UMP/LR : pour un électeur de droite forte gagné, combien d’électeurs du centre-droit perdus ?

Qu’on le veuille ou pas, la sociologie électorale des Français n’a pas évolué en soixante ans.

Il y a toujours 44 % de Français à droite, 47 % de Français à gauche et 9 % de Français, pas forcément au centre, mais qui font balancer l’élection d’un côté ou de l’autre. On appelle ces derniers le « marais » (ou la Plaine comme sous la Révolution française).


En 2007, SARKOZY menait une campagne de centre-droit, il a gagné.

En 2010, SARKOZY a axé sa campagne à droite, il a perdu en 2012.

En 2014-2015, l’UMP s’est allié avec le centre, ils ont gagné.

En 2017, les militants LR ont préféré FILLON à JUPPÉ, ils ont perdu (et ils auraient perdus dans une second tour FILLON/MACRON).

En 2019, WAUQUIEZ a axé la campagne des européennes à droite, ils ont perdu…

À croire qu’ils ne retiennent pas les leçons de l’Histoire !


Dans l’histoire politique de la Ve République, la droite n’a toujours gagné qu’avec le centre.

C’est le « Oui mais » de GISCARD qui a fait chuter DE GAULLE en 1969.

C’est CHIRAC qui fait perdre GISCARD en 1981.

C’est l’UPF (l’union du RPR et de l’UDF) qui l’emporte en 1993…


La grande erreur de nos politiques est de penser que le FN/RN est de droite !

Alors que la vraie extrême-droite, raciste et xénophobe, ne représente que 1 à 2 % du corps électoral français.

Sans donc dire que tous les électeurs du RN sont les anciens communistes des années 1970, il n’est pas possible d’additionner les voix des électeurs de l’extrême-droite, plus ceux de droite, plus deux du centre en un seul bloc cohérent.

D’abord parce que centre et extrême-droite ne peuvent pas se voir, malgré les alliances qu’il y a eu au moment des régionales dans les années 1990.

Mais surtout parce que dans les électeurs de l’extrême-droite et du centre, il y a des gens qui ne font pas partie des 44 % de Français à droite, ni même forcément des 9 % du marais.


Ainsi donc, plus la droite va se droitiser, et plus elle fera fuir le centre, sans gagner les gauchistes de l’extrême-droite.

Et ses militants ne le comprennent désespérément pas, parce qu’ils refusent de voir qu’il n’existe pas un électorat de droite qui est majoritaire dans le pays, mais que la droite est une construction politique rassemblant des extrêmes, des modérés et des centristes…

Et à l’heure où la composante dite extrémiste, et la composante dite centriste n’ont jamais été aussi fortes, les électeurs ont tendance à choisir le camp des vainqueurs, et à partir d’un côté ou de l’autre.

Et copier tel camp ne peut qu’encourager la désertion de ceux qui préféreront toujours l’original à la copie.

En clair, la droite ne peut revivre qu’en retrouvant les fondamentaux de la modération républicaine, même si cela sera très compliqué en tant qu’elle s’est volontairement enfermée entre deux forces puissantes qu’elle a elle-même favorisée, en allant à chaque fois dans les extrêmes pour pouvoir rassembler le plus de monde.

Alors que la droite gagne lorsqu’elle est un centre de gravité, qui attire finalement tous ceux qui veulent d’un statu quo un peu mou… Et c’est à ce moment là, et sans que cela ne gêne trop personne qu’on retrouve des ministres d’ouverture clairement de gauche, et un ministère de l’Identité nationale, et qu’on fait passer ce qu’on veut, tant que cela reste subtil.

Et si la droite perd, c’est donc bien parce qu’elle n’arrive plus à être subtile, et qu’elle veut notamment s’afficher à droite, avec des valeurs dite de droite, et donc qu’elle effraie tous ceux qui veulent bien voter à droite, mais pas pour la droite, et notamment contre la gauche…



2 réflexions au sujet de « UMP/LR : pour un électeur de droite forte gagné, combien d’électeurs du centre-droit perdus ? »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Gauche ou droite, ça ne veut plus rien dire aujourd’hui, ça c’est de la politique que seuls les plus de 70 ans ont connu, on n’est plus sous Giscard (même s’il est encore vivant). Parle plutôt d’ultra-libéraux, de souverainistes, d’écologistes, de mondialistes, etc …

    Répondre
    1. Vagneux Olivier Auteur de l’article

      Au contraire, les gens ont tort de vouloir enterrer trop vite ce clivage. CHEVÈNEMENT est un souverainiste de gauche ; NDA de droite… Antoine WAECHTER est un écolo de droite ; EELV de gauche. MACRON était un PS ultra-libéral, comme Alain MADELIN est un ultra-libéral de droite… Et le RN est de plus en plus mondialiste… Pas si facile.

      Répondre

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