Quelle presse est-ce que je veux pour demain ? (Olivier VAGNEUX)

Il y a deux semaines, j’exprimais au travers de la plateforme « Demain la presse » de quelle presse je ne voulais pas. Aujourd’hui, j’écris ici comment je voudrais voir la presse si elle pouvait échapper à ses travers actuels. Malheureusement aux mains de patrons de presse, sa libération ne pourrait être que la conséquence d’un renoncement de ces derniers (ce qu’ils ne feront pas à cause de la publicité) ou d’une nationalisation de l’État.

Il faudrait d’abord une presse de qualité qui apporte quelque chose de supplémentaire que ce que la population engrange en allumant la 15 ou la 16 de sa télévision, ou en regardant les fils d’actualité sur son navigateur internet. Autrement, il n’y aurait aucun intérêt d’acheter la presse, sinon de l’avoir sur un support papier, ce qui n’est plus qu’une demande des anciennes générations. Donc une presse qui délivre des analyses inédites, diverses et élaborées.

Il faudrait ensuite une presse accessible économiquement. Elle est actuellement trop chère et elle l’est malgré les publicités qui font diminuer son coût. Il faudrait que pour 1 euro par jour, un lecteur puisse avoir accès à plusieurs médias dont les différentes analyses lui permettent de développer son propre avis sur les questions d’actualité. Il faudrait aussi revoir le système de rémunération des journalistes, et supprimer le paiement au nombre de vues. Payer le journaliste pour la qualité de son travail, et non pas pour la popularité.

Il faudrait une presse qui retrouve le temps. Qui puisse sortir à n’importe quelle heure ; y compris la nuit si l’actualité le décrète, mais qui ne paraisse qu’au moment où le travail est considéré par le journaliste comme achevé et complété, et pas parce qu’il faut boucler. À côté, il faudrait des revues de presse qui rassemble les meilleurs papiers, pour des éditions calées dans le temps.

Il faudrait une presse sans contraintes, avec des lignes éditoriales flexibles, journalistes libres de choisir leurs sujets, et de le traiter comme ils l’entendent, qui puissent faire entendre leurs convictions personnelles dans des médias d’opinion, mais qui restent neutres dans des médias d’information, sans la correction d’une autre équipe. Mais en contre-partie, il faudrait aussi que les journalistes puissent être remerciés s’ils sont mauvais.

Il faudrait une presse indépendante où la publicité est choisie librement et où les propriétaires n’aient aucune influence sur la ligne éditoriale, dans laquelle il n’y ait aucun conflit d’intérêt visible et reprochable. Dans laquelle les journalistes soient recrutés au mérite et pas par copinage. Dans laquelle le système de financement de la production et de la distribution de la presse soit revu et amélioré.

Il faudrait enfin une presse diversifiée présente sous plusieurs formats sous la forme des pure players avec des papiers, des sons, de la vidéo. Il faudrait un support numérique pour les journalistes qui n’ont pas de média fixe sur lequel il puisse publier pour se faire remarquer.

Si chaque Français dépensait 1 euro par jour pour s’informer, alors tout cela serait largement possible. Dans tous les cas, le système actuel fonctionne à perte puisqu’il y a de plus en plus de journalistes et de moins en moins de places, donc on se dirige vers un numerus clausus…



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