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Congé de deuil pour le décès d’un enfant mineur : faites connaître le mépris de Gilles LE GENDRE et des députés LaREM (La République en marche)

C’est une info importante, dont pas grand monde ne parle… D’autant que désormais noyée sous la surenchère des propositions ; au dernier état, ce sera maintenant trois semaines de congés et une aide au retour à l’emploi lors du décès d’un enfant quelque soit son âge.

Rappelez-vous simplement que le sieur Gilles LE GENDRE, président du groupe En marche, à l’Assemblée nationale, a justifié que 37 députés de son groupe (relevons que 3 ont voté POUR) plus 3 députés MoDem (1 a voté POUR), ont refusé l’extension du congé de deuil pour le décès d’un enfant mineur PARCE QUE LES DÉPUTÉS N’AVAIENT PAS ANTICIPÉ QU’ON NE RETIENDRAIT DE CE TEXTE QUE LA QUESTION DES JOURS DE CONGÉS !!!

Or, outre la démagogie avouée du groupe LaREM qui décide de ses votes en fonction de sa communication, et de l’effet que cela produira, NOTEZ TOUS QU’IL EST QUAND MÊME DIFFICILE DE RETENIR AUTRE CHOSE D’UN TEXTE CONSTITUÉ D’UNE PROPOSITION DE LOI NE COMPORTANT QU’UN ARTICLE UNIQUE QUI TIENT EN UNE PHRASE PORTANT SUR LA DURÉE DES JOURS DE CONGÉS.

Il y a vraiment des claques qui se perdent ! Comment des gens peuvent encore voter pour LaREM, surtout quand tu entends les justifications des deux autres députées (l’une LaREM et l’autre MoDem) qui ne voulaient juste pas que les entreprises doivent payer pour les salariés !






De ma déception de la série documentaire « Apocalypse, la guerre des mondes » (1945 – 1991)

J’ai dû voir tous les documentaires de la série Apocalypse, et à peu près toutes les productions historiques écrites et/ou réalisées soit par Isabelle CLARKE et/ou Daniel COSTELLE. Mais pour autant que j’apprécie leur travail souvent remarquable, notamment pour la qualité de leurs montages, leurs illustrations et le traitement réservé aux images d’archives, je trouve qu’ils se sont complètement ratés sur cette série plus que bâclée.


Pour mémoire, la série est découpée de la sorte :

  1. La Grande rupture (1945-1946)
  2. L’Escalade de la peur (1947-1949)
  3. Le Monde tremble (1950-1952)
  4. La Conquête (1953-1955)
  5. Le Mur (1956-1962)
  6. L’Abîme (1963-1991)

L’ensemble commence avec la célèbre horloge de la fin du monde. Or, si cela me semble ici un prisme d’attaque plus que pertinent, tout le problème est que le documentaire ne respecte absolument pas les évolutions de cette horloge. Et que d’un angle de traitement du sujet, on en arrive à une image d’illustration pour nous dire d’une manière décorrélée de cette fameuse horloge, que nous sommes plusieurs fois passés près de la fin du monde. C’est dommage.

Le documentaire développe ensuite un point de vue très français, très occidental, et finalement très américanophile, donnant d’ailleurs une trop grosse place à la guerre d’Indochine, qui ne représente à mon sens qu’un conflit mineur de la Guerre froide.

Il y a surtout le moment où l’objectivité et la crédibilité journalistique et historique disparaissent au profit d’un anticommuniste viscéral, lorsque plusieurs fois, on nous répète que le vilain STALINE déportait sa population dans les goulags. Et qu’à côté, c’est à peine si on évoque les ravages du macarthysme et l’assassinat des époux ROSENBERG. Plus largement, il n’y a que peu de critiques de la politique américaine.


