Comment j’ai empêché un cambriolage au domicile de mes parents

La scène se passe ce mardi 30 octobre 2018, à 14 heures 50.

Ma mère et ma sœur viennent de partir faire des courses, laissant leur maison vide.

Je finis de travailler sur un article chez moi, et j’arrive quelques minutes après leur départ pour chercher des vêtements d’hiver parce qu’on se caille depuis une semaine.

(Il se trouve que les vêtements que je voulais étaient chez mes parents puisque c’est ma mère qui fait mes lessives pour tout ce qui n’est pas sous-vêtement que je fais à la main, n’ayant pas de machine à laver en plus d’une conscience écologique)

À peine ai-je désactivé l’alarme et fermé la porte, puis monté l’escalier puisque mon ancienne chambre était à l’étage, que j’entends sonner.

Je commets l’erreur fatale de poser mon portable en haut, et de redescendre, pensant néanmoins que c’était ma mère ou ma sœur qui avaient oublié quelque chose. Elles ont la clé, mais peut-être est-ce moi qui ai oublié de retirer la mienne de la porte, vu que je ne suis là que pour quelques secondes ?

Je regarde néanmoins par le « judas » de la porte, et je vois ce que j’identifie comme deux futures prix Nobel syriennes (la Syrie n’a jamais eu de prix Nobel) ; enfin, deux médecins ou deux scientifiques ou deux intellectuelles qui fuient le régime du vilain Bachar AL-ASSAD.

Le seul commentaire sexiste et misogyne que je fais est que l’une des deux n’est pas moche, voire plutôt mignonne. Je ne suis cependant pas assez en manque pour imaginer donner une suite sexuelle à cette affaire !

Je sais que dans certaines villes, des Syriennes sonnent pour demander à manger, et comme je suis un bon connard, je décide de ne pas leur ouvrir, parce que j’attends que l’enrichissement culturel commence par elles.

Et puis elles sonnent à nouveau. Puis encore une fois. Pendant bien cinq minutes. Au moins une vingtaine de fois.

Puis je vois dans le reflet d’un tableau, qui trouve là enfin la première utilité sociale de sa vie, que l’une des deux jeunes femmes est appuyée contre la fenêtre qui donne sur la rue pour voir s’il y a quelqu’un dans la maison. Mais je n’ouvre pas.

Et la première fille se met à tambouriner à la porte, pour être bien sûre qu’il n’y a personne. Illogique puisqu’elle entendait aussi la sonnette de l’extèrieur.

Puis je les vois se diriger vers le portail du jardin, et j’entends qu’elles déplacent les poubelles et je devine qu’elles l’escaladent.

Je vais alors les attendre, en restant dans le pavillon, face au jardin. Je tire les rideaux de la fenêtre.

C’est alors que j’en vois une (l’autre doit rester pour faire le guet), et elle me dit dans un parfait français sans accent (parce qu’arrivée au commissariat, elle aura oublié le français, je vois souvent cela à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis) qu’elle cherche son chat, et me demande de lui ouvrir (quel culot !).

Pour bien me foutre de sa gueule, je me mets à miauler derrière la fenêtre. (La policière qui m’a auditionné comme témoin ne voulait pas me croire et hésitait à l’inscrire dans la plainte.) Elle me dit qu’elle n’entend pas. On fait cela trois fois, elle fait mine de s’en aller, et je vais chercher un téléphone pour appeler la police. Je regrette alors de ne pas avoir eu mon portable pour la filmer.

Puis je monte à l’étage pour récupérer mon portable et filmer leur fuite par la fenêtre de l’étage qui donne sur la rue (ce qui suppose qu’elle s’en aille par là où elles sont arrivés).

Je compose le 17, ce qui me sera reproché par la Police de Savigny, mais sur ce coup là, je les emmerde, parce que je sais comment ça fonctionne.

Et j’attends neuf minutes leur arrivée, enfin un peu mois parce qu’il faut passer tous les palabres.

Ce qu’il faut savoir, c’est que pendant ce temps, les deux jeunes filles, que je ne vois plus puisque je suis à l’étage, ne partent pas de suite, et vont quand même essayer de forcer les portes-fenêtres du salon et de la cuisine, à l’aide d’un gros tournevis qui va laisser des grosses marques.

Alors que les nanas ont 16-18 ans pour la première et 14-16 ans pour la seconde ; mais je les vieillis sûrement car c’est très difficile d’estimer l’âge des Rroms (c’étaient en fait des Rroms), et ce ne sont pas mes amis de la Police de l’air et des frontières, rencontrés à Fleury, qui me diront le contraire puisque le teste du poignet n’est pas toujours très concluant avec cette population (test que les organisations droits de l’hommistes veulent faire interdire parce qu’on met des mineurs en prison avec ce système).

Bref, les meufs rentraient que je les étalais sauf si elles me plantaient d’abord.

Au total, trois patrouilles de Police nationale sont sur le coup. Une de Longjumeau qui est la première à arriver chez moi, suivi d’une première de Savigny. Elles vont fouiller le jardin, mais les jeunes femmes sont déjà parties.

