Présidentielle 2017 : Et si la guerre des fronts avait bien lieu ?

Le Front national (FN) peut-il se retrouver opposé au Front de gauche (FDG) au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017 ? Au vu des sondages, cette proposition, qui semblait encore incongrue il y a dix jours, commence à devenir crédible pour tous ceux qui voient que LE PEN est stable tandis que MÉLENCHON progresse et que MACRON commence à s’éroder. Le candidat de la France insoumise commencerait même à y croire.

Déjà en 2012, MÉLENCHON vantait ce concept de la « guerre des fronts », qu’il avait ensuite largement perdue à deux reprises. À la présidentielle d’abord où malgré son exploit qu’un candidat soutenu par le Parti communiste passe de 1 % à 11 %, il avait été terrassé par Marine LE PEN et ses 17,9 %. À la législative à Hénin-Beaumont ensuite, où humiliation suprême, il était arrivé troisième derrière le parti socialiste (PS) et avait donc été éliminé dès le premier tour…


L’hypocrite guerre des fronts

Davantage que deux visions de la société somme toute antisystème, l’objectif de MÉLENCHON était surtout de se qualifier face au FN, de manière à bénéficier d’un front républicain en sa faveur. Autant écrire que tous les candidats ont en fait cet espoir là. Sauf que le FDG s’est construit dans une opposition frontale au FN, par son nom, ses prises de position et sa recherche d’un même électorat. Unique victoire du FDG sur le FN : les européennes de 2009 !


Des fronts basés sur des personnes, davantage que sur des idées

À compter de 2011, et de la mise en place de la ligne gauchisante de PHILIPPOT, le FN a connu une envolée de ses résultats électoraux, sur un programme relativement proche de celui du FDG. Sauf que dans un contexte de crise financière qui favorise le vote extrême, l’électeur préfére le parti protectionniste au parti immigrationniste. Reste donc le charisme de MÉLENCHON pour faire oublier cela, avec en face Marine LE PEN qui a aussi changé l’image de son parti.


La dynamique actuelle est pour MÉLENCHON

À deux semaines de l’élection, la gauche panique. Elle pense encore pouvoir arriver au second tour en additionnant les scores de HAMON et de MÉLENCHON. Du coup, les électeurs se portent sur le mieux placé ; et force est de constater que MÉLENCHON se débrouille mieux que HAMON empêtré dans son revenu universel plus si universel que cela… Bref, MÉLENCHON est en train d’aspirer HAMON, pas tant pour les idées que pour donner une chance à la gauche.


Comment MÉLENCHON adapte discrètement son discours

Si MÉLENCHON a très mal vécu ses défaites de 2012 à des élections qu’il pensait réellement pouvoir remporter, tel n’est plus le cas en 2017. Sabotant le FDG au moyen de la France insoumise, son seul objectif n’est que de faire un plus gros score que le PS. Or, maintenant que HAMON semble coulé, MÉLENCHON gomme peu à peu cette idée suicidaire qu’il ne veut pas être président (ou très temporairement) pour mettre en avant son image de présidentiable !


Et après 2017…

Côté LE PEN, peu de mystères ; le FN continuera et retentera en 2022 s’il n’est pas élu. Mais côté FDG, cette élection devait être celle qui permettrait à MÉLENCHON de se venger du PS ; celle qui devait faire éclater le vieux PS en deux voire trois mouvements, dont un compatible avec le FDG qui deviendrait alors la première force de gauche. MÉLENCHON ne voulait plus jouer de rôle après cela, mais s’il dépasse largement les 11 % de 2012, alors il pourrait rester en course…


Pour autant si guerre des fronts il devait y avoir, il n’est pas certain que MÉLENCHON la remporte… Considéré comme extrême par une large part de la population, il suffirait que les électeurs modérés s’abstiennent ou ne se reportent que trop peu sur lui, pour que LE PEN puisse l’emporter… L’hypothèse reste cependant difficilement crédible du fait d’une minorité socialiste de barrage qui sait que le PS ne survivra pas à un trop petit score face à celui de MÉLENCHON.

Finalement, l’erreur de MÉLENCHON n’a-t-elle pas été de ne pas essayer de se présenter à la primaire de la gauche ? Bien évidemment, il en aurait été empêché par CAMBADÉLIS. Toutefois, et dans l’hypothèse où il l’aurait remporté, il aurait certainement eu les voix qui pourraient lui être fatales le 23 avril 2017. Il aurait surtout pu recomposer le PS à sa guise, ce qu’il ne pourra faire indirectement que si la minorité frondeuse va le chercher et en fait son chef après mai.



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Une réflexion au sujet de « Présidentielle 2017 : Et si la guerre des fronts avait bien lieu ? »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Si la guerre des fronts avait lieu, quelle légitimité resterait-il aux actuels élus locaux LRPS ? Mais je pense que cela ne se produira, les citoyens sont trop attachés aux grandes marques !

    Répondre

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