Pourquoi nos politiques se refusent-ils à comptabiliser le vote blanc !

Un vrai problème du vote blanc, c’est qu’il ne permettra plus jamais de majorité absolue à partir du moment où les Français ne voteront plus que par adhésion. Or, la dernière fois qu’ils l’ont à peu près fait, c’était pour Nicolas SARKOZY en 2007, ce qui commence à dater. Le vote blanc ne peut donc pas être reconnu sous peine de mettre un terme au vote par défaut qui aujourd’hui fait l’élection. Mais nos politiques peinent à l’avouer !

Mais quel prétexte bidon ! On nous prend vraiment pour des cons !

En effet, à partir du moment où l’on reconnaît que les citoyens votent par défaut, on admet sa propre incompétence à susciter l’intérêt de la majorité de la population. Donc le vote blanc peut déjà difficilement être accepté des politiques parce qu’il revient à officialiser un autre choix de vote que son parti ; même s’il y a peut-être des votants blancs prêts à voter pour le parti politique qui leur permettra de voter blanc : la preuve avec toutes ces listes pour le vote blanc…

Mais admettons un instant que le vote blanc soit reconnu et qu’il ait permis d’annuler le premier ou le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, parce que tous les abstentionnistes se sont déplacés pour voter blanc ; en imaginant en plus que le vote est obligatoire même si nous obtiendrions à peu près les mêmes pourcentages en résultats dans une telle configuration. Explorons donc les hypothèses qui s’offrent à nous :

  • on empêche tous les candidats ayant participé au scrutin de concourir à nouveau : dans ce cas, les partis changent les candidats, sans passer par la primaire. Seuls les candidats déchus et les indépendants sont fâchés. Restent donc ces partis que l’on déteste, et pour qui l’on votera à moins qu’émerge alors une personne de la société civile qui est de toute façon déjà connue mais qui ne se serait pas présenté à la première série.
  • On empêche tous les partis et mouvements politiques (et les indépendants) ayant participé au premier scrutin de s’y représenter. Donc on commence par faire un sacré ménage, mais on trouvera des partis satellites ou des candidats qui avaient (peut-être d’ailleurs volontairement) sauter ce premier scrutin. Et au final, c’est le plus connu ou le plus populaire qui gagne. Avec le risque que tel quitte son parti pour dire qu’il est candidat indépendant, mais il sera sacrément embêté pour financer sa campagne…
  • On refait voter pour les mêmes candidats sans changer la méthode jusqu’à épuisement de ceux qui votent blancs, non sans leur avoir mis la pression que c’était eux qui empêchait le pays d’avancer. On fait comme les référendums européens au Danemark, en Norvège, en Suisse : on fait revoter jusqu’à ce que les gens soient d’accords !
  • On refait voter pour les mêmes candidats en changeant la méthode. Et on élimine un candidat par tour de scrutin ; ou on fait mettre une note. Bref, à ce rythme, autant dire que celui arrivé en tête au premier tour mérite de l’emporter comme dans une course de fond. Car le problème est peut-être bien qu’il y ait deux tours : un pour choisir (paradoxalement le premier), et un autre pour éliminer.

Aussi le vote blanc ne sera-t-il jamais reconnu parce qu’au-delà du principe de fond avec lequel les vrais démocrates ne peuvent qu’être d’accord (selon moi), la forme le rend impossible à mettre en œuvre, sauf à altérer la démocratie. Reste donc là encore des solutions alternatives, comme celle préconisée par mon ami Jean-Marie CORBIN, de limiter les revenus et indemnités des élus par rapport à leurs résultats en termes de participation. Mais ce serait encore imparfait.

Donc nos politiques ne souhaitent pas prendre en compte le vote blanc, mais ils ne le peuvent surtout pas, dans la mesure où il n’y a aucune solution démocratique tenant en compte l’idée de majorité absolue (50 % des votants) qui reste l’idéal porté aux nues. Et en même temps, quel aveu d’échec lorsque à l’issue d’un duel entre seulement deux candidats, aucun des deux n’atteint 50 % des votants. C’est ce qui est arrivé à CHIRAC en 1995 et qui a débouché sur 2002 !



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