Du gaullisme en 2017

Comment passer un 18 juin sans évoquer la figure du général DE-GAULLE ? Près de 50 ans après sa mort, il continue d’être instrumenté par nombre de candidats se cherchant un héritage, plutôt que d’écrire leur propre histoire. Francis CHOISEL, historien des idées politiques et spécialiste du bonapartisme et du gaullisme, intervenait ce jeudi 15 juin 2017 au Carrefour de l’Horloge sur le thème de l’actualité politique à l’aune de la pensée gaullienne.

Sur les législatives : DE GAULLE les voyait comme des compétitions locales, ce pourquoi il n’envisageait pas de démissionner en 1967 s’il les avait perdues ; « parce qu’elles n’avaient pas pour objet les institutions de la République ».

Sur le mode d’élection : DE GAULLE ne semble pas avoir de préférence pour le mode de scrutin. En 1945, la proportionnelle l’arrange pour éviter une assemble socialo-communiste. Mais au contraire, en 1958, il encourage la tenue d’élections au scrutin majoritaire pour donner une majorité au président. C’est toutefois Michel DEBRÉ qui fera constitutionnaliser le mode de scrutin, ce à quoi DE GAULLE semblait être opposé.

Sur la présidentielle : DE GAULLE souhaitait le rassemblement derrière un chef et des idées, plutôt que l’union qui représente un compromis, qui trahit des divisions et qui se trouve finalement voué à l’impuissance. Aussi DE GAULLE avait voulu que le RPF permette la double appartenance.

Sur les institutions : Elles obligent à ce que le président ait une majorité parlementaire contrôlée par son parti ou une coalition. DE GAULLE a voulu que tout s’organise autour du président, qui doit lui même créer les conditions de la recomposition du paysage politique. À ce titre, les élections primaires empêchent ce renouvellement.

Sur le positionnement politique : Le gaullisme est à la fois à droite et à gauche. Il représente un compromis mais en aucun cas une synthèse. Il est loin du centre et loin des extrêmes. C’est le ET-ET au contraire du NI-NI. On peut essayer de le représenter par un cercle qui accroche ce qui est sur son passage à gauche et à droite.

Sur les programmes politiques : DE GAULLE disait : « Un programme ? Jamais ! La politique, c’est la réalité, c’est tous les jours qu’elle change. Il faut avoir des principes et des objectifs, non un programme. »

Sur la revendication du gaullisme : Tout le monde peut se dire gaulliste car on peut toujours trouver des points de convergence, mais il n’y a pas un programme ou un candidat gaulliste. La gaullisme n’est pas un principe figé. Il n’est cependant pas non plus un pragmatisme.

Sur les valeurs du gaullisme : On pourrait citer le patriotisme, l’humanisme, le progrès dans le sens de l’adaptation aux réalités du monde, l’intéressement des citoyens sous la forme de la participation…

Sur la pensée gaulliste : Le gaullisme n’est pas un courant de pensée ni une synthèse. Il est plutôt comme une pensée mouvante.


Ma question à l’orateur : Peut-il y avoir un gaullisme après DE GAULLE ?

La gaullisme est la rencontre d’un Homme et de circonstances. Si cela ne s’appellera pas gaullisme, chacun peut inventer son gaullisme du temps présent. Or, parmi tous ceux qui se réclament de DE GAULLE, combien auraient pu inventer le gaullisme ?



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