Si les trois premiers épisodes sont très intéressants, avec notamment une approche inédite et documentée de la Guerre de Corée, on a l’impression qu’ils n’avaient plus le temps à partir du quatrième épisode, qui ne traite d’ailleurs absolument pas l’année 1955, mais se focalise sur la mort de STALINE, la fin de la guerre de Corée et la fin de la guerre d’Indochine.

Puis c’est la catastrophe à partir du cinquième épisode, qui commence à vouloir traiter trop d’années d’un coup, et qui se focalise sur l’opposition KHROUCHTCHEV / KENNEDY, reconnaissant quand même que KHROUCHTCHEV a gagné, mais n’en donnant que pour KENNEDY, alors que c’est le premier qui est à l’origine de la coexistence pacifique et le second qui a refusé de jouer le jeu, à une époque où l’URSS pouvait feindre d’être aussi forte que les États-Unis.

Enfin, le dernier épisode qui veut couvrir presque trente ans part complètement en vrille. C’est la moitié pour la guerre du VietNam, et moins de trente secondes pour la guerre d’Afghanistan. Ce n’est pas un mot sur les luttes d’influences en Afrique, ou en Amérique-du-Sud, dans le cadre de la décolonisation. C’est la mise sous silence des quelques fois, comme en 1983, où la Guerre froide a vraiment failli tourner à l’affrontement. C’est un paragraphe sur la guerre des étoiles, et finalement, on ne comprend pas pourquoi le communisme a perdu, sinon que l’URSS était méchante.


Il est toujours délicat de vouloir traiter, sous l’angle historique, une période aussi proche de la nôtre. Et il est clair que l’exercice est raté. Or, on dirait vraiment que c’est le temps qui a manqué, ou le nombre d’épisodes qui a été soudainement raccourci. J’espère que la période de 1962 à 1991 pourra être reprise et retravaillée ultérieurement.



Sur la première saison de Mytho de Anne BEREST et Fabrice GOBERT (Arte)

Ce jeudi 10 octobre 2019, Arte diffuse les trois premiers épisodes de la première saison de la série Mytho, qui seront suivis des trois suivants la semaine prochaine.

Ce n’est pas une mauvaise série, même si ce n’est pas non plus la meilleure que j’ai vue.Les acteurs ne sont pas mauvais, et les moyens sont suffisants.

Par contre, elle est assez anxiogène, notamment le sixième épisode ; et je la qualifierais davantage de drame que de comédie subversive.

Le pitch, c’est une femme, mère de famille, qui est oubliée de sa famille et de ses enfants, et qui va inventer le mensonge qu’elle a un cancer pour qu’on s’intéresse à elle. Et autour de ce mensonge vont à la fois se greffer de nouveaux mensonges, et en même temps éclater de nombreuses vérités.

Alors toutes les chroniques de cette série commencent par : Mais qui n’a jamais menti pour pouvoir donner des leçons de vérité ?

Pour autant, je trouve quand même qu’on est sur une conjonction de situations particulières, qui font que les mensonges prennent des proportions extravagantes, et qu’on y perd en crédibilité et en réalisme.

D’autant que tous les mensonges sont mis à la même échelle, et que par exemple les mensonges par omission de la plus jeune fille, ne sont pas comparables à l’adultère assumé du père. Dans le genre, les assureurs en prennent aussi en plein la gueule.

Même s’il faut ménager plusieurs saisons, qui ne sont pas encore décidées, je trouve dommage qu’on amène trop vite des situations qui ne sont pas exploitées (comme le personnage de Lorenzo, celui du patron de la GPMA ou l’église de scientologie).

Il n’empêche que cela reste une famille attachante, et qu’on a envie qu’ils soient heureux. Or, tout le drame est que c’est le mensonge qui les rassemble et la vérité qui les éloigne.

Et c’est aussi la dénonciation des mensonges et la révélation de la vérité qui leur permet de s’affirmer personnellement, ce qui nous empêche finalement de condamner le mensonge, qui n’est pas totalement négatif.

Bref, une série plus profonde qu’il n’y apparaît qui nous invite aussi à réfléchir à la philosophie de la vérité.




