Sur l’égoïsme inconscient du désir d’enfant

Cet article est à prendre comme un essai, constitué d’idées posées ici et là, de manière informelle.

Il est toujours casse-gueule de parler de PMA (Procréation médicalement assistée), au risque d’être accusé d’intolérance.

Je ne veux cependant pas rester plus longtemps sans commenter l’avis favorable du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) à la PMA sans père.

http://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/resume_vf.pdf

Ce dernier prétend répondre à un « désir d’enfant ».


Personnellement, je souhaite m’intéresser ici à l’inconscient du désir d’enfant : Pourquoi fait-on des enfants ?

Une raison instinctive : perpétuer l’espèce humaine.

Une raison politique et religieuse : faire que les nôtres soient les plus nombreux possible pour dominer.

Une raison économique : léguer ses biens.

Une raison culturelle : avoir des gens pour s’occuper de soi dans sa vieillesse.


Mais au delà de ces raisons matérielles, se cachent des raisons plus philosophiques.

Avoir un enfant, c’est continuer de vivre au-delà de sa propre mort.

Avoir un enfant, c’est avoir quelqu’un pour parachever son œuvre, voire pour faire ce qu’on aura été incapable de faire de son vivant.

Avoir un enfant, c’est continuer d’écrire l’Histoire commencée avec les premiers Hommes. Quel vertige d’imaginer le fruit de combien de générations nous sommes !

Avoir un enfant, c’est rendre à la nature la personne que nous sommes. Un couple se doit donc d’avoir deux enfants pour maintenir cet équilibre.


Dans la Bible, la pire des punitions divines est de se savoir mourir sans descendance.

La femme stérile est mise au ban de la société. L’homme infertile est renvoyé à son impuissance, et une impuissance supposée dans tous les domaines.

Ce ne fut sûrement pas drôle pour Auguste/Octave/Césarion de mourir après avoir constitué le plus vaste empire politique sur la Terre, tout en ayant perdu son fils et ses deux petits-fils, et de devoir adopter finalement son beau-fils.

Imaginons aussi Louis XIV qui laisse son Royaume à un enfant de 5 ans, à cette époque !


La fécondité est une capacité qui est réservée aux seuls hétérosexuels.

Une personne hétérosexuelle qui éprouve des désirs homosexuels est une personne bisexuelle. L’inverse est vraie également.

Une personne homosexuelle qui désire avoir un enfant, donc éprouve un désir hétérosexuel, devrait donc aussi être un bisexuel.

Quelque part, je suis gêné de dire que la PMA est accordé aux personnes homosexuelles, quand le désir d’enfant relève alors d’une bisexualité.


Derrière le désir d’enfant d’une personne homosexuelle, il y a un désir de normalisation ; de faire comme l’hétérosexuel.

La reconnaissance de l’existence d’un désir d’enfant chez les personnes homosexuelles marque une banalisation de leur sexualité.

Derrière le désir d’enfant, il y a aussi des raisons matérielles : léguer ses biens ou son savoir, avoir quelqu’un pour s’occuper de soi étant âgé.

Mais il y a aussi des raisons inconscientes de ne pas disparaître de l’Histoire, de continuer de vivre au-delà de sa mort.

Bref, il y a un désir de vie qui s’oppose à la mort anticipée, induite par l’homosexualité.


Ma conclusion est-elle qu’une personne homosexuelle qui veut avoir un enfant n’est pas homosexuelle mais hétérosexuelle ? Non, elle serait alors bisexuelle.

De la même manière, un hétérosexuel qui ne veut pas ou ne ressent pas le besoin d’avoir un enfant est-il un faux-hétérosexuel ? Non plus.

Certains sont-ils plus capables d’élever ou d’aimer un enfant ? (Je parle ici d’une comparaison entre homosexuels et hétérosexuels). Pas plus.

Le désir d’enfant dépasse l’orientation sexuelle. Mais il est trop souvent purement égoïste. Or, pourtant, trop de maux de notre société sont dus au fait que nous soyons trop nombreux…

La religion imagine l’enfant comme matérialisation de l’amour de deux personnes. Mais cet enfant est composé d’une part égale d’amour des deux parents, qui se retrouve dans l’apport chromosomique des deux parents.


Je ne nie pas le désir d’enfant qui est propre à tout Homme.

Pourquoi deux hétéros qui ne peuvent pas avoir d’enfant devraient pouvoir être aidé, mais pas deux homos ? Pourquoi forcer la nature ? Pourquoi aider l’un et pas l’autre ?

Quelle serait ma réaction, si j’apprenais que je suis infertile, mais que je peux procréer grâce à une FIVETE ?

Chrétien ou pas, je réaffirme que seuls les individus de sexe opposé qui possèdent d’une part des gamètes mâles et d’autre part des gamètes femelles doivent pouvoir être aidé par PMA, parce que ce sont leurs gamètes aux deux parents.

Mais que fait-on du couple dans lequel un parent est décédé, et que la fécondation ne peut intervenir qu’après la mort de ce parent ? C’est à l’autre parent de voir.

Je trouve profondément malsain d’aller chercher d’autres gamètes ailleurs, voire ce qu’on arrivera bien à faire un jour, de les créer.


Je pense qu’il faut se reporter sur l’adoption plutôt que sur la PMA sans père.

Je ne dis pas que les homosexuels sont incapables d’élever un enfant, mais qu’il faut prioriser l’adoption pour les hétérosexuels parce que la nature voudrait qu’il puisse adopter, tandis qu’elle le refuse aux homosexuels.


Je pense que l’Homme doit s’interroger sur son désir d’enfant.

Que ce désir, comme tous les désirs, doit apprendre à être contrôlé, peut-être à l’aide d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse.


Je pense que le don de la vie est quelque chose de trop merveilleux pour n’être réduit qu’à un amas de désirs conscients et inconscients.

Mais qu’il ne faut pas nous cacher qu’au-delà du fait religieux minoritaire, on fait aujourd’hui des gosses parce qu’on a peur de notre mort, et qu’on se prépare quand même à leur laisser un monde sacrément merdique parce qu’on est trop lâche et trop égoïste pour vouloir encore le changer.

Le gamin de 2017 naît avec 35 000 € de dette de l’État, une planète qui fout le camp, et un système individualiste qui l’écrasera s’il ne sait pas se fondre dans la masse. Nous sommes quand même, tous autant que nous sommes, une belle bande de connards !

Mais pourquoi je devrais arrêter d’avoir des enfants, et pas les autres ? Je m’arrête là parce que je n’ai pas de réponses, et que j’en suis là de mes réflexions.

Dans tous les cas, je connais l’égoïsme et l’individualisme qui est le mien, sauf que, parce que chrétien, mais pas que, je pense qu’on peut encore changer ce monde, et que chaque fois que quelqu’un améliore le monde, celui-ci s’améliore un petit peu… Réfléchissons y.



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