Archives pour la catégorie Chroniques

Une saison 6 de House of Cards (Netflix) réellement décevante

Attention, cet article contient des révélations sur les intrigues de l’ultime saison de House of Cards, ainsi que de nombreuses référence à la série originale britannique !

Si l’on finissait inévitablement par attendre la fin des 13 épisodes de la saison 5, tellement celle-ci était devenue ennuyeuse, le moins qu’on puisse dire qu’on reste sur notre faim avec cette saison 6 de seulement 8 épisodes !

Il n’y a plus rien de comparable avec la série britannique qui s’achève par l’assassinat du héros, Francis, ayant égalé le record de jour de Margaret THATCHER au poste de Premier ministre. Ce meurtre est commandité par sa femme, qui lui rend là le meilleur des services, et lui offre une sortie par le haut, sans chercher à prendre un quelconque pouvoir pour la suite.

J’aurais envie d’écrire que House of Cards Netflix, qui se passe vingt ans plus tard aux États-Unis, aurait pu s’arrêter à sa saison 5, quand Frank explique que la conquête du pouvoir est plus intéressante que son exercice qui en est profondément ennuyeux. Que le vrai pouvoir est partout ailleurs que dans les lieux de pouvoirs. Et que la meilleure façon de contrôler sa sortie est de provoquer soi-même sa chute. Sa femme devenait alors présidente, et l’amnistiait. FIN.

Sauf qu’il y a eu les accusations d’agressions sexuelles de Kevin SPACEY, et qu’il a fallu tuer le personnage, lequel n’est jamais aussi présent, car au cœur des conversations et des intrigues. Et le dénouement est complètement nul (Frank qui aurait voulu tuer sa femme parce qu’elle devenait incontrôlable, et qui est donc assassiné pour préserver sa créature au travers de laquelle il continuera de vivre, en tant que la Maison Blanche resterait son ultime but politique…)

Ce qui est soi-même contredit par les différents propos de Frank dans lesquels il affirme toujours, même si on peut raisonnablement en douter, qu’il voulait simplement être secrétaire d’État, et finir sa carrière à ce poste. Peut-on vraiment le croire, comme peut-on croire que Francis URQUHART aurait simplement voulu être Home secretary (ministre de l’Intérieur) ? De la même manière, comment croire que le fidèle Doug a vraiment pu assassiner Frank ?

C’est justement cela qui frustre dans cette saison : la plupart des événements ne sont pas exploités jusqu’au bout : les suites de l’affaire MacAllan, l’utilisation faite des données personnelles par la fondation SHEPERD, les menaces envers la présidente, les tentatives de destitution de la présidente, l’absence de vice-président, le cadavre de Tom YATES, le fait que Duncan SHEPERD soit renié par son oncle et donc sa succession, la guerre en Syrie…

Beaucoup de personnages qui avaient trouvé leur place dans la saison 5 ont disparu du jour au lendemain, que devient par exemple le très prometteur ROMERO, sinon le journaliste Sean JEFFRIES, et tant d’autres parlementaires qui étaient présents depuis la saison 1 ? Inversement, comment ne peut-on découvrir les SHEPERD que maintenant s’ils sont vraiment si puissants ? Et pourquoi CONWAY et les Républicains n’essaient-ils pas de prendre le pouvoir grâce à USHER ?

Le rapport au temps est complètement absent. On comprend que la saison commence le 03 juillet 2017, que Frank est mort depuis plusieurs semaines, que Claire est donc enceinte de lui, ce qui semble étonnant pusique leurs relations étaient pour le moins compliquées. On prépare les élections de mi-mandat de novembre 2018, mais la saison prend fin alors que Claire est enceinte d’une trentaine de semaines. Bref, on a du mal à se situer durant ces sept mois…

Ces sept mois sont d’autant plus étranges que Claire commence en étant plus détestée que Frank, qu’elle va soudainement, en étant enceinte, puis en nommant un Gouvernement 100% féminin, atteindre 75 à 80 % de popularité, puis qu’elle est détestée de tous à la fin, où elle apparait vraiment folle, faisant évacuer l’administration de la Maison blanche et mettre aux arrêts la plupart des militaires de son état-major, voulant utiliser l’arme nucléaire en Syrie…

