Sur l’oxymore que constitue l’idée d’une Europe des nations

Jour de fête nationale, avec une pensée pour la nation française, et les grandes personnalités qui ont participé à écrire son Histoire. Parmi eux, de grandes figures qui défendaient une « Europe des peuples » ou une « Europe des nations » à l’instar du  général de GAULLE ou de Napoléon avant lui. Mais à bien y réfléchir, ces deux termes d’Europe et de nations sont contradictoires, sauf dans le cadre d’une Europe française, sûrement autant irréalisable aujourd’hui que peu souhaitable.

Qu’est-ce qu’un peuple ? Qu’est-ce qu’une nation ? Selon la définition politique la plus communément admise, actualisée notamment par Éric HOBSBAWM, il s’agit d’une population qui s’auto-reconnaît, organisée en état, sur un territoire défini.

Toute l’Europe d’aujourd’hui est composée d’états-nation, du fait de l’Histoire. Mais l’État ne trouve de sens que parce qu’il dispose de compétences régaliennes qui le rendent ainsi souverain : ce sont la Justice, la Défense, la gestion des relations extérieures, le pouvoir de battre la monnaie et d’en réguler la valeur…

Qu’est-ce que l’Europe sinon le rassemblement politique et économique des états géographiquement présents sur le vieux continent ? Mais quand bien même l’Union européenne ne serait que juridique et financière, elle a besoin, pour être démocratique, d’une gouvernance commune qui implique des renoncements de la part des états, sur les thèmes de la Justice et des Finances. Paradoxalement, c’est dans l’inachèvement de la construction européenne, que prospère le pouvoir des banques et des groupes de pression.

Toujours est-il qu’à partir du moment où l’on retire aux nations leur qualité d’état, alors elles perdent leur identité politique. L’Europe se veut être un regroupement de nations plus ou moins intégrées entre elles, selon le modèle de l’union ou de la confédération. Mais si les nations ne sont plus constituées en états, alors l’Union européenne ne rassemble rien du tout…

L’Europe des nations ne pourra exister que lorsqu’il existera une nation européenne, reposant sur une auto-identification commune, au moyen de pratiques culturelles, sociales et fiscales semblables. Mais quand on voit les différences qui existent déjà au sein des états et les revendications nationalistes de plus en plus bruyantes, on ne peut que se dire que nous en sommes encore loin, malgré tous les progrès accomplis en bientôt 70 ans.



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s