…