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Coup de gueule après les attentats en Catalogne

Notre Occident et nos démocraties sont tellement malades qu’elles se bougent plus activement dans la lutte contre le suprématisme blanc que contre le terrorisme islamiste…
 
Bien sûr que les deux sont condamnables, mais pourquoi donc ne se bouge-t-on pas avec plus de force contre celui qui fait le plus de morts ? Il paraîtrait toutefois que le suprématisme blanc tue plus que l’islamisme…
 
Notons au moins que la recrudescence de ces attentats trahit au moins que l’étau se resserre sur l’État islamique (politique et territorial).
 
On nous a passé en boucle le forcené de Charlottesville, comme on nous avait montré avec insistance le cadavre du petit Aylan. Mais pas plus qu’au Bataclan ou à Nice, il ne nous faudra voir nos morts de Barcelone et de Cambrils.
 
Il ne faudrait pas qu’ils aient notre haine…
 
Après Charlie, le terrorisme ne devait plus avoir de couleur ou de religion. Sauf quand le terroriste en question est blanc et chrétien, parce qu’on en est encore à considérer qu’il est majoritaire et qu’il est le principal obstacle à la libération de la société.
 
Au contraire de celle qui porte le burkini, parce qu’elle le fait librement, et qu’il n’y a aucune provocation dans le fait que cette mode se soit intensifiée sur la Côte d’Azur au lendemain de l’attentat de Nice.
 
Finalement, nous récoltons ce que nous avons semé.
 
Plutôt ma génération subit l’accumulation de 70 ans de lâchetés de gens qui ne veulent que du plus et du meilleur depuis la seconde guerre mondiale, parce que HITLER, c’était le pire du pire.
 
Et à son tour, ma génération sera une génération de connards !
 
Le mouvement soixante-huitard, bien qu’il ne se résume pas à mai 68, a voulu se libérer en cassant tous les repères (familiaux, éducatifs, religieux, sociétaux…). Aujourd’hui, nous subissons les conséquences d’une génération sans repère donc influençable par les idées des extrémismes politiques et religieux.
 
Alors aux États-Unis, ils s’imaginent qu’en retirant les symboles de la Confédération ou des traces de la France vichyste, ils vont réduire la haine. Comme les gens ne connaissent de toute façon plus l’Histoire… Pas plus que les islamistes ne connaissent l’islam.
 
Et moi dans tout cela, qu’est-ce que je peux faire ?
 
Sinon subir la lâcheté d’une majorité et espérer ne pas faire partie du cortège des prochaines victimes du prochain attentat.
 
Car j’appartiens aussi à cette génération, avec le tort personnel de posséder des repères eu égard au milieu dans lequel je suis né. Et pire, de ne pas vouloir m’en libérer.
 
J’appartiens à cette jeunesse qui est de plus en plus méprisée, au profit d’une autre jeunesse insipide, inculte et mondialisée. Celle du multiculturalisme qui ne pense qu’à se barrer de France, et qu’il faudrait applaudir alors qu’elle ne va que chercher ailleurs ce qu’elle fuit ici.
 
Le libéralisme en est arrivé à un stade où il fait croire aux Hommes qu’ils sont libres. Alors que non seulement ce n’est pas vrai mais qu’en plus ils n’en sont même pas heureux, dans la recherche vaine du « toujours plus ».
 
Et comme il n’en est à plus grand chose d’humain, on n’ira pas non plus lui demander de compter ses morts, à commencer par le fait qu’on n’est pas certain que ces morts aient vraiment été vivants.



Le plus écœurant dans la politique

De plus en plus, nous entendons les citoyens, sondages de 1000 ou 2000 personnes à l’appui, se dire écœurés par la politique, et les personnes politiques. De mon point de vue, certes, les pratiques de trop de personnes engagées en politique sont révoltantes. Mais le plus révoltant reste malgré tout l’attitude quotidienne des citoyens, qui finalement reprochent hypocritement aux politiques, d’être comme eux, et de frauder tout autant.

