Archives pour la catégorie Essonne

Nouvelle composition du conseil citoyen de Grand-Vaux : j’attaque en Justice la Préfecture de l’Essonne

La Préfecture de l’Essonne refuse tout dialogue quand on tente de lui faire comprendre qu’elle ne peut pas faire certaines choses, qui ne respectent pas la Loi. La seule manière de lui faire reconsidérer ses positions apparaît donc comme étant de l’attaquer au Tribunal administratif. C’est ce que j’ai fait ici, en contestant la nouvelle composition de la liste des conseillers citoyens, qui n’est ni paritaire ni neutre, donc qui enfreint la Loi !


TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES

Recours pour excès de pouvoir

Requête introductive d’instance


POUR :

Olivier VAGNEUX, demeurant sis 75, rue du Bicentenaire de la Révolution française, 91600 Savigny-sur-Orge, de nationalité française, journaliste de profession, domicilié à ladite adresse.

REQUÉRANT

CONTRE :

L’arrêté préfectoral n°2017-PREF-PDEC-99 du 14 décembre 2017 approuvant la nouvelle liste des membres du conseil citoyen de la ville de Savigny-sur-Orge sur le quartier prioritaire de Grand-Vaux – QP091030, pris par Madame le Préfet de l’Essonne, publié le 28 décembre 2017 dans le recueil des actes administratifs n°172 de la Préfecture de l’Essonne (Production n°1)


EXPOSE

Par le présent recours en excès de pouvoir, le requérant demande au Tribunal de céans d’annuler l’arrêté préfectoral fixant la nouvelle composition du conseil citoyen de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge (Essonne).

Il fait grief à l’arrêté litigieux de faire entièrement défaut relativement à sa légalité interne en tant que la nouvelle composition du collège des habitants, qui n’a pas respecté la modalité du tirage au sort, n’est pas paritaire ; qu’elle n’est pas neutre du fait de la présence de plusieurs anciens candidats à des élections locales récentes ; et que l’association IFAC (Institut de formation, d’animation et de conseil) n’est pas légitime pour porter le conseil citoyen, en tant que cette association n’agit pas de manière démocratique et républicaine depuis le début de sa mission de coordination du conseil citoyen de Grand-Vaux.

Le présent arrêté est bien contestable en tant qu’il est décisoire.

i. D’une part, il modifie l’ordonnancement juridique en se substituant à l’arrêté préfectoral n°2015-PREF-PDEC-03 du 26 juin 2015 approuvant la mise en place du conseil citoyen de la ville de Savigny-sur-Orge sur le quartier prioritaire de Grand-Vaux – QP091030.

ii. D’autre part, il modifie la composition du conseil citoyen de Grand-Vaux, dont l’existence est une obligation légale aux termes de la loi n°2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine ; ce conseil ayant « pour but de « conforter les dynamiques citoyennes existantes et de garantir les conditions nécessaires aux mobilisations citoyennes, en favorisant l’expertise partagée, en garantissant la place des habitants dans toutes les instances de pilotage, en créant un espace de propositions et d’initiatives à partir des besoins des habitants. » (Extrait du préambule du cadre de référence des conseils citoyens)

L’exposant, personne physique, dispose enfin d’un intérêt à agir en tant qu’il a élu domicile sur la commune de Savigny-sur-Orge dans laquelle il est contribuable ; qu’il fréquente régulièrement le quartier de Grand-Vaux dans lequel il travaille, et où il œuvre en tant qu’acteur social, politique et associatif, et au sein duquel il pratique sa religion ; qu’il s’intéresse à la rénovation urbaine depuis le début et publie régulièrement des informations sur celle-ci sur son blog ; qu’il a porté plainte relativement aux dysfonctionnements constatés dans la mise en place de ce conseil citoyen de Grand-Vaux, laquelle a été classée sans suite (n°Parquet Évry 16/138/225) ; enfin, qu’il avait alerté la Préfecture de l’Essonne relativement aux problèmes de neutralité présent dans la liste initiale des membres de ce conseil, et que celle-ci ne les a pas prises en compte ; et qu’il ne reste donc plus que la voie juridique pour que la Préfecture s’intéresse à ce qui se passe à Grand-Vaux, et qu’elle cesse de se considérer au dessus des lois !


