Sur le stress et les autres conséquences issues de l’attente de la réforme territoriale

Vous le constatez au quotidien, nous avons beaucoup d’échelons administratifs et une carte territoriale difficilement lisible (ce qui fait que plus personne ne sait qui a compétence de quoi). Il est donc prévu depuis trois ans de simplifier tout cela en essayent de supprimer au moins, un des six échelons existants, dans un premier temps. Mais quel avenir pour nos fonctionnaires territoriaux ? Cette insupportable attente n’a que trop duré !

Peut-on parler de faute originelle avec les loi MAPTAM (janvier 2014) et NOTRe (août 2015) ? Toujours est-il, qu’en Île-de-France, on aurait sûrement pas dû créer des métropoles, et des établissements publics territoriaux, sans avoir préalablement supprimé soit le Département soit (aussi) la Région. De fait, il n’y a eu aucune rationalisation puisqu’on a justement dû embaucher pour ces nouvelles structures, tout en laissant fonctionner ce qui existait déjà !

Sauf que tout le monde est d’accord qu’on ne peut pas être à trois, voire à quatre, pour gérer la même compétence, et qu’il va donc falloir se débarrasser d’une strate et donc de tous les gens qui y travaillent ? Lesquels parce qu’ils sont fonctionnaires, vont rester au service de l’État, potentiellement s’ils passent d’une grosse à une petite structure, en perdant les primes et le choix de la géographie (par exemple si on les envoie travailler à l’autre bout de la Région).

Or, nous ne sommes pas dans SimCity, et on ne peut pas tout raser d’un coup de bulldozer et implanter de nouveaux centres administratifs au milieu de nulle part. Nous devons faire avec une Histoire qui prend en compte les découpages communaux et départementaux, même s’ils sont illogiques. (À commencer par le fait qu’il faut que ces lieux soient accessibles.) Et c’est sûrement tout cela qui nous bloque, et qui empêche toute réforme sérieuse du système ?

HOLLANDE a parlé de réformer sur la fin de son mandat, mais il n’a rien fait. MACRON s’est fait élire en promettant de simplifier le mille-feuille, ce qu’il doit faire lors d’une conférence territoriale qu’il ne cesse de repousser. D’abord prévue à l’automne 2017, on a ensuite parlé de novembre-décembre 2017, puis du 14 février 2018 puis de fin mars 2018 puis d’avant l’été 2018. Mais jusqu’à quand allons-nous faire peser de telles incertitudes sur les agents ?

Parce que personne n’est à l’abri. À chaque annonce de conférence, ses hypothèses de suppressions. D’abord les départements, puis les régions, puis la Métropole, puis finalement peut-être les communes, puis non les départements… Et plus MACRON attend, et plus il se heurte aux élus locaux, qui risquent en plus de passer globalement de son bord aux prochaines municipales, et donc de faire obstacle à tout projet de réforme qui pourrait les affaiblir…

Au milieu de tout cela, il ne faut pas oublier les citoyens ni l’usage de l’argent public. Car chaque couche se traduit par de nouveaux impôts destinés à financer de nouveaux fonctionnements de structure. Et en même temps, ces nouvelles structures sont vierges d’une mauvaise réputation bancaire, donc peuvent emprunter et s’endetter. Mais pourquoi construire de nouveaux sièges dès maintenant, si c’est pour qu’ils disparaissent dans moins de trois ans ?

Finalement, tout cela ne fait qu’éloigner le citoyen de la politique, lequel n’y comprend plus rien et n’y voit qu’une pompe à fric. Alors on évoque la proximité, pour justifier de tout maintenir, ce qui est un faux problème à l’heure du numérique. Et ne restent que des élus, généralement indemnisés, qui ont un prétexte pour ne plus travailler, et de la fonction publique qui fait diminuer le chômage, mais qui ne sert à rien dans trop de cas où elle est en doublon…

Vraiment, il est temps que MACRON fasse des choix, qui de toute façon feront mal à certains, et qui malheureusement, et même en supprimant un ou plusieurs échelons, ne permettront pas d’économies ! Mais on ne peut plus attendre, d’un point de vue juridique où il faudrait qu’on établisse clairement la répartition des compétences, et d’un point de vue humain, pour les agents et les citoyens ! Il faudrait vraiment que les choses changent à partir de 2020 !

Et nul doute qu’il y aura encore des gens pour reprocher que ça change tout le temps, et de ne pas comprendre pourquoi telle ville de son canton départemental n’est pas dans son établissement public territorial… Mais nous sommes dans une configuration anxiogène qui affaiblit l’économie, qui affaiblit l’innovation, qui réduit les libertés… Et il faut aussi regarder à plusieurs niveaux, pour nous inscrire dans la mondialisation tout en préservant le tissu local…



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