La politique n’est pas une question d’âge, elle est une question d’enjeux

Récemment encore, des gens se rappelaient que j’avais été candidat et que me disait que j’avais le temps d’être élu. Un peu comme si je voulais que le diplôme « maire de Savigny-sur-Orge » figure sur mon CV. Or, en 2014, les enjeux étaient intéressants comme ils le sont pour la députation en 2017. Mais ce ne sera bientôt plus le cas car les villes perdent irréversiblement leur souveraineté pour les agglos, et la France pour l’Union européenne.

De plus en plus, il me presse d’être en avril 2020, d’avoir perdu les élections municipales parce que je sais bien qu’au moment de choisir l’alternance, les Saviniens iront vers la gauche, et de pouvoir retrouver une vie normale dans laquelle ma vie ne sera plus polluée par la politique, dans une démarche que les gens ne comprennent pas. Et s’il ne sera plus intéressant d’être maire après 2020, c’est parce qu’il ne sera plus bon qu’à inaugurer les chrysanthèmes.

Je me suis engagé dans ma ville parce que j’ai été révolté par l’attitude de la précédente maire. Je n’ai pas voulu rejoindre de partis parce que j’ai vu qu’ils étaient ses complices dans la mesure où ils ne s’engageaient pas à fond contre elle. De leur côté, les dissidents de droite pouvaient provoquer de nouvelles élections en démissionnant ; ils ne l’ont pas fait. De son côté, la gauche a fait des plaintes et des recours ; mais ils ont été solos et n’ont pas pris à témoin la population.

En 2014, Savigny pouvait se régénérer dans l’intercommunalité ; nous avons raté deux fois le coche avec l’intégration plénière dans la CALPE et celle dans le GOSB. Nous avons jusqu’en 2019 pour récupérer certaines compétences, mais nous ne ferons rien. Il y avait toutes ces subventions qu’on pouvait demander, la déploiement de la fibre optique, l’utilisation du contrat départemental 2012-2017, le Plan local d’urbanisme, la rénovation urbaine de Grand-Vaux… Tant de sujets que nous avons manqué.

Aujourd’hui, les enjeux sont confisqués, et il ne reste plus que la communication pour faire croire que… Je trouve personnellement malhonnête de s’attribuer les victoires des autres, ce qui pullule pourtant sur Facebook et autres. Que seraient nos élus sans les administrations et sans les technocrates ? Tout est fait pour professionnaliser la politique, et mettre des barrières ou des écrans de fumée entre la population et leurs représentants. Mais il n’y a rien en réalité.

Je considère que le vrai problème est l’inculture de nos concitoyens qui ne comprennent pas les enjeux, mais regardent à l’âge ou au parti. Ils revotent pour ceux qui leur font perdre leur souveraineté. Ils sont incohérents en disant ne pas aimer l’argent mais en votant pour un banquier… La vérité est que la mondialisation place la politique sous la coupe réglée de l’argent et du droit. Donc que le politique ne sert plus à rien ; autant faire juriste, banquier ou trader.

Je m’arrêterai si je perds en 2020 parce qu’il n’y aura plus d’enjeux ; parce que le maire ne servira plus à rien quand il a déjà perdu une large part de sa souveraineté du fait des intercommunalités qui traitent l’ensemble des sujets par dessus la jambe… Restera l’échelon législatif pour essayer de réinverser le mouvement, mais tant que ceux qui dénoncent la mondialisation passent pour des complotistes, l’affaire n’est pas et ne peut pas être gagnée.

Alors heureusement qu’il y a les personnes les moins diplômées, méprisées par les autres, parce que ce sont les seuls à être au contact des vrais réalités. À interroger tous les autres sur les aspects positifs de l’euro, de l’Europe et de la mondialisation. Sauf que cet électorat va en fait voir celui qui crie le plus fort, et paradoxalement celui qui ressemble le plus à ceux qu’ils rejettent. Bref, ils ne comprennent pas plus les enjeux que les autres s’interdisent de voir…

En même temps, ne fait-on pas tout pour rendre ces enjeux incompréhensibles ? Avec la mondialisation, il y aurait forcément quelque chose qui nous échappe ; ce ne serait pas normal de tout comprendre d’un coup. Et finalement, on fait accepter des choses aux gens parce qu’une majorité en profiterait, qui est en fait une majorité qu’on ne voit jamais. L’égoïsme de la personne s’efface alors devant le fait qu’il aimerait rentrer dans le groupe des profiteurs…

Mais si les enjeux ne sont pas compris, c’est parce qu’il manque de lien social, que les gens ne communiquent plus réellement. Que sur les réseaux sociaux, il n’y a pas la place pour développer la discussion. Que c’est plus facile, un peu comme avec la religion, d’accepter des choses qu’on ne peut pas totalement comprendre. Or, aujourd’hui, il n’y a plus que la génération d’avant mai-1968 et les très jeunes qui commencent à raisonner autrement.



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2 réflexions au sujet de « La politique n’est pas une question d’âge, elle est une question d’enjeux »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Tu as bien avancé sur ta réflexion sur le genre humain, mais il y a un sujet sur lequel on n’a pas encore assez discuté : celui de la surpopulation humaine et les conséquences écologiques que cela représente.

    Celui qui ose l’aborder se fait rembarrer avec la réponse « depuis le début de l’humanité, les progrès de la science ont toujours trouvé une solution ». Scientifique que je suis, entendre cela de la part de personnes qui ne les sont pas la plupart du temps, ça me fait rentrer en ébullition.

     » Nous avons jusqu’en 2019 pour récupérer certaines compétences, mais nous ne ferons rien. » Sur le contexte plus local, la seule « action » actuellement mesurable de Mehlhorn c’est « Votez Reda parce qu’il faut voter Reda ».

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