Lettre ouverte à François FILLON, après sa défaite à la présidentielle 2017

Savigny-sur-Orge, le 24 avril 2017

Monsieur le Premier ministre,

Je fais partie de ces centaines de milliers d’électeurs dont les voix vous ont manqué ce dimanche.

J’ai personnellement pris la décision de ne pas voter pour vous lorsqu’il y a deux semaines, a été révélé que votre femme avait perçu des fonds publics depuis 1982, et non pas depuis 1997 comme vous l’aviez indiqué sur TF1, ou 1988 comme écrit un temps sur votre site de campagne, ou 1986 comme dit devant la presse. Je me suis demandé jusqu’à quand vous alliez nous mentir, et j’en ai conclu que je ne voulais pas de ce président parce que vous n’étiez pas sincère. Pourtant, je pensais que c’était votre marque de fabrique, vous le premier à avoir reconnu être à la tête d’un État en faillite…

Très sincèrement, je me moque bien du fait que votre femme ait perçu de l’argent public : ce qui m’a dégoûté, ce sont vos mensonges et votre incapacité à dire la vérité une fois pour toutes, ce qui aurait cassé le bec du Canard enchainé.

Alors si je vous parle ici de ce qui a été pour moi décisif, il me faut également vous dire un mot de ce qui me freinait bien avant cela de voter pour vous.

1. Comme beaucoup de Français, j’ai eu des réserves sur votre réforme de la Sécurité sociale ou le passage des 35 aux 39 heures. Quand j’en parlais autour de moi, je me rendais bien compte que les gens ne comprenaient pas cela non plus, et en disaient d’ailleurs beaucoup de bêtises. Mais au lieu d’avoir des documents clairs pour l’exprimer, je n’ai reçu aucun tract de votre parti pour me l’expliquer. J’ai juste eu un document du candidat investi LR pour les législatives, qui parlait surtout de lui…

2. Dans ma ville, et à intervalles réguliers, j’ai vu l’expression libre, notamment associative, disparaître sous quatre de vos affiches identiques. Je ne suis pas trop con ; une seule aurait suffi pour porter votre message. Je m’en suis ouvert aux colleurs de votre parti ; ils n’en avaient rien à faire, tant pis pour vous…

3. J’en viens donc à parler du personnel de votre parti. Il y a un certain nombre de personnes qui vous ont trahi, et que vous n’avez pas exclu, faisant le jeu d’un système de baronnies que les Français ne peuvent plus voir. Je veux un chef de l’État fort ; or, vous vous êtes laissé piétiner… Mais plus que tout, la catastrophe réside chez la majorité de vos élus qui sont incompétents et que votre parti ne parvient pas à former… Ils donnent une mauvaise image du parti LR ! Dans mon département, alors que des économies étaient possibles, ils ont choisi d’en faire de manière limitée pour augmenter massivement les impôts. Idem dans ma ville. Je pense que les électeurs ont compris que votre élection amènerait à une augmentation d’impôts, et que vous ne réaliseriez pas vraiment certaines économies.

4. Sur la ligne de votre parti ensuite, vous avez non seulement trahi vos électeurs en plus de trahir la mémoire de Philippe SEGUIN. Vous êtes europhile quand vos électeurs n’ont pas digéré 2005. Vous êtes libéral quand SEGUIN montrait la menace que représentait le libéralisme sur les politiques sociales gaullistes. Vous allez draguer au centre dans des alliances UDI-MODEM, de gens qui vous trahissent. Ce qui vous a manqué, ce sont les voix du centre-droit qui sont partis rejoindre MACRON. Alors que si vous aviez fait campagne à droite, vous auriez pris les voix de LE PEN et de DUPONT-AIGNAN ; vous n’auriez quand même pas eu les voix du centre-droit, mais vous seriez au second tour.

Pendant trop longtemps, vous vous êtes caché derrière tous ces problèmes, refusant de les résoudre. Je recevais des chaines de mail pour me dire non pas que vous étiez le meilleur, mais que vous étiez le moins pire. Quelle a été votre idée de demander qu’on vous soutienne davantage qu’on vous aime !  J’étais abreuvé de sondages Filteris m’expliquant que vous alliez gagner haut la main. Que votre femme aurait pu gagner 4000 euros par mois si elle avait été avocate et non pas votre assistante parlementaire. Ce n’est pas ce qui m’intéressait.

Je reste heureux que vous ayez gagné la primaire parce que vous le méritiez, mais vous n’avez ensuite pas fait ce qu’il fallait pour l’emporter.

Changez donc de ligne politique, renouvelez le personnel politique de votre parti, défendez vraiment vos convictions par du militantisme, et vous retrouverez les suffrages de la majorité des électeurs !

Au second tour, comme au premier, je voterai blanc. Je trouve enfin que vous faites une grave erreur politique d’appeler vos électeurs à voter contre Marine LE PEN. Vous prétendiez vouloir libérer les Français mais vous les enchainez dans une consigne de vote ; c’est la dernière contradiction qui me rassure quant au fait que j’ai eu raison de ne pas vous soutenir…

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Olivier VAGNEUX



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Une réflexion au sujet de « Lettre ouverte à François FILLON, après sa défaite à la présidentielle 2017 »

  1. estpou

    Moi ils m’ont envoye les papiers de vote ici en Espagne, il y avait 2 papiers pour Fillon et 1 (seul) pour les autres…simpe erreur ou autre manigance de sa part?

    Répondre

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