Plaise au Tribunal administratif de Versailles,

I. LES FAITS

Le quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge est un quartier prioritaire de la politique de la ville, aux termes du décret n°2014-1750 du 30 décembre 2014. À ce titre, il va être rénové dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain.

Pour associer les habitants à la rénovation, la loi n°2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine ; et le cadre de référence des conseils citoyens de juin 2014, publié par le ministère de la Ville, prévoient la constitution de conseils citoyens dont la mission a été développée plus haut.

Un premier arrêté préfectoral n°2015-PREF-PDEC-03 du 26 juin 2015 approuvant la mise en place du conseil citoyen de la ville de Savigny-sur-Orge sur le quartier prioritaire de Grand-Vaux – QP091030 a été publié au recueil des actes administratifs de la Préfecture de l’Essonne du 16 juillet 2015.

Celui-ci était également entaché d’irrégularité, mais le requérant les ayant découvert trop tard, il n’avait pas pu le soumettre à la censure de votre Tribunal.

Deux ans et demi ont passé. Il y a eu des démissions. Il y a eu des candidatures. La Préfecture de l’Essonne a publié un nouvel arrêté pour actualiser la liste des conseillers citoyens de Grand-Vaux.

C’est l’arrêté qui est présentement contesté.


II. DISCUSSION

L’acte attaqué est entaché de plusieurs erreurs de droit, formant plusieurs moyens de légalité interne propres à son annulation.

  1. À titre principal, une constitution irrégulière et non paritaire des collèges du conseil citoyen

L’arrêté indique en son article 3 que le collège des habitants tirés au sort respecte la parité entre les femmes et les hommes”.

Le cadre de référence des conseils citoyens, cité en visa de l’acte litigieux et valant interprétation de la loi n°2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine en ce qu’elle concerne les conseils citoyens ; précise en son titre premier (Principes généraux) que “Les conseils citoyens sont composés d’une part de représentants d’associations et d’acteurs locaux et d’autre part, d’habitants tirés au sort en respectant un principe paritaire.

Au surplus, le document complète en son troisième titre (Mise en place des conseils citoyens), paragraphe 3, “Les modalités de désignation de leurs membres”, sous-paragraphe a, “Les modalités de désignation des habitants”, que “Afin de garantir la représentation de l’ensemble de la population au sein du collège « habitants », la méthode du tirage au sort a été prévue par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine.

Quand bien même le principe du tirage au sort n’a pas été respecté, ce que le Tribunal ne manquera pas de relever puisque la parité n’est pas atteinte ; et que la liste proposée par le maire de Savigny-sur-Orge n’est que le fruit de candidatures spontanées, force est de constater que le collège des habitants est composé de 24 membres dont seulement 9 hommes pour 15 femmes !

Si par extraordinaire, le Tribunal estimait que la parité serait respectée parce que le collège des associations et des acteurs locaux de 14 membres est quant à lui composé de 4 femmes et de 10 hommes, donc équilibrerait les manques du collège des habitants, le juge administratif doit savoir que plusieurs des membres de ce collège n’habitent pas dans le quartier ; et que de fait, le conseil citoyen se retrouve avec plus de femmes résidentes que d’hommes.

Or, le cadre de référence poursuit ainsi relativement au principe général de parité : “Une égale représentation d’hommes et de femmes résidant dans le quartier permet tout à la fois d’embrasser l’ensemble des problématiques identifiables et d’en garantir une analyse plurielle. Elle vise en outre à favoriser la participation citoyenne de tous, femmes et hommes, au bénéfice des habitants du quartier.”

La parité n’est donc pas respectée au sein du collège des habitants, justifiant que le Tribunal de formation annule l’arrêté.


  1. À titre secondaire, une composition qui nuit au principe de neutralité

C’est à ce moment que le requérant doit préciser qu’il est en procédure avec le Centre social de Savigny-sur-Orge (dossier n°1706795-7 enregistré au greffe du TA de Versailles), actuel coordinateur du conseil citoyen de Grand-Vaux, en tant que celui-ci, en plus de lui refuser l’accès aux séances plénières du conseil citoyen en tant que public, lui refuse également la communication des documents produits par le conseil citoyen de Grand-Vaux.

Ces refus seraient motivés par l’engagement politique du requérant, lequel est un citoyen engagé mais non élu ! On comprendrait donc mal la logique que l’exposant, parce que engagé, ne puisse même pas assister aux travaux, mais qu’à l’inverse, des élus potentiels ou des militants actifs puissent y siéger ! Sauf à admettre une discrimination évidente !

