Professionnalisation et copinage : tout ce qu’on déteste en politique

Le dernier dimanche d’avril est le jour de la commémoration du souvenir des personnes déportées pendant la seconde guerre mondiale. Et entre deux réflexions sur le fait que notre population de 2017 déporterait bien les électeurs de Marine LE PEN (parce que ce serait politiquement-médiatiquement correct), la vision du copinage de mes élus municipaux s’offrait à moi et me rappelait que c’est d’abord cela que je déteste en politique.

Il faudrait d’abord dénoncer la professionnalisation de la politique. Longtemps, les personnalités politiques étaient choisies par rapport à leur métier, et c’était toujours les mêmes professions libérales, valorisées dans la IIIe République, qui obtenaient les meilleures places : les médecins, les notaires, les avocats, les journalistes… Et puis on s’est mis à élire des gens de plus en plus jeunes, qui n’avaient pas de carrière professionnelle, voire qui ne vivaient que de politique.

Le discours est devenu que la politique était un métier de tous les instants qui ne permet plus l’exercice d’une profession. Et objectivement, c’est vrai tellement on a enfermé l’exercice politique dans des commissions, des réunions, des syndicats, des intercommunalités… Personne ne peut matériellement tout gérer, du moins tout faire bien ! Et on a alors fait appel à des technocrates, qui au fil du temps, sont devenus réellement interchangeables avec les politiques.

Mais ce qui aujourd’hui dégoûte le plus est ce sentiment de système auquel le Front national participe. Regardez vos élus en réunion publique. Ils s’attaquent de manière idéologique en réunions pour montrer qu’ils sont les meilleurs. Et puis dès qu’ils sont sortis, ils s’empoignent, ils s’embrassent, ils fument ensemble, ils se tutoient… Les barrières tombent, et dès lors que l’opposition ne peut rien contre la majorité, c’est à se demander s’ils ne sont pas complices !

Si le FN continue de croître ces scores, c’est que ses élus donnent le sentiment, à leur corps défendant, d’être proches du peuple, et de ne pas faire de la politique leur seul métier (ce qui n’est pas vrai pour les cadres qui en vivent). L’image véhiculée par les médias que tout le monde les déteste (et qui là aussi est fausse, mais parce qu’entre la droite et l’extrême-droite, les frontières sont parfois poreuses) fait qu’ils semblent à l’abri de ce copinage donc indépendant.

Professionnalisation et copinage sont aujourd’hui des défauts de la politique parce qu’ils s’accompagnent de mépris. Sous entendu que parce que certains sont élus, ils sauraient mieux que d’autres, voire seraient les seuls à savoir, et ils font de la rétention d’informations, quelque soit leur camp, pour rester cette caste supérieure. Et ils renvoient cette idée que la participation citoyenne, c’est limité, ou sur commande, ou plutôt et surtout au moment des élections !

Reste qu’un élu peut parfaitement connaître ses dossiers et s’entendre humainement avec ses opposants politiques, mais qu’il doit alors jouer le jeu démocratique. Que ses interventions officielles ne doivent pas juste être symboliques, sans effets derrière. Il fut un temps où être élu était un sacerdoce qui prenait du temps et de l’argent mais épanouissait l’élu. Aujourd’hui, c’est vécu comme un calvaire, dans une opposition au citoyen qui pourrait mieux savoir ou faire…

En 2017, le vrai problème est que la professionnalisation est fausse, parce que ce sont les technocrates à la manœuvre qui sont les vrais professionnels. Quant au copinage, il passe mal parce que les élus n’ont plus de convictions, et s’évaporent sitôt leur mandat terminé. Et alors quand en plus, les élus d’une ville sont les technocrates d’une autre, ou que les élus changent d’étiquette en cours ou en fin de mandat, le citoyen n’a plus qu’une envie : dégager tout cela !



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Une réflexion au sujet de « Professionnalisation et copinage : tout ce qu’on déteste en politique »

  1. Jean-Marie CORBIN

    « *déporterait bien les électeurs de Marine LE PEN » => vu les propos haineux que subissent 24h/24 ces 40% de français, le pays pourrait bien finir dans le communautarisme le plus glauque.

    * »Si le FN continue de croître ces scores, c’est que ses élus donnent le sentiment, à leur corps défendant, d’être proches du peuple, et de ne pas faire de la politique leur seul métier (ce qui n’est pas vrai pour les cadres qui en vivent). » => effectivement Audrey GUIBERT, l’écrit clairement sur son compte Facebook. Maintenant mener une activité professionnelle notamment salariée et être élu au FN tient à mon avis de la gageure. Tu dois te faire pourrir à longueur de journée par la hiérarchie et les collègues (et là, à mon humble avis, tu peux toujours courir pour plaider le harcellement moral)

    Les élus comme les délégués syndicaux me laissent parfois l’impression qu’ils font de la politique (ou du syndicalisme) parce qu’ils ne savent pas faire grand chose d’autre dans la vie ne serait-ce qu’essayer de vendre par exemple des pièces détachées de machines agricoles (c’est un exemple qui vient comme ça …) * *** ben oui les chiennes infos euh pardon les chaînes infos fonctionnent 24h/24.*

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