Pas de tristesse pour la mort de Jacques CHIRAC…

À la rigueur de la nostalgie, parce que c’était la génération politique de mes grands-parents qui continue de disparaître, mais sans vraiment plus…

Je trouve que CHIRAC a toujours été un sale type, qui pour réussir à devenir président, a abîmé à la fois la droite, dont il n’était pas vraiment (quand on repense qu’il a commencé communiste), et la France au passage, tout cela pour ne pas faire grand chose une fois arrivé au pouvoir.

C’est un mec qui a fait quarante ans de politique, pour échapper au travail en vivant dans des palais et en s’enrichissant personnellement aux frais de la République. J’ajoute qu’il est aussi un pourri, qui a d’ailleurs été condamné pour une partie de ses forfaits.

Enfin, j’écris que les Français ne pleurent pas CHIRAC mais leur jeunesse sous CHIRAC ; une sorte de « c’était mieux avant ». Il est d’ailleurs amusant de demander aux gens qui est leur président préféré sous la Ve quand la moitié des Français sont nés après GISCARD, et ne peuvent donc pas réellement apprécier l’action des trois premiers présidents.


Jacques CHIRAC.

Mauvais père et mauvais mari, sa fille Laurence n’aurait possiblement pas sombré dans l’anorexie mentale s’il avait été un peu plus présent. Son autre fille, Claude, n’a eu d’autre choix que de travailler à ses côtés pour pouvoir passer du temps avec lui.

Et sa femme aurait certainement parue plus sympathique s’il ne l’avait pas tant trompée, après que ce soit elle qui ait sacrifié sa carrière, et bossé à sa place pour qu’il réussisse ses études, tout en faisant jouer ses relations familiales, par exemple pour qu’il obtienne son grade d’officier.

Mauvais ami également car il a tout foutu sur JUPPÉ dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris ; je comprends que BALLADUR ait tenté lui aussi de faire son CHIRAC en 1993.


Car la trahison de BALLADUR n’est rien à côté de la longue liste des trahisons de CHIRAC : CHABAN, GARAUD, JUILLET, GISCARD, BARRE, PASQUA, JUPPÉ, SARKOZY… Et surtout que penser de l’affaire BOULIN ?

Je ne parle évidemment pas de la trahison de CHIRAC envers les Français, qui avaient voté pour lui en 1995 pour résoudre la fracture sociale, ou envers ceux qui avaient voté NON au référendum de 2005…

Ni de sa trahison des traités internationaux lorsqu’il reprend les essais nucléaires en Polynésie entre 1995 et 1997…


Certains veulent en faire le dernier des grands présidents parce qu’il avait une politique internationale… Mais SARKOZY aussi avait une politique internationale, tout comme MACRON.

À la grande différence qu’elle était effectivement indépendante des États-Unis, et qu’il était l’ami des Russes et du monde arabe.

Ce que je ne pense pas tout à fait désintéressé, dans la mesure où il y avait des marchés à conquérir dans l’après Guerre-Froide…

En même temps, entre 1997 et 2002, il ne pouvait plus faire que de la politique extérieure, du fait de la cohabitation…


Après, je donne quand même raison à MITTERRAND qui disait : « Je suis le dernier des grands présidents. Après moi, il n’y aura plus que des financiers et des comptables ».

Et effectivement, CHIRAC n’a rien pu faire en 1995, parce qu’il n’y avait à la fois plus d’argent, et à la fois plus de marges de manœuvre à cause de l’Europe. Donc il donnait le change.

Europe, pour laquelle il refusera l’inscription des racines chrétiennes dans la Constitution européenne, pour ne pas froisser les Turcs…


Il faut quand même soulever son refus de la participation à la guerre d’Irak, tout en rappelant qu’il n’était pas seul, bien que le premier ; et que l’Allemagne, la Russie et la Chine ont aussi refusé de suivre les EUA.

Tout en disant que CHIRAC n’était absolument pas dans une optique où il aurait déjà prévu que la chute de Saddam déstabiliserait la région ; simplement qu’il voulait continuer de faire du commerce avec la région, tout en s’évitant des attentats en France. Peut-être même en s’offrant un coup de pub !

Et il faut d’ailleurs rappeler que c’est CHIRAC, qui en 1976, alors qu’il était Premier ministre, a vendu le réacteur nucléaire Osirak à Saddam…

Enfin, si CHIRAC avait été un grand président comme DE GAULLE, il aurait démissionné après sa défaite au référendum de 2005. Ce qui n’aurait pas changé grand chose, puisque après son AVC de septembre 2005, c’est VILLEPIN qui a fini le mandat.