Le cadre de référence dit en effet, relativement au principe général de neutralité (en son titre premier) que : Le conseil citoyen est le lieu d’expression des habitants, associations et acteurs locaux du quartier, que rassemble leur appartenance commune au quartier et l’objectif commun d’apporter les réponses les plus pertinentes aux problématiques identifiées. Sa « neutralité » signifie son indépendance et son autonomie vis-à-vis de partis  politiques, de syndicats, d’associations cultuelles ou de tout groupe de pression manifestement hostiles au respect du principe de pluralité.

L’interprétation de la Ville de Savigny-sur-Orge, et donc par extension de la Préfecture de l’Essonne, étant donc que des militants politiques ne peuvent pas y assister ; ceux-ci ne peuvent pas non plus y siéger, par souci d’indépendance et d’autonomie.

Dans ces conditions, le requérant demande l’annulation de la nomination de certains des conseillers citoyens parmi lesquels :

  • M. Didier CADRECHA, 3e sur la liste “Savigny-Égalité” aux élections municipales et communautaires de mars 2014 (Production n°2)
  • M. Nicolas RAJAONARISON, 21e sur la liste “Savigny notre ville”  aux élections municipales et communautaires de mars 2014, potentiellement conseiller municipal en cas de désistement des candidats mieux placés (Production n°2)
  • Mme Danielle HUGUET, candidate grande électrice aux élections sénatoriales de septembre 2017 (Production n°3)

Et de faire semblant d’ignorer l’histoire de la Confédération nationale du logement, officine du Parti communiste français, de l’IFAC, fondée par MM. André SANTINI et Charles PASQUA, et du soutien affiché de plusieurs membres de l’association Élan Savigny environnement à la candidature de la députée sortante Mme Éva SAS aux élections législatives de juin 2017.


  1. À titre subsidiaire, un portage du projet contraire à l’esprit des conseils citoyens

L’article 2 de l’arrêté contesté confie le portage du projet à l’association IFAC.

Le Cadre de référence des conseils citoyens indique dans son titre V “Accompagement et formation des conseils citoyens” ; 3 – “L’animation et le soutien de la démarche” – B. “Animer les conseils citoyens” que “Les conseils citoyens ont vocation à être coordonnés et animés par des tiers neutres qui se définissent par leur capacité à mobiliser les habitants, favoriser l’expression des habitants sans être leur porte-parole et soutenir l’élaboration et la mise en place concrète de projets.”

En premier lieu, l’association IFAC n’est pas neutre en tant qu’elle est prestataire de la Ville de Savigny-sur-Orge car détentrice du marché public d’animation du centre social de la Ville de Savigny-sur-Orge, renouvelé au plus récemment par la décision municipale n°1065 du 26 décembre 2016, publiée le 30 décembre 2016. Au surcroît, on dénoncera une politisation de cette association en tant qu’elle a été fondée, et qu’elle compte toujours dans son conseil d’administration des personnalités politiques de la même “couleur politique” que l’actuelle municipalité de Savigny-sur-Orge.

En deuxième lieu, l’IFAC ne respecte aucune des définitions du tiers neutre en tant que cette association mobilise moins d’habitants pour ses propres activités que ses prédécesseurs (l’association des Deux rivières et la Savinienne de prévention), et que dans le cadre du conseil citoyen, elle n’a jamais chercher à mobiliser les habitants, malgré 10 000 euros de frais de communication qui étaient accordés au conseil citoyen dans le contrat de ville ;  que les habitants n’ont émis aucune expression réelle sur le projet de rénovation, qui serait autrement communicable, et que les premières révélations de l’étude urbaine ensemblière ne correspondent pas aux expressions des conseillers citoyens ; enfin, qu’aucun projet concret n’a été mis en place par le conseil citoyen, sinon par association à des propositions des différents autres acteurs de la rénovation urbaine, dont le conseil citoyen se prévaudrait d’être à l’initiative.

