Les catholiques face aux dogmes de l’Église

Trop souvent, les catholiques donnent l’impression d’être des personnes soumises à des règles hors d’âge desquelles ils ne peuvent pas s’affranchir : les dogmes.

À vrai écrire, beaucoup de chrétiens, parce que mal à l’aise avec ces dogmes, préfèrent les éluder pour ne pas se poser de questions. Tandis que d’autres affirment par principe qu’ils ne sont pas d’accord avec eux, sans même bien les connaître, et trouvent ainsi leur justification à quitter l’Église.

Pourtant, un dogme n’est rien de moins qu’un développement d’une partie de la Révélation apportée par Jésus. Certes d’une manière plus ou moins capilotractée, suivant une logique qui très souvent nous échappe au premier abord.

Certains théologiens en profitent alors pour nous expliquer que le dogme n’est pas une vérité scientifique, mais que cela fait partie du mystère de Dieu et donc que nous ne pouvons pas entièrement le comprendre. Je n’aime pas beaucoup cette explication en cela qu’elle nous invite à croire et à nous taire ; et en même temps ô combien nous rappelle-t-elle l’incroyabilité et le merveilleux de la religion.

À bien y reprendre les évangiles, qu’est-ce que Jésus nous a dit de Marie, sa mère, des icônes, de la transsubstantiation et de l’infaillibilité du chef de l’Église ? D’autant que par exemple, le dogme de l’Assomption de Marie, s’appuie par exemple sur l’apocryphe de La mort de Marie.

Bien sûr, l’institution des dogmes au travers de l’Histoire répond à des problématiques temporelles, essentiellement politiques (lutte contre les hérésies, réponse au protestantisme, récupération du culte marial, balancement de la perte de pouvoir temporel du Pape…)

Pour autant, les chrétiens sont d’abord et avant tout invités à en comprendre le sens, y compris les raisons qui ont amené à son développement par l’Église, parce que le dogme n’est rien d’autre qu’un moyen d’aller vers Dieu.

Et ce n’est de toute façon pas la connaissance du dogme qui nous permet de cheminer vers Dieu, mais sa compréhension, et donc la manière dont nous le vivons qui nous rapproche de Dieu.

En cela, la question n’est pas de savoir si le Pape ne dit jamais de conneries, ni si Marie a vraiment été conçu sans péché, ni si la Transsubstantiation fait que tous les chrétiens font subir un véritable supplice à Jésus lorsqu’ils communient, mais qu’est-ce que cela nous dit de Dieu ?

Et à cette question, il n’y a pas une réponse figée, mais bien une réponse personnelle, qui dépend de l’époque, des dispositions personnelles et de bien d’autres choses.

Or, justement le concile Vatican II nous propose une nouvelle compréhension des dogmes, notamment sur le fait qu’ils ne se valent pas.

Déjà Dei Verbum modifie notre relation à la Révélation, qui fut trop longtemps considérée comme une suite d’enseignements moraux de Jésus. Vatican II nous rappelle que c’est d’abord Dieu se révèle lui-même tel qu’il est lui.

Mais surtout Unitatis redintegratio nous rappelle nos priorités en son onzième paragraphe ; celles-là même qui sont impératives pour le dialogue interreligieux : « Il y a un ordre ou une hiérarchie des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne »

Être mal à l’aise avec un dogme est donc normal, mais c’est aussi d’une manière être mal à l’aise avec la foi de l’Église (déjà le Symbole des Apôtres est difficile). En cela, le chrétien est donc invité à s’interroger sur son rapport au dogme, tout en gardant en tête que ce n’est pas là l’essentiel de sa foi, qui est bien Dieu.

Mais quand même : Pourquoi l’Église a-t-elle fait le choix de dire ou de faire cela ? Et peut-être que nous n’aurons pas de réponse de suite, ou peut-être que nous ne serons pas d’accord avec la réponse que nous aurons trouvé ?

À partir donc du moment où cette réponse ne fera pas sens dans notre vie, ou ne nous aidera pas à cheminer vers Dieu, qu’est-ce qui nous empêche d’avancer autrement ? L’important est juste de ne fermer aucune porte, en décrétant sa réponse du moment comme définitive, et de s’autoriser à revenir un jour sur ses réponses.

Oui, le dogme est sujet de doutes. Mais qu’est-ce qu’une foi sans doutes ? Sinon peut-être la religion que nous nous faisons pour nous convenir ; celle qui en fait oublie Dieu, quand elle ne fait pas de nous notre propre divinité ?



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