Un citoyen qui fraude, c’est un contribuable qui se rembourse de sommes indument perçues. Un politique qui fraude, c’est un salaud qui abuse de son pouvoir pour détourner l’argent public auquel il a accès. Dans les deux cas, nous sommes en présence de deux connards qui abîment un système dont ils vont ensuite se plaindre des manquements. Aurions-nous tous nos problèmes s’il n’y avait pas de fraudes sociales, salariales, patronales, fiscales, environnementales ?

Non, les magouilles d’un politique ne sont pas plus immorales que les magouilles d’un citoyen. Les deux sont condamnables, sauf que les citoyens préfèrent croire qu’il est plus grave de frauder lorsqu’on est politique. Et puis, ce serait quand même reconnaître qu’on vote mal, et finalement qu’on vote pour des gens qui nous ressemblent dans nos défauts. Et à partir du moment où le politique est trop représentatif, alors on ne peut pas le détester sans se haïr aussi.

Il faut aussi noter une évolution des modèles de référence. Quand l’argent de l’impôt était un motif de révolte dans les siècles antérieurs, les échanges sont devenus tellement importants, que les citoyens le considère comme abstrait et qu’il est relégué au second rôle. Ainsi, des habitants vont plus se plaindre (en nombre et en force) que le couvre-feu d’un aéroport ait été enfreint d’une minute, que d’un gaspillage de 30 000 euros, qui s’inscrit lui-même dans une série.

À tous ceux qui m’expriment leur dégoût de la politique, et qui voudraient que je leur réponde : « tu as bien raison, ils sont tous corrompus, sauf moi », je préfère leur demander : « Mais toi, qu’est-ce que tu fais pour qu’il y ait moins de corruption dans ce monde ? » Et généralement, ça ne passe pas parce que le citoyen estime que l’élection lui permet de se décharger de s’intéresser au monde environnant, et puis il n’a trop souvent pas que ça à faire car il doit d’abord s’occuper de lui !

Le XXIe siècle marque une évolution dans notre conception de la politique : alors que jusque-là, l’État devait s’occuper de NOUS, on voudrait aujourd’hui surtout qu’il s’occupe de MOI. Moyennant quoi, on ne bouge pas quand on ne se sent pas impliqué dans la remise en cause du NOUS (il y aura sinon bien d’autres cons pour cela). Et puis quand on s’attaque au MOI, on attend quand même des autres, et puis on se résigne plus vite, en se disant que si même les autres n’ont pas réussi…

Le vrai écœurement réside donc dans la lâcheté collective des citoyens, qui ne possèdent plus le courage de leurs aïeux. Combien seraient prêts à risquer leurs vies pour un idéal politique comme les résistants de 1940, ou les révolutionnaires de 1789 ? Une minorité qui sait en plus que l’Histoire, ou plutôt la mémoire, ne l’oubliera assez vite, surtout si elle ne se trouve pas du côté des vainqueurs immédiats. Les citoyens ne croient plus dans la politique car ils ne croient plus en eux.

Le vrai drame de notre XXIe siècle est bien cet égoïsme, de plus en plus prégnant, qui nous pousse à croire que nous pouvons mieux nous en sortir tout seul, alors que c’est faux. Bien sûr, la survie en ermite est possible mais l’autarcie n’est pas une vie. Notre monde est sociable ; c’est juste à nous d’accepter la différence des autres comme composante de notre sociabilité.Et alors que nous faisons croire que nous sommes tolérants, nous sommes de plus en plus sectaires.

Or, malgré toutes les technologies, nous sommes de plus en plus enfermés dans des bulles. Je passe rapidement sur la théorie du complot que j’affectionne que nous sommes plus faibles en étant isolés, et que la multiplication des bulles est voulue pour offrir tant de nouveaux marchés potentiels. Ce pourquoi on veut casser tout ce qui empêche de faire ville (polis), à savoir la religion, la famille, l’État, le social, l’École… et donc de rejoindre une des nouvelles bulles !

