Mais que les politiques arrêtent de vouloir intégrer la Turquie dans l’Union européenne !

Oh là là, les différents ministres européens se succèdent pour dire que si la Turquie réinstaure la peine de mort, peut-être qu’elle ne pourra plus intégrer l’Union européenne (UE)… Il serait temps de comprendre que le succès d’ERDOGAN est notamment dû au fait qu’il soit eurosceptique ! Que les Turcs sont aujourd’hui oubliés de la mondialisation et vexés qu’on ne veuille pas d’eux en Europe… Alors arrêtons de faire le jeu de ERDOGAN !

Pourquoi les politiques européens s’obstinent-ils à prétendre que la Turquie a vocation à intégrer l’Union européenne, quand aujourd’hui ni les politiques turcs ni même la population turque ne souhaite plus intégrer l’ensemble européen ? Quel est le but recherché ? Agrandir encore et toujours plus l’UE pour donner un sens territorial à la construction européenne, vu qu’on n’arrive pas à unir les pays de l’UE sur l’économie, la finance, la défense, la diplomatie…


La Turquie est-elle européenne ?

C’est un vaste débat historique, mais non la Turquie, même du temps de l’Empire ottoman, n’a jamais été européenne. Mais à trois reprises les Européens ont associé la Turquie à leurs projets : au XVIe siècle quand la France cherchait à encercler l’empire HABSBOURG. Au XIXe siècle, quand l’Europe a eu besoin de couper la route des Balkans à la Russie, et au XXe siècle, quand on cherchait tous les alliés possibles contre la méchante URSS et tous ses satellites varsoviens…


De l’origine de l’idée

Pendant la guerre froide, il était bien pratique d’être ami avec la Turquie dont l’emplacement géographique permettait de cibler la résidence d’été de KHROUCHTCHEV en Crimée, et donc de menacer l’URSS. Mais le pays n’a accepté qu’en échange de son intégration au Conseil de l’Europe en 1950, à l’OTAN en 1952 et à terme à la Communauté économique européenne, ancêtre de l’UE par l’accord d’Ankara de 1963. Mais c’était du temps de la Guerre froide ! Finie en 1991 !


Des intérêts réels d’avoir la Turquie en Europe

Du fait des accords d’association (accords économiques et commerciaux) qui existent déjà entre la Turquie et l’UE, les deux espaces s’enrichissent mutuellement. Si donc la Turquie intégrait l’UE, elle aurait droit à plus de fonds pour se développer en bénéficiant d’une péréquation favorable. Mais en réalité, l’Europe est surtout intéressée d’avoir un pied en Asie pour faire de l’ingérence dans la politique du Proche-Orient et contrôler les différents afflux de migrants.


Le chantage de la Turquie

La Turquie sait qu’elle intéresse du fait de son taux de croissance (qui a longtemps été à deux chiffres), de son marché intérieur à occuper (74 millions d’habitants) et enfin de son pouvoir politique régional (tant son influence sur les Turcophones d’Asie centrale qu’au Proche-Orient). La Turquie accepte donc de contrôler les frontières de l’Europe, en échange de 6 milliards € voire plus, mais aussi qu’on la laisse faire ce qu’elle veut chez elle, comme maltraiter ses minorités…


Un problème insoluble ?

Tout pourrait s’arrêter si l’UE retoquait la candidature de la Turquie : vous ne respectez pas la liberté de la presse, ou les droits de vos minorités et opposants politiques ; on arrête là, et on reprendra si vous changez de politique. Mais ce serait alors renoncer à l’extension vers l’Arménie ou la Géorgie, et quand on voit les difficultés que font les Russes dès que l’Ukraine se montre europhile… Bref, cela acterait un nouvel acte non désiré dans la construction européenne.


À ce stade, il faut rappeler que « Europe » est le mot employé au Moyen-Âge pour désigner la chrétienté, jusqu’à ce qu’on découvre les Amériques. Il est donc illogique qu’on ait renoncé à cause de la Turquie à reconnaître des racines chrétiennes à l’UE… Maintenant, il faut voir si on est d’accord pour que 8 % des sièges soient détenus par les Turcs et qu’on ait des pays qui ne respectent pas tout à fait voire pas du tout la Convention européenne des droits de l’Homme…

Certains expliquent alors que c’est parce qu’elle sera dans l’UE que la Turquie changera, tandis que d’autres y voient la mise en place d’une Europe à deux vitesses, qui est d’ailleurs la solution envisagée pour permettre un développement des pays fondateurs et développés, et un second pour les pays plus en difficultés économiques. À quel prix est la vraie question ? Oui, cela permettra faire fonctionner l’économie, mais en marchant sur les fondements politiques de l’UE…



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