Sur l’exposition « Toutankhamon, le trésor du Pharaon » à la Villette, jusqu’en septembre 2019

Elle se tient à la Grande Halle de la Villette jusqu’au dimanche 22 septembre 2019, et je dois déjà reconnaître que si je n’avais pas été invité, je n’aurais jamais payé les 24 euros, pour voir 150 objets (soit 16 centimes l’objet), même si on peut quand même avoir les places pour 17 euros.

Première étape lorsqu’on arrive, et il faut s’attendre même avec des billets à une bonne demi-heure de queue avant d’entrer dans la première salle, avec peu de chaises pour les personnes âgées, on vous propose de vous photographier sur un fond vert, qui sera remplacé par un thème égyptien.

Pour 1 thème, donc 1 photo, il vous faudra débourser 15 euros ; pour 2 thèmes, 25 euros, et pour les 3 thèmes, 30 euros.

L’audioguide n’est pas non plus gratuit, et il vous faudra encore allonger 6 euros, ce qui fait que je ne l’ai personnellement pas pris non plus.

Et je ne m’attarde pas sur la sortie, qui est un passage obligatoire par la librairie, avec un catalogue de l’exposition à 12 euros, et le moindre objet, autour de 10 à 15 euros…

On nous indique 1 heure 30 de visite ; ce qui correspond à ce que j’ai fait, mais en allant relativement vite, et donc sans écouter les explications de l’audio-guide. Je pense qu’il faut plutôt 2 heures à 2 heures 30 si on veut bien la faire lorsqu’il y a de l’affluence, alors même qu’il n’y a que 9 salles.

Car nous en venons au grand reproche de cette exposition : le monde, le public, la foule, en tout cas en dehors de la période scolaire. Beaucoup de grands-parents et de parents qui veulent participer à l’instruction de leurs petits-enfants ; s’ils savaient que l’Égypte antique des programmes de 6e est de plus en plus remplacée par l’étude de la Chine et l’Inde. Que ce n’est plus un chapitre, mais un module en lien avec le Croissant fertile…

Et comme les visiteurs sont lâchés par lots de cent personnes, cela bouchonne. On ne voit rien, alors on s’avance pour prendre les autres de vitesse, mais on tombe sur le groupe précédent, qui a ralenti le pas pour voir à son tour.

Je vais être sincère, je n’ai pas appris grand chose (sans l’audioguide). C’étaient beaucoup de généralités, voire de banalités, en tout cas accessibles au public, mais qui décevront les passionnés qui veulent en savoir vraiment plus (peut-être avec l’audio-guide ?).

Cela manque de chaises, qui sont sinon squattés par les jeunes qui font la sécurité, et qui ont complètement renoncé à reprocher quoi que ce soit aux gens qui font des photos, plutôt que de regarder, alors qu’on leur a dit que c’était interdit, et que pendant qu’ils photographient, ne regardent pas…

Le positif est la muséographie, avec beaucoup d’objets placés dans des vitrines centrales, ce qui permet de les apprécier en 3D, d’en faire le tour, et de les apprécier sous différents angles, avec des surprises lorsqu’il y a des hiéroglyphes derrière.

La lumière est plutôt agréable, et le son est plutôt appropriée, notamment cette petite musique faussement épique qui caractérise le séjour des morts. En revanche, sur l’avant-dernière salle, consacrée à la découverte du tombeau, pour peu que vous y soyez bloqués, vous ressortirez avec la musique suivante dans la tête, qui vous poursuivra quelques heures telle la nouvelle malédiction du Pharaon…

En conclusion, un bilan mitigé car je trouve que c’est un peu cher pour que c’est, et qu’on souffre du monde qui empêche de tout apprécier pleinement.

Mais c’est loin d’être désagréable pour les enfants ou les adultes qui gardent une fascination pour cette période, et c’est une bonne entrée en matière.