Est-ce bien la vie qui a fait mourir Grain d’Orge, ou ne l’a-t-on pas un peu aidée ?

Vous souvenez-vous du journal Grain d’Orge ? Ce trimestriel toutes boîtes aux lettres qui participait à l’évangélisation* de Savigny-sur-Orge en alliant actualités locales et dossiers religieux, écrits à destination d’un large public ? Alors non pas que ce journal soit mort, mais il est en coma ; distribué scotché dans un amas de publicités, et composé quasi-exclusivement d’articles hyper-religieux… Je le trouve devenu pénible à lire, et je me demande : qui le lit encore ? Même moi ne fait plus que le survoler.

Je voudrais commencer par revenir sur le terme d’évangélisation. Grain d’Orge n’était pas fait pour dire aux gens de devenir chrétiens, ce sans quoi les plus douloureuses souffrances d’un enfer leur serait promises. Mais pour pouvoir mettre un peu de christianisme, écrivons apporter un peu de Jésus, là où il n’est pas. Et puis c’était pratique pour tous ceux qui voulaient contacter la paroisse par rapport à leurs différentes démarches ou demandes, parce que numériquement, on reste mauvais avec un site qui n’est pas très didactique ni très ergonomique…

Mais Grain d’Orge avait deux gros défauts :

  • (1) il ne disait pas toujours du bien de la mairie, et ô combien de fois, des conseillers municipaux de la majorité, chrétiens pratiquants, Élise ALOUR ou Gérard MONTRELAY sont venus nous dire que tel article (particulièrement ceux que j’écrivais) ne plaisaient pas : sur le mur anti-bruit, sur le Tram-train Massy-Évry, sur le cinéma l’Excelsior, sur la piscine…
  • (2) il était indépendant de la paroisse et donc du pouvoir temporel des prêtres, à qui si nous laissions volontiers la parole, n’étaient pas maîtres du journal ni du contenu de ses publications. Et à l’heure où les prêtres ont de moins en moins d’influence, certains vivent mal l’égalité entre tous les croyants qui a été rappelée par le concile Vatican II.

Bref, officiellement de ce qu’il en a été dit tant à l’équipe de rédaction qu’expliqué aux distributeurs du journal, Grain d’Orge est passé sous le giron de la paroisse pour deux raisons :

  • (A) il n’était plus viable économiquement, ce qui est vrai parce que le journal a fini avec une dette d’environ 1600 euros, non sans avoir changé deux fois de formules en quatre ans.
  • (B) le directeur de publication et rédacteur en chef, Bertrand WITTMANN, souhaitait arrêter après une trentaine d’années de bons et loyaux services, et il n’y avait personne pour reprendre le journal.

Je voudrais donc simplement faire profiter au plus de monde possible d’un échange de SMS avec le prêtre responsable de secteur, le Père Thierry DAVID, et Bertrand WITTMANN, propriétaire du journal, prouvant que je me suis proposé de reprendre le journal, ce qui ne signifie pas pour autant que c’était une bonne idée, et que le journal aurait davantage perduré.

C’est plus facile de l’écrire après coup, mais je pense que j’aurais quand même su trouver le temps (qui pourtant me manque beaucoup), l’argent, et que j’aurais su la part des choses entre mon combat politique et une information politique (parce que parlant de la Ville) objective. Toujours est-il qu’il n’y a jamais eu de rendez-vous pour parler de la suite du journal. Et je redis aussi que je m’étais proposé de reprendre la dette du journal à mon compte.

Tout cela pour écrire que je ne pense pas que ce soit « la vie » qui soit responsable de la mort (plus exactement du coma prolongé) de Grain d’Orge, mais bien d’autres volontés et intérêts.

Oui, j’ai parlé dans un autre article d’un financement par subvention municipale des cloches de l’église sainte-Thérèse, mais ce n’est qu’un des projets auxquels la paroisse espérait que la Ville contribue.

Mais aussi l’ai-je eu mauvaise de lire cet éditorial du centième journal de secteur, dont la portée est limitée parce qu’il ne s’adresse qu’aux cathos-cathos de Savigny-Viry, parce que je ne suis pas d’accord avec ce qu’en dit le Père Thierry !

Et en restant entre nous, nous favorisons un communautarisme voire une consanguinité malsaine, qui fait que l’Église va continuer de se réduire, parce qu’au lieu d’aller dans le monde, nous restons plus lâchement entre nous, en attendant que des gens viennent à nous.

Or, si justement nos prêtres valorisent la communication interne, à la communication externe, c’est parce qu’ils se rendent aussi compte que nous ne sommes pas suffisamment forts pour sortir de nos marges de sécurité confortables.

Et puis en même temps, les gens sont saoulés de religion à cause des problèmes de laïcité, écrivons plutôt des problèmes causés par l’islam, qui malgré tout sont religieux…

Avec en plus ce que je considère être un problème, en ce que nous n’arrivons pas ou plus à transformer la foi de tradition des croyants, en foi de conviction(s).

Et je le réécris, je suis effrayé de ce que nous proposons au catéchuménat (la préparation aux sacrements chrétiens), où nos prêtres sont trop souvent absents, parce que nous sommes trop souvent encore des païens et que ce n’est pas ça le christianisme ; et combien de fois ne me suis-je pas dit qu’à la place des catéchumènes (ceux qui préparent les sacrements), j’aurais foutu le camp.

Bref, ce sont des anniversaires contrastés que je fête sur mon secteur pastoral, parce que la véritable information des chrétiens se meurt…

Parce qu’on étouffe sous une tradition qui ne fait plus toujours sens, et que nous relayons naïvement, avec malheureusement selon moi, toujours la réalité que des gens viennent au christianisme pour être cadré ! Mais alors qu’est-ce qu’on fait des chrétiens de conviction ?



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