En troisième lieu, l’association IFAC ne respecte pas la Loi en tant qu’elle pratique la discrimination, et refuse tant l’accès aux dossiers des travaux du conseil citoyen à des personnes physiques telles que le requérant, au mépris du règlement intérieur du conseil (Production n°4) ; que l’accès aux séances publiques du conseil citoyen autorisé dans la règle de la publicité des séances, pourtant fixée dans le Cadre de référence, en son titre IV (Organisation et fonctionnement), 2. “Les règles de fonctionnement”, a, fonctionnement interne, rubrique “Organisation et suivi des travaux” :

Le conseil citoyen peut se réunir selon un rythme qu’il définit lui-même, dans différentes formations, notamment en séances plénières : celles-ci sont ouvertes à tous les membres mais également aux habitants et associations du quartier qui n’en sont membres mais souhaitent participer aux débats. Cette formation a vocation à mettre en débat les orientations prioritaires et le programme de travail du conseil citoyen pour une période déterminée.

En quatrième et dernier lieu, l’IFAC n’a pas accompli ses diligences en tant que coordinateur du conseil citoyen, désigné aux termes de l’arrêté préfectoral n°2015-PREF-PDEC-03 du 26 juin 2015. Celle-ci a fait voter un règlement intérieur lui donnant la réalité du pouvoir de décision, lequel porte des contradictions étonnantes avec le contrat de ville intercommunal, par exemple en son article 17 sur le nombre de conseillers citoyens. Mais ladite association enfreint en plus ce règlement en ne l’appliquant pas et en privant les conseillers citoyens de certaines informations ; tout en leur défendant de communiquer sur leurs travaux. Le simple fait que le requérant soit en procédure avec le Centre social de Savigny-sur-Orge, relativement à l’accès aux documents administratifs produits par le conseil citoyen, démontre la faiblesse de cet acteur, choisi davantage pour sa malléabilité par la Ville de Savigny, que pour sa compétence !


PAR CES MOTIFS

ET TOUS AUTRES À PRODUIRE, DÉDUIRE OU SUPPLÉER AU BESOIN MÊME D’OFFICE

L’exposant conclut qu’il plaise au Tribunal administratif de Versailles de bien vouloir :

  • ANNULER l’arrêté préfectoral n°2017-PREF-PDEC-99 du 14 décembre 2017 approuvant la nouvelle liste des membres du conseil citoyen de la ville de Savigny-sur-Orge sur le quartier prioritaire de Grand-Vaux – QP091030, publié le 28 décembre 2017 dans le recueil des actes administratifs n°172 de la Préfecture de l’Essonne,
  • CONDAMNER la Préfecture de l’Essonne à verser au requérant la somme de 50 euros au titre de l’article L.761-1 du Code de justice administrative.

Sous toutes réserves

Fait à Savigny-sur-Orge, le 30 décembre 2017

Le requérant, Olivier VAGNEUX


BORDEREAU DE COMMUNICATION DES PRODUCTIONS

Production n°1 : Arrêté préfectoral n°2017-PREF-PDEC-99 du 14 décembre 2017 approuvant la nouvelle liste des membres du conseil citoyen de la ville de Savigny-sur-Orge sur le quartier prioritaire de Grand-Vaux – QP091030, publié le 28 décembre 2017 dans le recueil des actes administratifs n°172 de la Préfecture de l’Essonne (4 pages)

Production n°2 : Extrait des listes de candidats aux élections municipales de mars 2014 à Savigny-sur-Orge sur 2 pages (https://mobile.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014/(path)/MN2014/091/C1091589.html)

Production n°3 : Copie du bulletin de vote de la liste « Le bon sens pour Savigny » pour désigner les grands électeurs de Savigny-sur-Orge devant prendre part aux élections sénatoriales de septembre 2017 (1 page)

Production n°4 : Extrait du règlement intérieur du Conseil citoyen de Grand-Vaux, relativement à l’accès aux dossiers du Conseil (1 page)

Fait à Savigny-sur-Orge, le 30 décembre 2017

Olivier VAGNEUX

requérant



Publicités

Analyse des résultats de l’Essonne aux élections sénatoriales de 2017

© Wikipédia pour la présentation des résultats

Que retenir des élections sénatoriales de 2017 en Essonne ?

1. Que l’UDI réussit à rassembler chez LR pour être la première force politique chez les grands électeurs

2. Que la gauche ne va pas si mal qu’elle en donne l’image, et qu’elle aurait même pu obtenir deux sénateurs si elle ne s’était pas autant divisée.

3. Que La République en marche aurait pu avoir un sénateur s’ils avaient soutenu la liste dissidente LREM, qui fait finalement élire un divers-gauche.