Au niveau des morts, c’est un peu Game of Thrones, et ça n’émeut personne que tous les acteurs clés du mandat UNDERWOOD disparaissent les uns après les autres. On s’étonnerait presque que Janine SKORSKY et Nathan GREENE ne soit pas assassinés à la fin, voire même qu’il n’arrive rien aux SHEPERD et à Mark USHER, quand DAVIS, DURANT et HAMMERSCHMIDT disparaissent aussi rapidement, et d’une manière aussi décomplexée. Et la presse qui ne fait pas les liens…

Et puis cette fin qu’on ne comprend pas, et qui laisse tout ouvert : La présidente est-elle vraiment devenue folle ou continue-t-elle de jouer le rôle qui lui a permis de reprendre le pouvoir  ? Le coup d’état pourra-t-il avoir lieu ? Va-t-elle vraiment provoquer la troisième guerre mondiale ? Et Doug qui, dans ce contexte, avoue avoir assassiné Francis parce qu’il voulait éliminer Claire puis qui veut assassiner Claire pour les SHEPERD, mais qui se fait tuer par Claire…

Le plus détestable étant finalement qu’il n’y a plus rien d’humain dans cette politique, avec juste des personnages qui cherchent à garder leur place et à accroître leur pouvoir. Rien n’est fait pour la population mais d’abord pour la popularité du politique. Toutes les personnes sont corrompues et donc manipulables à souhait. Alors, on ressent bien que le pouvoir rend fou, et on voit l’importance des contre-pouvoirs. Mais quelle sale image de la politique !

Les fictions sur la Police ont beaucoup contribué à dégrader leur image, paradoxalement parce qu’elles l’humanisait. Je pense qu’une fiction comme House of Cards tend finalement à dégrader l’image de la politique parce qu’elle s’attache à en montrer les aspects les plus sauvages. Je pense que House of cards aura abîmé l’image des démocrates américains. Je pense que cette dernière saison aura aussi sali l’image des femmes en politique, lesquelles ne sont pas meilleures que les hommes…



Publicités

La saison 6 de House of cards (Netflix) n’est absolument pas féministe, et donne une sale image de la femme !

Attention, cet article révèle plusieurs éléments de l’intrigue de la dernière saison de House of Cards (Netflix) !

C’était une dernière saison que Netflix présentait comme ouvertement féministe, à la suite de l’annulation de la participation de Kevin SPACEY, accusé de plusieurs agressions sexuelles sur de très jeunes hommes : une femme présidente, une femme à la tête du monde libre… Le premier constat est que le personnage de Frank UNDERWOOD reste omniprésent du début à la fin, et au cœur des relations entre les personnages !

Cette ultime saison n’est pas misogyne pour autant, quoique les femmes n’y ont pas le beau rôle… Elle illustre à sa manière la citation de Françoise GIROUD qui dit que : « Une femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » Et même si la présidente n’a pas été directement élue, force est de constater que toutes les femmes qui l’entourent ont toujours beaucoup de choses à se faire reprocher.

En somme, et selon moi, la seule femme qui donne une image positive des femmes me semble être la journaliste Janine SKORSKY, qui fait honnêtement son travail.

Pour le reste :

  • Claire HALE UNDERWOOD est une présidente complètement folle, en permanence en train d’essayer de s’émanciper de son mari, pourtant mort,
  • le Gouvernement, complètement féminin, soit ne sert à rien, soit s’oppose individuellement aux décisions de la commandante,
  • Catherine DURANT et Jane DAVIS ne cherchent qu’à servir leurs intérêts personnels,
  • Annette SHEPERD est dans l’ombre de son frère ; c’est une mauvaise mère (adoptive) qui est juste jalouse de la présidente,
  • Mélodie CRUZ est une éditorialiste, à la solde des SHEPERD,
  • la porte-parole de la Maison-Blanche est nommée parce qu’elle est incompétente, et qu’on peut la faire chanter du fait de sa relation adultérine avec Tom YATES,
  • C’est une femme militaire qui répond à la présidente,
  • c’est une femme médecin qui tente de provoquer un avortement de la présidente.

Cette situation n’est pas sans me rappeler la conclusion d’un documentaire diffusé récemment et consacré à Lara CROFT, l’héroïne de la saga Tomb Raider. Et de remarquer qu’une femme hyper-sexualisée en minorité dans un monde d’hommes aura beaucoup plus de mérite, et se verra pardonner beaucoup plus de défauts, qu’une femme dans un milieu de femmes, qui aura les mêmes défauts que les hommes, qu’on imagine nombreux pour se hisser à la tête d’un État.

