Ce que j’analyse des résultats du premier référendum en Nouvelle-Calédonie (novembre 2018)

Quelques éléments de réflexions à la suite des résultats du premier référendum pour une « indépendance » de la Nouvelle-Calédonie de ce dimanche 04 novembre 2018.

– Honte à MACRON, en tant que président de la République, de ne pas avoir défendu l’indivisibilité du territoire national. Contrairement à ce qu’il a laissé entendre dans son intervention, il n’aurait pas été partisan, relativement à l’esprit de la République française se voulant égalitaire, solidaire et généreuse, qu’il se positionne contre l’indépendance. Mais sûrement doit-il voir que la Nouvelle-Calédonie nous coûte un pognon de dingue, et qu’il n’a pas envie de faire de nouveaux efforts…

– Beau ratage des sondages qui prévoyaient une victoire du NON à 66 %. On est à 56,4 %. Pari néanmoins gagné pour Jacques LAFLEUR qui se doutait que trente ans après 1988, les Calédoniens auraient plutôt envie de rester Français. Pour autant, 25 000 voix ne représentent pas grand chose… Mais elles n’étaient pas forcément là en 1988 !

– Remarque donc qu’un corps électoral composé à 39 % de Kanaks a réussi à obtenir un résultat de 46 %. Il faudrait avoir plus de détails, mais l’idée indépendantiste touche aussi manifestement des Caldoches, étant donné que des Kanaks annonçaient voter NON.

– Très forte participation pour un référendum que les médias présentaient comme loin des préoccupations des habitants, notamment des jeunes, en insistant bien sur le fait qu’un micro-parti indépendantiste ait appelé tous ses partisans à s’abstenir…

– Net recul des indépendantistes au Nord (près de 8 points dans certaines régions par rapport aux élections provinciales) mais résultats étonnamment élevés au Sud. Je ne serai pas surpris que le Congrès de Nouvelle-Calédonie finisse pas basculer du côté des indépendantistes d’ici dix ans, car les indépendantistes progressent d’élections en élections… Je crains le redécoupage des régions, même s’il me semble risqué et infaisable.

– Les menaces des loyalistes sur la réduction de production du nickel et la fin des aides sociales n’ont globalement pas fonctionné (à l’exception de quelques zones localisés). Inversement, les discours populistes promettant une meilleure répartition des richesses (alors que c’est faux, et que plusieurs craignent un pouvoir autoritaire en cas de sécession) ont fonctionné…

– Comment entendre ces 44 % de Calédoniens qui aspirent à un changement ? Et cela ne semble pas être plus d’auto-détermination qui changerait quoi que ce soit…

– Dommage que MACRON n’ait pas plus insisté sur le présent de la Nouvelle-Calédonie dans la République, en s’attaquant plus aujourd’hui à la lutte contre les inégalités existantes ; mais qu’il promette un avenir dont on ne sait rien. Ni même qu’il ait annoncé de suite un deuxième référendum, prévu dans l’accord de Nouméa qu’il se fait fort de rappeler ; comme s’il espérait pouvoir éviter celui-là…

– Ma conclusion : Certes, le refus de l’indépendance a gagné, mais d’une très courte tête, ce qui ne signifie pas une adhésion à la France. La République doit se dépêcher de s’intéresser plus à ses concitoyens d’Outre-mers.



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Une réflexion au sujet de « Ce que j’analyse des résultats du premier référendum en Nouvelle-Calédonie (novembre 2018) »

  1. Jean-Marie CORBIN

    « La République doit se dépêcher de s’intéresser plus à ses concitoyens d’Outre-mers. » => intérêt surtout des puissances étrangères avoisinantes du « caillou », peut-être pour les zones de pêches et les mines de nickel. Il faut remonter à 1984 pour retracer les premiers troubles à l’origine de ce référendum tant attendu et qui vient enfin d’avoir lieu. Je m’en souviens très bien, de la bien médiocre gestion de la crise par les socialistes triomphants de 1981. JM Tjibaou était violent et fou, il ne valait pas mieux que Mobutu ou Amin Dada ! À l’époque, selon moi, la Nouvelle-Zélande avait des ambitions sur la Nouvelle Calédonie, en 2018, cela mettrait plutôt en appétit les chinois.

    Il est prévu de refaire un référendum tous les 2 ans jusqu’à ce que le « oui » finisse par l’emporter. Cela finira par se produire, parce que la France est désormais un pays « faible » … **

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