L’écœurant dans la politique, ce sont pour moi d’abord les citoyens qui refusent de prendre leurs responsabilités, et qui préfèrent juste se plaindre pour avoir un prétexte à dire qu’ils s’intéressent. Or, ces mêmes par leur refus sont responsables des nouveaux malheurs qui arrivent, et empêchent généralement par orgueil ceux qui viennent après eux, de réparer leurs erreurs. Conclusion de cette spirale infernale : la lâcheté appelle la lâcheté.



L’hypocrisie, un an après saint-Étienne-du-Rouvray

Ce mercredi 26 juillet 2017, La France commémore le Père Jacques HAMEL, assassiné il y a tout juste un an par deux terroristes islamistes dans l’église saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray. Mais vu que rien n’est réellement fait pour empêcher ces événements de se reproduire, je déplore ce qui se résume à de la communication essentiellement politique, et qui finalement relativise la portée des attentats terroristes.

Un an après, tout va mieux. L’église saint-Étienne a été « réparée ». On a fait une grande messe avec le président et le Premier ministre, l’évêque, les chrétiens du diocèse et même les musulmans du département. Le Père Jacques HAMEL devrait être béatifié en tant que martyr. Sa famille ne garde ni colère ni de haine. On a mis une belle stèle devant l’église, et on a eu droit à de beaux discours pour dire qu’on va aimer et faire fraternité tous ensemble. C’est très beau.

Les habitants de saint-Étienne-du-Rouvray se disent rassemblés par ce sang versé. Les chrétiens aussi affirment se sentir plus forts ensemble. Du coup, ils multiplient les initiatives de rencontre avec les musulmans, n’ayant toujours pas compris que l’islamisme n’est pas l’islam et que les terroristes islamistes ne sont pas des musulmans modérés pratiquants qui un jour, se sont dits, les chrétiens sont trop méchants avec nous, et on va aller en tuer quelques uns…

Je trouve d’ailleurs que l’Église n’est pas à la hauteur, continuant ses opérations de communication islamophiles, à l’égard de musulmans qui acceptent par politesse, mais n’ont pas la démarche inter-religieuse des chrétiens depuis le concile Vatican II. Du coup, c’est juste de la communication, accompagnée de célébrations qui ne font plus sens, et faisant resortir des comportements malsains de chrétiens qui, par exemple, se rendent en pèlerinage à saint-Étienne.

Il faut vraiment que l’Église catholique arrête de se prendre pour Jésus, parce que l’Église, c’est Pierre, et donc qu’elle est humaine et faillible.

Mais qu’est-ce qui a changé en un an ? Qu’est-ce qui fait dans notre pays qu’on peut encore pratiquer sa religion, ou prendre un verre à la terrasse d’un café, ou aller au concert ou au match de foot, ou exercer sa profession, sans être assassiné par un fanatique religieux ? RIEN ! Il n’y a toujours pas d’islam de France tandis que la déradicalisation ne fonctionne pas et n’est qu’un gouffre financier. Le nombre de djihadistes semblerait néanmoins légèrement se réduire.

Que donc certains tiennent des discours angélistes après les attentats terroristes ; ce ne sont pas les miens. Je trouve réellement dangereux ces personnes qui adoptent un discours qui n’est pas vraiment le leur, juste au nom de la préservation d’une certaine paix sociale. En tout cas, moi, à 25 ans, je veux vivre et pouvoir pratiquer ma religion, sans qu’un prêtre de mon Église puisse être assassiné par un fanatique d’où qu’il vienne, ou risquer d’être assassiné ici ou là.

Samedi, j’étais à la prison de Fleury et nous en parlions avec une personne détenue qui me demandait si c’était une histoire vraie… Voilà où nous en sommes. Et la solution n’est pas l’état d’urgence permanent ni la multiplication des lois anti-terroristes. Mettre un policier devant chaque église n’empêcherait pas tout, et relèverait d’un mauvais signal. Alors si donc on ne peut rien faire, évitons d’envoyer le message qu’une vie a plus d’importance quand elle a cessée.