On pourrait déjà parler de la relation entre Claire et Annette, querelles de chattes permanentes, expression d’une jalousie féminine terrible, et de comptes à régler qui remontent à l’université. Elles font les choses l’une pour embêter l’autre. Les deux se sont disputées Frank. Annette veut dévoiler que Claire a avorté trois fois. Claire veut révéler que Annette a adopté son fils. Cette rivalité repose sur des rancunes tenaces qui apparaissent comme exclusivement féminines.

Il serait aussi intéressant d’étudier le rapport à la femme enceinte. Immédiatement, la présidente passe d’une popularité très faible, à une « mère de la Nation » soutenue par 75 à 80 % de la population, entre autres grâce à son gouvernement 100 % féminin. Le point positif est certainement que le spectateur est choqué de voir ce cabinet intégralement féminin, se dira ensuite qu’il ne l’est pourtant pas quand le Gouvernement est composé de 100 % d’hommes.

La réaction de Claire apprenant qu’elle est enceinte d’une fille est pour le moins étonnante. On a l’impression qu’elle insulte son enfant à naître de « salope », même si elle semble s’adresser à Annette au téléphone. Dans tous les cas, elle préfigure qu’elle sera une mauvaise mère ; et de rappeler que sa propre mère (encore une femme) la détestait lorsqu’elle était enfant. Et d’aller chercher dans ses autres souvenirs le repère de son image de jeune femme rebelle.

Mais la folie de la présidente, qui joue très clairement de cela et se sert du fait d’être enceinte pour mettre un terme aux situations embarrassantes, renvoie à la femme-utérus, et donc à l’hystérisation, qui même si elle est propre au pouvoir politique, devient le fait de la femme en gestation. Et comme nous sommes aux États-Unis, je ne serai pas étonné qu’il y ait aussi cette critique inconsciente de la femme, qui a participé à ce que Hillary CLINTON ne soit pas élue !

Si la série britannique, qui se passe vingt ans avant les événements de la série américaine, ne permettait pas cette prise de pouvoir des femmes, l’idée n’en était pas moins originale. Sauf que ce thème intervient sûrement trop tard dans l’histoire de la série, qui s’essouffle depuis au moins deux saisons, et qu’il est caricaturé donc raté. Comme ce passage où pour s’affirmer, l’héroïne reprend son nom de jeune femme ; est-ce bien cela le féminisme de 2017/2018 ?

Finalement, l’image de la femme présidente ou de la femme politique en prend encore un coup parce que Claire UNDERWOOD, qui n’est objectivement que la femme de son mari, ayant obtenu cette place de ce fait, même si elle a remporté son ticket de vice-présidente ; n’en reste pas moins la création ou la créature de son mari. Et à partir du moment où celui-ci n’est plus là pour la canaliser, ou la contrôler, elle se met à faire n’importe quoi. Vision rétrograde s’il en est.

On devine que Claire agit par misandrie, pour se venger de ces garçons qui l’embêtaient enfants, de cet homme qui l’aurait violée, et finalement de son mari. Et c’est là où tout devient pire car le féminisme revendiqué n’est pas sincère, mais revanchard. Donc clairement, le message envoyé par cette dernière saison est qu’une femme présidente avec un gouvernement 100% féminin se fera contre les Hommes pour déclencher une guerre nucléaire…



Des nombreuses incohérences électorales dans la série Marseille

Pour tous ceux qui connaissent un peu la politique municipale française, la Ville de la série Marseille (Netflix) représente un condensé d’incohérences logiques, et de manquements aux dispositions du Code électoral, sinon au Code général des collectivités territoriales. Bien qu’on comprenne que tout cela est fait pour participer au scénario, on ne peut néanmoins qu’en regretter l’absence d’effort pour rendre l’histoire réaliste.

Dans la vraie vie, Marseille compte un conseil municipal de 101 élus pour gérer les affaires propres à la commune (celui qu’on voit dans la série), et huit mairies de secteur pour gérer les affaires internes des arrondissements marseillais. Les élus du Conseil municipal sont le premier tiers des élus de chaque liste (majorité et opposition(s)), qui siège dans les mairies de secteur. Les différents secteurs envoyant plus ou moins d’élus, en fonction de leur démographie.