  • Le plus grand bide se trouve chez LR qui n’obtient que 20 % malgré la présence sur la liste du président du Conseil départemental et du président de la section départementale de LR pour la pousser. En cause, de mauvais candidats éligibles, dont une tête de liste qui ne voulait même pas se revendiquer LR. Le vrai problème de cette liste était sa composition, sans réflexion politique, pour essayer de caser deux candidats et s’en débarrasser.
  • La dissidente LR Geneviève COLOT n’aura réalisée qu’une brève aventure personnelle, sûrement dans l’espoir de goûter à nouveau aux palais de la République. Raté…
  • La dissidente LR Caroline PARÂTRE ne s’en sort pas trop mal, avec un score honorable. Elle se place pour la suite, et pourra toujours faire valoir ce score. C’est un beau coup de poker, qui à n’en pas douter, aura quand même été préjudiciable aux LR officiels. Mais ça n’aurait pas été suffisant pour rattraper l’UDI donc ça s’auto-justifie !
  • L’UDI Vincent DELAHAYE prouve ses talents de fin manœuvre : le soutien de 76 maires. C’est le retour du centre à ses grandes heures ! Il double son score de 2011 ! Il manque les 3 sénateurs de peu, du fait que trop d’élus LR ont quand même respecté les consignes de vote pour la liste officielle.
  • Le divers-gauche Olivier LEONHARDT sauve l’honneur de la gauche. Il ne pouvait pas faire mieux, coincé entre les vallsistes du PS qui se sont ramassés et les marcheurs, qui ne réalisent pas un trop mauvais score, mais souffraient d’un manque de notoriété et d’une tête pour les distinguer.
  • Les communistes ne s’en sortent pas trop mal, pour le coup. Mais on est loin de l’Essonne de la ceinture rouge. Il en reste malgré tout quelques traces.
  • Les écologistes font acte de présence mais ne pèsent plus rien.
  • Enfin, le Front national quadruple son score de 2011 grâce à ses quelques élus des municipales, mais cela reste négligeable.

La droite et le centre pouvaient espérer 4 sénateurs, et c’est effectivement ce qu’ils ont obtenu.

Avec 63 % de grands électeurs, ils pouvaient difficilement viser les 5, mais l’ordre d’arrivée aurait pu être différent si LR s’était montrée un peu plus fine. Ces résultats vont-ils faire pousser des ailes à l’UDI en vue des prochaines municipales ? Ils pourront en tout cas demander plus de postes !

Manuel VALLS semble définitivement isolé et minoritaire jusqu’en Essonne. La tentative de Carlos DA SILVA d’améliorer sa place, l’enfonce encore plus… Le PS est devenu un problème ; il faut attendre de voir comment les élus aujourd’hui divers-gauche vont rebondir, et il y a fort à craindre qu’ils se réduisent, par manque d’organisation.

LREM n’a pas encore pris. Il faudra attendre de voir s’ils percent aux prochaines municipales, même si les risques sont grands que la baudruche ait dégonflé d’ici là.

Remarquons enfin qu’il y a quand même eu 4 % d’abstention, alors que le refus de vote est théoriquement sanctionné d’une amende de 100 €. Une mesure rare, qui n’est que rarement appliquée.



Des défis qui attendent Mgr Michel PANSARD à Évry

Quelques uns des défis que devra relever le nouvel évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes, Mgr MIche PANSARD, installé ce dimanche 1er octobre 2017 en sa cathédrale !


1. Succéder à Mgr DUBOST

Mgr Michel DUBOST aura marqué le diocèse de son charisme pendant 17 ans. La première difficulté va donc être de s’imposer dans l’esprit des gens en tant que nouvel évêque. Il s’agira ensuite de trouver sa place, si possible en préservant ce que son prédécesseur a fait de bien sans tomber dans ses travers. Il faudra du temps mais combien ?


2. Maintenir le dynamisme de l’Église locale

Au moins de l’extérieur, le diocèse jouit d’une bonne image, ce qui faudrait qu’il dure. À l’intérieur, cela tend à s’essouffler, du fait que les jeunes, que les actifs et que les nouveaux retraités ne s’engagent pas autant que ceux qui partent. Il s’agira donc de fédérer autour de projets communs, mais peut-être aussi de changer certaines têtes ou certaines équipes…


3. Rétablir les finances

La situation ne cesse de se dégrader. Est-ce qu’on continue éternellement à augmenter les casuels, à multiplier les appels aux dons et à vendre le patrimoine ? Ou est-ce qu’on développe des plans de gestion ambitieux, par exemple pour louer les terrains de l’Église plutôt que de les vendre ? Ou est-ce qu’on réfléchit à une autre et plus large communication ?