Il n’y avait pas besoin de la mort du Père HAMEL pour créer de la solidarité, de l’entraide, de la rencontre, des échanges. Et quels misérables sommes-nous si nous avons besoin de la mort de nos concitoyens pour nous réveiller (quoique pas trop) et commencer à vivre ensemble ! Faisons d’abord société ; aidons chacun à trouver sa place et alors, nous décèlerons à temps les comportements asociaux et nous empêcherons d’autres attentats !



Hommage à mon arrière-grand-père, Roger-Camille JEANNIN

Parce qu’il aurait eu 120 ans aujourd’hui, alors je vais consacrer un petit article à la mémoire de mon arrière grand-père Roger-Camille JEANNIN. Je précise qu’il s’agit du grand-père maternel de mon père, donc du père de ma grand-mère paternelle.

C’est un homme qui est décédé en 1994 donc que je n’ai pas connu, même si je dispose de photos et d’un film sur lequel j’apparais en compagnie de mes deux arrière-grands-parents, tous les deux disparus la même année.

Je ne sais pas grand chose de lui. Ma famille n’aime pas parler du passé, moyennant quoi mes grands-parents disparus à leur tour (à noter que leurs parents ont quand même vécu presque dix ans de plus qu’eux pour trois des quatre), il ne reste pas grand chose : des photos, des diapos, des films, des souvenirs lointains…

Je sais qu’il était chef de gare, et que c’est comme cela que mes grands-parents se sont rencontrés puisque le père de mon grand-père paternel était aussi chef de gare.

Cela m’intéresse pour ce que ça nous dit de la France. Leurs enfants ont été respectivement ingénieur EDF et préposée de la Poste, et ils ont abandonné leur Bourgogne – Franche-Comté natale pour l’Île-de-France.

Le Bureau de la Légion d’honneur a su me retrouver la date de sa décoration de chevalier de Légion d’honneur, en tant qu’ancien combattant de 14-18, survivant en 1990. J’ai sinon trouvé trace de la médaille militaire qu’il a également reçu, selon le Journal officiel, bien que le Bureau de la Légion d’honneur n’en ait justement trace… Je sais qu’il avait été gazé et qu’il en ait gardé des difficultés respiratoires qui ne l’ont pas empêché de mourir à 97 ans.

La légende aussi. Celle que me racontait mon grand-père, donc le gendre de celui que tout le monde appelait Camille, à savoir qu’il aurait participé à la résistance active dans sa Bourgogne natale pendant l’Occupation.

Selon mon grand-père paternel, dont j’ai le seul témoignage qui remonte à une dizaine d’années, ils partaient à trois, manifestement pour des actions de sabotage. Ils s’armaient et disaient chaque fois adieu à leurs femmes et à leurs enfants, au cas où ils se feraient prendre car selon mon grand-père, ils disaient savoir que s’ils étaient capturés ainsi armés, alors ils seraient fusillés.

L’un des trois, une autre personne de la famille, beaucoup plus éloignée de moi, a d’ailleurs été fusillée peu avant la Libération. Selon sa femme, il aurait provoqué les Allemands…

Un jour, quand j’aurais pu intégrer un club de tir en Essonne et je suis sur liste d’attente depuis plus d’un an, je pourrais hériter d’une de ses armes.

Je ne sais pas de quand elle date, d’après la seconde guerre si j’ai bien compris, même si le modèle de l’arme date de 1915 ; il s’agit d’un revolver « DE MARTIN A BASCARAN-EIBAR » de type »MARTIAN » CAL 7 65 avec 17 balles et 3 chargeurs.

Il paraît enfin qu’il commettait beaucoup d’excès, notamment qu’il buvait beaucoup comme la plupart des hommes de sa région et de son âge (du kir notamment), ce qui expliquerait peut-être génétiquement que je tiens bien l’alcool, tout du moins que je n’ai pas besoin de boire pour écrire des bêtises sur ce blog.

Mes amis, écrivez vos mémoires. Cela intéressera peut-être quand même un de vos descendants un jour, à défaut d’un historien.