En premier lieu, la série ne précise jamais le nombre total d’élus à ce Conseil municipal. Tout au mieux, apprenons-nous qu’il y en a au moins 100, grâce au total des voix (80+12+8), lors de la dernière réélection de Lucas BARRÈS (saison 2, épisode 8).

Les dialogues de l’épisode 1 de la saison 2 nous apprennent qu’il manque 9 voix à BARRÈS pour former une majorité, laquelle doit vraisemblablement donc être à 51 (50 plus une voix, soit un résultat cohérent avec la réalité). Lucas BARRÈS aurait donc 42 partisans.

Sauf que c’est difficilement crédible, en tant que Robert TARO, qui est censé être arrivé en tête des élections municipales, au total avec 130 voix d’avance sur la ville, n’a que 37 partisans, puisqu’il obtient 37 voix à l’issue de la première élection au début de la saison 2.

Cela n’est cependant pas impossible dans le cas où TARO aurait remporté plus largement des petits secteurs, tandis que BARRÈS aurait gagné les gros. On peut sinon imaginer que certains des soutiens de TARO soient allés à BARRÈS ; mais un maximum de deux, par rapport à la composition des autres groupes.

Précisons ici que BARRÈS comme TARO sont de droite, et que BARRÈS agit en tant que candidat du parti UPM (Union pour Marseille – branche locale du parti de droite), tandis que TARO agit donc en dissident (cf saison 1).

Dans tous les cas, la réunion de leurs partisans (37 + 42), ne devrait leur apporter qu’un maximum de 79 voix. Sauf que, lors de la dernière élection du maire, BARRÈS obtient 80 voix.

Serait-ce alors là la voix de Jeanne COSTE, l’ancienne maire issue du Parti français, visiblement chassée de son parti à la toute fin de la saison ? Qu’on ne revoit d’ailleurs plus dans les dernières séquences (ce qui est conforme à la pratique).

On apprend au début de la saison 2 que le groupe de gauche, présidé par Michel DUPREY, dispose de 10 sièges. Si celui-ci avait intégralement apporté ses voix à BARRÈS au début de la saison 2, celui-ci aurait donc obtenu 52 voix.

Sauf que BARRÈS remporte la première élection de maire avec 53 voix, et manifestement, au regard des applaudissements, les voix de la gauche (10) et les voix de l’extrême-droite (nombre inconnu). Sauf que cela ne correspond pas au résultat… Et comme les absentions ne sont en plus pas annoncées…

On peut donc penser que ce groupe de gauche s’est en fait abstenu. À moins que BARRÈS ait obtenu les 10 voix de gauche, plus celle de Jeanne COSTE, à laquelle il aurait promis la place de 1ère adjointe ?

Fait étonnant, ce même groupe de gauche obtiendra 12 voix lors de la dernière élection du maire…

On sait aussi qu’il y a au moins 9 élus dans le Parti français, dont le groupe est présidé par Robert MARCIANO (puisque ceux-ci proposent une alliance à BARRÈS contre neuf nominations).

Celui-ci n’obtiendra pourtant que 8 voix lors de la dernière élection du maire, avec 8 voix pour un certain Pascal AUBIN. On peut donc se demander où est passé la neuvième voix entre temps, sauf à ce que ce soit celle de COSTE donnée à BARRÈS ? (Un siège ne pouvant rester vide.)

Problème, si donc le Parti français est resté à 9 ou 10 voix pendant tout le mandat, il n’est absolument pas crédible que Jeanne COSTE, issue de ses rangs, ait pu être élu maire, sauf à avoir obtenu un très large soutien du groupe de BARRÈS d’au moins 4/5e. Ce qu’on imagine mal réellement car la droite ne vote généralement pas pour l’extrême-droite.

De plus, lorsque Jeanne COSTE est élu, son élection est visiblement félicitée et applaudie par 26 élus, donc probablement des élus du groupe de BARRÈS. Mais dans tous les cas, une minorité trop faible pour diriger quoi que ce soit.


