Pourquoi l’extrême-gauche (LO, NPA, POI) se présente en ordre dispersé aux élections ?

Quand on écoute la télévision au moment des élections, on entend toujours des électeurs sensibles aux idées de l’extrême-gauche qui regrettent par exemple que Lutte Ouvrière (Nathalie ARTHAUD / Arlette LAGUILLIER) et le Nouveau parti anticapitaliste (Philippe POUTOU / Olivier BESANCENOT) ne fassent pas cause commune, alors qu’effectivement, leurs programmes semblent assez proches. En voici trois raisons.

Je renverrai le lecteur curieux d’en savoir plus sur les différents trotskysmes à cet article :

https://oliviervagneux.wordpress.com/2016/05/27/quelles-differences-entre-les-trotskysmes-lo-lcr-npa-pt-poi/


1. Parce que c’est inconcevable historiquement

D’un côté, vous avez des communistes légitimistes qui disent avoir gardé pur l’idéal trotskyste : LO, qui se réclament du communisme et utilisent comme emblème la faucille et le marteau. De l’autre, vous avez le NPA composé de révolutionnaires qui interprètent le trotskysme selon la lecture pabliste, du grec Michalis N. Raptis plus connu en France sous le nom de Michel PABLO. Unir ces deux partis revient à nier leur histoire, et finalement leur raison principale d’exister.


2. Parce que c’est compliqué pour la répartition des subventions de l’État

En admettant que LO et le NPA arrivent ensemble à obtenir des subventions annuelles, ce qui s’est déjà produit à différentes périodes, tout le problème sera ensuite de répartir l’argent. Et toutes les alliances de circonstances savent combien cet exercice est difficile, et nécessite de ne pas se disputer, ce qui est très difficile pour ces deux partis qui ne peuvent pas se voir vu qu’ils se disputent le même segment électoral. Donc ne pas s’allier évite aussi ce problème, mais fait clairement manquer des subventions.


3. Parce que ces partis ne veulent pas vraiment la victoire

Nathalie ARTHAUD est la plus sincère : elle affirme uniquement vouloir « faire entendre le camp des travailleurs » au premier tour de l’élection. De la même manière, le NPA n’accomplit ses coups d’éclat que lors des manifestations liées à la défense des droits économiques et sociaux. Ces partis se disputent un électorat qui représente environ 11 % de la société française. Ils ne peuvent pas rêver atteindre 50 % des voix, même par défaut, mais ils préfèrent peser dans le débat.


Il est encore trop tôt pour une telle union, et je pense que les trostskysmes préféreraient encore disparaître que mettre fin à leurs inlassables querelles de chapelle. En réalité, l’idée d’une union est essentiellement portée par des citoyens qui ne voient l’extrême-gauche trotskyste que comme le défenseur des plus pauvres. Et même si l’idée commence à faire son chemin chez les plus pragmatiques des bureaux politiques, elle n’arrivera probablement jamais.



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s