Religion et terrorisme, en France, en 2017

Trois Français sur quatre trouvent que la religion prend trop de place dans le débat public. Ils seraient même 80 % à trouver que les personnes politiques ne devraient pas faire démonstration de leurs convictions religieuses. Partant de ce constat, comment régler les problèmes de terrorisme que connaît la France, alors qu’ils ne sont pas politiques (même si l’État islamique est un prétexte) mais religieux ? C’est une guerre de religion !

Lorsqu’un terroriste attaque la France, et il se trouve que depuis 1995, les seuls terroristes qui aient attaqué la France l’ait fait en se réclamant de l’islam, alors il y a une question religieuse qui se pose. Tout la difficulté est que l’État, parce que laïc donc ne se mêlant pas des affaires religieuses (bien qu’un petit peu quand même ne serait-ce qu’en Alsace-Moselle et à Mayotte), ne peut apporter que des réponses politiques, et donc en aucun cas des réponses religieuses.


Des définitions de la religion et du terrorisme

Une religion est une structure qui organise les relations des Hommes avec leurs divinités. Le terrorisme est l’usage de la violence envers des innocents à des fins idéologiques. Il peut notamment être religieux. Toutefois, la plupart des religions sont pacifistes et tolèrent l’existence d’autres croyants. Seule une lecture belliciste de la religion peut donc convaincre les Hommes que leurs dieux leur demandent d’imposer leur religion au moyen de la terreur.


Des religions et du terrorisme

Toutes les religions ont pratiqué la terreur, au moins au moment de l’installation de leur domination. Aujourd’hui, toutes sont d’accord pour la condamner, au moins sur le principe. Toutefois, ce sont alors les croyants qui, se dispensant de l’aval d’une religion qu’ils ne comprennent généralement pas, peuvent pratiquer le terrorisme, principalement en Afrique et en Asie. Ces terroristes peuvent alors agir à des fins politiques pour des raisons religieuses.


Quelle part de religion dans le terrorisme religieux ?

Dans le cas français, on pourrait demander quelle elle est la part d’islam dans l’islamisme ? Et d’y répondre par le fait que 28 % des croyants musulmans (enquête de l’institut Montaigne) ne voient pas à condamner ce terrorisme. Quand un terroriste islamiste commet son acte, quelles sont ses motivations profondes ? Agir pour la gloire de l’État islamique (EIIL), ou gagner son paradis en ayant tué des infidèles, peu importe qu’il y ait aussi des musulmans dans le lot ?


Le terrorisme comme manière d’affirmer une religion

À cause du terrorisme islamiste, l’islam a renforcé la peur qu’elle suscite parce que certains des croyants de cette religion sont prêts à mourir pour leurs idées, ou à se battre pour revendiquer leurs pratiques religieuses (pouvoir porter le voile, ou le burkini, obtenir un menu hallal à la cantine…). En cause, une certaine lâcheté des autres croyants et athées qui ne se battent plus pour leurs idées, mais surtout une impasse entre liberté de croyance et laïcité républicaine…


Naissance d’une fascination

La plupart des terroristes islamistes ne sont pas sérieusement musulmans. De la même manière qu’à une époque, les terroristes, pour la plupart des jeunes en mal de sensations, se réclamaient du marxisme et de la volonté de libérer la Palestine ; aujourd’hui, ils le font au nom d’une cause qu’ils jugent opprimée. Et c’est cette force (mondialisante) qui nous dépasse mais qui fait aussi que le terrorisme islamiste peut revendiquer autant de soutiens spontanés…


L’erreur de la France est de mettre la faute des dérives terroristes sur le dos de la crise économique et sociale que traverse le pays depuis au moins quarante ans. Or, il y a du terrorisme islamiste même dans les pays en croissance… Nous sommes face à une des conséquences de la mondialisation, qui nous échappe, car nous sommes censés nous être libérés de la religion pour de nouveaux dieux qui satisfont à notre bonheur comme l’argent et la croissance.

Les terroristes sont surtout des personnes à qui la mondialisation a fait perdre le sens de leur vie : ils ne sont plus que des pions nécessaire à un système de « toujours plus ». Aussi cherchent-ils à trouver du sens à leur vie par le sens donné à leur mort. Le politique ne peut rien face au fait religieux et l’Empire romain s’y est par exemple cassé les dents. Mais le politique peut lutter contre le terrorisme par l’éducation, la sûreté, le rapport à la mondialisation…



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2 réflexions au sujet de « Religion et terrorisme, en France, en 2017 »

  1. Jean-Marie CORBIN

    « le politique peut lutter contre le terrorisme par l’éducation » => L’instruction et surtout les connaissances scientifiques ont fait rarement bon ménage avec les religions. Quand le niveau des connaissances d’une population s’accroît, les religions et surtout toutes leurs dérives obscurantistes perdent de leurs influences. Cependant pour l’élite qui nous domine et nous manipule, gérer des peuples qui savent et donc qui comprennent, n’est pas du tout souhaitable pour faire perdurer leur domination.

    Répondre
    1. Vagneux Olivier Auteur de l’article

      C’est un juste milieu à trouver. Il y a toujours moyen de critiquer un programme éducatif, mais ne rien faire au prétexte que ce sera critiqué par la suite est très mehlhornien comme raisonnement.

      Répondre

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