4. Réduire les inégalités territoriales

Outre la question de la zone verte (1/3 du territoire à couvrir), le problème territorial se pose désormais dans certains secteurs pastoraux qui sont fort mal pourvus en prêtres ou en équipes d’accompagnement. Concrètement, comment est-ce qu’on arrive à proposer une même qualité de service d’Église sur tout le territoire ?


5. Encourager les vocations

L’Église souffre aussi bien d’un manque de prêtres, que d’un manque de chrétiens engagés dans les différents mouvements et services qui lui permettent d’être utiles et de rayonner. Le nouvel évêque devra essayer de redonner le goût de l’engagement, envoyer aux périphéries et aller chercher au-delà de l’Église telle qu’elle se définit, c’est à dire aller évangéliser.


6. Donner toute leur place aux laïcs

Si la raréfaction des prêtres et des religieux semble inévitable, les laïcs doivent prendre le relais sous peine de disparaître à la « disparition » du clergé. Il convient d’anticiper et de se préparer à ces changements, en élargissant l’animation pastorale, en témoignant de sa confiance aux initiatives des laïcs, et de créer une réelle solidarité prêtres-laïcs en cassant la hiérarchie pyramidale. À cette fin, une réforme de la catéchèse pourrait être nécessaire.


7. Faire vivre l’Église en Essonne

Le nouvel évêque devra rassembler et concilier toutes les sensibilités ; des intégristes aux nouveaux évangélistes, en essayant que pas tout le monde ne soit malheureux. Il serait temps de redévelopper la formation tant des prêtres que des laïcs pour avoir des chrétiens bien dans leur peau. Renforcer les convictions en respectant les traditions. Mobiliser, Proposer, Inviter…



Quel bilan pour Mgr DUBOST à la tête du diocèse d’Évry de 2000 à 2017 ?

Je vais m’essayer ici de dresser un bilan personnel en dix points de l’action de Mgr Michel DUBOST à la tête du diocèse d’Évry entre 2000 et 2017. Malgré le jeu de couleurs, tout n’est pas négatif mais je ne partage pas trop ses orientations pastorales.

Tout ce que je vais écrire sera donc profondément subjectif et à nuancer du fait de mes convictions, du fait que j’admire profondément l’œuvre de son prédécesseur Mgr HERBULOT, et enfin du fait que la déchristianisation est là et qu’elle continue.


1. Le dynamisme de l’Église essonnienne

Le visage de l’Église en Essonne fut positif pendant toutes ces années, avec une Église qui a donné envie de croire, un évêque charismatique apprécié pour ses positions généralement assez consensuelles, un réel souci de la diversité et une attention particulière aux personnes divorcées et divorcées / remariées ou aux plus pauvres notamment les migrants et les Rroms. Malgré cela, les églises ont continué de se vider, et certains ont pu se sentir délaissés…


2. Le recul de la place laissée aux laïcs et l’affaiblissement de la coopération prêtres/laïcs

Alors que le manque de prêtres se fait criant, Mgr HERBULOT, sans jamais mélanger les rôles, à inviter les chrétiens à se prendre en main, notamment dans la zone verte, au moyen par exemple d’équipes animatrices ou de groupes de prière/formation/réflexion. Mgr DUBOST a vu des menaces dans ces groupes autogérées et a placé des prêtres ou des aumôniers à la tête de toutes ces équipes qui ont perdu quelque chose de leur vitalité, et de leur spontanéité.


