Éviction du général DE VILLIERS, comme un air de déjà vu après celle du général SOUBELET

Le Chef d’État major des armées a donc démissionné, même si dans les faits et vu l’humiliation que lui a infligé Emmanuel MACRON, cela ressemble quand même à ce qu’on l’a démissionné. Du moins, on lui a mis une telle pression qu’il lui aurait été difficile de rester plus longtemps, tout en conservant son honneur et la cohérence de son message, MACRON comptant de toute façon et comme toujours passer en force.

Alors quel est son vrai tort ? Tout comme l’ancien directeur des opérations et de l’emploi à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, le fait de s’être exprimé de manière politiquement-médiatiquement correct devant la commission de la Défense nationale, et d’avoir protesté contre les baisses annoncés de crédits. Plus exactement, d’avoir trouvé qu’une idée du président de la République était mauvaise !

Dans le cas du général DE VILLIERS, ce serait la faute des fabricants d’armes sous la pression duquel complexe militaro-industriel, le Chef d’état-major des armées serait soumis ; du moins à en croire le président français. Je ne trouve pas cela très crédible quand on sait que nos fusils d’assaut sont allemands, et que TRUMP vient de passer des contrats d’armement, avec la Pologne, après deux jours en France dont un 14 juillet. Quelle humiliation !


En fait, DE VILLIERS aurait dû fermer sa gueule et à la limite remercier de ne perdre que 200 millions € tout en devant continuer Vigipirate et les opérations extérieures. Mais non, tout va bien, même si c’est déjà un miracle que nous n’ayons pas plus de morts par défaut de notre matériel, tant le sable malien a achevé de ruiner nos équipements qu’il faudrait renouveler. On envoie quand même des Français se battre avec 70 % de matériel défectueux !

Pour sa part, le général SOUBELET avait eu le malheur en 2013 de pointer les errements et les échecs de la politique sécuritaire et judiciaire du gouvernement AYRAULT lors d’une audition publique pour une mission parlementaire. On l’avait alors placardisé en lui donnant la responsabilité de la Gendarmerie de l’Outre-mer, puis en finissant de lui retirer toute responsabilité de commandement.

Y a-t-il donc un précédent dans la méthode ? Désormais, pour changer les têtes, on enverra les généraux s’exprimer au Parlement, puis prenant prétexte d’un de leur propos, on les limogera ? Ce qui est schizophrène est cette limite que sans crédits supplémentaires (le vrai problème à chaque fois), la situation ne sera que pire. Donc ne pourra rester que le général, sous lequel il n’arrive pas d’incidents, mais qui n’a surtout pas soulevé que ça allait mal…


Je trouve vraiment dangereux pour la démocratie que la liberté d’expression devant la Représentation nationale soit ainsi menacée. Je rappelle d’une part que le faux-témoignage est puni de 5 ans de prison, tandis que les deux hommes avaient dû faire le serment de devoir toute la vérité à l’Assemblée avant leur audition.

Mais aussi et surtout, vu l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881 qui dit  : « Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage ni les propos tenus ou les écrits produits devant une commission d’enquête créée, en leur sein, par l’Assemblée nationale ou le Sénat, par la personne tenue d’y déposer, sauf s’ils sont étrangers à l’objet de l’enquête« .

Par son comportement, Emmanuel MACRON prouve bien là qu’il est un président de gauche. D’un côté, son programme était plus que léger sur les questions de sécurité, et je ne comprends toujours pas son fameux « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique. » De l’autre, il est fasciné par la chose armée, et teste son pouvoir en renvoyant le Chef d’état major des armées pour montrer que c’est lui le chef.

En tout état de cause, voilà qui ne correspond pas à l’idée que je me fais du chef, et même si nous sommes loin du coup d’état, la défiance monte, parce qu’on se fout quand même hypocritement beaucoup de tous ceux qui sont là pour nous protéger. Et ce sont quand même eux qui subissent la guerre au Mali ou les interminables heures de surveillance Vigipirate, quand MACRON ne fait que les visiter occasionnellement et par pure communication politique.

Rappelons enfin que la crise entre le président et le CEMA relativement au budget a été précédée de la démission de Sylvie GOULARD, ministre des armées qui rechignait à soutenir ces coupes ; ce pourquoi elle a été remplacée par Florence PARLY, qui par son expérience professionnelle, n’aura pas de scrupules à les accomplir…



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