Pour moi, CHIRAC n’était pas plus gaulliste car il n’avait pas de vision ou d’ambition pour la France ; à peine pour lui-même. J’ai aussi du mal à voir en quoi il faisait chef, sinon qu’il avait tué tous ceux qui pourraient aussi cheffer.

Il a d’ailleurs trahi le seul vrai dernier gaulliste qu’était CHABAN-DELMAS en 1974, en allant soutenir le libéral GISCARD.

Et c’est à ce moment qu’il faut rappeler toutes les fois où CHIRAC a fait perdre la droite.

En 1981, quand il a fait perdre GISCARD.

En 1988, quand il a lui-même perdu, du fait notamment de ses ratés de 1986 à 1988.

En 1997, quand il a dissout l’Assemblée.

Et en 2012, quand il soutient HOLLANDE contre SARKOZY.

Surtout qu’il n’a que gagné de justesse en 1995, parce que MITTERRAND a fait ce qu’il fallait pour qu’il passe devant BALLADUR, et en 2002 à cause de la division de la gauche, qui a placé LE PEN face à lui.


Arrêtons-nous un peu sur son bilan, qui n’est d’ailleurs essentiellement pas le sien mais celui de son Gouvernement, sauf par exemple quand il reconnaît la responsabilité de la France dans la collaboration et la déportation des juifs.

Son vrai bilan à CHIRAC, c’est quand il était Premier ministre entre 1974 et 1976, puis entre 1986 et 1988. C’est la loi VEIL en 1975, le regroupement familial en 1976, la libéralisation de l’économie, et toutes les privations ratées en 1986, la loi DEVAQUET, et la triste issue de la prise d’otages dans la grotte d’Ouvéa.

Donc CHIRAC en douze ans, sous un gouvernement de son obédience, a surtout supprimé le service militaire, et lutté pour la prévention routière (exécutée par SARKOZY), et contre le cancer, le SIDA et le handicap.

Il a aussi légèrement réformé les retraites avec FILLON, mais sans plus, et a tenté le CPE, qui n’était en soi pas une si mauvaise idée, mais qu’il a dû retirer sous la pression populaire. Tiens, je me rends compte que je n’ai toujours pas parlé du flop de la réforme des retraites de 1995.


On le représente proche du peuple, notamment grâce aux Guignols, qui ont participé à le faire gagner, en faisant perdre BALLADUR, dont on a renforcé l’image coincé et psycho-rigide, sur indication de MITTERRAND.

La nouvelle image de CHIRAC est d’abord une œuvre de communication qui a été façonnée par sa fille Claude, et des consultants américains. Lesquels ont réussi à faire oublier l’énarque issu de la petite bourgeoisie corrézienne, le facho CHIRAC arrogant et ambitieux, celui qui a trahi tous ceux qui l’ont aidé pour faire la place nette.

C’est ensuite une image qu’il s’est forgée en jouant le mec du peuple, proche des agriculteurs, directement au cul des vaches, allant serrer les mains des agriculteurs , aidé par son formidable estomac. Mais je dois bien avouer que je ne comprends personnellement pas en quoi c’est censé le rendre sympathique.

En fait, je ne crois pas qu’il aimait vraiment les gens. Il faisait semblant pour être élu, et il arrivait à tromper les pauvres et simples Français qui ont crû à son histoire de pauvre loser esseulé et abandonné en 1993 qui arrive quand même à gagner en 1995.

De plus, s’il aimait vraiment les Français, il aurait essayé de les rassembler dans ses gouvernements. Or, tant en 1995, quand il exclut tous les balladuriens de son gouvernement, qu’en 2002, il ne tente aucun rassemblement de toutes les forces républicaines qui se sont retrouvées avec lui contre LE PEN.

Enfin, il n’aurait pas perdu les élections de 1997, fait si peu au premier tour de 2002 (pour un sortant), et fini avec 16 % de popularité en mai 2007…


CHIRAC incarne donc en politique tout ce que je déteste (l’opportunisme, l’arrogance, l’hypocrisie… Le tout caché derrière une certaine communication qui faisait qu’il n’était en fait pas lui-même.)

En plus du fait que toutes ses trahisons, et tout son ménage, n’ont pas eu pour but de servir la France et les Français, mais juste d’asseoir sa soif de pouvoir. Je n’ai donc aucune indulgence sur tout ce qu’il a fait pour en arriver là…

Et donc je ne le pleure pas. Juste qu’en face de ses successeurs, je trouve effectivement qu’il incarnait la fonction présidentielle avec plus de prestige. Mais ce n’est pas cela qui fait de la politique…

En illustration, Jacques CHIRAC serrant la main de Jean-Marie LE PEN en 1986.



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