Sur la proposition de loi de sécurité globale

Je dois commencer par avouer qu’il est difficile de s’y retrouver, entre les propositions d’amendements et le parti pris des pro- et des anti-.

Toujours est-il que l’on se retrouve avec une proposition de loi de députés marcheurs, dont rien ne justifie l’urgence surtout en la période, laquelle se retrouve en plus sous le feu croisé de l’ONU et du Défenseur des droits.

Personnellement, je m’y oppose, pour nos libertés individuelles et pour la liberté de la presse et je demande préalablement à ses soutiens de me fournir des chiffres précis sur le nombre de policiers agressés parce qu’ils auraient été reconnus sur les réseaux sociaux.


Donc il y a trois articles qui posent problème.

Le 21 qui veut permettre à la Police d’accéder en direct aux images filmées par les caméras piétons des policiers.

Le 22 qui veut légaliser l’utilisation de drones aériens pour surveiller les manifestations, ce qui est jusque-là interdit.

Le 24 qui punit la diffusion malveillante d’images du visage ou du numéro RIO d’un policier. Et tout est dans le « dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».


Je passe sur le couplet prétendument complotiste qu’à chaque fois qu’on nous retire des libertés, on ne nous les rend jamais vraiment ; et que c’est encore le cas ici.

Je ris d’avoir eu raison trop tôt sur les caméras piétonnes policières qui ne sont bien pas là pour contrôler les interventions des policiers et calmer la tension mais bien pour fliquer voire ficher les manifestants (les images pouvant être conservées trente jours).

J’affirme qu’il n’y aurait pas eu d’affaire BENALLA avec cette loi qui force à flouter pour diffuser, et que finalement on cherche à empêcher la dénonciation de violences de policiers qui se multiplient, tel l’aveu d’échec de la doctrine du maintien de l’ordre, qui doit pousser à s’interroger sur les raisons du désordre, dans un contexte où les policiers se cachent le plus en plus le visage sans qu’ils n’en aient le droit.


Je crois donc bien qu’il y a là un aveu d’échec patent de la doctrine actuelle du maintien de l’ordre mais que l’État affirme poursuivre en ce sens, tout en réduisant la qualité de journaliste aux seuls détenteurs de la carte de presse.

Je pense que le but est de chercher à dissuader les gens de manifester, de créer des filtres entre les donneurs d’ordre et le terrain qui ne voient plus rien eux-mêmes mais au travers du prisme de caméras et de dissimuler certaines violences.

Je dis que l’article 24 est particulièrement mal rédigé et qu’on ne peut pas établir une intention de manière aussi subjective, laquelle prérogative doit rester celle du juge pénal.



2 réflexions au sujet de « Sur la proposition de loi de sécurité globale »

  1. josseaume

    La réalité brutale c’est que depuis des décennies l’Etat ne s’attèle jamais aux racines des maux qui détruisent le pays mais ne fait que gérer ces maux en appliquant des mesurettes au coup par coup…cela ne pourra pas durer éternellement…

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