Je voudrais maintenant relever rapidement les autres incohérences :

  • La présidence de la séance d’élection du maire est normalement assurée par le doyen d’âge. Ce n’est pas le cas dans la série, où elle semble être le fait d’un huissier.
  • Les résultats sont apportées dans une enveloppe fermée par un huissier, et tout le monde semble attendre le résultat. Le dépouillement est pourtant public, se fait sur la table de la présidence et il est scruté et assuré par le deuxième élu le plus âgé, et l’élu le plus jeune.
  • Le choix du premier adjoint doit être approuvé par le Conseil municipal. Ce n’est pas BARRÈS qui impose COSTE, ou COSTE qui nomme CHASSERON. Et il semble étonnant que le choix d’une première adjointe à l’extrême-droite ait pu emporter la majorité des suffrages.
  • La révocation d’un adjoint n’est pas possible. Le maire doit lui retirer ses délégations, et le Conseil municipal doit ensuite approuver cette révocation, ce qu’on ne voit pas dans la série.
  • La démission du maire n’amène pas son remplacement automatique par le premier adjoint. Le Conseil municipal procède à une nouvelle élection.
  • Les absentions sont normalement annoncées à l’issue des votes.


Sur l’exposition consacrée aux Chrétiens d’Orient à l’Institut du monde arabe

J’ai été personnellement déçu de cette exposition, qui se tient à l’Institut du monde arabe à Paris jusqu’au 14 janvier 2018, et que les médias ont plutôt tendance à encenser, à de rares exceptions. D’une part, je regrette le trop peu de pièces (dans le sujet des chrétiens d’Orient) qui sont présentées. D’autre part, je ne supporte plus ce politiquement-médiatiquement correct qui tend à donner une mauvaise compréhension de l’Histoire.

Prévoir sinon une bonne heure et demie pour tout faire !

Tout d’abord, une économie de 5 euros : l’audioguide, qui n’apporte véritablement rien de plus que les explications écrites ; lesquelles sont soit transcrites en blanc sur gris clair, soit laissées dans la pénombre, ce qui gêne nombre de personnes âgées. Je trouve que c’est dommage.


L’exposition se découpe en quatre parties :

1) la naissance et le développement du christianisme en Orient

2) les Églises orientales après la conquête arabe

3) les Églises, entre Orient et Occident

4) Être chrétien dans le monde d’aujourd’hui


La première partie est très intéressante, notamment pour se rendre compte que ce sont vraiment toujours les mêmes textes que nous lisons 2000 ans après. Toutefois, elle est à mon sens un peu pauvre, assez concentrée géographiquement dans la provenance des artefacts et pas toujours claire dans l’explication des divisions qui font la richesse de cet Orient.

La deuxième partie est scandaleuse en tant qu’elle veut nous faire croire que les chrétiens n’ont fait que subir des Arabes une obligation fiscale, parfois accompagnée de massacres quand le calife était ce qu’on appellerait « un déséquilibré ». Et nulle mention du pacte d’Omar qui obligeait les chrétiens à porter un signe bleu ou de l’interdiction d’entretenir les lieux de culte…

La troisième partie tend à nous dire que les problèmes des chrétiens d’Orient sont le fait de l’implication politique et économique de l’Occident. Qu’en gros, s’il n’y avait pas eu les croisades, début du problème, il y aurait toujours autant de chrétiens. Et que si l’Europe s’était gentiment laissée envahir par les Ottomans, ils ne se seraient pas vengés sur les chrétiens…

La quatrième partie est assez hors sujet en tant qu’elle présente davantage l’Orient actuel que l’Orient chrétien. Et que les problèmes qu’elle veut nous dire être ceux des chrétiens sont en fait ceux de toutes les minorités, en gommant naturellement toute responsabilité de l’islam et en allant justifier cela par la politique. Je n’ai pas trop accroché notamment sur les photos.


L’exposition reste intéressante pour la qualité de ses pièces ; mais c’est clairement le commentaire qui pose problème. On veut faire des chrétiens d’Orient des liens entre les cultures occidentales et islamiques ; ce n’est pas faux mais le rôle prêté est exagéré. Et bien sûr, pas un mot pour dire qu’il y a un problème en tant que l’islam, depuis la Nahda, est devenu intolérant et veut débarrasser l’Orient des chrétiens, ce à quoi on est en passe de parvenir.


Les pièces qui m’ont personnellement le plus marquées sont :

– les représentations du Christ marchant sur l’eau, et de Jonas mangé par « la baleine », du IIIe siècle.

– la lettre déroulée du sultan Soliman à François Ier, de 1519.

– la première presse du monde arabe avec ses caractères en corps 64