Et une deuxième de Savigny, qui fait le tour du quartier, et qui grâce à ma description, va arrêter de suite deux jeunes femmes correspondant aux profils, qui attendent tranquillement le bus, comme si de rien n’était.

Je me fais néanmoins engueuler par une policière de Savigny pour ne pas avoir composer le 01-69-12-29-50. Mais ma grande, je sais très bien que Longjumeau ne serait pas venu si je n’avais pas fait cela, et rien ne nous dit qu’elles ne seraient pas repartis vers Morangis.

Puis la Police est revenue pour relever les empruntes et faire les constatations d’usage.

Bilan : le portail forcé et les portes-fenêtres abîmées, mais aucun vol à déplorer. Et cinq heures de perdues ! Mais sauvé du point de vue du viol de l’intimité. C’est meilleur pour le moral.

Les deux jeunes filles Rroms ont été arrêtées, et déférées devant le juge pour enfants. Elles semblent avoir avoué et comme elles ont abandonné le tournevis à proximité. De toute façon, je saurais les reconnaître !

La procédure est allée très rapidement ; je saurais donc fin décembre si la première a enfin retrouvé son chat dans le jardin de mes parents.

Pas de chance, moins de deux semaines après l’incendie de ma haie, mais là encore, le hasard, d’autant que c’étaient mes parents qui étaient visés. Moi, on sait que je n’ai rien d’autre que des preuves de l’incompétence de MEHLHORN.

Je n’ai pas eu peur. Tout juste ai-je senti mon coeur s’accélérer au moment d’appeler la Police (qui me faisait plus peur que les Rroms) et ai-je pu constater la merde de système d’alarme de mes parents qui n’a pas de bouton pour la déclencher automatiquement. Il faut la reprogrammer et attendre une minute qu’elle repère une activité… On va aussi changer cela.


Je voudrais rajouter quelques éléments :

  • Voisins vigilants n’aurait servi à rien au cas présent.
  • La patrouille de Police municipale n’a commencé sa ronde dans le quartier qu’à 15 h 35, donc MEHLHORN peut renforcer tant qu’il veut, ça ne suffira jamais pour tout empêcher ; je pense que la réponse est pourtant d’ordre politique, économique et sociale vis-à-vis des Rroms.
  • Heureusement qu’elles ont sonné, parce que je pense que je ne les aurais pas entendues autrement. Je me dis aussi qu’elles ont guetté le départ de ma mère, et heureusement qu’elles ne m’ont pas vu.
  • Les Rroms jouent bien volontiers de la confusion qu’ils peuvent entretenir avec les Syriens, notamment dans le métro ou aux abords des autoroutes ; moi qui fréquente beaucoup de Rroms, je me suis laissé tromper au début. C’est comme le coup de ne pas savoir parler français, alors qu’avec moi, elle le parlait sans accent !
  • Un bon ami demanderait ce que les Rroms apportent à la société française ; j’ai fait du social avec les Rroms et cela reste une grande frustration pour moi. Déjà à Fleury, c’est les mecs qui viennent te voir en se disant X auprès de l’administration sur leurs cartes biométriques mais qui retrouvent une identité au moment d’écrire à la famille, alors qu’ils savent que la lettre est relue par l’administration… Mais ce sont des gens qui vivent au présent. Ils ne veulent pas un travail rémunéré 1500 euros par mois. Ils veulent travailler tant de jours pour gagner 150 euros, et puis ils arrêtent, et puis ils reviennent chercher un travail lorsqu’ils ont besoin d’argent. Ils te demandent d’apprendre à lire, et puis ils se barrent dès qu’ils arrivent à peine à déchiffrer. Les jeunes femmes ne cherchent plus qu’à se marier, et à se faire engrosser, à partir de 15 ans… C’est très difficile de mener une action de long terme avec eux, et de les suivre dans la durée. Et que dire du scandale des aires d’accueil des gens du voyage, et de la scolarisation obligatoire, parce qu’ils ne payent rien et que la société leur paye tout ? Là, j’attends une réponse de l’Union européenne !


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2 réflexions au sujet de « Comment j’ai empêché un cambriolage au domicile de mes parents »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Alors Vagneux, on fait dans la fake news en instrumentalisant de surcroit la police ?

    Ben tu vois bien que l’oisiveté (la tienne) a ses avantages (surveillance inopinée).

    Plus sérieusement, Voisins Vigilants = Epic Fail !

    Tu as auras toujours des droits de l’hommiste pour continuer à te dire qu’il ne faut pas faire de ton cas particulier (pourtant semblable à bien d’autres) une généralité et stigmatiser une communauté en difficulté. Et pourtant, aucun de ces droits de l’hommistes n’est en mesure d’apporter un cas contraire en leur faveur.

    Bref, nous sommes des gros cons de fachos en continuant à dire qu’il ne faut pas se laisser faire …

    Répondre
    1. Vagneux Olivier Auteur de l’article

      De manière très sérieuse, il y a quelqu’un qui m’a demandé si ça ne pouvait pas être des gens qui s’étaient déguisées ! Notre société est malade. Mais j’espère que cela leur servira de leçon, même si économiquement, les Rroms ne semblent vivre que de rapines…

      Répondre

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