3. La diminution de la formation

Alors que de nombreuses formations de qualité étaient jusque là proposées aux laïcs, leur nombre s’est considérablement réduit, ainsi que leur qualité. La formation Jonas n’a plus rien à voir avec la FARE (Formation à l’accompagnement et aux responsabilités en Église). En cause, le fait, très mal vu, que des laïcs puissent être mieux formés que des prêtres. Lui-même est un grand bosseur, mais intervient très souvent sans avoir toujours trop travaillé ses sujets… Il faudrait aussi parler de l’affaiblissement de la catéchèse par les parcours qu’il a promulgués…


4. L’africanisation du clergé essonnien

Pour pallier le manque de prêtres, Mgr DUBOST a organisé une coopération avec plusieurs diocèses africains. Outre que cela ne résout le problème de la crise des vocations, cela peut très bien se passer avec des prêtres super dynamiques et intéressants, qu’être catastrophique avec des prêtres ennuyeux, qu’on ne comprend pas, qui ne sont pas toujours heureux et qui peuvent demander de l’argent pour leur pays (ou pour eux)… C’est une solution temporaire…


5. Le traitement des vocations

Une année, le diocèse d’Évry fut un de ceux qui envoyèrent le plus de candidats au séminaire, pour que finalement 14 des 15 (des chiffres qui circulaient alors) abandonnent en cours de route… Il y a aussi un manque de suivi parce que trop ne suivent pas les cours. Mgr DUBOST a aussi ordonné des prêtres pour des communautés religieuses nouvelles qui ne sont pas au service des secteurs mais de leur communauté. Rendons cependant hommage à Mgr DUBSOT pour son traitement de la question de la pédophilie pour laquelle il a écarté qui il fallait.


6. La gestion des finances et du patrimoine religieux

Les comptes ne sont pas améliorées pendant ces années, principalement à cause de la chute du nombre de donateurs. Au début, il y avait des appels aux dons exceptionnels, qui se sont (un peu trop) multipliés, jusqu’à ce qu’ils soient remplacés (ils existent toujours) par des coupes sombres, qu’elles soient la non-reconduction de salariés au service du diocèse ou la vente pure et simple de terrains, de presbytères, voire de couvent… Et là, il y a un problème de gestion…


7. La difficile transition salariés / bénévoles

Pour réaliser des économies, Mgr DUBOST a dû mettre fin à de nombreux postes salariés. Une décision qui a pu être préjudiciable, notamment localement avec la suppression des permanents pastoraux. Mais c’est la manière dont cela a été faite qui est moche pour l’Église, avec des gens qu’on a mis dehors parce qu’ils n’acceptaient pas de travailler bénévolement… Pareillement dans le remplacement de certaines personnes, mises dehors un peu froidement…


8. L‘évolution des relations interreligieuses

Bien qu’on puisse déplorer que Mgr DUBOST n’ait pas fortement soutenu le dialogue avec le judaïsme, c’est quand même lui qui a permis une vraie rencontre avec l’islam, et le développement de groupes de relations qui, malheureusement, pour beaucoup, se sont arrêtés. Avec les limites que Mgr DUBOST défend une vision idéalisée de l’islam, tel qu’il a pu le connaître au Maroc, ou que leurs dirigeants veulent le montrer, parfois de manière hypocrite.


9. L’absence de manifestation sur la question du mariage pour tous

Alors que la France sombrait dans la controverse du mariage pour tous, Mgr DUBOST a tout fait pour que le débat ne soit pas abordé dans nos églises, et lui-même s’est montré relativement ambigu sur la question. Je pense que l’Église a manqué une occasion de s’exprimer, et de faire valoir sa parole sur un sujet sensible, au contraire des attentats de Charlie, pendant laquelle l’Église essonnienne a défendu le droit de se faire insulter, au-delà de la caricature.


10. La trop grande personnification de la fonction

Tel le Pape aux JMJ, Mgr DUBOST n’en aurait-il pas parfois fait oublier Jésus à certains ? Très disponible avec les uns, il en a aussi négligé d’autres. Certains lui ont reproché d’être trop souvent absent du diocèse. D’autres, et notamment sur internet, le détestent et l’accusent de tout un tas de choses ; la plus répandue étant qu’il serait franc-maçon. C’est un homme qui ne laisse pas indifférent, qui aime être dans la lumière, et qui sait placer la barre très haut.


En conclusion, j’adresserai les mêmes critiques à Mgr DUBOST qu’au Pape François. Ils sont trop dans la communication ! Certes, ils expriment de bonnes idées ou lancent des projets salutaires, mais en ignorant l’avis de la base, qui ne suit pas toujours. Ils ne doivent pas oublier qu’ils ne sont pas éternels, et que le système devra évoluer à terme. Jouer aux autruches peut fonctionner temporairement, mais le système atteindra ses limites, et mieux vaut s’y préparer.